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Essai en 1922 de signalisation lumineuse à Paris pour améliorer la circulation automobile

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Événements marquants
Evénements ayant marqué le passé et la petite ou la grande Histoire de France. Faits marquants d’autrefois.
Essai en 1922 de signalisation
lumineuse à Paris pour améliorer
la circulation automobile
(D’après « Le Populaire » du 20 décembre 1922,
« Le Gaulois » du 20 décembre 1922, « L’Auto-Vélo » du 23 décembre 1922
et « Paris-midi » du 5 mai 1923)
Publié / Mis à jour le mardi 5 mai 2020, par LA RÉDACTION
 
 
 
Quelques mois avant l’inauguration en 1923 de la première signalisation lumineuse parisienne destinée à faciliter la circulation aux intersections des grands boulevards, un essai avait été mis en œuvre en présence des personnalités chargées de cette épineuse question

Avant de mettre en service, le 5 mai 1923, la première signalisation lumineuse à Paris, on avait expérimenté, à la préfecture de police de Paris, une sorte de cône avec phare à éclipses, ce qui s’avéra compliqué. On avait évoqué un agent monté sur un piédestal.

Mais le 19 décembre 1922 à 10 heures, en présence de Paul Guichard, directeur de la police municipale de Paris, Berthier, chef des services administratifs de la circulation, Naudin, préfet de police de Paris, et Ringel, commissaire divisionnaire, on avait procédé à la démonstration de la signalisation lumineuse à l’angle des boulevards de Strasbourg et de Sébastopol.

Essais de signalisation lumineuse à Paris, à l'angle du boulevard de Sébastopol et des grands boulevards. Photographie publiée dans L'Ouest-Éclair du 26 décembre 1922
Essais de signalisation lumineuse à Paris,
à l’angle du boulevard de Sébastopol
et des grands boulevards. Photographie publiée
dans L’Ouest-Éclair du 26 décembre 1922

Les quatre lampadaires s’élevant à ce carrefour avaient été munis, à trois mètres du sol, de petits disques de 20 centimètres de diamètre reliés entre eux par des fils électriques passés au travers des branches d’arbres. Lorsque l’arrêt devait s’effectuer dans la direction que chacun d’eux commandait, une lampe éclairait la glace en rouge et en même temps se détachait le mot Halte en lettres blanches.

Au pied de l’un de ces pylônes, du côté de la Porte Saint-Martin, un brigadier, grave comme un capitaine dirigeant un navire — le flot de la mer étant ici remplacé par celui des véhicules — était assis sur une chaise d’osier. Il tenait la manivelle d’un petit tambour de cuivre contenant huit plots qu’il tournait dans le sens des aiguilles d’une montre. Quatre plots servaient à ouvrir deux voies pendant qu’ils fermaient les deux autres, c’est-à-dire que deux lampes s’allumaient en même temps que deux autres s’éteignaient.

Mais chaque fois que devait s’accomplir le changement, la manette actionnait une sonnerie avertissant les conducteurs et passant sur un plot faisant apparaître le mot Halte sur les quatre disques : on marquait ainsi un temps d’arrêt complet pour permettre aux voitures de dégager complètement le carrefour avant de le livrer de nouveau à la circulation. On avait tout d’abord essayé un sifflet roucoulant comme un rossignol ; mais le fracas des moteurs en ayant bientôt eu raison, on avait coupé le sifflet et l’avait remplacé par le timbre d’une sonnerie de gare.

Il y avait en outre deux plots supplémentaires qui n’intervenaient que dans le cas où, par suite d’accident, un incendie par exemple, une des rues aboutissant au carrefour devait seule rester constamment interdite.

Le préfet Naudin, la canne sous le bras, avait surveillé les opérations d’un œil ravi : « L’expérience est concluante, déclara-t-il, il n’y a plus qu’à perfectionner certains côtés pratiques du principe. » Mais après la louange officielle dont les journaux du temps se firent l’écho, les premières critiques négatives ne tardèrent pas à se faire jour, comme celle d’un chauffeur qui, interrogé sur le système à l’essai, répondit : « De deux choses, l’une, monsieur, ou vous regardez les disques lumineux et vous ne voyez plus les piétons qui traversent, ou vous regardez les piétons et- vous ne voyez plus les signaux. Il faut loucher pour concilier les deux choses. Ça n’est pas donné à tout le monde ».

Après ce premier essai, les candélabres sur lesquels avaient été fixés les appareils avaient repris leurs physionomies habituelles. Interrogée quelques jours plus tard sur la suite qui allait être donnée à cette expérience, la police municipale donna la réponse suivante : « Notre choix n’est pas encore fixé sur l’appareil que nous voulons utiliser. D’autres constructeurs nous ont soumis leurs inventions, et dès que l’une d’elles répondra à ce que nous désirons, nous l’essaierons comme celui que vous avez vu fonctionner l’autre jour.

L'Automobile Majola franchit sans broncher tous les obstacles. Affiche publicitaire de 1929 réalisée sur la base d'une illustration réalisée par Jean-Marie-Michel Liebeaux dit Mich (1881-1923)
L’Automobile Majola franchit sans broncher tous les obstacles. Affiche publicitaire de 1929 réalisée
sur la base d’une illustration réalisée par Jean-Marie-Michel Liebeaux dit Mich (1881-1923)

« D’autre part, les crédits qui doivent nous être alloués n’ont pas encore été voté par le Conseil municipal. Dans ces conditions, la réalisation du problème de la circulation dans nos rues par la signalisation lumineuse n’est pas près de se faire. Enfin, nous ne pouvions laisser en proie aux intempéries de la saison actuelle une installation aérienne provisoire, comme celle qui a fonctionné, sans risquer de voir nos appareils abîmés, des courts-circuits se produire, etc. »

Le 5 mai 1923 furent achevés les travaux de mise en œuvre des signaux lumineux à cette même intersection parisienne. Tandis que les essais avaient été menés avec une installation de fortune au moyen de fils aériens, les fils étaient désormais enterrés, et les signaux, aux allures de gros phares d’automobile, étaient fixés aux quatre lampadaires boulevard de Sébastopol, boulevard de Strasbourg et un de chaque côté du boulevard Saint-Denis. Le 7 mai eut lieu l’inauguration en présence du préfet de police de Paris.

 
 
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