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Massacres de septembre 1792 à la Prison des Carmes (couvent) le 2 septembre. Un épisode sanglant de la Révolution française - Histoire de France et Patrimoine


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Événements marquants

Evénements ayant marqué le passé et la petite ou la grande Histoire de France. Faits marquants d’autrefois.


Massacres de septembre 1792
à la Prison des Carmes
(D’après « Le Carnet historique et littéraire », paru en 1898)
Publié / Mis à jour le mercredi 2 septembre 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
S’inscrivant entre la chute de la monarchie — 10 août 1792 — et l’entrée en fonctions de la Convention, éclatant dans un contexte d’invasion austro-prussienne, la suite d’exécutions sommaires perpétrées du 2 au 7 septembre 1792 au sein de plusieurs prisons de Paris où les « septembriseurs » y massacrent les occupants, compte parmi les sommets de la violence révolutionnaire. Une relation du massacre des prêtres à la prison des Carmes, couvent transformé en prison pour y accueillir les « suspects », fut retrouvée dans les papiers de l’épouse d’un mousquetaire « pour la garde ordinaire du roi » : témoignage circonstancié qui saura susciter l’attention des lecteurs sur cette heure sanglante de notre histoire

Ce récit fut communiqué à la rédaction du Carnet historique et littéraire en 1898 par le baron P. de Bourgoing, qui l’avait trouvé dans les papiers de sa trisaïeule, Margurite-Victoire, fille de Joseph-Marie Pascaud, écuyer, conseiller-secrétaire du roi, mariée en 1764 à Claude-Pierre-Marion de Givry, écuyer, mousquetaire de la première compagnie « pour la garde ordinaire du roi ».

De source ecclésiastique, sans nul doute, ce récit offre forcément des points de ressemblance avec les récits analogues de l’abbé Berthelet de Barbot et de l’abbé La Pize de la Pannonie, dont plusieurs extraits ont été donnés dans les Martyrs de la Foi, de l’abbé Guillon, et par suite dans les ouvrages qui ont traité des massacres de septembre.

Prison des Carmes
Prison des Carmes

Le jour assigné aux brigands pour cette horrible exécution était le dimanche 2 septembre. En ce jour, on eut soin, pour soulever le peuple, de répandre la nouvelle de la prise de Verdun, quoique celle ville ne se fût pas encore rendue. Les municipes annoncèrent à l’Assemblée qu’ils allaient inviter les Parisiens à former une armée de soixante mille hommes, que le canon d’alarme serait tiré a midi, pour convoquer au Champ de Mars les citoyens disposés à marcher, et qu’à la même heure, le tocsin sonnerait. Ce canon et ce tocsin tenaient une partie de Paris dans la tristesse et la consternation, et l’autre dans tous les transports de la rage ; des municipes, au lieu de presser la convocation au Champ de Mars, dispersaient et plaçaient leurs bourreaux, leur donnaient les dernières instructions.

Ce fut pendant tous ces préparatifs qu’on servit le dîner aux prêtres détenus dans l’église des Carmes. Un officier des gardes leur dit en ce moment et leur répéta plusieurs fois ces paroles : « Lorsque vous sortirez, on vous rendra à chacun ce qui vous appartient. » Les prêtres dînèrent tranquillement, et même avec encore plus de gaieté qu’à l’ordinaire. Les bourreaux étaient déjà cachés dans les corridors de la maison.

La promenade fut différée, les prêtres croyaient qu’il n’y en aurait pas ce jour-là ; non seulement on la permit vers les 4 heures, mais, contre l’usage, on força les vieillards, les infirmes et tous ceux qui continuaient leurs prières dans l’église, à passer dans le jardin. Ils trouvèrent la garde doublée. Ce jardin est un carré, divisé par des allées en quatre compartiments. Au midi, les murs du couvent, à l’orient, une partie de l’église d’où l’on s’y rendait en traversant un corridor. A l’angle du nord et vers le fond était une espèce de chapelle ouverte, soutenue par des barreaux, et dans laquelle toujours quelques prêtres se retiraient pendant la promenade pour ne pas cesser de prier en respirant un nouvel air. Elle se trouvait aussi fermée contre l’usage.

L’officier de garde l’ouvrit à la demande de M. l’évêque de Saintes. Les cent quatre-vingts prêtres réunis dans ce jardin commençaient à s’y livrer à leurs exercices ordinaires pendant la promenade, lorsque tout à coup un bruit se fait entendre, au loin ; c’était celui d’une partie des brigands bourreaux qui traversaient une rue voisine, en se rendant à l’Abbaye. Ceux qui étaient cachés dans le corridor donnant sur le jardin ne se contiennent plus. A travers les barreaux des fenêtres, ils tendent contre les prêtres leurs baïonnettes et leurs sabres ; ils brandissent leurs piques, en criant : « Scélérats ! voici donc l’instant de vous punir », et en ajoutant mille imprécations ; à cet aspect, les prêtres se retirent vers le fond du jardin, se mettent à genoux, offrent à Dieu le sacrifice de leur vie et se donnent mutuellement, la dernière bénédiction.

M. l’archevêque d’Arles était alors auprès de l’oratoire avec l’abbé de la Pannonie, et qui lui dit : « Pour le coup, Monseigneur, je crois qu’ils vont venir nous assassiner. — Eh bien ! mon cher, répondit l’archevêque, si c’est le moment de notre sacrifice, soumettons-nous, et remercions Dieu d’avoir à lui offrir notre sang pour une si belle cause. » Au moment où il disait ces paroles, les brigands avaient déjà enfoncé la porte du jardin. Ils n’étaient pas encore plus de vingt, et ne furent jamais plus de trente pour cette boucherie. Les premiers se divisent, s’avancent en poussant des hurlements affreux, les uns vers le groupe où se trouvait M. l’archevêque d’Arles, les autres par l’allée du milieu.

Le premier prêtre que rencontrèrent ceux-ci est le père Gérault, directeur des dames de Sainte-Elisabeth ; il était à réciter les prières de son bréviaire auprès du bassin, il ne s’était point laissé déranger par les cris des brigands ; un coup de sabre le renversa, comme il priait encore ; deux des brigands se bâtèrent de le percer de leurs piques. M. l’abbé Salins, celui-là même à qui Manuel avait tant parlé de précautions, des pensions à fixer pour les prêtres avant leur déportation, fut le second immolé par les brigands. Il s’avançait pour leur parler ; il tomba mort sous le coup d’un fusil.

Ceux des assassins qui avaient pris l’allée du côté de la chapelle s’avançaient en criant : « Où est l’archevêque d’Arles ? » Il les attendait à la même place, sans la moindre émotion. Arrivés près du groupe en avant duquel il était à côté de M. de la Pannonie, ils demandaient à celui-là : « Est-ce toi qui es l’archevêque d’Arles ? » M. de la Pannonie joint les mains, baisse les yeux, et ne fait point d’autre réponse. « C’est donc toi, scélérat, qui es l’archevêque d’Arles ! dirent-ils en se tournant vers M. Dulau ? — Oui, Messieurs, c’est moi qui le suis. — Ah ! scélérat, c’est donc toi qui as fait verser le sang de tant de patriotes dans la ville d’Arles ? —Messieurs, je ne sache pas avoir jamais fait mal à personne. — Eh bien ! je vais t’en faire, moi, répond un de ces brigands. » Et en disant ces mots, il décharge un coup de sabre sur la tête de M. l’archevêque d’Arles. Le prélat immobile, et tourné debout vers l’assassin, reçoit le premier coup sur le front, en attendant un second, sans prononcer une parole.

Un nouveau brigand décharge encore sur lui son cimeterre et lui fend presque tout le visage. Le prélat toujours muet et debout sans avoir fait un pas ni en avant ni en arrière, frappé d’un troisième coup sur la tête, tombe sur un de ses bras comme pour empêcher la violence de sa chute. Alors un des brigands armé d’une pique l’enfonce dans le sein du prélat avec tant de violence que le fer n’en put être arraché. Le brigand pose le pied sur le cadavre de M. Dulau, prend sa montre et l’élève en la faisant voir aux autres assassins comme le prix de son triomphe.

Au moment où la porte du jardin avait été enfoncée, quinze à vingt des plus jeunes prêtres avaient profité de la facilité pour franchir une partie des murs, élevés seulement à hauteur d’appui, pour s’échapper vers les maisons voisines ; arrêtés par la réflexion que leur fuite pouvait rendre les brigands plus furieux encore contre les autres prêtres, plusieurs rentrèrent dans le jardin et se joignirent à la troupe des confesseurs. Dans la crainte que d’autres ne s’échappassent par le même endroit, un brigand y fut mis en sentinelle, tenant un pistolet d’une main, un sabre de l’autre, et menaçant tous ceux qui s’approchaient de ce côté.

En voyant tomber l’archevêque d’Arles, les assassins entonnèrent leurs chants de cannibales. Le jardin retentit des féroces accents des Marseillais, mêlés à tous les cris, à toutes les injures de la fureur, de la rage, et au bruit de leurs armes. Un grand nombre de prêtres s’étaient réfugiés dans la chapelle ; là, attendant la mort, dans un profond silence, leur âme toute à Dieu, ils lui offraient leur dernier sacrifice. Une partie des assassins vint les assiéger ; leurs fusils ou leurs pistolets à travers les barreaux, ils déchargeaient leurs balles sur ce groupe de prêtres à genoux.

Dans cet espace étroit, les victimes tombaient les unes sur les autres. En attendant le coup qui devait les frapper, les prêtres encore vivants étaient arrosés du sang de leurs frères mourants ; le pavé en ruisselait ; ce fut au milieu de cette chapelle qu’une balle atteignit Mgr l’évêque de Beauvais. Il était à genoux alors ; sa jambe fracassée du coup, il tomba, et les prêtres à côté de lui le crurent mort. Une foule d’autres victimes tombèrent avec lui dans ce saint asile. M. de la Pannonie s’y était retiré après la mort de Mgr d’Arles. « Je puis attester, nous dit-il, que je n’entendis pas la moindre plainte d’aucun de ceux que je vis massacrer. »

Dans un champ moins resserré, le reste des brigands forcenés et ivres de rage poursuivaient les prêtres épars dans le jardin ; les chassaient devant eux, abattant les uns à coups de sabre, enfonçant leurs piques dans les entrailles des autres, faisant feu de leurs fusils et de leurs pistolets, sans distinction, sur les jeunes, les vieillards et les infirmes. C’étaient vingt tigres affamés et altérés de sang, lâchés dans un enclos contre les victimes innocentes livrées à leur rage. Pour s’étourdir dans leurs fureurs, les uns continuaient l’horrible chant de leur Carmagnole, les autres vomissaient les grossières injures de « scélérats, de gueux et de voleurs ».

La tranquille assurance des prêtres au milieu de ces outrages, sous le coup de la mort, leur piété surtout ajoutaient à la fureur des assassins. Ces bandits ne permettaient pas même à des victimes si près de la mort de l’attendre à genoux. Pareils à des démons, ils enrageaient de les voir prier Dieu. « Levez-vous, hypocrites », leur criaient-ils, et, en disant ces mots, ils les forçaient à se disperser ; ils leur donnaient la chasse comme à des bêtes fauves.

Cependant arrivaient d’autres assassins, et avec eux un commissaire de la section, nommé Violette. On l’entendit crier : « Arrêtez, arrêtez, c’est trop tôt ; ce n’est pas ainsi qu’il faut s’y prendre. » Il était en effet, pour ces massacres, un ordre désigné par les chefs, et qu’on suivait ailleurs, pour s’assurer du nombre des victimes, pour que la confusion ne favorisât pas celles qui chercheraient à s’échapper — Jean-Denis Violette, membre de la section du Luxembourg, régularisait les massacres et faisait subir aux prêtres une sorte d’appel nominal à l’aide du registre d’écrou.

Les mêmes voix, surtout celle du commissaire, appelaient les prêtres dans l’église, en leur promettant qu’ils y seraient en sûreté. Les prêtres essayaient d’obéir ; une partie des brigands cessaient de massacrer ; sourds à toutes les voix, même à celle de leur capitaine, d’autres paraissaient redoubler de rage, crainte de perdre leurs victimes. Dans cette horrible confusion, les uns poussaient les prêtres hors du jardin, d’autres les repoussaient dedans. Quelque parti qu’ils prissent, c’étaient des baïonnettes et des piques tendues contre eux ; ceux qui arrivèrent jusqu’à la porte de l’église la trouvèrent fermée. Enfin il fut possible d’entrer ; les premiers arrivés se précipitèrent à genoux devant le sanctuaire, les autres y couraient à travers des brigands qui, partie les y chassaient, et partie continuaient à faire feu sur eux, à mesure qu’ils s’en approchaient.

A l’extrémité du jardin surtout, le massacre ne cessait pas encore. Là même, cependant, se passait une autre scène, qui laisse presque respirer l’humanité. M. l’abbé Dutillet, avec quelques autres prêtres, se trouvait resserré contre un mur, et restait immobile. Un des assassins le coucha en joue jusqu’à trois fois, sans que l’arme prit feu. Dans son étonnement : « Voilà un prêtre invulnérable, s’écria le brigand ; cependant, ajouta-t-il, je n’essaierai pas un quatrième coup. — Je serai moins délicat, dit un second brigand, je vais le tuer. — Non, reprit le premier. Je le prends sous ma protection ; il a l’air d’un honnête homme. » Et en disant ces mots, il le couvre de son corps.

A la faveur du patois marseillais, M. Dutillet, presque regardé comme compatriote par son protecteur, était sur le point d’obtenir la même faveur pour les prêtres qui étaient avec lui ; les nouveaux brigands accourus étaient même gagnés par le premier ; lorsque deux de ces prêtres s’avancent en disant : « Nous ne demandons point de grâce ; si nos frères sont coupables, nous le sommes comme eux ; leur religion est aussi la nôtre ; et nous sommes prêts à mourir pour elle. — Puisqu’ils veulent mourir, eh bien ! qu’ils meurent », dirent les brigands. Et sur-le-champ ils les tuèrent. M. Dutillet modéra le zèle de ses frères. Quoique forcé ensuite d’entrer avec eux dans l’église, son Marseillais le reconnut, et il lui dut d’avoir échappé encore au second acte du massacre.

Massacre à l'hôpital-prison de la Salpêtrière (3 septembre 1792)
Massacre à l’hôpital-prison de la Salpêtrière (3 septembre 1792)

Dans cet intervalle, le reste des prêtres se réfugiait dans le sanctuaire ou dans le chœur derrière l’autel ; car on les empêchait de se répandre dans la nef. D’autres brigands continuaient à faire feu sur les vieillards qui avançaient plus lentement. Toujours imaginant qu’on ne cherchait qu’à leur ôter le reste de leurs victimes, ils vinrent furieux vers l’église ; quelle que fût l’intention du commissaire, il réussit une première fois à leur en défendre l’entrée. Alors ils se portèrent vers la grille du chœur, et comme des lions rugissants, rôdant autour de cette grille, à travers laquelle ils voyaient le reste de leur proie, vingt fois ils essayèrent d’arracher cette cloison de fer.

Ils n’étaient pas tous de la lie du peuple, ces bourreaux assassins. Leurs accents, leurs discours, trahissaient parmi eux des adeptes dont le philosophisme des clubs et des échos du jour, bien plus que la rustre ignorance, avaient fanatisé le cœur contre les prêtres. « Scélérats, assassins, monstres, vils hypocrites », leur criait surtout un de ces hommes qu’on eût dit avoir fait son cours d’éducation auprès de Diderot, d’Helvétius ou de Condorcet, « vrais ennemis d’un peuple qu’ont séduit trop longtemps vos leçons ; le jour des vengeances est enfin arrivé. Le glaive de la loi serait trop lent pour vos forfaits et vos attentats. C’est à nous à laver aujourd’hui dans votre sang l’injure des nations, et à venger les vrais amis de la Patrie. Vous comptiez livrer aux hommes et au fer nos possessions, piller, voler et égorger nos maisons, nos femmes et nos enfants. Oui, le glaive de la loi serait trop lent. »

A ces discours, il ajoutait un torrent de blasphèmes qu’on eût dit copiés d’un recueil de Voltaire, et en vomissant, tout le feu de la rage dans les yeux, tous les frémissements dans son corps agité, grinçant des dents et trépignant des pieds, étendant et lançant un long sabre à travers la grille, il cherchait à atteindre de ses coups répétés quelques-uns de ces prêtres en prières, invoquant le ciel pour ces bourreaux mêmes qui rudoient autour d’eux.

Quelque temps après, les nouveaux efforts des assassins semblèrent devoir être inutiles. Quoique très faiblement, le commissaire fit parler la loi, l’humanité. Il dit à ces brigands que la vengeance du peuple était juste, mais qu’il était des innocents, qu’un assez grand nombre de victimes étaient tombées. En ce moment, il se fit un grand silence. Quel étrange mélange que ces tigres encore appelés hommes ! C’était M. l’évêque de Beauvais que ses propres assassins apportaient avec une espèce de compassion et de respect ; ils le déposent dans l’église sur des matelas, comme s’ils eussent voulu le guérir de ses blessures. Le frère de ce digne prélat, Mgr l’évêque de Saintes, ignorait encore son sort. Entrant dans le chœur, il avait dit : « Qu’est devenu mon frère ? Mon Dieu ! je vous en prie, ne me séparez pas de mon frère ! » Averti par M. l’abbé Bardet, qui avait entendu ces paroles, il courut à son frère, il l’embrassa, il voulut lui donner tous les soins de l’étroite et antique amitié. Il ne lui fut pas permis de rester longtemps auprès de lui.

La rage des brigands reprit toute sa force. Le commissaire veut encore faire entendre sa voix : elle est impuissante ; les bourreaux pénètrent dans l’église. L’aspect de tous ces prêtres à genoux devant l’autel, au lieu de les toucher, les révolte encore. Il faut de nouveau qu’ils se lèvent par ordre des bourreaux. Il tarde à la cohorte de consommer le sacrifice ; ils l’eussent fait sur-le-champ même, et au pied de l’autel, et déjà sous les yeux des prêtres, ils aiguisaient les sabres et les piques sur la table sainte, sur le marbre de la communion, lorsque le commissaire leur représenta qu’au moins ne fallait-il pas que tant de sang fût versé dans ce lieu saint.

Les chefs des massacres vinrent d’ailleurs à bout de faire entendre cette marche plus régulière, combinée à loisir par les municipaux ordonnateurs. Pour toute preuve que chacun de ces prêtres devait être mis à mort, les brigands demandèrent : « Avez-vous fait le serment ? » Les prêtres répondirent : « Non. » Un d’entre eux ajouta : « Il en est parmi nous plusieurs à qui la loi même ne le demandait pas, parce qu’ils n’étaient point fonctionnaires publics. »

« C’est égal, reprirent les brigands, ou le serment, ou bien vous mourrez tous. » Ils vont mourir aussi ; mais une scène plus froidement atroce succède aux premiers transports de leurs bourreaux. Afin de procéder plus méthodiquement au massacre des confesseurs, encore au nombre d’environ cent, ce même commissaire, qui les apaisait dans l’église, promettant qu’il ne leur serait point fait de mal, établit son bureau d’inspecteur auprès du corridor qui conduit au jardin désigné désormais sous le nom de Parc-aux-Cerfs. C’est devant lui que vont défiler les victimes. Prendre leurs noms et s’assurer qu’elles ont été successivement immolées, sera l’exercice de son autorité. Soit vestige d’humanité, soit lassitude du massacre, il en dérobera cependant quelques-uns à la mort.

Les gendarmes nationaux qui, de garde en ce jour, et supérieurs au nombre des assassins, leur avaient laissé le champ libre, sont, partie dans l’église, rangés en haie devant le sanctuaire, pour tenir les victimes entassées sous la main des brigands, et partie distribués dans l’intérieur de la maison, auprès des portes, pour empêcher le peuple de troubler les bourreaux. Ceux-ci ont pris leurs postes au bas et sur le haut de l’escalier qui conduit au jardin. C’est là désormais le champ de l’holocauste. C’est là que, deux à deux, les prêtres sont conduits par ceux des brigands envoyés pour choisir les victimes.

A l’aspect de chacun de ces prêtres sortant du sanctuaire, les bourreaux poussent des cris de joie. C’est à qui portera le premier coup de hache ou de pique, de sabre ou de fusil. La victime assaillie, au redoutable cri de : Vive la Nation ! est tantôt immolée sur le perron, tantôt précipitée au pied de l’escalier, et là, percée de mille coups. Quand elle a cessé de respirer, de nouveaux hurlements de : Vive la Nation ! célèbrent la victoire et donnent le signal pour amener de nouvelles victimes.

En prière dans l’église, les prêtres entendaient retentir ces cris de mort. Le ciel ne permit pas que leur constance en fût ébranlée. Aussitôt que leur tour arrivait, ces prêtres appelés à la mort se levaient : les uns avec cette sérénité à travers laquelle perce, la joie d’une âme assurée de l’instant qui va la mettre dans le sein de son Dieu ; les autres avec l’empressement, avec tous les transports de l’innocence invitée par les anges aux noces de l’Agneau. Celui-là, dédaignant d’interrompre le cours de ses prières, avait les yeux fixés sur son bréviaire, et jusque sous le glaive des assassins payait à Dieu le tribut de ses louanges. Celui-là avançait, les promenades divines, les écritures saintes à la main, et dans ces oracles sacrés puisait toute la force des martyrs dans leur dernier combat. Quelques-uns au front noble, majestueux, jetaient sur leurs bourreaux un œil de pitié et couraient affronter leurs piques et leurs haches.

Plusieurs de ces illustres confesseurs avaient, dans les chaires publiques, dans de savants écrits, consacré leur génie à défendre la religion, soit contre les sophismes des impies, soit contre les erreurs de la prétendue Constitution civile du clergé ; ils se levaient en bénissant leur Dieu d’avoir à sceller de leur sang cette foi qu’ils avaient soutenue par leurs écrits. D’autres enfin, au moment où on les appelait, jetaient, un dernier regard sur l’image de Dieu crucifié, lui disant ce qu’il avait lui-même fait entendre à son père : « Seigneur, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ! »

La modestie, une tendre piété, une charité inépuisable, une rare prudence, avaient fait de M. Louis Hébert le père, plus encore que le supérieur, des ecclésiastiques, dans la maison des Eudistes. Il l’avait achetée de ses deniers, pour leur servir d’asile contre les dangers de la capitale. Ses vertus le tirant, malgré lui, d’une obscurité chère à son cœur, lui avaient mérité l’estime du clergé, dont il était l’exemple ; la vénération de sa congrégation, dont il fut le général ; la confiance du roi, dont il avait fui la cour, jusqu’au moment où il fallut aux prêtres non pas de l’intrigue, mais du courage et de la piété pour y aborder.

C’était là trop de titres à la haine des Jacobins. M. Hébert fut recherché par les brigands. Il dédaigna, pour tromper leurs recherches, de se revêtir des habits de laïques. Toute sa modestie le suivit au martyre ; baissant les yeux, tranquille, et ne prononçant pas une seule parole, il tomba sous les coups des brigands, comme la plus douce et la plus innocente des victimes sous la main qui l’égorge. Supérieur des vénérables prêtres retirés dans la maison de Saint-François-de-Sales, M. Louis Menuret, ancien curé de Montélimar, n’avait pas moins de titres aux persécutions de la Terreur.

Un esprit ferme et un cœur ennemi de toute dissimulation, une logique rigoureuse, pressante, unie à toutes les connaissances de son état, l’avaient rendu bien précieux. Appelé, comme supérieur d’une maison ecclésiastique, pour faire le serment en présence de la municipalité et des paroissiens, il répondit : « Messieurs, je sais ce que je puis vous accorder, et ce que ma conscience m’oblige de vous refuser. Puisque vous le voulez, et qu’on ne peut être patriote auprès de vous qu’en jurant le maintien de la nouvelle Constitution, je ferai ce serment ; mais à condition que vous insérerez et que je signerai dans vos registres la double restriction que j’y mets, en exceptant formellement tout ce qui blesse dans ce serment la justice et la religion. »

Il s’éleva des réclamations. M. Menuret tint ferme, on ne put obtenir de lui d’autre serment. Les brigands le menacèrent, le pillèrent, le calomnièrent, ne l’ébranlèrent pas. Conduit à la maison des Carmes, on eût dit qu’il était au comble de ses vœux. Le plaisir de se voir prisonnier pour la foi réveillait sa gaieté naturelle ; il la communiquait à tous ses confrères, il avait en effet trop bien prévu le terme de ses persécutions pour s’en affliger. Il avait fait son testament peu de temps avant la mort dont il se tenait assuré, car depuis ce temps-là, il n’était sur la terre que comme un homme prêt à partir pour les deux.

C’est à lui bien spécialement que l’on peut appliquer ce témoignage de l’homme le moins suspect d’avoir cherché à relever la gloire des martyrs, de ce M. Violette, de ce commissaire qui présidait à leur massacre. Ce M. Violette même, parlant deux jours après à ceux des prêtres qu’on avait arrachés à leurs bourreaux, mais qui étaient détenus à la section, leur disait dans un enthousiasme involontaire : « Je me perds, je m’abîme d’étonnement, je n’y conçois rien, et tous ceux qui auraient pu le voir n’en seraient pas moins surpris que moi. Vos prêtres allaient à la mort avec la même joie et la même allégresse que s’ils fussent allés aux noces. »

Massacre de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (2, 3 et 4 septembre 1792)
Massacre de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés (2, 3 et 4 septembre 1792)

M. l’abbé Gagnères des Granges y marcha avec un air de patriarche qui commande la vénération. Quelle étendue et quelle variété de connaissances dans cet homme ! Mathématiques, histoire, physique, tout lui était familier. « C’est, écrivaient des gens qui avaient appris à le connaître, c’est un homme qui a tout su, et n’a rien oublié. » Et ce sont ces hommes-là que la Révolution immolait ! Avant qu’elle commençât, M. Gagnères des Granges en avait prévu le terme, et il avait dit à quelqu’un : « Vous voyez cet enfant ! en parlant du premier fils du roi, alors bien portant, vous le voyez cet enfant ! il mourra. Vous le voyez cet homme, en parlant du roi, il perdra la couronne. » La trop funeste conjecture était déjà vérifiée quand M. Gagnères versa tout son sang pour le maintien de cette religion, dont les outrages devaient être vengés par tant de malheurs.

Une victime volontaire de ce massacre fut M. Gallais, supérieur de la petite communauté de Saint-Sulpice. Dans le fond d’une allée vide alors de brigands, il était sur un arbre, sur le point de s’élancer hors du jardin ; il vit passer M. l’abbé Chardet et Mgr l’évêque de Saintes qui se rendaient à l’église. Il rougit d’avoir été tenté de se séparer de la compagnie des confesseurs, il descendit, se réunit à eux pour aller à l’église, d’où il ne sortit qu’en s’estimant heureux d’avoir obéi à l’inspiration qui le conduisait au martyre.

M. l’abbé Lefèvre avait été aussi sur le point d’échapper au massacre. On l’avait retenu à côté du commissaire, il était sous sa protection, lorsqu’un des brigands lui fit quelques propositions, sur lesquelles il répondit qu’il s’expliquerait. « Point d’explications, reprit le brigand, sans quoi, avec les autres. — Eh bien ! dit M. Lefèvre, j’aime mieux y aller. » Là-dessus il courut se présenter aux bourreaux et fut immolé comme les autres.

Sous la main des bourreaux tombèrent aux Carmes bien d’autres ecclésiastiques, d’un mérité reconnu, tels que MM. Le Franc et Bousquet, l’un supérieur des Eudistes de Caen, auteur de deux ouvrages spécialement propres à indiquer les causes de la Révolution ; l’autre, dans sa jeunesse et pour ses essais, annonçant un des hommes les plus versés dans les lois de l’Eglise. Du nombre des victimes furent encore les trois prêtres Thorame, trois frères, tous les trois estimables par leurs talents, tous les trois charmants par la douceur de leur caractère, tous trois, édifiants par leur zèle et par leur piété ; d’autres encore que la prison des Carmes n’avait pas effrayés, parce qu’ils avaient connu les cachots dès le commencement de la Révolution, et pour la même cause.

Deux frères aussi, MM. de Nativelle, l’un vicaire d’Argenteuil, l’autre, de Longjumeau, avaient été conduits aux Carmes. Des habitants de la rue de Bussy, au moment du massacre, coururent pour les en délivrer. Ils croyaient y avoir réussi, en assurant que jamais ces deux prêtres n’avaient troublé personne depuis qu’ils s’étaient réfugiés dans leur quartier, en ajoutant qu’ils n’avaient pas la religion constitutionnelle, que la Constitution même leur permettait de suivre celle qu’ils voulaient. Le commissaire avait écouté favorablement ce témoignage ; il en félicita MM. de Nativelle et leur annonça qu’ils allaient être délivrés. Les exécuteurs y avaient consenti ; les deux prêtres partaient, quand on leur dit : « Un instant, Messieurs ; il nous faut le serment de la liberté et de l’égalité. » Nos deux confesseurs avaient réfléchi sur ce serment. Ils y avaient vu la confirmation des principes de la Révolution, de son anarchie, de ses injustices et de ses horreurs. Ils répondirent qu’ils aimaient mieux mourir. « Faites vos réflexions », leur dit le commissaire, en les abandonnant pour quelques instants à leurs médiateurs.

Ceux-ci employèrent toutes les ressources de leur esprit pour gagner du temps ; les sollicitations furent inutiles, comme les arguments. MM. de Nativelle, persuadés que ce serment, consommateur de la Révolution, n’était pas moins contraire à leur conscience que celui de maintenir la prétendue Constitution civile du clergé, persistèrent dans leur refus. Les citoyens honnêtes accourus pour les délivrer pleurèrent sur eux et les virent expirer sous les coups des bourreaux.

Dans cette légion de martyrs, Messieurs de Saint-Sulpice perdirent huit de leurs directeurs ; les Bénédictins, Ambroise Chevreux, leur général, Louis Barreau, et dom Massey ; les Capucins, le père Moru, Suisse ; la Sorbonne, M. Hermès, dont le zèle avait produit d’excellents ouvrages à la portée des plus simples fidèles ; la maison de Navarre, plusieurs de ses confesseurs et M. Kerauru, son proviseur ; les Doctrinaires, M. Félix, leur supérieur ; les Cordeliers, le père Burté, leur gardien ; en un mot, peu de maisons ecclésiastiques qui n’aient l’honneur de compter quelques-uns de leurs membres parmi ces victimes.

Les anciens jésuites avaient aussi aux Carmes plusieurs de ces hommes, vénérables débris de leur société. Outre M. Gagnères des Granges, on voyait parmi eux ce M. Misson, à qui il ne manquait qu’un peu plus de santé pour être le Bourdaloue de son siècle ; Brileyre-Durvey et Légué, encore deux des meilleurs prédicateurs de Paris ; M. Bonneau, connu par ses ouvrages ; M. Delfaut, archiprêtre de Sarlat, député à la première Assemblée nationale, dont toute la consolation était d’en être sorti sans avoir souillé sa conscience par aucun de ces serments. Une demi-heure avant l’entrée de ses bourreaux, il faisait répondre à des amis qui lui envoyaient de quoi se soutenir dans sa prison : « Dites-leur que jamais je n’ai été mieux portant et si heureux. » Avec eux encore étaient les deux anciens jésuites Rousseau et Villecroin.

Le premier, directeur des dames de la Visitation, rue du Bac, n’avait été conduit en prison que par erreur. La section qui faisait chercher un autre prêtre dans la maison reconnut la méprise : M. Rousseau, en allant au martyre, s’applaudissait qu’elle n’eût pas été réparée. Le second, directeur des religieuses de Belle-Chasse, venait de féliciter un de ses amis qui avait échappé au comité de surveillance ; il fut pris lui-même, et entraîné aux Carmes, où il mourut avec la même constance que ses confrères.

La plus grande partie des autres victimes étaient ou de ces respectables curés, vicaires et prêtres des paroisses, que la persécution disposait depuis plus de trois ans à l’honneur de répandre leur sang pour Jésus-Christ, ou de ces vicaires généraux qui surent prouver en ce jour combien ils étaient dignes de la confiance dont ils avaient joui auprès des évêques. Au milieu de tant de prêtres, et depuis le commencement de leur captivité, était un laïque, dont la foi rappelait toute la ferveur des premiers chrétiens et toute leur ardeur pour le martyre. C’était Régis de Valfon, ancien officier au régiment de Champagne. Dirigé dans les voies du salut par M. Guillemenet, prêtre de Saint-Roch, quand il le vit traîner aux Carmes pour sa religion, il ne voulut plus se séparer de lui. Dans cette prison, son assiduité à la prière, sa constante prière égalaient celles des plus saints prêtres. Jamais les hommes attachés à la vie ne montrèrent plus de crainte de la mort qu’il ne montrait d’ardeur pour celle qu’il devait subir en preuve de sa foi. Souvent, on lui disait qu’il était facile d’obtenir sa liberté. Il répondait que sa captivité lui était bien plus chère.

Quand il entendit appeler au martyre son directeur, il se leva pour y aller avec lui : tous les deux y marchèrent ensemble, allant d’un pas égal, l’un à côté de l’autre, comme ils avaient coutume de le faire aux heures de la promenade, M. Guillemenet récitant son bréviaire, et M. de Valfon lisant l’Ecriture sainte. Une même aspiration vers le ciel les avait tendrement unis, un même instant leur en ouvrit les portes.

Ainsi furent d’abord immolés tous ceux qui, en rentrant dans l’église, avaient pu trouver place dans le sanctuaire. Les autres, dans le chœur des religieux et derrière l’autel, attendaient en prières le moment de leur sacrifice ; un des bourreaux y entra comme pour se délasser, en comptant ces nouvelles victimes, de celles qu’il avait déjà égorgées. Voyant ces prêtres à genoux : « Oui, priez, leur dit-il, qu’aucun de vous n’échappe. Souvenez-vous de la journée du dix. Si vous aviez pu nous égorger alors, vous ne nous auriez pas épargnés ; c’est aujourd’hui notre tour. »

Aussi ces mêmes hommes qui, pendant si longtemps et par une conspiration si profondément tramée, avaient préparé la catastrophe du 10 août contre Louis XVI, étaient venus à bout de la tourner contre les prêtres, de la faire servir de prétexte à leur massacre ; ainsi les scélérats abusaient de la stupide crédulité des bourreaux pour faire tour à tour servir leur férocité, tantôt contre le trône, tantôt contre l’autel.




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