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Lieux d'histoire : Dinan (Côtes-d'Armor) - Histoire de France et Patrimoine


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Lieux d’Histoire

Origine, histoire de nos villes, villages, bourgs, régions, châteaux, chapelles, moulins, abbayes, églises. Richesses historiques de France


Dinan (Côtes-d’Armor)
(D’après un article paru en 1870)
Publié / Mis à jour le samedi 16 janvier 2010, par LA RÉDACTION

 

Quand on regarde une carte bien faite de Dinan et de ses environs, on est tout d’abord frappé de la quantité de voies importantes qui viennent aboutir à cette ville. A ne considérer que le côté de l’est, Dinan est le centre où convergent les routes de Châteauneuf, Saint-Servan, Saint-Malo, Cancale ; Dol, Pontorson, Avranches ; Combourg, Antrain, Fougères ; Montfort, Rennes, Châteaubourg, Vitré, etc. C’est-à-dire que Dinan est et était sur le passage de tous les voyageurs venant de la Normandie et d’une bonne partie de la Bretagne. Il ne faut donc pas s’étonner du rôle considérable qu’a joué cette cité dans l’histoire des derniers siècles du Moyen Age et des premiers des temps modernes.

Le Viaduc de Dinan. Dessin de Lancelot, d'après une photographie de L. Rosse.
Le Viaduc de Dinan. Dessin de Lancelot, d’après une
photographie de L. Rosse.

Lieu de rendez-vous sans cesse et forcément fréquenté par les marchands et les voyageurs de toutes sortes, elle devait nécessairement être célèbre et prospère ; et si nous laissons les considérations commerciales pour ne songer qu’au point de vue militaire, il faut avouer que peu de villes peuvent se vanter d’avoir eu une aussi forte position. Assise sur la crête et le versant d’un promontoire abrupt qui commande la rive gauche de la Rance, avec ses remparts, ses tours, ses fortifications couronnant d’énormes rochers à pic, c’était bien « la perle du duché », comme disaient avec orgueil les fiers et batailleurs ducs de Bretagne.

Aujourd’hui les murailles de Dinan n’ont plus leur air menaçant d’autrefois. Elles ont perdu leur caractère farouche pour prendre un aspect des plus pittoresques. Ces tours décapitées, ces créneaux brisés, ces vieux murs démantelés ça et là, se sont recouverts de lierre, de plantes sauvages ; la ravenelle y étale sans crainte sa jaune corolle et embaume l’air de son doux parfum : la vieille enceinte féodale n’est désormais qu’un ornement de plus dans ce délicieux paysage.

Il n’en est pas moins vrai qu’à l’aspect de cette côte si raide, et de cette ville si haut perchée, pour ainsi dire, après avoir rendu à la sagacité stratégique de ceux qui choisirent cette position la justice qui lui est due, on ne peut s’empêcher de plaindre les pauvres piétons, les malheureux bestiaux, les infortunés chevaux qui, après être descendus dans la vallée de la Rance, par la rive droite, avaient à remonter longuement et péniblement l’autre versant de la susdite vallée, du côté de la rive gauche, s’ils voulaient arriver a Dinan.

Tant que Dinan eut une importance militaire, il est évident que ces difficultés mêmes d’accès constituaient son principal mérite ; mais quand la vieille cité féodale fut devenue une bonne et tranquille ville de province comme tant d’autres, quand l’herbe et le lierre commencèrent a pousser sur ses murs, quand ses fossés furent comblés et convertis en jardins, il est très clair que la question guerrière fût reléguée au dernier plan, et que les hommes intelligents qui s’occupèrent d’administrer et d’embellir la ville durent regretter plus d’une fois qu’il fût si malaisé de pénétrer chez eux.

Le viaduc, dont notre gravure rend avec vérité le caractère de beauté grandiose, est un monument tout à fait moderne. La première pierre en fut posée le jeudi 3 septembre 1846 L’oeuvre fut jugée, et à bon droit, digne d’une médaille commémorative que l’on frappa à cette occasion. La Bretagne fournit elle-même les blocs de granit qui ont servi à le construire. La longueur du pont est de 250 mètres, y compris les culées ; la hauteur, entre la chaussée et le chemin de halage, de 40 mètres ; il y a encore 10 mètres du chemin de halage à la base des fondations. Les arches, en plein cintre, sont au nombre de dix et ont 16 mètres d’ouverture. Elles sont séparées par des piles de 4 mètres d’épaisseur. Si nous ajoutons que la largeur de la voie charretière est de 5 mètres, et celle des trottoirs de 1 mètre, nous aurons donné toutes les proportions de ce magnifique monument qui fut le premier construit en ce genre dans la Bretagne, et qui semble avoir servi de modèle aux grands viaducs de Morlaix et de Kerhuon, construits sur la ligne de Rennes à Brest.

Quand on est sur ce viaduc, on peut se tourner de n’importe quel côté, partout l’oeil du promeneur et de l’artiste trouvera à voir et à admirer. Regardez à l’ouest, du côté de Dinan même. Sur la côte apparaissent dans la verdure, au milieu des jardins étagés, de riantes et coquettes villas, ou des vallées profondes et ombreuses où tout donne l’idée de la fraîcheur et de la fertilité. Là, en bas, c’est le faubourg ou ravin de Jerzual, qui fut pendant plusieurs siècles la seule arrivée de Dinan du côté de l’est. Montez un peu : ce ravin, intercepté à une certaine hauteur par la ligne des remparts, et fermé par une porte fortifiée et jadis redoutable, nous fait penser à ces temps anciens de guerre et de défiance, de portes closes et de bastions, de fossés et de mâchicoulis, tandis que le viaduc, pacifique et joyeuse protestation des temps modernes, nous parle de commerce libre, d’industrie confiante, de brave accueil, de franche hospitalité, d’expansion de la société humaine.

Mais continuons notre voyage sans bouger de place. Vous voilà devant les remparts : si les pierres pouvaient parler, que de noms célèbres à différents titres elles vous citeraient ! Du Guesclin le Brave, Olivier de Clisson le Farouche, Gilles de Bretagne l’Infortuné, Rohan le Victorieux, général de Charles VIII, Anne, la reine de France et toujours la bonne duchesse, Mercoeur, le déterminé ligueur, y ont laissé leur souvenir attaché. Élevez encore votre regard : « De cette immense corbeille de granit, aux parois déchirées, qui entoure la ville, sortent des édifices de toute nature, les uns en pierre blanche délicatement sculptée, les autres en pierre dure, dont les surfaces noircies dessinent des lignes architecturales plus sévères ; puis de vastes établissements que surmontent les hautes flèches des édifices religieux. » (M. Gaultier du Mottay, Bretagne contemporaine)

Chateaubriand
Chateaubriand

Ici, c’est la flèche de Saint-Sauveur, l’église romane et ogivale, aux statuettes et sculptures symboliques, sur laquelle huit siècles ont laissé leurs empreintes. La tour était primitivement surmontée d’un dôme terminé au commencement du dix-septième siècle. La foudre l’abattit au milieu du dix-huitième siècle, et il fut remplacé peu de temps après par la flèche que l’on voit aujourd’hui. Dans cette église se trouve un cénotaphe de marbre noir qui renferme le coeur d’un des plus nobles enfants de la Bretagne, Bertrand du Guesclin.

Là se dresse le beau clocher de l’ancienne chapelle des Bénédictines. C’est aujourd’hui la chapelle du collège. Interrogez la liste de ses élèves, vous y trouverez le nom d’un écolier qui a fait quelque bruit dans le monde, celui de Chateaubriand.

A peu près au centre de la ville apparaît une autre flèche élancée. Cette flèche surmonte la tour de l’horloge. La tour elle-même, massive et carrée, remonte jusqu’au quinzième siècle. C’est là que se débattaient autrefois les intérêts municipaux de la cité. Elle contenait jadis une horloge dont le mouvement, fabriqué en 1498 par maître Hamzer de Nantes, est aujourd’hui au Musée. Elle renferme une cloche fondue en 1507 et à laquelle on donna le nom de la reine Anne, comme en font foi les vers suivants, gravés sur le timbre de la cloche même :

Anne, pour vray, je fus noumée,
En l’an mil cinq cent sept,
Des nobles de la ville noumée
Tierce de ce pays en effet.
Je fus en celui an fondue,
Au mois d’aoust, par Phlipes Bufet,
Et de bon mestal bien randue
Du poys de six mille et sept.

Étaient marraine et parrain de la cloche la duchesse Anne et le vicomte de Rohan.

Tournez-vous vers le sud maintenant, et laissez vos regards errer tout le long de cette fraîche et poétique vallée de la Rance. Ce ne sont que magnifiques blocs de rochers, cascades de verdure, plantes sauvages et grimpantes, pelouses en amphithéâtre, feuillages aux tons les plus variés, maisons de campagne à moitié cachées dans les bocages comme des nids d’oiseaux dans les bois. Là-bas, sur ce monticule, se dressent les ruines de l’antique château fort de Léhon, plus ancien, disent les archéologues, que la ville de Dinan elle-même. On irait jusqu’à prétendre que les Romains avaient déjà occupé cette position.

Longtemps la guerre dévasta ces lieux dont les échos ont répété les noms célèbres du vieux roi Noménoé, de Henri II d’Angleterre, de Charles de Blois, de Du Guesclin. A plusieurs reprises la citadelle fut démolie et reconstruite ; en différentes occasions aussi les moines du prieuré voisin obtinrent l’autorisation de se servir des matériaux écroulés pour continuer ou réparer leurs bâtiments. Aujourd’hui, tout est en ruine ; les ronces ou l’herbe sur les pans des murs, entre les dalles, au milieu des débris de tombeaux, le blé et les pommiers dans les cours et la place d’armes, ont remplacé les chevaliers bardés de fer et les moines encapuchonnés ; et pour compléter le contraste, la fumée qui s’échappe de la machine à vapeur d’une filature établie dans les bâtiments où jadis demeuraient les moines semble dire qu’on en a bien fini avec le passé !

Le charme de ce vallon fait songer à ces gracieux pays chantés par les poètes anciens : la vallée de Tempé, les frais ombrages de Tibur, les rives verdoyantes de l’Anio. Du reste, l’ami de l’Antiquité classique trouvera son compte même sur les bords de la Rance. Sur le chemin qui mène aux ruines de la citadelle de Léhon, se détache à gauche un sentier pierreux qui s’incline vers la rivière et conduit à une petite colline pittoresque faisant promontoire au milieu d’une vallée profonde. Au sommet de cette colline se trouve une villa surmontée de la statue d’Apollon, et pour que rien n’y manque, l’endroit s’appelle le mont Parnasse.

Tournez-vous à présent du côté de l’est : ce sont d’énormes rochers dépassant de leur masse colossale la cime des arbres plantés dans le bas de la vallée ; c’est la route de Lanvallay, où viennent aboutir toutes ces autres routes par où arrivent et voyageurs et denrées ; ce sont les hauteurs de Lanvallay, où apparaissent dans la verdure les habitations aux toits ardoisés ; Lanvallay, dont les seigneurs eurent longtemps leurs sépultures dans l’église de Saint-Sauveur, et firent bâtir dès le treizième siècle, à Dinan, la chapelle des Jacobins.

Il ne vous reste plus qu’à regarder du côté du nord : c’est, tout en bas, à vos pieds, l’ancien pont avec ses maisons grises serrées à ses deux extrémités ; c’est la Rance, entre ses deux quais, où les bateaux viennent accoster pour laisser et prendre des marchandises diverses ; c’est le port si pittoresque, bordé de maisons, d’usines, de chantiers, de haies, de jardins ; c’est le commerce, l’activité, la vie ; et des deux côtés, sur les pentes, toujours les ombrages verdoyants, toujours les fleurs, toujours la fête de la nature. Quand le ciel a ces belles teintes douces si chères aux yeux du vrai Breton, quand les objets sont baignés par cette fine et délicate lumière qui les éclaire sans les heurter, venez sur le viaduc, promenez vos regards à tous les points de l’horizon, et dites si ce n’est pas un sincère enchantement que de pouvoir, comme l’a dit un poète du pays,

De cette tribune de pierre,
Voir le ciel sourire à la terre,
Voir la terre sourire aux cieux !


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