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Lieux d'histoire : ville de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) - Histoire de France et Patrimoine


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Lieux d’Histoire

Origine, histoire de nos villes, villages, bourgs, régions, châteaux, chapelles, moulins, abbayes, églises. Richesses historiques de France


Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)
(Extraits d’articles parus en 1834)
Publié / Mis à jour le mercredi 6 octobre 2010, par LA RÉDACTION

 

Saint-Malo est bâti sur un rocher appelé rocher d’Aaron ; on n’y arrive que par un sillon, langue de terre longue et fort étroite, dont on voit une partie sur le premier plan de notre gravure. La ville, au moment de la marée haute, présente l’aspect d’une île surmontée d’un château fort :

Vue de Saint-Malo, prise du Sillon
Vue de Saint-Malo, prise du Sillon

De la mer s’élancent de belles et fortes murailles qui enserrent des massifs de maisons presque toutes à quatre étages, régulièrement bâties en larges pierres de granit, et percées d’une multitude de fenêtres ; on voit que l’espace a manqué et qu’il a fallu gagner en hauteur ce que la superficie du terrain refusait. Les habitants n’ont d’autre promenade que les remparts, et il n’y a de traces de végétation, dans cette enceinte de pierre, que sur la place Dugay-Trouin, où l’on a emprisonné quelques petits arbres.

Les Malouins ont eu de tout temps une grande réputation maritime, et elle est méritée. Ils firent partie de la ligue anséatique dans le milieu du XIIIe siècle ; dès le commencement du XVIe ils établirent de grandes relations commerciales avec l’Amérique et les Indes ; ils ouvrirent les premiers le commerce de Moka. Mais les intérêts de négoce, loin de contrarier les sentiments guerriers de la population, lui donnèrent souvent, au contraire, de nouveaux aliments. Ainsi, en 1711, une compagnie, formée principalement des négociants de Saint-Malo, excités par Dugay-Trouin, fournit aux frais d’armement d’une flotille avec laquelle ce célèbre marin s’empara de Rio-Janeiro. Les résultats de cette expédition élevèrent à 92 pour 100 le bénéfice des intéressés : la ville portugaise ayant été d’abord pillée, puis rachetée moyennant 12 millions, 500 caisses de sucre, et beaucoup d’autres conditions onéreuses.

Aujourd’hui, des exploits de ce genre seraient mis au ban des nations civilisées : la moralité humaine a subi cet égard une modification profonde ; d’ailleurs les relations commerciales ont établi une telle solidarité entre les intérêts des divers peuples, que s’il y a anéantissement de richesses en un lieu de la terre, c’est une perte pour tous ; on a, de plus, reconnu qu’on obtenait en définitive plus de bénéfice à trafiquer avec une ville dont les besoins et les ressources peuvent s’accroître sans cesse, qu’à lui arracher ses trésors, à la ruiner.

Dans le monde commercial les inimitiés nationales s’éteignent, et le sentiment de respect pour les propriétés particulières s’est accru à tel point que si le destin des événements politiques forçait la France à courir les chances d’une guerre momentanée, il est très probable que l’on ne délivrerait point de lettres de marque aux corsaires du commerce. Dans ce cas, Saint-Malo serait sans doute l’un des ports qui y perdraient le plus ; car c’est celui dont les corsaires ont eu le plus de renommée dans nos guerres avec les nations maritimes.

Porte de Saint-Malo
Porte de Saint-Malo

Les exploits des Malouins ont fourni plus d’une scène dramatique à nos romanciers ; leur audace et leur intrépidité comme guerriers, leur habileté comme marins, les avaient rendus si redoutables, que plusieurs fois les Anglais ont tenté de s’emparer de leur ville. Ils la bombardèrent en 1693 ; et plusieurs fois essayèrent, mais en vain, de l’enlever. Les registres de l’amirauté constatent que de 1688 à 1697 les corsaires malouins avaient pris aux Anglais et aux Hollandais 162 navires d’escorte et 3384 bâtiments marchands de toutes grandeurs.

En 1693, les Anglais tentèrent d’anéantir la ville de Saint-Malo à l’aide d’une machine infernale ; c’était un long navire maçonné en dedans, chargé de barils de poudre, de poix, de soufre, et de 350 carcasses contenant des boulets, des chaînes, des grenades, des canons de pistolets chargés, des toiles goudronnées et autres combustibles. Conduit à la faveur de la nuit vers les murs de la ville, le brûlot est par bonheur dérangé de sa route, échoue sur une roche, et s’entr’ouvre. Pressé par la circonstance, l’ingénieur y mit le feu ; mais l’effet fut loin d’être complet, parce que les poudres avaient commencé à se mouiller, et que, le brûlot étant incliné vers le large, les carcasses ne tombèrent pas sur la ville. Néanmoins le cabestan, pesant deux milliers, fut lancé dans la place, et écrasa une maison ; toutes les vitres de Saint-Malo furent brisées, et les toitures de trois cents habitations furent enlevées.

Vue de la Grande-Porte
Vue de la Grande-Porte

Le port de Saint-Malo est rangé dans la classe de ceux qui, restant complètement à sec certains intervalles de temps par suite du mouvement périodique de flux et de reflux, ont reçu pour cette raison le nom de ports de marée ; tantôt il apparaît comme un vaste bassin, sillonné en tous sens par des pêcheurs, et par les bateaux qui transportent les habitants, entre Saint-Malo et Saint-Servan, tandis que de gros navires en sortent.

Tantôt c’est une grande plage de sable et de vase, où paraissent à peine quelques flaques et ruisseaux ; les navires qui, tout à l’heure, y manoeuvraient avec orgueil et coquetterie, y sont couchés sur le flanc, échoués tristement comme s’ils étaient à la côte, et présentant un aspect peu gracieux ; des femmes et des enfants répandus sur la plage, y cherchent des vers pour amorcer les hameçons ; des matelots y grattent leurs navires et les goudronnent, tandis que des voitures assez incommodes remplissent les fonctions des alertes bateaux de passage, et continuent les communications entre Saint-Malo et Saint-Servan.

Saint-Malo était autrefois, par les produits de son commerce et de ses corsaires, une des villes les plus importantes de la Bretagne, et l’on peut juger de l’opulence de ses armateurs par le prêt de trente millions que l’un d’eux fit, en 1711, à Louis XIV. Quoique bien restreinte aujourd’hui par la perte de nos colonies, et la révolution commerciale qui a suivi la révolution politique, les relations de Saint-Malo sont encore assez étendues pour exiger la présence d’une chambre et d’un tribunal de commerce, l’établissement d’une direction des douanes dont le ressort comprend les départements d’Ille-et-Vilaine et des Côtes-du-Nord, et la création de deux entrepôts, l’un, pour les marchandises, institué par la loi du 28 avril 1803 ; l’autre, pour les sels, accordé par le décret du 11 juin 1806.

Vue des îles Harbourg et du Petit-Bey, prise des remparts de Saint-Malo
Vue des îles Harbourg et du Petit-Bey,
prise des remparts de Saint-Malo

L’entrepôt des marchandises reçoit chaque année pour une valeur de 4 à 500 mille francs, consistant principalement en denrées coloniales, peaux sèches, fer en barre, ancres de navires, et bois du Nord. Le sucre et le café sont expédiés dans l’intérieur, principalement à Rennes, par le canal d’Ille et Rance, dont la construction récente ouvre, au travers de la péninsule de la Bretagne, une communication navigable entre la Manche et l’Océan, et réunit les ports de
En échange des produits exotiques, Saint-Malo envoie à l’étranger, surtout en Amérique et en Espagne, des toiles et des fils de chanvre, des grains, des fruits et des poissons. Le cabotage de Saint-Malo est extrêmement actif ; il s’étend depuis Dunkerque jusqu’à Bordeaux ; et des bricks malouins vont souvent à Marseille charger des huiles et des savons.

Mais là ne se bornent pas les entreprises des armateurs de la ville : la pêche de la morue est encore pour eux un moyen plus assuré de fortune. Sur 400 navires que la France expédie chaque année à la pêche de la morue, 120 sortent de son port et de celui de Saint-Servan. La moitié seulement y rentre après la campagne, les autres portent leurs produits au Havre, Marseille, Bordeaux, et La Rochelle. Le commerce de Saint-Malo, employant chaque année 3000 matelots à la pêche à la morue, reçoit 150 à 160000 fr., qui entretiennent dans cette population essentiellement active l’aisance, l’amour du travail, et le désir de parcourir les mers.

Nous terminerons en rassurant ceux de nos lecteurs qui connaissent la réputation des chiens de cette ville. Un proverbe qui a encore cours dans presque toute la France les accuse de s’attaquer aux mollets des voyageurs ; de là cette question malicieuse adressée à ceux dont la jambe est en forme de flûte : Avez-vous été à Saint-Malo ? de là encore la chanson : Bon voyage, cher du Mollet, etc.

La vérité est qu’en effet, dès l’an 1155, une ou deux douzaines de bouledogues furent dressés à la garde des navires qui, demeurant à sec sur la vase, étaient exposés aux larons. Renfermés pendant le jour, ces chiens étaient lâchés le soir vers les dix heures, et faisaient une ronde sévère jusqu’au matin, où le son d’une trompette de cuivre les rappelait sous la garde du chiennetier. On avait institué pour leur nourriture un droit de chiennage. Jusqu’en 1770 la garde fut faite, et souvent cruellement faite, par ces terribles gardiens ; mais le 7 mars de cette année, un officier de marine, ayant voulu forcer le passage pour entrer dans la ville, fut attaqué avec fureur par toute la bande. Son épée ne lui fut qu’un inutile secours, et, près de succomber, il se jeta à la mer ; mais les chiens l’y suivirent et le mirent en pièces. Peu de jours après, par ordre de la municipalité, les bouledogues furent empoisonnés.

Nous vous conseillons la visite du site Internet officiel de la Ville de Saint-Malo :
vous y trouverez des infos sur l’histoire de cette ville, son économie,
ses attraits touristiques, ainsi que les manifestations qui s’y déroulent.

VISITER LE SITE
www.saint-malo.fr


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