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8 octobre 1517 : fondation du Havre par François Ier - Histoire de France et Patrimoine


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8 octobre 1517 : fondation du Havre
par François Ier
(D’après « Commémoration du IVe centenaire de la fondation
du Havre, 1517-1917 » paru en 1917,
« La Semaine religieuse du diocèse de Rouen » paru en 1875
et « Documents relatifs à la fondation du Havre » paru en 1875)
Publié / Mis à jour le vendredi 29 septembre 2017, par LA RÉDACTION

 
 
 
Par un privilège extrêmement rare, la ville du Havre peut exciper de son acte de naissance, devant son existence au roi François Ier qui désire en faire un bastion du commerce maritime, mais également un lieu offrant un havre sûr à nos navires

Tous les documents authentiques fixent d’une manière certaine l’époque de la fondation du Havre. Pourtant, Dubocage de Bléville affirme dans Mémoires sur le port, la navigation et le commerce du havre de Grace, paru en 1753, que François Ier ne fut pas le fondateur du port et affirme qu’il existait déjà sous les règnes de Charles VIII et de Louis XII. Des écrivains presque contemporains n’ont pas été plus exacts : Taillepied, dans son Recueil des antiquités et singularités de la ville de Rouen paru en 1587, rapporte « que, ce dit an (1509), fut commencé le Havre et ville de grace qui estoit un lieu champestre » ; Bourgueville de Bras (Les recherches et antiquités de la province de Neustrie, 1588) parle de « la ville Françoise, qui est ce grand Havre de Grace, qui fut faict bastir et construire viron l’an 1518 ou 1520 ». L’abbé Pleuvy (Histoire, antiquités et description de la ville et du havre de Grace, 1769), prenant un terme moyen, assigne l’année 1516 parce que la tradition commune parmi les bourgeois est qu’ « en mille cinq cens seize fut assise la première pierre ».

Toutes ces assertions tombent devant les documents officiels. Quand le 7 février 1517, François Ier, riche déjà de gloire et plus encore d’espérance, donnait à l’amiral de Bonnivet une commission afin de creuser un port qui pût tenir en sûreté ses navires ou vaisseaux et ceux de ses sujets naviguant sur la mer Océane, il n’entendait pas faire une oeuvre qui fût entièrement détachée du passé. Ce qu’il voulait, ce qui était déjà à l’étude depuis plus de quarante ans au moins, dès 1477, ce que demandait aux États de Normandie, en 1515, l’avocat Nicolas Caradas, ce que le commerce français réclamait avant tout, c’était un établissement maritime susceptible d’aider, de suppléer Harfleur dans son rôle de port souverain de la Normandie.

Vue du Port et des Chantiers du Havre. Estampe de 1750
Vue du Port et des Chantiers du Havre. Estampe de 1750

Dans sa lettre royale, François Ier s’exprimait ainsi : « Comme pour tenir en seureté les navires et vaissaulx de nous et de nos subjects navigans sur la mer Occeane, ayant fait sercher en la coste de Normandie et payx de Caux lieu seur et convenable et noous ayant esté rapporté par vous et notables personnaiges en ce experimentez et entenduz que le lieu de Grasse soit le plus propre et plus aisé de ladite coste et pays de Caus, à faire havre auquel lesdits navires et vaisseaulx puissent aisement arriver et surement séjourner (...), nous avons donné et donnons plain pouvoir et autorité de faire construire ledit havre et fortification au lieu de Grasse audit pays de Caux ».

L’initiative du constructeur, marin expérimenté, chargé de la direction des travaux, l’impossibilité matérielle de suivre à la lettre les indications du devis, aussi la prudence, car l’outillage rudimentaire de l’époque ne permettait pas de lutter contre l’irrésistible marche des atterrissements, toutes ces raisons firent que la conception initiale se compléta : François Ier avait voulu un port ; du Chillou tira de l’ordre royal sa conséquence naturelle : il y ajouta une ville.

Les débuts de l’opération furent conduits avec une rapidité extraordinaire. Dès le 12 février, Bonnivet avait transmis ses instructions au vice-amiral Guyon Le Roy, sieur du Chillou, alors capitaine de Honfleur, qui s’était rendu au lieu de Grâce afin d’y établir un devis sommaire et l’envoyer au roi, ceci dans le court espace de 15 jours, parce que François Ier voulait que « incontinent on besogne au dit havre ».

Enjoint le 22 février d’appeler les maîtres maçons et autres ouvriers à la prochaine adjudication des travaux qui devait se faire le 1er mars à Harfleur, le vicomte de Blosseville, capitaine de Caudebec et de la côte de Normandie, s’était empressé de s’exécuter : les sergents publièrent les ordres reçus, à Fécamp, dans la vicomté d’Auge, dans le comté de Lisieux, à Honfleur, à Saint-Valery, à Harfleur et à Montivilliers.

Du Chillou, arrivé à Harfleur le dimanche 1er mars, avait commencé ses études sur place dès le lendemain, en présence de 5 à 600 personnes. On avait choisi l’endroit où le havre serait percé. Deux tours devaient être construites avec un écartement de 33 mètres l’une de l’autre. De ces tours devaient partir deux jetées extérieures pour maintenir la liberté du chenal du Sud-Ouest contre les envahissements du galet. À l’intérieur, des criques naturelles allaient former l’avant-port, puis le bassin du Roi et enfin celui de la Barre. Une partie des terres devaient être maintenues par des murs de quai de 47 mètres de longueur.

Le tout devait être mis en communication avec le port de Harfleur par une tranchée ou canal, ayant sept kilomètres de longueur et vingt mètres de largeur, ce qui était suffisant pour la navigation, car les navires de ce temps jaugeaient ordinairement 80 tonneaux avec six mètres de largeur et quinze mètres de longueur.

Aux maîtres maçons venus pour l’adjudication, le vice-amiral donna connaissance des devis et leur demanda de mettre l’ouvrage à prix et au rabais, « leur remonstrant que c’estoit heuvre du roy et pour le prouffit et utilité de tout la chose publique du royaulme de France, mesmes de tout le pais de Normandie, où ils sont demourans, leur pryant qu’ilz se délibérassent d’en faire le meilleur marché qu’ilz pourroient. »

Diverses offres furent faites. Rolland le Roux, maître d’œuvre de la cathédrale de Rouen, descendit jusqu’à 25 livres tournois par toise. Les maîtres maçons de Rouen déclarèrent qu’ils ne pouvaient pousser plus loin les concessions. Le vice-amiral ne voulut pas souscrire à ce marché. Il s’entendit alors avec Jehan Gaulvyn de Harfleur et Michel Ferré de Honfleur, qui se laissèrent gagner par ses représentations et conclurent au prix de 22 livres 10 sous tournois par toise. C’est sur ces bases que le marché fut passé le 4 mars. Dès l’avant-veille, Guyon Le Roy avait fait planter les pieux au lieu où devait être creusé le port.

Buste de François Ier. Camée du XVIe siècle
Buste de François Ier. Camée du XVIe siècle

Une autre date importante relative à la fondation du Havre, se rapportant à la pose de la première pierre d’un édifice, est celle du 16 avril 1517 : ce fut celle du premier coup de bêche donné pour le percement du havre, le jeudi de la semaine de Pâques, précédant la construction de la petite maison de bois destinée à servir de bureau et de remise aux outils, achevée au mois de mai de la même année. Il n’y avait, en effet, à ce moment, aucun édifice pour servir d’abri aux maîtres maçons de l’œuvre.

Voulant parfaire l’entreprise, se rendant d’ailleurs très bien compte que le projet de diriger sur Harfleur, par un canal de 7 kilomètres de longueur, les navires qui arriveraient au Havre, était irréalisable, du Chillou acquit des paroissiens d’Ingouville, le 6 mai 1517, 24 acres de terrain à prendre de chaque côté du port. C’était l’amorce de la ville. Aujourd’hui, ayant deux fois renversé ses remparts, elle s’étend au loin dans la plaine, escalade la côte et envoie son faubourg de Graville rejoindre son antique prédécesseur.

Dès le 8 septembre, du Chillou, afin de favoriser le peuplement de la ville qu’il entreprenait, envoyait vers le roi, alors à Argentan, son lieutenant Jacques d’Estimauville, pour lui remettre une requête dans laquelle il exposait « que si nostre plaisir estoit, donner les franchises à tous ceulx qui vouldroient venir demeurer et habiter audict lieu de Grâce, que ledict port en seroit beaucoup rendu plus commode, et à ce moyen y arriveront grand quantité de navires qui seroient la cause de plus facillement le faire réduire en perfection d’ouvraige et où nous et la chose publique pourrions avoir gros prouffit ».

Cette suggestion s’accordait trop avec les désirs du roi d’attacher son nom à une création destinée à perpétuer son souvenir pour qu’il n’y réservât pas un accueil favorable. Le 8 octobre 1517, François Ier, après avoir proclamé que « son vouloir et intention, était au long du dit port et havre de Grasse, faire construire et édifier forteresse et ville close et laquelle, afin qu’elle puisse être peuplée et que en icelui lieu habitent gens de tous étatz, nous a semblé faire certains exemptions et affranchissements à tous ceux qui de pressens y sont habitués, et qui ci après se viendront habituer et faire bâtir en la dite ville » concédait aux habitants qui viendraient résider autour du nouveau port des exemptions de tailles et d’impôts pendant 10 ans, et le privilège particulièrement apprécié du franc salé, c’est-à-dire de prendre à la gabelle le sel sans en payer la taxe.

En outre, comme il fallait pourvoir les habitants d’eau potable en quantité suffisante, le roi avait ordonné aussitôt la captation des eaux de Vitanval, leur amenée par une canalisation jusqu’au Havre pour alimenter une fontaine monumentale avec son effigie.

Il n’était pas malaisé à du Chillou de dresser le plan de la nouvelle ville puisqu’il était en possession des terrains sur lesquels elle devait être construite. On peut constater aujourd’hui encore que les rues étaient droites et bien aérées. Dès le 6 novembre 1517, Jacques d’Estimauville retournait vers le roi, à Tours, afin de porter cette fois : « Le portrait de la grandeur et largeur de la plateforme d’une ville que nous avions délibéré faire à fossés et murailles à l’entrée du havre. »

Ainsi que le rappelait François Ier, nous disons qu’il s’agissait cette fois du plan d’une ville, car le 5 juillet précédent, Jacques d’Estimauville avait présenté au roi, qui était alors à Rouen, seulement le portrait de la façon dont serait fait le havre.

La création d’une ville étant décidée, il fallait lui donner un nom ; car la désignation de havre, commune à tous les refuges de navires, n’aurait pas eu de sens. Aussi François Ier déclarait dans ses lettres patentes du 16 juin 1532 qu’il l’avait nommée la « Françoise de Grâce ». C’est ainsi que des actes de 1524 mentionnent les noms de Havre de Grâce et de Ville Françoise. Un acte de 1535 cite le port de Françoise de Grâce, etc.

Flotte de François Ier au Havre en 1540. Lithographie couleur d'après une illustration de 1909 d'Albert Robida
Flotte de François Ier au Havre en 1540.
Lithographie couleur d’après une illustration de 1909 d’Albert Robida

Dans cette situation, la date du 8 octobre 1517 est véritablement celle de la naissance de la ville du Havre de Grâce et celle de son baptême, puisque François Ier lui avait donné son nom. Si ce nom patronymique de Ville Françoise a disparu, de même que la désignation de Grâce, c’est toujours l’œuvre de François Ier, commencée le 8 octobre 1517, qui subsiste aujourd’hui.

En 1519, l’état des travaux était si avancé, que le port pouvait abriter les vaisseaux envoyés au secours du roi du Danemark. Le 4 juin, le roi écrivait au vice-amiral : « Comme nous avons ordonné faire équiper, mestre sus, advitailler et armer certains navires et vaisseaulx estans es ports et havres de nostre pais et duché de Normandie pour les envoyer au secours de nostre très-cher et très-amé frère, cousin et allyé le roi de Dannemarcq (Christiern II) (...), pour les mener et les conduire et y faire embarquer lesdits mille hommes (4000) de guerre, nous vous avons donné et donnons par ces présentes povoir et commission et mandement espécial de faire faire lesdits équippaiges, advitaillements, munitions, etc. »

En 1520, le port pouvait être considéré comme terminé. Le roi venait au Havre en grande pompe, au mois d’août, inaugurer la nouvelle cité, et il constatait, dans les lettres-patentes portant confirmation des privilèges accordés aux habitants, « que à présent y a ouverture, havre et port patent, où la mer flue et reflue continuellement en fort grande abondance, de sorte qu’il n’y a navire de nostre royaume ou autre quel qui soit qui n’y puisse marrer et séjourner seurement. » En 1521, c’ets encore du Havre que partent les navires destinés à seconder Jean Stuart, duc d’Albany, dans ses tentatives de résistance en Écosse contre Henri VIII.




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