Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 15 novembre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

La gourmandise tue plus de gens que l'épée. Origine, signification proverbe, expression populaire. Dictionnaire locutions - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Expressions, Proverbes > La gourmandise tue plus de gens que (...)

Expressions, Proverbes

Proverbes et expressions populaires d’usage courant : origine, signification d’expressions proverbiales de la langue française


La gourmandise tue
plus de gens que l’épée
Publié / Mis à jour le vendredi 16 août 2019, par LA RÉDACTION

 
 
 
La gourmandise est un défaut qui cause beaucoup de torts à ceux qui s’y livrent

Ce proverbe nous vient d’Erasme, célèbre écrivain du XVIe siècle, qui composa plusieurs ouvrages en latin ; voici ses paroles : Gula plures quam gladius peremit, phrase que nous avons traduite littéralement.

Suivant Diogène, l’estomac est le gouffre ou le tombeau de la vie. On lit dans le Hava-Mal, poème gnomique des Scandinaves : le gourmand mange sa mort. Nous disons très pittoresquement qu’il creuse sa fosse avec ses dents. Sénèque s’écriait : « Vous êtes étonné du nombre infini des maladies ? Comptez donc les cuisiniers. » Innumerabiles morbos esse miraris ? Coquos numera. Montesquieu écrivait : « Le dîner tue la moitié de Paris, et le souper tue l’autre. »

La gourmandise. Carte publicitaire des éditions Armand Noyer appartenant à la série Les péchés capitaux, publiée au milieu du XXe siècle
La gourmandise. Carte publicitaire des éditions Armand Noyer appartenant
à la série Les péchés capitaux, publiée au milieu du XXe siècle

Mais la gourmandise ne borne pas ses funestes effets aux maladies ou à la mort de ceux qui s’y adonnent ; elle engendre une foule de vices qui influent d’une manière déplorable sur la moralité. Combien d’actions coupables se commettent dans les fumées de la digestion qui n’auraient pas lieu à jeun ! Les législateurs de l’antiquité le savaient bien lorsqu’ils appelaient la diététique à l’appui des bonnes mœurs, en promulguant des lois de régime. En Égypte, en Grèce et ailleurs, ils avaient défendu de traiter les affaires importantes après le repas, de peur qu’il n’eût sur elles une influence déraisonnable et perturbatrice. Excellent usage conservé chez les peuples modernes pour les délibérations des corps de l’État.

C’est la même raison, sans doute, qui avait inspiré à Charlemagne le capitulaire d’après lequel les comtes administrateurs de la justice ne pouvaient tenir les plaids s’ils avaient bu et mangé. Des rois de France de la dynastie capétienne voulurent imposer la sobriété à leurs sujets qui s’en étaient peut-être trop écartés, et ils leur enjoignirent de s’en tenir au pot et au rôt, c’est-à-dire aux deux services du bouilli et du rôti.

Une ordonnance de Philippe le Bel, en 1313, régla la quantité des mets pour chaque repas, à savoir : pour le dîner, un plat de viande avec un entremets, et pour le souper, le potage au lard accompagné de deux plats.

Le seizième canon du concile provincial tenu dans la ville d’Angers, en 1365. interdit aux ecclésiastiques, quelle que fût leur qualité, d’avoir plus de deux plats sur leur table, à moins que ce ne fût pour la réception d’un prince ou d’un personnage de haute considération.

Un règlement fait sous Charles VI prescrivit également de ne servir, en surplus du potage, que deux mets ; les deux mets habituels très probablement. Nemo audeat dare praeter fercula duo cum potagio.

Le soin qu’on prenait de renouveler de telles prescriptions prouve qu’elles étaient souvent enfreintes. D’infraction en infraction, elles tombèrent en désuétude, et les gourmands du XVe siècle purent en toute liberté s’adonner à la bonne chère, corps et âme, tripes et boyaux, suivant l’expression de Rabelais. Le repas alors se divisait en cinq services où figuraient des mets nombreux accommodés à toutes sauces, ainsi que nous l’apprend Taillevent, dans son Viandier pour appareiller toutes manières de viandes.

Cet art de la gueule, comme l’appelle Montaigne, n’a pas cessé depuis de croître et d’embellir. Nous l’avons vu, sous la Restauration, prendre une importance politique et devenir une sorte d’instrument de règne. Si le régime royal du début du XIXe siècle inaugura ce mode nouveau de gouvernement, le régime impérial l’éleva à sa plus haute puissance.

Celui-ci, grâce à son habileté financière qui lui permit de doubler le budget, put seul placer la table ministérielle au niveau de la table des lois, la faire servir de contrepoids à la tribune et assurer sa prépondérance en donnant pleine satisfaction à une grande armée de voraces, en comparaison desquels les anciens ventrus tant chansonnés semblent aujourd’hui tout à fait insignifiants.

La gourmandise tue plus de gens que l'épée. Illustration de Grandville extraite de Cent proverbes, édition parue vers 1860
La gourmandise tue plus de gens que l’épée. Illustration de Grandville
extraite de Cent proverbes, édition parue vers 1860

La mise en scène de ce proverbe par Grandville dans l’illustration donnée ici, n’a pas besoin d’être expliquée : il est inutile de décrire avec des mots ce qu’elle expose aux yeux en traits si expressifs et si caractéristiques. Il n’est personne qui ne puisse, à la simple vue, saisir l’idée tout entière de cette composition, tant elle s’y trouve accusée d’une manière claire et significative dans l’ensemble et dans les détails.

Quoi de plus pittoresquement original que cet énorme glouton à groin de pourceau, qui est tout ventre depuis le menton jusqu’aux cuisses, et qui semble n’avoir été créé et mis au monde que pour montrer jusqu’où la peau humaine peut s’étendre ! Nous avons à faire remarquer, en outre, que la devise inscrite sur le drapeau arboré par le goinfre est un trait d’opposition au célèbre adage Mange pour vivre et ne vis pas pour manger. Ajoutons que cet adage, dont on attribue l’invention à Socrate, qui se plaisait à en recommander la pratique comme un excellent moyen d’entretenir la santé du corps et celle de l’âme, se trouve quelquefois énoncé dans les livres du Moyen Âge par les lettres initiales des mots qui le composent en latin E. U. V. N. V. U. E. Edas Ut Vivas, Non Vivas Ut Edas.

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

Visiteurs actuellement sur le site
 
EXPRESSIONS et PROVERBES
les plus pittoresques
 COMMANDE / RÉSUMÉ de l'ouvrage sur...
NOTRE BOUTIQUE en ligne (cliquez ici)

ou sur Amazon
 
 Saviez-vous que Payer en monnaie de singe était l'apanage des bateleurs s'acquittant d'un droit de péage sous la forme de grimaces et gambades exécutées par leur singe ? Que Ménager la chèvre et le chou est une expression issue d'un problème que l'on donnait à résoudre aux enfants pour les accoutumer à réfléchir et à exercer leur sagacité ?
 
- - - - - - - - - - -

 

 République des imbéciles (La) : perversité de la loi du nombre et moyens d'instaurer une véritable démocratie
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Pain mangé par nos aïeux : sa nature, son prix
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Berceuses populaires (Les) : airs entêtants, apaisants, traversant le temps et les provinces
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
BON À SAVOIR
 Donner à quelqu'un des baies
 
 Avoir été au trépassement d'un chat
 
MANIFESTATIONS
 Grande rétrospective « Léonard de Vinci » au musée du Louvre
 
 Histoire des reliques du Moyen Âge au musée de Saint-Antoine-l’Abbaye (Isère)
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 OFFRE N°1 | Recevez en 48h les 37 volumes papier disponibles édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 OFFRE N°2 | Téléchargez au format numérique l'intégralité des 44 volumes de La France pittoresque parus en 14 années : 1100 articles, 2000 illustrations. L'Histoire enfin captivante !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Faire le cheval d'Aristote
 
 Être gras comme un moine
 
 À grands seigneurs peu de paroles
 
 Discorde (La) est au camp d'Agramant
 
 
Et puis aussi...
 
 Honni soit qui mal y pense
 
 Etre le dindon de la farce
 
 Être de la compagnie de lésine (lésiner sur les moyens)
 
 Boire comme un Templier
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 611 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services