Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 22 octobre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

L'avènement de la cuisine chinoise à Paris suscite l'enthousiasme - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Anecdotes insolites > Avènement de la cuisine chinoise à (...)

Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Avènement de la cuisine chinoise
à Paris : réaction d’enthousiasme en 1914
(Extrait du « Figaro » du 8 mars 1914)
Publié / Mis à jour le mercredi 16 septembre 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Voici un siècle, cependant que la cuisine chinoise commençait de s’inviter dans la capitale, Francis Durand, sous son pseudonyme d’écrivain de Francis de Miomandre — prix Goncourt 1908 pour son roman Écrit sur de l’eau — s’en fait l’ardent défenseur et l’inconditionnel promoteur, y voyant l’expression d’un raffinement certain, et le digne successeur des cuisines anglaise, italienne et espagnole ayant par le passé conquis Paris

Elle en est, pour ainsi dire, à ses débuts à Paris, écrit Francis de Miomandre au sujet de la « cuisine céleste » : on est en train de la lancer et je ne serais nullement étonné si elle devenait très vite à la mode. Elle a tout ce qu’il faut pour plaire, pour nous plaire...

Et d’abord, n’imaginez pas qu’elle ressemble, même de loin, aux infâmes mixtures décrites par des voyageurs écœurés. Ce sont là des légendes que les générations se transmettent. Je mange assez souvent à la chinoise et, Dieu merci ! on ne m’a jamais proposé de petits chiens bouillis à l’huile de ricin ni aucune horreur de ce genre.

Quant aux nids d’hirondelles et aux ailerons de requins, ce sont là plutôt objets de devanture, pièces de musée si l’on peut dire, conservées sous vitrine et destinées à donner au convive une forte impression d’exotisme, mais après tout pas plus vive que celle qui nous vient de la décoration murale : aquarelles sur papier de riz, panneaux de soie blanche brodés de fleurs.

La véritable cuisine chinoise est d’une rare discrétion : on sent très bien qu’elle ne ressemble pas à la nôtre et même qu’elle en diffère profondément, mais il faut y regarder de près pour en discerner les raisons. Là, comme en toutes choses, l’art extrême-oriental procède par des méthodes insaisissables et sans nulle violence. On s’attend à trouver quelque chose d’absurde et l’on rencontre quelque chose de délicatement étrange. C’est d’un effet très sûr.

En gros, la cuisine chinoise fait penser à l’italienne, mais sans cette lourdeur, cette vulgarité, cette abondance écrasante qui nous dégoûtent si vite de cette dernière, et nous rendent si vite injustes à l’égard de sa haute saveur. Le goût des mets chinois est infiniment subtil ; il ne se déclare que peu à peu, mais de plus en plus il est exquis. D’ailleurs, la preuve indéniable de l’excellence de la cuisine chinoise, c’est que l’ordonnance du repas est tout à fait semblable à la nôtre et s’accommode à la perfection de l’ordre correspondant des vins dont nous avons l’habitude. On ne peut en dire autant d’aucune autre.

Et puis, tout de même, quel plaisir pour un homme sensible au prestige de certains mots mystérieux que de manger, par exemple, du canard aux graines de lotus... Des graines de lotus !... Un imbécile, non loin de moi, l’autre jour, trouvait que ça ressemblait à des marrons... Évidemment, au premier abord... Mais après ?... Après, c’est tout autre chose et l’on sent bien que l’on se nourrit d’une substance extraordinaire, immatérielle, idéale. Des graines de lotus !...

Il y a aussi le soja qui rappelle la barbe de capucin mais sans ce côté inquiétant et anémique ; les germes de bambou, les letchis frais qui fleurent la rose, les petits poissons séchés, et le riz, le riz qu’eux seuls savent cuire et que l’on mange en guise de pain, dans les bols placés à côté de l’assiette.

Il y a surtout la façon de présenter, d’accommoder : en petits morceaux allongés et très fins. Chaque plat est un mélange parfois indiscernable, baignant dans une sauce elle-même fort complexe : on a pris soin de dissimuler le goût de la pièce principale, elle se perd dans la foule des autres. Jamais on ne vous servira rien d’analogue à ces gros entrecôtes, à ces rumstecks massifs, dont la saveur brute et obtuse satisfait des Occidentaux qui ne voient là qu’une occasion d’être vite et fortement remontés.

Mais vous retrouverez votre poulet perdu en lamelles au milieu d’une compagnie de pointes d’asperges et de pousses de toutes sortes de plantes. Et c’est cette particularité qui justifie l’emploi des baguettes, des fameuses baguettes, dont personne ici ne sait se servir. C’est pourtant si facile. Il suffit de les tenir entre le pouce et les trois premiers doigts, l’une immobile et l’autre se refermant sur la première, en un mouvement imperceptible, et très souple. L’enfance de l’art. Et sauf le fugace petit pois (mais on l’ignore en Chine), rien ne résiste aux baguettes. Elles ont prise sur la forte bouchée comme sur le brin le plus menu. Et c’est tellement plus joli dans la main que la fourchette, cet engin féroce, pareil à une arme et qui pique dans l’assiette comme une quadruple lance ! Les baguettes font le geste de cueillir, avec douceur. Lorsqu’on en a pris l’habitude, on trouve la fourchette si grossière qu’on ne s’en sert plus qu’avec une sorte de répulsion.

Puisque la cuisine chinoise commence à obtenir à Paris la vogue qu’ont connue l’anglaise, l’italienne et l’espagnole, il faut absolument que l’on prenne des leçons de baguettes. Car rien n’est plus choquant que de voir les convives, après avoir en vain tenté de se servir de ces jolis bâtonnets d’ébène, d’érable ou d’ivoire, de guerre lasse en revenir à leurs affreux tridents de métal dont ils lardent barbarement ces mets raffinés.

Une fourchette dans une graine de lotus ! Cela perce le cœur !...

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Samain (Samhain), Toussaint, nuit d'Halloween et Fête des morts
 
 Pain mangé par nos aïeux : sa nature, son prix
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
BON À SAVOIR
 A bon vin pas d'enseigne
 
 Il faut battre le fer quand il est chaud
 
MANIFESTATIONS
 Animal : bestiaire de verre de la fin du XIXe siècle à nos jours au musée du verre de Conches
 
 Histoire des reliques du Moyen Âge au musée de Saint-Antoine-l’Abbaye (Isère)
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 Recevez en 48h les 37 volumes édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Tisane du XVIIe siècle pour la santé
 
 Bruits de klaxons, sifflets et trompes dans Paris : projet de transformer Cacophonie-Ville en Harmonie-Ville !
 
 « Le criminel, c’est l’électeur ! »
 
 Projet d'impôt sur la vanité
 
 
Et puis aussi...
 
 Curieuse réclame médicale au XVIIIe siècle, ou le médecin payé au résultat
 
 Rabelais s'inspire des explorateurs Jacques Cartier et Jean Alfonse pour ses Navigations de Pantagruel
 
 Doléances d'un académicien au sujet des indemnités académiques
 
 Détection précoce de la délinquance : on y songeait au XIXe siècle
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 333 ARTICLES

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services