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12 juin 1799 : mort du chevalier de Saint-George

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12 juin 1799 : mort du
chevalier de Saint-George
Publié / Mis à jour le samedi 11 juin 2016, par LA RÉDACTION
 

Ce métis si célèbre par son habileté prodigieuse dans tous les exercices du corps et dans ce qu’on appelle les arts d’agrément, était né en 1715, à la Guadeloupe, et avait pour père le fermier général, M. de Bologne, qui l’amena fort jeune en France. Destiné à y vivre au milieu d’une noblesse hautaine, un instinct secret dut lui apprendre qu’il aurait à essuyer, par rapport à la couleur de sa peau, des dédains, des bravades, et il se pourvut de moyens efficaces pour imposer aux fanfarons.

Sans négliger de plus sérieuses études, il mit si bien à profit les leçons de La Boëssière, fameux maître d’escrime, chez lequel il était entré comme pensionnaire à l’âge de treize ans, qu’en peu d’années il devint le plus fort tireur de la salle la plus célèbre à cette époque. A mesure que l’âge développait sa taille avantageuse, sa force et son agilité plus qu’ordinaires, Saint-George acquérait une égale supériorité dans tous les autres exercices : « Personne ne pouvait l’atteindre à la course ; il dansait avec un agrément merveilleux, montait à cru les chevaux les plus difficiles ; et l’hiver, quand la glace fermait les rivières, c’était un passe-temps pour la haute société que d’aller voir patiner Saint-George, tant il avait perfectionné un art si frivole ; enfin, dans un concert, nul ne le surpassait sur le violon (...) ; son aptitude pour la musique était telle, qu’il exécutait parfaitement un air avec son fouet », nous apprend la Biographie universelle.

Joseph Bologne de Saint-George
Joseph Bologne de Saint-George

On conçoit quels durent être les succès d’un cavalier si accompli : des grâces, un esprit vif et cultivé, des manières du meilleur ton, un air doux, que ne démentait pas son excellent caractère, joints à tant d’autres avantages, faisaient aisément oublier, dans les boudoirs, et les cheveux crépus et la peau plus que basanée du beau créole. D’abord mousquetaire, puis écuyer de madame de Montesson, et ensuite capitaine des gardes du duc de Chartres, Saint-George, lorsque la Révolution éclata, se trouva, par suite de sa position, mêlé à toutes les intrigues dont le Palais-Royal était le foyer.

On assure que ce fut sur les ordres secrets du duc d’Orléans, qu’au mois de juin 1791, il se rendit à Tournai, sous prétexte d’y donner un concert aux amateurs, mais effectivement pour tenter de conquérir au parti de son patron, les émigrés qui se trouvaient en cette ville. Econduit, il s’en retourna sans montrer la moindre humeur, mais bien décidé à soutenir ouvertement la cause contre laquelle ses offenseurs étaient armés. Lorsqu’en 1792 les Prussiens envahirent le sol de la France, Saint-George fit des prodiges de valeur, à la tête d’un corps de cavalerie qu’il avait levé et conduit, en qualité de colonel, à l’armée du Nord.

Dans cette mémorable campagne, il servait sous les ordres de Dumouriez, dont il fut des premiers à dénoncer la défection. Arrêté à Paris et incarcéré comme suspect pendant le règne de la Terreur, il fut, comme tant d’autres, rendu à la liberté par la chute de Robespierre ; mais depuis lors il cessa de prendre part aux affaires publiques. Une maladie de vessie, dont le traitement l’eût astreint à un régime sévère, et que pour cette raison il négligea totalement, l’enleva, le 12 juin 1799, après de longues souffrances.

Saint-George avait composé les partitions de plusieurs opéras comiques qui n’ont pas eu de succès : les connaisseurs de l’époque en louèrent le caractère gracieux et délicat ; mais le manque de caractère et de variété s’y faisait trop sentir. C’est aussi ce qu’on peut reprocher aux concertos qu’il a écrits et qui toutefois eurent dans le temps un succès de vogue. Le menuet qui porte son nom, autrefois si goûté, ne se trouve plus que dans les anciennes méthodes d’instruments.

On raconte que le virtuose créole s’étant présenté, en 1776, à la tête de quelques capitalistes, pour l’entreprise de l’Académie royale de musique, qu’alors il était question de confier à une régie, plusieurs des principales actrices, les Arnould, les Guimard et autres, se hâtèrent de représenter à la reine, dans un placet, que leur honneur et leurs privilèges ne leur permettaient pas d’être soumises à la direction d’un mulâtre. Par suite de cette réclamation, on rejeta les propositions de Saint-George.

 
 
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