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14 août 1818 : mort du naturaliste et archéologue Aubin-Louis Millin de Grandmaison - Histoire de France et Patrimoine


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14 août 1818 : mort du naturaliste et
archéologue Aubin-Louis Millin
Publié / Mis à jour le mardi 11 août 2015, par LA RÉDACTION

 

Né en juillet 1759, Aubin Millin de Grandmaison renonça à l’état ecclésiastique, auquel il était destiné par ses parents, et se livra à l’étude des sciences. Il publia bientôt des traductions de morceaux choisis dans la littérature étrangère ; ensuite il prit un goût très vif pour la botanique, et s’occupa d’un grand ouvrage sur l’histoire naturelle en général, dont il ne publia que quelques fragments ; puis il se livra à des recherches sur les médailles et autres monuments antiques.

Il fonda une Société linnéenne, qui ne fut bien établie qu’après quelques années, sous le nom de Société d’histoire naturelle, et dont Millin fut nommé secrétaire perpétuel. Il embrassa avec chaleur les principes du commencement de la Révolution française, se lia étroitement avec plusieurs membres de l’Assemblée constituante, publia des brochures et des journaux dans le goût de l’époque ; mais les événements de 1793, la prison où on l’enferma, et la perte de sa fortune commencèrent à lui faire comprendre que tout n’est pas profit en révolution.

Aubin-Louis Millin de Grandmaison
Aubin-Louis Millin de Grandmaison

Le 9 thermidor sauva sa tête. Il obtint un emploi à l’instruction publique, et devint bientôt après professeur aux écoles centrales. Il fut le fondateur du Magasin encyclopédique. Enfin, en 1794, Millin succéda à l’abbé Barthélemy dans la place de conservateur des médailles, où il est resté jusqu’à sa mort. Il a publié un grand nombre d’opuscules, qui presque tous ont rapport à l’histoire naturelle ou à des recherches sur les monuments de l’antiquité.

Jamais homme s’occupant des sciences n’eut moins que Millin les dehors d’un savant. Molière ne l’aurait pas pris pour modèle d’un Vadius ; il paraissait au contraire dans le monde un homme très superficiel, et s’il aimait, dans son cabinet, les bas-reliefs,les statues mutilées, les médailles et les ruines, nous l’avons vu souvent se plaire beaucoup à un bon dîner, au bal, aux spectacles et auprès d’une jolie femme. Il avait gardé quelque chose du personnage d’abbé de cour qui lui fut d’abord destiné, et pour lequel sans doute il avait fait des études premières. Millin était aimable, le meilleur, le plus doux et le moins offensif des hommes, d’une société sûre et agréable.

Etroitement lié avec toutes les familles riches ou en crédit sous l’empire, et partout le bienvenu, jamais il ne dînait chez lui. Logé gratis à la bibliothèque de la rue de Richelieu, toute sa maison se composait d’un valet de chambre : « Je suis garçon dans toute la force du terme, nous a-t-il dit plusieurs fois : tous les jours je reste dans mon cabinet jusqu’à cinq heures ; mais ma soirée est employée à courir de salon en salon, au théâtre ou au bal ; j’aime à jouer la comédie en société ; j’ai une extinction de voix continuelle ; mais, avec ma physionomie de Crispin, je me fais entendre.

« Pour suivre ce genre de vie agitée, pour satisfaire ce goût du monde, il me faut absolument une voiture ; cependant, je ne possède qu’environ douze mille francs de revenu, et mon équipage me coûte justement la moitié de cette somme ; c’est un élégant remise, avec un petit jokey bien vêtu, que le carrossier me fournit par-dessus le marché ; et tout le monde peut croire que tout cela appartient à mes écuries ou à mon antichambre. Pour subvenir à cette dépense, je supprime toutes les autres : mon couvert est mis chez tous mes amis ; je vais où je veux déplier ma serviette ; j’ai par jour cinquante dîners au lieu d’un ; et j’arrive ainsi à la fin de l’année, sans un sou d’économie, mais sans devoir une obole, et content de mon sort autant que si j’avais cent mille livres de rente. »

Par bonheur pour Millin, sa mère, très âgée, et qui logeait avec lui, aimait aussi la vie de garçon, car elle allait tous les jours dîner chez un restaurateur, nommé Roland, près de la Comédie-Française, où elle se rendait chaque soir, au balcon, à gauche de l’acteur, depuis soixante-huit ans, quand elle mourut. Sa place, qu’il y eût foule ou non au théâtre, n’était jamais prise : on savait qu’elle appartenait à la bonne vieille ; le long usage avait établi le droit. Tous les habitués reconnaissaient de loin son petit chapeau noir, sous lequel paraissaient deux petits ronds, formés sur ses joues par un rouge foncé, du temps de Louis XV. Un soir cependant, à la première représentation du Plaute de M. Lemercier, la pauvre octogénaire trouva sa place envahie, et nous nous serrâmes à l’orchestre pour lui en faire une autre, rapporte E. de Planard.

Elle dut regretter d’en avoir changé, car, pendant le tumulte de cette représentation, le parterre escalada les bancs où nous étions avec elle, et nous eûmes besoin de nous battre à la mode d’Angleterre, pour empêcher madame Millin d’être foulée aux pieds. Elle racontait à qui voulait l’entendre, qu’à l’âge de dix-huit ans elle avait acheté, au Théâtre-Français, ses entrées à vie, pour la somme de mille écus. Les comédiens ont fait un mauvais marché, ajoutait-elle en riant ; il eut lieu en 1740 ; nous sommes en 1808 ; par conséquent mon spectacle ne m’a coûté, depuis soixante-huit ans, par chaque douze mois, que la petite somme de 44 francs et quelques deniers ; on ne peut s’amuser plus économiquement.

Et, dans les dernières années de sa vie, le plaisir qu’elle goûtait au spectacle était augmenté par l’affaiblissement de sa mémoire. Sa tête suivait encore assez bien, pendant la soirée, la marche et l’intrigue de la pièce que l’on représentait. Mais madame Millin, dès qu’elle avait dormi, oubliait totalement les ouvrages qui l’avaient charmée la veille. Ainsi, après avoir entendu cent fois Tartufe et le Légataire, elle s’écriait : Voilà une bien jolie pièce ! je ne la connaissais pas. Et le lendemain, c’était encore du nouveau. Millin, regretté de ses nombreux amis, mourut âgé de cinquante-neuf ans.

 
 

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