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Porter son chapeau, risque déformation colonne vertébrale. Coiffures et recommandations médecins. Controverse

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Anecdotes insolites
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Chapeau et coiffures responsables de
la déformation de la colonne vertébrale ?
(D’après « La Chronique médicale », paru en 1925-1926)
Publié / Mis à jour le lundi 19 mars 2018, par LA RÉDACTION
 
 
 
« Ne souriez pas : il n’est pas indifférent de savoir se coiffer, si l’on veut éviter les pires calamités. Le mauvais port du chapeau entraîne, tout simplement, la cyphose, la scoliose, et autres déviations de la colonne vertébrale », affirme la Chronique Médicale en 1925

La découverte est due à un lexicographe et philologue, Pierre Malvezin, qui en fait part et au ministère de l’instruction publique et à un certain nombre de médecins. Ceux ci, tels que les docteurs Brindeau et Gabriel Rousseau ont félicité le novateur de son « esprit observateur » ; mais d’autres ont fait des réponses plus précises. Enregistrons, notamment., cette opinion du regretté Paul Delbet, poursuit la Chronique :

« Les causes de déviation de la colonne vertébrale sont multiples et complexes : il est difficile de faire la part de chacune d’elles. Je crois cependant que votre remarque est juste et que le poids, même faible, d’un chapeau, peut taire osciller, dans un sens ou dans l’autre, la longue tige de nos vertèbres. Je souhaite, mon cher compatriote, que vous réussissiez à nous corriger et à faire de nous les émules des statues antiques. »

Le docteur Henri Gillet dit de son côté : « Votre hypothèse paraît logique. Toute attitude prolongée, qu’elle soit bonne ou mauvaise, influe soit sur les yeux mêmes (cela dans le jeune âge, alors qu’ils sont encore malléables), soit sur les muscles et les tendons, que cette attitude raccourcit (cela à l’âge adulte). Par conséquent, vos cyphotiques (dos voûté) et vos scoliotiques (cou tordu) peuvent bien devoir leur déformation à un port de chapeau illogique. »

Mais voici des témoignages de poids. Ecoutons le professeur Bouchard (ne pas oublier que cette enquête fut faite en 1911, précise la Chronique médicale) : « Je crois très sérieusement que vous avez raison, et des souvenirs me confirment dans cette idée. Il y a, dans votre remarque, un document psychologique intéressant. C’est une grimace, un ridicule de l’esprit de se faire une mode pour soi-même. Il en résulte une grimace, un ridicule du corps... Je vous remercie, etc. »

Ceux qui ont connu Berthelot savent qu’il marchait courbé ; ne serait-ce pas parce qu’il portait son chapeau en arrière, habitude qui avait pu lui venir de celle de rester coiffé en travaillant baissé, dans son laboratoire ou chez lui ? Regardons autour de nous ; il ne sera pas difficile d’ajouter d’autres observations à celles recueillies par ce bon M. Malvezin, concluait la Chronique médicale.

L’année suivante, le Dr Morin revenait sur cette question de l’influence supposée du port du chapeau, et s’exprimait ainsi :

Je lis, dans le n° du 1er juillet 1925 de la Chronique médicale, page 209, l’article humoristique « menaçant des pires calamités ceux qui se coiffent mal, car ils risquent la cyphose, la scoliose et autres maux en ose de la colonne vertébrale. » Pour ma faible part, et dans ma longue carrière médicale, je n’ai jamais vu (malgré l’avis du Dr Paul Delbet) que le faible poids du chapeau pût engendrer de semblables déformations sur la longue tige de nos vertèbres.

Les chapeaux des femmes et leurs cheveux sont d’un poids bien plus lourd que les chapeaux d’hommes. Mais que dirons-nous des casques des pompiers et des cuirassiers, des ex-bonnets à poil des sapeurs, et des shakos en tromblons du Premier Empire, où le grenadier logeait tant de choses : pipe, tabac, briquet, chique, bourse, mouchoir, cartes, correspondance, etc. ? Tous ces couvre-chefs n’ont jamais, que je sache, exercé une action néfaste sur les braves qui les ont portés (sauf l’alopécie). Autant accuser le vieux bonnet de coton de nos ancêtres.

Et que dire des habitants de nos provinces ou des peuples chez lesquels les femmes, les hommes et les enfants portent de lourds paniers ou des fardeaux sur leur tête ? Voilà pour le poids. Parlons maintenant de l’attitude : « Le Dr Guillet pense que cette hypothèse paraît logique ; que toute attitude prolongée, qu’elle soit bonne ou mauvaise, influe soit sur les yeux, soit sur les muscles et les tendons. »

Cette opinion manque de précision au point de vue du chapeau mis droit, en arrière ou sur l’oreille, écrit Morin. Et si l’attitude est bonne, il n’y a pas de déviation à craindre. L’attitude mauvaise prolongée du corps, surtout sur es bancs de l’école et lorsque l’enfant exécute, le soir, la masse énorme des devoirs dont on le surcharge après la classe, aux dépens de sa santé (corpore sano), peut avoir une action sur les yeux (myopie), ou sur la colonne vertébrale, mais le chapeau n’y est pour rien ; car pendant les 24 heures, la durée du port du chapeau, surtout chez l’enfant et l’adolescent, est minime. Classes, récréations, repas, vagabondage, sport, bureau, sommeil, etc., tout cela se fait sans coiffure.

Quant à la position du chapeau, poursuit le Dr Morin, voire du képi sur l’oreille ou en arrière, je n’ai jamais constaté aucune action sur la colonne vertébrale : soit dans les régiments, soit à l’école de gymnastique (pendant 15 ans), soit dans le civil depuis 40 ans ; et je ne crois pas que ce soit le port du chapeau en arrière qui ait voûté le dos de Berthelot, mais plutôt les longues heures et veilles passées, penché sur les réactions chimiques, dans son laboratoire, et à la rédaction de nombreux travaux. Quant à l’avis du Pr Bouchard, c’est une boutade : il parle de grimace et de ridicule du corps ; il n’est pas à la page scientifique de la question.

Mais il est une action bien plus néfaste due à la compression du crâne par les coiffures, surtout les coiffures rigides et dures, telles que chapeaux hauts de forme, melons, shakos, képis, casques, qui encerclent la tête comme dans un étau, sur le trajet des artères temporales, dont elles produisent la dilatation sinueuse, si visible à la tempe, en arrêtant la circulation et prédisposant ainsi aux hémorragies cérébrales, faisant porter aussi le sombre diagnostic d’artério-sclérose.

L’hygiéniste doit donc envisager la structure du chapeau qu’il faut porter, plutôt que la manière de le porter, qui, je le crois, n’a aucune action sur la déformation de la colonne vertébrale. C’est plutôt le contraire qui se produit, et c’est le rachitisme et autres maladies générales qui jouent ici leur rôle néfaste ; c’est la cyphose qui oblige les cyphotiques à mettre leur chapeau en arrière, pour dégager et allonger leur champ visuel.

Conclusion : pour contenter tout le monde, les coiffures molles et légères sont à recommander par les hygiénistes.

 
 
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