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Aquitaine : origine et histoire du département Lot-et-Garonne

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Départements français
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Histoire du département du Lot-et-Garonne
(Région Aquitaine)
Publié / Mis à jour le jeudi 28 janvier 2010, par LA RÉDACTION
 

Le département du Lot-et-Garonne correspond à peu près au territoire qu’occupait avant l’invasion romaine la peuplade celtique des Nitiobriges. Cette peuplade et celle des Bituriges Vivisques étaient les deux seules appartenant à la grande nation des Celtes, dont la domination s’étendit sur la rive gauche de la Garonne.

Ce territoire formait le Pagus Aginnensis, ainsi appelé de la capitale Agedinum. Loin de s’associer à cette énergique résistance nationale dont leurs voisins leur offrirent tant d’exemples, les Nitiobriges trahirent la cause commune en livrant le passage de la Garonne aux Romains, lorsque Crassus, lieutenant de César (56 ans avant J.-C.), attaqua l’Aquitaine. La petite peuplade des Sotiates opposa seule de la résistance dans la forteresse de Sos, dont le nom se retrouve aujourd’hui à l’extrémité sud-ouest du département. C’est là que le chef Adcantuan se défendit avec un courage héroïque ; il pratiquait des mines jusque sous les travaux des assiégeants ; il faisait des sorties terribles, accompagné de ses six cents Soldures, ces hommes qui se dévouaient à la vie à la mort à un chef de tribu.

Une capitulation honorable lui fut accordée. Les Nitiobriges avaient accepté le titre flétrissant d’alliés de la république romaine. Pourtant, lorsque Vercingétorix, assiégé dans Alésia, fit un dernier appel au patriotisme des Gaulois, ils revinrent à de meilleurs sentiments et fournirent cinq mille hommes sous le commandement de Teutomar, fils d’Ollovicon ; malheureusement, ce chef imprudent se laissa surprendre sous les murs de Gergovie, tandis qu’il faisait la méridienne dans sa tente, et vit son camp enlevé avant qu’il eût pu se reconnaître ; il n’eut que le temps de sauter demi nu sur son cheval et faillit tomber aux mains des ennemis.

L’époque celtique n’a pas laissé des traces bien nombreuses dans le département de Lot-et-Garonne ; pourtant, on trouve dans les environs d’Agen et de Tournon des dolmens et des peulvens assez bien conservés ; à La Plaigne, près de La Montjoie, arrondissement de Nérac, on voit des ruines d’un vaste édifice qu’on suppose avoir été un temple druidique ; enfin on a déterré aussi en plus d’un endroit des monnaies gauloises, des haches en silex, en porphyre, en bronze, débris de la demi civilisation qui précéda dans ces lieux la civilisation romaine.

Quand les Romains, maîtres de la Gaule, la divisèrent en dix-sept provinces, le Pagus Aginnensis, que nous appellerons désormais Agénois, fut compris dans la seconde Aquitaine, dont il forma l’angle méridional. L’Aquitaine était renommée pour la fertilité de son sol, même à cette époque de décadence où tant de parties de l’empire étaient devenues désertes, puisque Salvien l’appelle le « coeur des Gaules, les mamelles de la fécondité, l’image du paradis. »

Or, dans l’Aquitaine, l’Agénois se distinguait encore par la richesse de ses belles vallées de la Garonne, du Lot et de la Baïse, par la grâce et la fraîcheur des nombreux vallons qui entrecoupent ses plateaux élevés ; il n’est donc pas surprenant que les riches Romains se soient plu à l’habiter, à y construire de somptueuses villas dont les fouilles, particulièrement celles que l’on a faites à Nérac et à Sainte-Pompogne, nous ont révélé l’existence. Statues, figurines, vases antiques, amphores, médailles, monnaies impériales, admirables mosaïques ont été recueillies avec soin.

Les voies romaines sillonnaient le pays ; l’une d’elles subsiste encore aujourd’hui et conduit les voyageurs des rives de la Garonne vers la ville de Sos et l’Armagnac ; on l’appelle la Ténarèse (iter Caesaris). Quiconque allait à Bordeaux, venant du centre de l’empire, traversait l’Agénois. Agen possédait une école qui le disputait à celtes de Toulouse et d’Auch, sinon à celles de Bordeaux.

Le christianisme fut apporté dans l’Agénois, vers 250, par saint Vincent, qui fut martyrisé à Vellanum. Les légendes parlent également de saint Maurin, martyrisé au lieu même où s’éleva depuis l’abbaye de Saint-Maurin, sur les confins de l’Agénois et du Quercy.

L’Aquitaine ayant été cédée par Honorius aux Wisigoths, l’Agénois appartint à ces nouveaux maîtres jusqu’en 507, que les Francs de Clovis les chassèrent du bassin de la Garonne. Les rois francs se le disputèrent. Gontran l’enleva à Chilpéric et le perdit en 587. Dagobert le comprit dans le royaume qu’il constitua à son frère Caribert. En 732, les Sarrasins l’envahirent. Pépin s’en empara sur Waïfre. Charlemagne, à la fin du VIIIe siècle, l’érigea en comté en faveur d’Ermiladius, arrière-petit-fils du duc Eudes.

Ce comté devint héréditaire et passa sous le régime féodal après la chute des Carlovingiens, révolution qui s’accomplit partout au milieu des incursions dont les Normands criblaient notre pays. Pour ces pirates, les fleuves étaient des routes ouvertes. Ils remontèrent ainsi la Garonne jusqu’à Toulouse, en 863, semant l’incendie et la mort sur ces beaux rivages. Pépin, roi d’Aquitaine, les avait appelés pour se maintenir avec leur secours contre ses sujets révoltés.

Enfin ce fléau s’épuisa. L’Agénois avait passé pendant ce temps à Wulfrin, comte d’Angoulême et de Périgord. Garcias le Courbé, duc de Gascogne, le lui enleva en 886. En effet, depuis que les Gascons, au VIe siècle, descendant du versant des Pyrénées, s’étaient répandus vers le nord, la domination de leurs ducs atteignait la Garonne ; elle la dépassa dès lors, et, jusqu’en 1030, ils demeurèrent maîtres de l’Agénois ; ce comté fut alors donné en dot à la fille d’un des ducs gascons, laquelle le porta à la maison de Poitiers.

Au siècle suivant, Éléonore de Guyenne, à son tour, le porta successivement aux rois de France et aux rois d’Angleterre, qui le gardèrent peu de temps, Richard Coeur de Lion l’ayant donné en dot (1196) à sa soeur Jeanne lorsqu’elle épousa Raymond VI, comte de Toulouse. Ces comtes, déjà suzerains de l’Agénois depuis deux siècles, en devinrent alors seigneurs directs.

Avec la domination toulousaine, l’hérésie albigeoise se répandit dans l’Agénois. Au reste, ce pays était particulièrement préparé à la recevoir puisque, dès la fin du Xe siècle et le commencement du XIe, il s’y trouvait un grand nombre de manichéens condamnés par plusieurs conciles et qu’un auteur contemporain, Rodolphus Ardens, désignait sous le nom d’Agénois. Il souffrit considérablement de la fatale croisade qui coûta alors au midi de la France sa prospérité et sa brillante civilisation. « O terres d’Agen, de Béziers, de Carcassonne, s’écrie un troubadour, quelles je vous vis et quelles je vous vois ! »

Simon de Montfort y exerça le pouvoir en souverain et y établit un sénéchal. Moins heureux, son fils Amaury fut chassé et ne rentra qu’avec le secours de Louis VIII, auquel il céda ses droits peu de temps après. La mort de ce roi retarda la chute de l’Agénois sous la domination directe de la couronne de France ; il fut au nombre des pays que le traité de Meaux (1229) laissa à Raymond VII, et tomba des mains de ce dernier dans celles de son gendre Alphonse, frère de saint Louis, en 1245, et enfin de celles d’Alphonse à la couronne, en 1271.

Cependant les rois d’Angleterre protestaient et redemandaient l’Agénois comme un des pays que saint Louis s’était engagé à céder par son traité avec Henri III. Henri III lui-même avait élevé cette prétention à la mort de Raymond VII, et chargé Simon de Montfort, comte de Leicester et deuxième fils du chef de la croisade anti-albigeoise, de réclamer la restitution de cette province aux exécuteurs testamentaires du dernier comte.

Mais l’énergique opposition des habitants fit échouer cette réclamation. Des députés furent envoyés à la cour de France, et prêtèrent dans les mains de la reine mère leur serment de fidélité au comte Alphonse et à la comtesse Jeanne, « absents pour le service de Jésus-Christ, » c’est-à-dire à la croisade avec saint Louis. Henri III renonça à faire de nouvelles démarches ; mais Édouard Ier, son successeur, reprit l’affaire et la mena à meilleure fin.

En effet, par le traité d’Amiens (1279), il se fit restituer l’Agénois et il en donna la jouissance à sa mère Éléonore. Cette province ne demeura pas longtemps sans contestation au pouvoir des Anglais. Lorsqu’en 1292 une querelle de matelots brouilla Philippe le Bel et Édouard, le roi de France, hautain et ambitieux, signifia au roi d’Angleterre, alors dans l’Agénois, une citation appuyée par de nombreux griefs, relatifs en grande partie à cette province. Il l’accusait, par exemple, d’avoir pendu deux sergents d’armes à qui la garde de Castelculier, près d’Agen, était confiée ; d’avoir « arrêté et détenu en prison un grand nombre de personnes, notamment maître Raymond de Lacussan, avocat d’Agen, parce qu’ils disaient qu’il était licite d’appeler du sénéchal de Gascogne et de toute la terre d’Agénois au roi de France. »

Philippe le Bel envoya une armée qui s’empara du pays (1295) ; la guerre s’y fit avec des succès divers jusqu’en 1299. Elle recommença en 1324 à l’avantage des Français, puis en 1337, et cette fois le comte de Derby donna la supériorité aux armes anglaises ; Jean, duc de Normandie, fils du roi de France Philippe VI, échoua au siège d’Aiguillon (1345). Agen restait pourtant aux Français, et leurs ’plus habiles généraux, les comtes d’Armagnac, de Foix, de L’Isle-Jourdain, le roi de Navarre, le sire de Craon soutenaient dans l’Agénois une lutte opiniâtre contre les capitaines anglais.

Le traité de Brétigny rendit ces efforts inutiles en livrant à Édouard cette province parmi tant d’autres. Charles V reprit les armes si honteusement déposées sous le règne de son père l’Agénois fut reconquis et fortement occupé par le duc d’Anjou. Pourtant les hostilités y recommencèrent sous Charles VI et s’y prolongèrent avec des succès divers et de grandes complications pendant tout son règne et pendant la première partie du règne de son successeur. La reprise d’Agen (1439) fut enfin le signal de la retraite définitive des Anglais. Bientôt après se termina cette terrible guerre de Cent ans dont l’Agénois avait été presque continuellement, comme on peut le remarquer, un des principaux théâtres.

Momentanément aliéné par Louis XI en faveur de son frère le due de Berry, l’Agénois fut réuni à la couronne. Mais la partie sud-ouest du département de Lot-et-Garonne, celle où se trouvaient situées les deux villes alors importantes de Nérac et de Casteljaloux, appartenait à la maison d’Albret. Cette puissante maison accrut ses possessions déjà considérables par le mariage du comte Henri d’Albret avec Marguerite de Valois, soeur de François Ier, qui lui apporta en dot l’Armagnac.

La faveur que cette savante princesse accorda aux réformés propagea dans le pays la religion nouvelle et en fit comme une lice ouverte où se rencontrèrent, pendant les guerres de religion,. les plus fameux chefs des deux partis, entre autres le terrible Montluc. En 1572, l’Agénois, avec le Quercy, fut donné en apanage par Charles IX à sa soeur, la seconde Marguerite de Valois, qui épousait Henri de Navarre.

Celui-ci domina dès lors, en son nom et au nom de sa femme, dans toute l’étendue du pays qui forme le département ; mais il se fit des ennemis dans sa nouvelle province par ses scandales amoureux, et se vit bientôt obligé de la défendre contre les troupes royales, puis contre sa femme elle-même lorsqu’elle se fut tournée du côté de la Ligue. Avec Marguerite de Valois finit, en 1616, la liste des comtes apanagistes de l’Agénois. Toutefois, la soeur du cardinal de Richelieu, Mme de Combalet, acquit, en 1642, l’engagement du pays d’Agénois moyennant soixante mille francs, et les ducs d’Aiguillon, branche cadette de la maison de Richelieu, en ont joui jusqu’en 1789 ; les cinés de cette branche prenaient même le titre de comtes d’Agénois.

Quoique réuni définitivement à la couronne au commencement du XVIIe siècle, l’Agénois n’en fut pas moins un des pays qui ressentirent le plus vivement tous les troubles qui agitèrent les règnes de Louis XIII et de Louis XIV. C’était un des derniers foyers de la Réforme. Dès 1614, Louis XIII fut obligé d’aller assiéger Tonneins. Sept ans après (1621), la défense des protestants dans l’Agénois ayant été confiée au marquis de La Force, Louis XIII s’y rendit de nouveau à la tête d’une armée : tout le pays se soumit, moins Clairac, qu’il fallut assiéger.

Mais, à la nouvelle de l’échec des troupes royales devant Montauban, la révolte éclata de nouveau et obligea le roi de revenir sur ses pas ; la supériorité de ses forces lui donna promptement la victoire, et cette fois, avant de se retirer, il fit démanteler la plupart des villes et châteaux de l’Agénois. Pendant les troubles de la Fronde, le prince de Condé s’efforça d’entraîner cette province dans le parti des rebelles. Mais la plupart des habitants se déclarèrent pour le duc d’Harcourt qui y commandait les troupes royales, et firent leur soumission au roi.

Depuis lors, plus rien de nouveau jusqu’en 1789. Nous ferons seulement observer que cette province non seulement n’est demeurée étrangère à aucun des grands épisodes de l’histoire de France, mais encore que, grâce sans doute à sa position à peu près centrale dans la Guyenne et la grande vallée de la Garonne, elle y a presque toujours joué un rôle considérable : croisade contre les Albigeois, guerre de Cent ans, guerres de religion, s’y sont en quelque sorte concentrées.

 
 
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