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Le trésor du pirate calaisien Olivier Levasseur dit La Buse enfin découvert ?

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L’Histoire fait l’Actu
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Trésor (Le) du pirate calaisien
Olivier Levasseur enfin découvert ?
(Source : Ouest France)
Publié / Mis à jour le samedi 17 août 2019, par LA RÉDACTION
 
 
 
Il s’agit de l’une des plus folles légendes de l’océan Indien. Avant d’être capturé et mis à mort, le pirate « La Buse » aurait caché une fortune sur l’île de la Réunion. Jamais avérée, cette formidable histoire vient pourtant de connaître un rebondissement.

Le 7 juillet 1730, quelques semaines après avoir été capturé, le pirate Olivier Levasseur, surnommé « La Buse », était pendu à Saint-Paul, sur l’île de la Réunion. Selon la légende orale, avant que la corde ne lui soit passée au cou, le forban aurait lancé un cryptogramme à la foule réunie devant l’échafaud et aurait crié « Mon trésor à qui saura le prendre... »

Quelques jours plus tôt, lors de la traversée d’un site nommé la Ravine à Malheur, Olivier Levasseur aurait regardé autour de lui, puis indiqué aux gardes qui l’escortaient : « Avec ce que j’ai caché ici, je pourrais acheter toute l’île. » De ces phrases et de ce cryptogramme, censé révéler l’emplacement du butin amassé par le pirate, est née l’une des plus célèbres légendes de l’océan Indien.

Le pirate Olivier Levasseur dit La Buse vu par Michel Faure, dessinateur de la série de bande dessinée Aventures dans l'océan Indien comprenant les albums La Buse et la Vierge du Cap (1978) et La Fin de La Buse (1979), réédités en 2005
Le pirate Olivier Levasseur dit La Buse vu par Michel Faure, dessinateur
de la série de bande dessinée Aventures dans l’océan Indien comprenant
les albums La Buse et la « Vierge du Cap » (1978) et La Fin de La Buse (1979), réédités en 2005

Mystérieuses inscriptions
Près de trois siècles après sa pendaison, La Buse continue d’ailleurs d’intriguer et de fasciner. Nombre de publications et romans ont été consacrés à son trésor, dont plusieurs Réunionnais continuent à chercher la trace. Les offrandes apparaissent ainsi régulièrement sur sa tombe située dans le petit cimetière marin de Saint-Paul, dans l’espoir de voir l’esprit du forban favoriser la chance des chasseurs de fortune.

Celle-ci pourrait être colossale. En 1721, La Buse et son complice, le pirate anglais John Taylor, avaient notamment pris possession du navire La Vierge du Cap. À bord de ce riche vaisseau portugais, se trouvaient le vice-roi des Indes orientales portugaises et l’archevêque de Goa. La Buse et Taylor firent main basse sur la cargaison, composée de rivières de diamants, de bijoux, de perles, de barres d’or et d’argent...

En 300 ans, les recherches se sont orientées sur l’ouest et le sud de l’île de la Réunion, mais aussi à Madagascar, aux Seychelles et à l’île Maurice. Sans succès. Jusqu’à la découverte fortuite de deux écologistes mauriciens au mois de juillet 2018. Partis en randonnée sur Rodrigues, petite île faisant partie du territoire de Maurice, les deux hommes se sont arrêtés devant trois énormes pans rocheux de montagne, sur lesquels ils ont remarqué des signes et de troublantes inscriptions.

Après avoir pensé qu’il s’agissait de fissures naturelles, ils ont pris soin de les photographier afin de les tirer en gros plans, plus faciles à examiner. Les deux hommes ont alors pris conscience qu’il s’agissait de marques intentionnelles, tracées au ciseau ou au burin. De retour sur les lieux quelques jours plus tard pour pousser leurs recherches, l’un d’eux est parvenu à se glisser entre les pans rocheux et à prendre des photos de la cavité.

Cryptogramme attribué au pirate Olivier Levasseur dit La Buse et présenté au grand public pour la première fois en 1934 dans l'ouvrage Le flibustier mystérieux : histoire d'un trésor caché par Charles Bourel de La Roncière
Cryptogramme attribué au pirate Olivier Levasseur dit La Buse et présenté
au grand public pour la première fois en 1934 dans l’ouvrage Le flibustier mystérieux :
histoire d’un trésor caché
par Charles Bourel de La Roncière

Des clichés qui ont révélé l’apparence d’un coffre rouillé endommagé, dont une baguette métallique s’était détachée, mais aussi les restes d’un cordage provenant d’un système de poulie encore visible, ainsi qu’une borne en pierre, placée verticalement devant le coffre. Sous le coffre, les randonneurs ont aussi aperçu un point rouge, ainsi qu’une sculpture de chimère montée sur un métal brillant, semblable à de l’or jaune.

Un coffre vieux de 300 ans
Alertés, scientifiques et historiens de l’île Maurice se sont immédiatement rendus sur les lieux. Et selon les examens et constatations réalisés, le coffre semble dater de 250 à 300 ans, époque correspondant à celle de La Buse.

« Ce butin devait appartenir à un pirate qui sillonnait les mers de Maurice et de Rodrigues et qui y serait venu le cacher dans l’espoir de le récupérer un jour, indique le groupement d’intérêt scientifique (GIS) d’histoire maritime. Les marins de l’époque étaient superstitieux et croyaient qu’une chimère était un gardien de trésor, possédant le pouvoir de tuer ceux qui le convoitent et que seule une personne au cœur pur et qui ne cherche pas à l’accaparer, pouvait l’extraire sans y laisser la vie. »

Un an après cette découverte, la situation n’a pourtant pas évolué. Si les études et recherches se succèdent pour déterminer s’il s’agit bel et bien du trésor du pirate, rien n’a été entrepris pour tenter de l’extirper de la cavité rocheuse. Seule une demande de classement au patrimoine mondial de l’Unesco a été formulée.

Tombe dite de La Buse au cimetière marin de Saint-Paul, à La Réunion (le pirate n'a pas eu de sépulture et le cimetière a été créé bien après sa mort)
Tombe dite de La Buse au cimetière marin de Saint-Paul, à La Réunion
(le pirate n’a pas eu de sépulture et le cimetière a été créé bien après sa mort)

Les autorités tentent avant tout de savoir à qui, juridiquement, doit revenir l’éventuel butin. Selon Richard Payendee, commissaire mauricien à l’Environnement, à la pêche et au tourisme, « il s’agit du patrimoine de Rodrigues », mais les autorités centrales n’ont pas encore tranché.

De leur côté, les deux écologistes ont fait appel aux services d’un cabinet d’avocat pour enregistrer leur découverte. D’un point de vue strictement légal, selon l’article 716 du Code civil mauricien, tout « inventeur » a droit à la moitié de tous les objets, artefacts et biens découverts par lui. L’autre moitié doit revenir à l’État mauricien. L’enjeu financier est donc de taille. Mais en l’absence de travaux d’excavation, le trésor reste virtuel, et Olivier Levasseur conserve son secret au plus profond de sa tombe.

Stéphane Cugnier
Ouest France

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