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26 novembre 1781 : François de Bouillé enlève l’île de Saint-Eustache aux Anglais - Histoire de France et Patrimoine


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26 novembre 1781 : François de Bouillé
enlève l’île de Saint-Eustache
aux Anglais
(D’après « Histoire de la Martinique depuis la colonisation
jusqu’en 1815 » (par Sidney Daney) Tome 4 paru en 1846
et « Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables,
et des combats maritimes les plus fameux de tous les peuples
du monde, anciens et modernes, jusqu’à nos jours » (Tome 2) paru en 1808)
Publié / Mis à jour le dimanche 26 novembre 2017, par LA RÉDACTION

 
 
 
Observant la marche des Anglais qui en février précédent s’étaient emparé non sans déprédations de l’île hollandaise de Saint-Eustache, François de Bouillé, gouverneur de la Martinique, fait secrètement voile avec quelques centaines d’hommes vers la possession anglaise et y parvient dix jours plus tard à la nuit tombée...

Depuis qu’elle était passée en 1678 sous le contrôle de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, l’île de Saint-Eustache, faisant partie des petites Antilles, appartenait aux Hollandais auxquels l’Angleterre avait déclaré la guerre en 1780, sur le motif qu’un traité secret avait été conclu entre la Hollande et les États-Unis.

Le 3 février 1781, l’île avait été surprise par treize vaisseaux et quatre mille hommes de troupes aux ordres du général anglais Vaughan ; un butin immense était tombé entre les mains des Anglais qui s’y livrèrent à une déprédation donnant lieu, en Angleterre, à de longs procès et à de nombreuses récriminations. L’amiral Rodney qui commandait la flotte fut accusé de détournement à son profit, et il fut reconnu que les Anglais des îles voisines y vendaient leurs marchandises aux ennemis en guerre avec l’Angleterre.

La prise de Saint-Eustache par les Anglais en février 1781. Gravure de Johann Baptist Bergmüller (1781)
La prise de Saint-Eustache par les Anglais en février 1781.
Gravure de Johann Baptist Bergmüller (1781)

Celle-ci ne devait cependant pas jouir du fruit de sa conquête. Car François de Bouillé — gouverneur de la Martinique et gouverneur des colonies françaises des îles du Vent depuis 1777, il avait pris en juin 1781 le commandement de la flotte française du comte de Grasse lors de la prise de l’île anglaise de Tobago dans le cadre de la guerre d’indépendance des États-Unis — conçut, de ce moment, le projet d’arracher l’île aux mains des Anglais. Mais, comme ces derniers s’étaient fortifiés avec soin sur ce rocher qu’ils appelaient le Gilbraltar de l’Amérique et qu’une surprise seule pouvait en venir à bout, il garda sur son dessein le plus profond silence, en attendant le moment propice à son exécution.

En novembre 1781, et après s’être procuré tous les renseignements dont il avait besoin, il avait arrêté son plan et terminé ses préparatifs. Durant la nuit et tandis que la jeunesse créole dansait à un bal brillant qu’il avait donné à son gouvernement, il sortit mystérieusement et s’embarqua avec environ trois-cent cinquante hommes du régiment Walch, d’Auxerrois et de Royal Contois, commandés par Dillon, colonel du régiment de son nom. Le marquis de Bouillé avait fit courir le bruit qu’il allait au-devant de notre armée navale. Mouillées sur la rade de Fort-Royal, trois frégates — la Médée, l’Amazone et la Galathée —, la corvette l’Aigle et quatre goélettes armées qui portaient ses troupes reçurent le gouverneur de la Martinique et toute sa suite, et mirent immédiatement à la voile le 15 novembre 1781.

François-Claude-Amour, marquis de Bouillé. Peinture de l'École française datée du 14 novembre 1800
François-Claude-Amour, marquis de Bouillé. Peinture
de l’École française datée du 14 novembre 1800

Ce ne fut qu’alors que les officiers de terre et de mer, encore en habit de fête, apprirent qu’ils allaient à la conquête de Saint-Eustache. Cette île, comme toutes celles du golfe du Mexique, n’était facilement abordable que par la partie sous le vent ; mais cette partie était défendue par un fort construit sur un roc escarpé, et que les canons des vaisseaux que les bas-fonds ne permettaient pas d’en approcher, auraient pu à peine atteindre. Ce fort était gardé par une bonne garnison munie abondamment de moyens de défenses. Une attaque de ce côté offrait trop de résistance : on se décida à aborder par la partie du vent.

Après mille contrariétés qu’opposèrent au marquis de Bouillé les vents et les courants, il arriva devant cette île dans la nuit du 26 novembre : les chaloupes furent mises à la mer ; mais des lames furieuses, qui battaient une plage escarpée, menaçaient de les briser si elles tentaient d’accoster. Les bâtiments légers et la corvette devaient en effet mouiller, cependant que les frégates devaient rester sous voiles, à porter d’envoyer des troupes à terre.

Le seul bateau où était le comte de Dillon put effectuer un débarquement de cinquante chasseurs. Un raz-de-marée inattendu, qui régnait sur cette côte, fit perdre les chaloupes qui furent brisées sur les roches dont elle était couverte. Le canot dans lequel le marquis de Bouillé vint à terre, fut renversé ; mais on parvint à en tirer les troupes. On découvrit enfin un lieu de débarquement moins dangereux, et on y mit à terre une partie des troupes.

Les frégates avaient été en dérive une heure avant le jour ; la plupart des canots et chaloupes brisés sur la plage ne laissaient aucun espoir de réunir le reste des troupes. Le général français, privé de tout moyen de retraite, n’avait de ressource que celle de vaincre un ennemi dont les forces étaient presque doubles des siennes. Les soldats étant pleins d’ardeur et de courage, il se décida à attaquer.

Surprise de Saint-Eustache le 26 novembre 1781. Dessin de Clément-Pierre Marillier (1740-1808)
Surprise de Saint-Eustache le 26 novembre 1781.
Dessin de Clément-Pierre Marillier (1740-1808)

Il était quatre heures et demie du matin ; les Français étaient éloignés de près de deux lieues du fort et des casernes, lorsqu’ils se mirent en marche au pas redoublé. À la tête des soldats, le marquis de Bouillé gravit, au milieu des ténèbres et d’un terrain hérissé de difficultés, le roc qui les séparait de la forteresse. Il donna ordre au comte de Dillon d’aller, avec les Irlandais, droit aux casernes, d’envoyer un détachement pour prendre le gouverneur dans sa maison ; au chevalier de Fresne d’escalader le fort avec une centaine de chasseurs s’il ne pouvait en forcer les portes ; et au vicomte de Damas de soutenir son attaque avec le reste des troupes.

À l’aube du jour, vers six heures, le comte de Dillon parvint aux casernes et rencontra une compagnie d’Anglais faisant l’exercice et qui, trompée par l’uniforme rouge du régiment de Dillon, les prit pour des compatriotes et les laissa approcher. Mais s’apercevant bientôt de son erreur, elle prit la fuite et se précipita du côté de la forteresse dont elle leva le pont-levis. Les Français s’attachèrent à ses pas et de Fresne parvint à s’emparer du pont-levis. Les fuyards jetèrent l’épouvante dans la forteresse, et les Anglais se croyant surpris par une armée nombreuse se rendirent à trois cent cinquante Français. Le gouverneur anglais Cockburn avait été fait prisonnier par O’Connor, officier irlandais.

Tandis que les Anglais s’étaient comportés envers les Hollandais, comme des flibustiers et des déprédateurs et méritaient qu’un sort semblable les frappât, les Français les traitèrent en vainqueurs généreux. Parmi le reste du butin fait sur les Hollandais et dont on exigea la restitution, se trouva un million en espèces caché chez le gouverneur anglais Cockburn, qu’il avait levé sur les habitants. Ce gouverneur fut accusé en Angleterre d’avoir livré la colonie. On apprit quelques temps après que des navires qu’ils avaient expédiés pour l’Angleterre, chargés des dépouilles de Saint-Eustache et escortés par le commodore Hotham, étaient tombés entre les mains de la Motte Picquet et que vendus en masse au commerce de Bordeaux, ils avaient produit huit millions.

Estampe satirique anglaise dirigée contre lord Cockburn, gouverneur anglais de Saint-Eustache surpris et fait prisonnier par le marquis de Bouillé le 26 novembre 1781. Estampe de Kobon (1782)
Estampe satirique anglaise dirigée contre lord Cockburn, gouverneur anglais de Saint-Eustache
surpris et fait prisonnier par le marquis de Bouillé le 26 novembre 1781. Estampe de Kobon (1782)

Le vicomte de Damas, colonel d’Auxerrois et qui avait pris part à l’expédition, fut envoyé par le marquis de Bouillé à Saint-Martin dont il fit prisonnière la garnison anglaise. Saba subit la même destinée. Les Français relevèrent, dans ces trois îles, le pavillon des États-Généraux. Fitz Maurice, commandant du bataillon de Walsh, fut laissé gouverneur militaire à Saint-Eustache, et Chaber, Français né à Saint-Eustache et qui avait fourni au marquis de Bouillé les renseignements qui l’avaient guidé, reçut le gouvernement civil.

Lorsque les Martiniquais, qui ignoraient d’abord où s’était dirigé leur gouverneur et qui avaient pensé qu’il se portait au-devant de l’escadre du comte de Grasse, attendu de l’Amérique, apprirent ce nouvel exploit accompli avec tant d’audace et de célérité, ils firent éclater leur joie, et la petite flotte conquérante fut reçue au milieu d’acclamations de triomphe. Le marquis de Bouillé rentra à Fort-Royal avec près de 800 prisonniers, sans compter les femmes et les enfants. Il y trouva l’armée du comte de Grasse qui avait terminé sa glorieuse campagne de l’Amérique septentrionale.




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