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29 août 1475 : traité de Picquigny mettant un terme définitif à la guerre de Cent Ans

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29 août 1475 : traité de Picquigny
mettant un terme définitif à la
guerre de Cent Ans
(D’après « Éphémérides universelles, ou Tableau religieux, politique,
littéraire, scientifique et anecdotique, etc. » (Tome 8) édition de 1834
et « Histoire générale de France depuis les temps les
plus reculés jusqu’à nos jours » par Abel Hugo (Tome 4) paru en 1841)
Publié / Mis à jour le jeudi 29 août 2019, par LA RÉDACTION
 
 
 
La signature de ce traité intervient cependant que dans les faits la guerre de Cent Ans s’est achevée en 1453 après la bataille de Castillon, mais qu’Édouard IV d’Angleterre, allié à Charles le Téméraire, vient de gagner la Picardie avec la plus belle armée jamais envoyée par les Anglais sur le continent

Édouard avait signé le 25 juillet 1474 un traité d’alliance avec Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Mais son indignation fut extrême lorsqu’il vit que ce dernier ne venait pas se réunir à lui, suivant leurs conventions. Le roi Louis XI saisit habilement l’occasion : persuadé qu’il arriverait mieux à son but par des séductions que par la force des armes, il épuisa ses trésors, multiplia les emprunts, et combla de ses largesses les ministres, les conseillers, les soldats, le monarque lui-même, qui reçut un présent de cinquante mille écus, faible indemnité pour la couronne de France, réclamée par Edouard IV dans son manifeste.

Les négociations ne furent ni longues ni difficiles : Louis XI, dans son désir de voir s’éloigner les Anglais, accéda à presque toutes leurs demandes. Il n’exigea même pas qu’ils lui donnassent le titre de roi. Le duc de Bourgogne essaya vainement de s’opposer à l’accommodement d’Édouard et de Louis. Une entrevue entre les deux rois termina toutes les hésitations.

Lithographie couleur d'après une aquarelle de Jacques Onfroy de Bréville dit Job parue dans Louis XI de Job et G. Montorgueil (1905)
Lithographie couleur d’après une aquarelle de Jacques Onfroy de Bréville
dit Job parue dans Louis XI de Job et G. Montorgueil (1905)

« Pour cette entrevue, explique l’historien Jean-Charles-Léonard Simonde Sismondi, un pont fut construit sur la Somme, à Picquigny : il fut traversé par une barrière qu’il était impossible de franchir, et qui n’avait point de porte. Les rois arrivèrent par les deux rives avec douze personnes seulement. Louis XI salua Édouard avec affection et courtoisie, l’assurant qu’il était l’homme qu’il désirait le plus voir.

« Les traités avaient été rédigés ; la trêve conclue était de sept ans. La plus entière liberté de commerce était assurée aux marchands des deux nations. Les deux rois promettaient de s’assister réciproquement, de se défendre l’un l’autre, au besoin, contre leurs sujets rebelles ; ils s’unissaient par le mariage projeté de leurs enfants. Louis promettait une rançon de cinquante mille livres pour Marguerite d’Anjou, veuve de Henri VI ; et Édouard, qui l’avait jusqu’alors retenue prisonnière à la Tour, promettait, par considération pour Louis, de la remettre à ce prix en liberté. Les deux expéditions du traité furent échangées entre les deux souverains. Chacun d’eux mit, au travers du grillage, une main sur un Missel, l’autre sur la vraie croix, et en jura l’observation.

« Louis reprit ensuite la conversation avec gaieté ; il invita Édouard à venir à Paris, l’assurant que les dames de sa cour méritaient d’être vues, et lui présentant le cardinal de Bourbon comme un confesseur complaisant, prêt à l’absoudre s’il était entraîné dans quelque péché. Il trouva Édouard plus disposé à accepter cette invitation qu’il n’en avait lui-même envie. C’est un très beau roi, dit-il après la conférence, il aime fort les femmes ; il pourrait en trouver quelqu’une à Paris qui lui dirait tant de belles paroles, qu’elle lui donnerait envie de revenir, et ses prédécesseurs n’ont été que trop à Paris et en Normandie. »

Louis demanda à Édouard ce qu’il devrait faire si le duc de Bourgogne ne voulait pas accepter la trêve ; Édouard s’en rapporta à sa prudence. Encouragé par cette indifférence, Louis lui fit une question semblable quant au duc de Bretagne — François II (1435-1488) — ; mais Édouard répondit qu’il avait toujours trouvé, en François II, un excellent et fidèle allié, et qu’en tout temps il serait prêt à passer la mer pour le défendre.

Les deux rois se séparèrent avec toutes les marques de la plus grande cordialité. « Édouard se remit en marche pour l’Angleterre, fort satisfait, dit un historien, d’avoir reçu de l’argent de son parlement pour faire la guerre à la France, et de l’argent de Louis pour faire la paix. »

Le traité conclu avec l’Angleterre fut suivi de deux autres traités non moins importants pour Louis XI : l’un, conclu à Soleuvres, près de Luxembourg , stipula une trêve de neuf ans avec le duc de Bourgogne, qui avait hâte d’aller tirer vengeance des Alsaciens et des Suisses ; l’autre, signé à Senlis, changea la trêve qui existait entre la France et la Bretagne en une paix définitive.

 
 
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