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8 juillet 1781 : mort de Jean Baseilhac, dit frère Côme, chirurgien et lithotomiste

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8 juillet 1781 : mort de Jean Baseilhac,
dit frère Côme, chirurgien et lithotomiste
Publié / Mis à jour le dimanche 8 juillet 2012, par LA RÉDACTION
 

Jean Baseilhac, généralement connu sous le nom de frère Côme, naquit en 1703, près de Tarbes. Quoiqu’il se soit fait un grand nom dans la chirurgie, ce furent moins encore ses talents et ses découvertes qui contribuèrent à établir sa réputation, que l’austérité de ses mœurs, ses vertus, et surtout sa bienfaisance. Issu d’une famille dans laquelle l’art chirurgical était pour ainsi dire héréditaire, il acquit les premières notions de la médecine, presque dès l’enfance, dans la maison paternelle.

Jean Baseilhac
Jean Baseilhac

Mais bientôt il conçut le désir d’aller puiser l’instruction sur un plus grand théâtre, et il se rendit à Lyon, chez un oncle qui pratiquait aussi la chirurgie avec éclat dans cette ville. Les mêmes motifs le déterminèrent deux ans après à venir à Paris. Son zèle et son application furent bientôt remarqués, et on l’admit à l’Hôtel-Dieu comme élève. A peine venait-il d’être reçu que le prince de Lorraine, récemment nommé à l’archevêché de Bayeux, édifié de sa bonne conduite, l’attacha à sa maison en qualité de chirurgien ordinaire, espérant qu’il le seconderait dans ses projets de soulagement des pauvres, dont il comptait faire l’objet des premiers travaux de son épiscopat.

Baseilhac suivit donc le prélat, qui lui fournit tous les moyens d’augmenter ses connaissances, et qui fit bâtir un hôpital dont il lui confia la direction. La mort lui ayant enlevé ce protecteur, le profond chagrin que lui causa cette perte irréparable pour lui, une certaine disposition au mysticisme, et plus que tout cela peut-être, un orgueil qui se révoltait à l’idée de subir les épreuves de la maîtrise, le déterminèrent à se jeter dans les ordres. Il revint donc à Paris, et se présenta aux Feuillants, qui l’admirent sous le nom de frère Jean de Saint-Côme. Cependant il ne fit profession que longtemps après, lorsqu’il fut bien assuré que ses supérieurs lui laisseraient sa liberté, et ne le gêneraient pas dans l’exercice de l’état qu’il aimait avec passion.

Rassuré sur ce point, il voulut l’être aussi du côté de la communauté des chirurgiens de Paris, qui pouvaient l’inquiéter, parce qu’il n’avait pas de titre ; mais aussi habile à saisir ou faire naître l’occasion, que jaloux de conserver en tout point son indépendance, il employa l’intrigue avec tant d’habileté, que des ordres supérieurs obligèrent cette compagnie à le regarder comme un de ses maîtres.

Tranquille alors, le frère Côme consacra ses talents aux pauvres, et obtint des succès si brillants, que bientôt il fut l’un des praticiens les plus répandus de Paris, et que sa réputation s’étendit à l’étranger. Sobre et austère à l’excès, il refusa constamment l’offrande modeste du pauvre : « Gardez votre argent, disait-il au père de famille ; en le recevant je ferais tort à vos enfants. » Quant à celle des riches, qui, admirant son rare désintéressement, le récompensaient avec plus de libéralité encore, il ne la considérait que comme un dépôt. Ce fut du produit de toutes ces sommes qu’il établit en 1753, et soutint jusqu’à sa mort, un hospice destiné aux malades qui n’avaient pas le moyen de se faire tailler chez eux, employant ce qui lui restait d’excédant à établir des orphelins.

Cependant, malgré les occupations nombreuses que lui donnait sa profession, il trouvait toujours le temps de satisfaire aux exercices de piété, et il ne cessa jamais de montrer l’exactitude la plus sévère à remplir les devoirs de sa règle. Une catarrhe qu’il négligeait depuis plusieurs années l’enleva aux pauvres, dont il était depuis longtemps le père, et qu’il institua ses héritiers, leur laissant tout ce qu’une charité industrieuse l’avait mis à portée d’épargner. Quelques taches légères déparèrent la noblesse de son caractère ; il était brusque, repoussant même au premier abord, et pétri d’une vanité qu’on est bien tenté d’excuser quand on raisonne humainement.

Le frère Côme avait vraiment le génie chirurgical. C’est surtout dans l’histoire de la taille que son nom est devenu célèbre. Témoin chaque jour des infirmités qu’entraînait cette opération pratiquée par la méthode que l’on désigne sous le nom de grand appareil, et convaincu de l’excellence de celle qu’on appelle appareil latéral, il ne trouvait à cette dernière d’autre défaut que d’exposer à de graves accidents, faute d’un instrument qui eût un appui et une mesure fixe dans son emploi. Ce motif seul, qui n’arrêterait pas un chirurgien de nos jours, mais qui présentait un grand obstacle dans un siècle où l’on faisait pour ainsi dire dépendre la perfection de la chirurgie de celle des instruments, l’empêchait de tailler par l’appareil latéral.

Enfin, après bien des méditations et des essais sur le cadavre, il imagina son fameux lithotome caché. L’essai de cet instrument, aussi simple dans sa manière d’agir que compliqué dans sa construction, fut fait à Melun en 1748, et couronné de succès. L’envie fit pleuvoir de toutes parts des critiques, pour la plupart très amères, mais auxquelles le frère Côme fit peu d’attention, parce qu’elles portaient presque toutes à faux. Il laissa au temps le soin d’établir la réputation de son lithotome caché, qui ne tarda pas en effet à être adopté presque universellement en France, malgré les graves défauts qu’on peut lui reprocher.

 
 
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