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8 juillet 1709 : bataille de Poltava, entre Charles XII et Pierre le Grand, dans l'Ukraine, entre la Pologne et la Russie

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8 juillet 1709 : bataille de Poltava,
entre Charles XII et Pierre le Grand, dans l’Ukraine,
entre la Pologne et la Russie
Publié / Mis à jour le dimanche 8 juillet 2012, par LA RÉDACTION
 

« Ce fut le 8 juillet de l’année 1709 (dit l’historien de Charles XII), que se donna cette bataille décisive de Poltava, entre les deux plus singuliers monarques qui fussent alors dans le monde : Charles XII, illustre par neuf années de victoires ; Pierre Alexio » witz, par neuf années de peines prises pour former des troupes égales aux troupes suédoises : l’un glorieux d’avoir donné des Etats ; l’autre, d’avoir civilisé les siens : Charles, aimant les dangers et ne combattant que pour la gloire ; Alexiowitz, ne fuyant point le péril, et ne faisant la guerre que pour ses intérêts : le monarque suédois, libéral par grandeur d’âme ;

« le moscovite ne donnant jamais que par quelque vue : celui-là, d’une sobriété et d’une continence sans exemple, d’un naturel magnanime, et qui n’avait été barbare qu’une fois ; celui-ci, n’ayant pas dépouillé la rudesse de son éducation et de son pays, aussi terrible à ses sujets, qu’admirable aux étrangers, et trop adonné à des excès qui ont même abrégé ses jours : Charles avait le titre d’invincible, qu’un moment pouvait lui ôter ; les nations avaient déjà donné à Pierre Alexiowitz le nom de grand, qu’une défaite ne pouvait lui faire perdre, parce qu’il ne le devait pas à des victoires. »

Le risque n’était point égal entre ces deux rivaux. Si Charles perdait une vie tant de fois prodiguée, ce n’était, après tout, qu’un héros de moins : la Suède, épuisée d’hommes et d’argent, pouvait trouver des motifs de consolation ; mais si le tsar périssait, des travaux immenses, utiles à tout le genre humain, étaient ensevelis avec lui, et le plus vaste empire de la terre retombait dans le chaos dont il était à peine tiré.

Dans une rencontre qui avait eu lieu quelques jours auparavant cette bataille, Charles avait été blessé d’un coup de carabine qui lui fracassa les os du pied : il essuya des opérations douloureuses, qu’il soutint avec son courage ordinaire, et fut obligé d’être quelques jours au lit. Dans cet état, il apprit que Pierre devait l’attaquer : ses idées de gloire ne lui permirent pas de l’attendre dans ses retranchements ; il en sortit en sa faisant porter sur un brancard. Il ne doutait pas que ces mêmes Russes, qui, quelques années auparavant, avoient fui au nombre de quarante mille devant neuf mille Suédois, ne lui abandonnassent encore une victoire aisée ; mais les Russes, à force d’être vaincus, avoient appris à vaincre, et ils montrèrent dans cette journée une valeur et une discipline égales à celle de leurs maîtres. Charles, un pistolet à la main, allait de rang en rang sur son brancard, porté par ses drabans : une volée de coups de canon mit le brancard en pièces ; de vingt-quatre drabans qui se relayaient pour le porter, vingt-un furent tués.

Pierre reçut plusieurs coups dans ses habits et dans son chapeau. Ces deux princes furent continuellement au milieu du feu pendant toute l’action ; enfin, après deux heures de combat, les Suédois, accablés par le nombre, furent partout enfoncés. La confusion se mit parmi eux : Charles fut obligé de fuir devant celui auquel il voulait aller dicter des lois dans sa capitale, à Moscou. Les Russes comptèrent près de dix mille Suédois morts sur le champ de bataille : quatorze mille furent faits prisonniers.

Le roi fuyant et poursuivi eut son cheval tué sous lui ; le carrosse du comte de Piper, ayant été trouvé dans le bagage, on mit Charles dans cette voiture, et on prit avec précipitation la route du Boristhène. Le roi, qui avait longtemps gardé le silence, ayant demandé ce qu’était devenu le comte de Piper : Il est pris avec toute la chancellerie, lui répondit-on. — Et le général Renschild, et le duc de Wirtemberg ? ajouta-t-il. — Ils sont aussi prisonniers, lui dit-on. Prisonniers chez des Russes ! reprit Charles en haussant les épaules ; allons donc, allons plutôt chez les Turcs. On ne remarquait point d’abattement sur son visage, et quiconque l’eût vu alors, ne se fût pas douté qu’il était vaincu.

Cependant l’empereur moscovite, jouissant d’un triomphe si éclatant, recevait sur le champ de bataille les prisonniers qu’on lui amenait en foule, et demandait à tout moment : Où est donc mon frère Charles ? Il fit aux généraux suédois l’honneur de les inviter à sa table. Entre autres questions qu’il leur fit, il demanda au général Renschild à combien les troupes du roi son maître pouvaient se monter avant la bataille. Renschild répondit que le roi seul en avait la liste qu’il ne communiquait à personne ; mais que pour lui, il pensait que le tout pouvait aller à environ trente mille hommes.

Le tsar parut surpris, et demanda comment ils avaient pu hasarder de pénétrer dans un pays si reculé, et d’assiéger Poltava avec si peu de monde : Nous n’avons pas toujours été consultés, reprit le général suédois ; mais comme de fidèles serviteurs, nous avons obéi aux ordres de notre maître, sans jamais y contredire. Le tsar, à cette réponse, se tournant vers ses officiers : Ah, dit-il, voilà comme il faut servir son souverain ! Alors, prenant un verre de vin : A la santé, dit-il, de mes maîtres dans l’art de la guerre.

Le tsar, après le repas, fit rendre les épées à tous les officiers-généraux, et les traita comme un prince qui voulait donner à ses sujets des leçons de générosité et de politesse qu’il connaissait ; mais tous les officiers subalternes et tous les soldats, furent bientôt envoyés en Sibérie. Il n’y avait point de cartel entre les Russes et les Suédois : le tsar en avait proposé avant le siège de Poltava ; Charles le refusa, et ses Suédois furent en tout les victimes de son indomptable fierté.

C’est cette fierté, toujours hors de saison, qui causa toutes les aventures de ce prince en Turquie, et toutes ses calamités, plus dignes d’un héros de l’Arioste que d’un roi sage.

 
 
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