Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 19 juillet DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

Admission des femmes à l'Académie française. Accès gent féminine et Immortels. Académie de dames - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Anecdotes insolites > Femmes à l'Académie française : suggestion

Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Femmes à l’Académie française :
suggestion ironique pour résoudre
une question faisant débat
(D’après « Ma Revue hebdomadaire illustrée », paru en 1907)
Publié / Mis à jour le lundi 3 juin 2013, par LA RÉDACTION

 
 
 
Écrivain spécialiste de la littérature et secrétaire de la rédaction du Journal des Débats, Antoine Albalat signe en 1907 dans l’hebdomadaire Ma revue un article relatif à l’admission des femmes à l’Académie française : puisque nombre de prétextes sont invoqués pour ajourner le grand saut, notre homme de lettres suggère aux dames de créer leur propre Académie...

Chaque année la question de l’admission des femmes à l’Académie inspire des articles de journaux et préoccupe la galante sollicitude de quelques immortels, écrit Albalat. En principe, l’Académie ne refuse pas de recevoir des femmes ; mais une si grave dérogation aux habitudes de la « docte compagnie » mérite qu’on y réfléchisse et qu’on la discute.

Et c’est ainsi que, chaque année, l’Académie songe à ouvrir ses portes aux dames, et ne les ouvre jamais. On l’ait valoir bien des objections, qui n’ont aucun rapport avec la littérature. On redouterait, par exemple, la présence de jeunes et jolies femmes dans une réunion de gens que leur âge rendrait un peu ridicules ou exposerait plus aisément à la séduction.

Vue de la coupole de l'Académie
Vue de la coupole de l’Académie

Le sévère ostracisme dont elles sont l’objet aide à maintenir la réputation d’austère vertu qui règne sous la coupole. Les académiciens parlent peu, ou, quand ils parlent, ils parlent longtemps. Le voisinage des femmes, auxquelles il faudrait répondre par galanterie, les exposerait à devenir bavards. Et puis un vieil académicien en cheveux blancs recevant une jeune femme belle et coquette ! Ce contraste plutôt comique porterait atteinte au prestige des quarante.

Il y aurait un moyen d’éviter cet inconvénient : ce serait de ne recevoir les femmes qu’à partir d’un âge avancé. Quelle belle leçon pour la coquetterie féminine ! George Sand, vers la fin de sa vie, eût paru tout à fait à sa place à l’Académie, qui ne comptera pas souvent parmi ses membres de meilleur écrivain, tandis qu’elle eût pu, reçue plus jeune, rencontrer sous la coupole des amis embarrassants à revoir.

Mlle de Scudéry est la première femme qui ait demandé à entrer à l’Académie. Elle avait écrit avec son frère des romans interminables, qui eurent un énorme succès, mais qui n’étaient peut-être pas un titre littéraire bien suffisant. Boileau les appelait une boutique de verbiage. Elle avait remporté le premier prix d’éloquence que l’Académie française ait donné et elle faisait partie de l’Académie de Padoue. Les Italiens se montraient moins difficiles que les Français ; ils avaient de nombreuses académies ; on en comptait jusqu’à vingt-cinq dans la seule ville de Milan.

Mme Dacier eût été mieux à sa place sous la coupole. Mme Dacier avait traduit les auteurs grecs et son érudition était solide. Mme de Staël eût également honoré la célèbre compagnie ; mais son bavardage et sa puissance verbale eussent assourdi ceux à qui il restait encore un peu d’ouïe. Du moment que ces femmes célèbres n’ont pas été de l’Académie, il est bien difficile d’y faire entrer maintenant nos modestes contemporaines, qui bénéficieraient d’un honneur dont furent privées de plus illustres.

Il y a des préjugés invincibles, poursuit notre écrivain. Il n’est pas étonnant que l’Académie française persiste à exclure les femmes, quand on voit la difficulté qu’elles ont eue à être admises à la Société des gens de lettres, créée en vue des droits d’auteurs et de bénéfices pratiques. On craignait de voir les maris de ces dames forcer la porte de l’association, à l’aide de quelques volumes, et doubler ainsi la pension de retraite à laquelle ont droit les femmes qui écrivent.

C’étaient les raisons que faisait valoir Gourdon de Genouilhac. « Mais, dit Albert Cim, devant le flot toujours montant des candidatures féminines, il ne s’obstina pas ; il n’était pas homme à se mettre en travers d’un courant. » Ce fut cet antiféministe que le sort désigna comme rapporteur de la candidature de Mme Séverine. Il s’en déclara le plus ardent partisan.

La question de l’admission des femmes à l’Académie aura beau, comme on dit, revenir sur l’eau chaque année, elle ne sera pas résolue. Ces dames n’ont qu’à se résigner, ironise Albalat.

Mais, au fait, pourquoi ne fonderaient-elles pas une Académie des femmes françaises ? s’interroge-t-il. Je m’étonne que l’idée ne leur soit pas encore venue. Oui, une Académie des dames. Pourquoi pas ? Elles ont des revues ; elles distribuent des prix. Qui les empêche de se réunir en Académie ? Elles auraient leurs séances, elles recevraient des candidates. On plaisanterait un peu d’abord ; puis le public s’habituerait et trouverait cela tout naturel. Les femmes de talent brigueraient leurs suffrages ; il y aurait des discours de réception. Et quel bon tour pour ces messieurs de l’Institut ! Ah ! vous, ne voulez pas de nous ? Eh bien, nous nous passons de vous. Il y a des cercles de femmes : pourquoi n’y aurait-il pas une Académie féminine ?

Marguerite Yourcenar, première femme élue à l'Académie française
Marguerite Yourcenar, première femme
élue à l’Académie française

N’étaient-ce pas un peu des Académies, ces salons que certaines femmes rendirent célèbres, depuis la marquise de Rambouillet jusqu’à Mme Récamier ? N’y entrait pas qui voulait. Mais c’est de l’élément masculin qu’ils tiraient tout leur lustre, et il serait temps que les femmes, si éprises d’indépendance à notre époque, fassent comprendre aux hommes qu’elles peuvent se passer d’eux. Elles ont droit à la gloire. Qu’elles la prennent, puisqu’on la leur refuse.

N’est-ce pas ainsi que les hommes ont commencé ? Leur Académie, au début, n’était qu’un salon. L’évêque de Grasse venait lire ses poésies chez son cousin Conrart ;.des gens de lettres se joignirent à lui ; ils étaient neuf d’abord. Ces réunions s’étant ébruitées, Richelieu leur proposa de s’instituer en Académie. Il ne faudrait pas grand-chose pour que les salons de Mme de... où de Mme... se transformassent un beau jour en Académie.

Il est vrai que ce serait un attrait de plus, et un encouragement dangereux pour les femmes de lettres, qui croiraient toutes mériter cette distinction. Jamais les femmes qui écrivent n’avaient été si nombreuses qu’à notre époque. Il n’y en aurait peut-être pas davantage si l’Académie française voulait leur ouvrir ses portes. Mais songez à ce que seraient ces visites de candidates ! A quelle séduction seraient exposés ceux dont elles iraient solliciter les voix ! Par quels moyens arracheraient-elles la promesse d’un suffrage ? Même avec nos immortels, il faut compter avec la faiblesse humaine, et ce n’est peut-être pas la vertu qui aurait le plus de chance auprès d’eux.

J’en reviens à mon idée, conclut Antoine Albalat. Que les femmes fondent une Académie, et tout est sauvé. Il n’y a jamais eu de question plus urgente.

Note : La première femme élue à l’Académie française sera Marguerite Yourcenar en 1980.


Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Révolution dite française : fille des Illuminés de Bavière et de la franc-maçonnerie ?
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Charlemagne se fait voleur par ordre de Dieu
 
 Blason féodal : né au XIIe siècle de la nécessité d'authentifier les actes
 
 Berceuses populaires (Les) : airs entêtants, apaisants, traversant le temps et les provinces
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 La nuit porte conseil
 
 Donner un soufflet à Ronsard
 
MANIFESTATIONS
 Huit chefs-d’œuvre du Louvre transformés en parfums
 
 Merveilleux-scientifique : mariant science et mystère
 
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 Louis XI préfère un âne à ses astrologues
 
 Condamnation pour circulation à vélocipède sur la voie publique
 
 Bonaparte romancier, auteur de Clisson et Eugénie
 
 Mot (Le) de Cambronne devant l'Académie française
 
 
Et puis aussi...
 
 Petits métiers de Louis XIII : menuisier, fondeur, mécanicien, cuisinier, armurier, verrier, imprimeur...
 
 Voltaire, ami à géométrie variable de la justice
 
 Economie domestique
 
 Ecoles d'instruction primaire au XIVe siècle
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 331 ARTICLES

 

Suivre notre Pinterest

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 
 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services