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Exposition 1,2,3... Couleur ! L’autochrome exposée

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Patrimoine : Expos, Fêtes
Richesses du patrimoine de France : manifestations historiques, patrimoniales, gastronomiques. Expositions et fêtes : Histoire, patrimoine et gastronomie
1,2,3... Couleur ! L’autochrome exposée
(Source : Château de Tours et Le Jeu de Paume)
Publié / Mis à jour le samedi 22 avril 2023, par Redaction
 
 
Temps de lecture estimé : 2 mn
 
 
 
Fruit d’une invention majeure des frères Lumière au début du XXe siècle, l’autochrome, premier procédé industriel introduisant la couleur dans la photographie, suscita un engouement durant plus de deux décennies, avant d’être abandonné au profit de la pellicule

Au cours de son histoire de près de deux siècles, la photographie n’a cessé de se réinventer au gré des mutations techniques. L’Autochrome, commercialisée à partir de 1907 et emblématique de l’arrivée de la couleur en photographie, constitue l’une de ces révolutions. Le grand photographe américain Edward Steichen (1879-1973) écrivait à son propos qu’il s’agissait du « plus beau procédé que la photographie nous ait jamais donné pour traduire la nature ».

Attendu depuis l’invention de la photographie en 1839, ce progrès provoque une révolution. Si quelques professionnels vont pratiquer l’Autochrome Lumière, ce sont essentiellement les amateurs, membres de sociétés photographiques, qui s’en emparent. C’est un luxe, car ces plaques coûtent presque trois fois plus cher que celles en noir et blanc.

Portrait de Jean Paris, ingénieur chimiste, dans le laboratoire des Usines Lumière à Monplaisir, 1907. Photographe anonyme
Portrait de Jean Paris, ingénieur chimiste, dans le laboratoire des Usines Lumière à Monplaisir, 1907.
Photographe anonyme. © Collection AN

En outre, ils se confrontent à une limite technique majeure : l’instantané est impossible alors qu’il est accessible pour la photographie noir et blanc depuis une quinzaine d’années. De plus, l’image est une diapositive sur verre unique et fragile. Mais le plaisir de la couleur fait vite oublier ces contraintes, et les photographes développent une esthétique propre, marquée par le choix de sujets garantissant l’immobilité, comme les paysages, les architectures, les natures mortes et les portraits posés. Face à des sujets en mouvement, ils assument la présence de flous de bougé.

Inspirés par la peinture, ils composent leurs photographies selon les lois des couleurs complémentaires ou opposées. Celles-ci interviennent comme ponctuation ou comme forme et dialoguent avec les lignes qui structurent l’image. La lumière (naturelle ou électrique) qui traverse la plaque magnifie la vibration et la subtilité des nuances des couleurs. Le format 9 × 12 cm — le plus répandu — est adapté à la projection à la lanterne qui renforce l’effet spectaculaire, tandis que les formats supérieurs (13 × 18 cm, 18 × 24 cm) placés sous cadre ou dans des visionneuses invitent à un rapport plus intimiste.

Dans un contexte dominé par le pictorialisme revendiquant la reconnaissance de la photographie en tant qu’art, l’autochrome provoque une scission entre ceux qui prônent l’interprétation et ceux qui travaillent avec les qualités intrinsèques du médium pour donner naissance à une expression artistique à part entière.

Ainsi, la couleur oblige la photographie à se redéfinir tandis qu’Alfred Stieglitz s’exclame dès 1907 : « Bientôt, le monde entier sera fou de couleurs, et Lumière en sera responsable. » Mais l’engouement pour la nouvelle technique fut à la fois intense et relativement bref : il dura un peu plus de deux décennies, le procédé tombant progressivement en désuétude dans les années 1920 et 1930. L’autochrome traversa par la suite une longue période d’oubli. Trop fragile, trop difficile à exposer, non reproductible, elle fut pendant longtemps l’un des grands délaissés de la photographie, telle une branche morte qui semblait n’avoir donné que de trop rares fruits.

La robe verte, 1910. Photographe anonyme
La robe verte, 1910. Photographe anonyme. © Collection AN

De cet abandon, l’autochrome a été tirée depuis deux décennies par quelques historiens et collectionneurs qui, à contre-courant, ont su en apprécier la finesse, la sensualité, l’étrangeté. L’exposition 1,2,3... Couleur ! L’autochrome exposée rassemble 176 œuvres issues de deux collections, dont une quarantaine de plaques originales. La diversité des autochromes présentées illustre la très large utilisation de ce support au sein de la société, des photographes anonymes ou de renom au service photographique des armées.

Exposition 1,2,3... Couleur ! L’autochrome exposée
Château de Tours — 25 avenue André Malraux — 37000 Tours
Jusqu’au 28 mai 2023
Sites Internet : https://chateau.tours.fr et https://jeudepaume.org
Page Facebook : https://www.facebook.com/ChateaudeToursOfficiel/

 
 
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