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Plantes anciennes du Muséum d'histoire naturelle de Paris détruites par les douanes australiennes - Histoire de France et Patrimoine


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Plantes anciennes du Muséum d’histoire
naturelle de Paris détruites
par les douanes australiennes
(Source : France Télévisions)
Publié / Mis à jour le jeudi 11 mai 2017, par LA RÉDACTION

 
 
 
Plus de cent spécimens de plantes à fleurs, datant du XIXe siècle, ont été détruits en raison d’un problème administratif

Des plantes appartenant au Muséum d’histoire naturelle de Paris ont été détruites par les douanes australiennes chargées de la biosécurité, révèle le Guardian (en anglais), lundi 8 mai. Ces plantes, qui dataient du XIXe siècle, avaient été envoyées à l’herbarium de Brisbane (Queensland, Australie) en mars dernier. Au total, 105 spécimens ont ainsi disparu. « Une perte irréparable », déplore Michel Guiraud, directeur des collections du Muséum, contacté par franceinfo.

De quelles plantes s’agit-il ?
Les plantes en question dataient du milieu du XIXe siècle et certaines d’entre elles étaient vraiment uniques. Dans les herbiers envoyés à l’herbarium de Brisbane se trouvaient en effet « six spécimens types, c’est-à-dire des spécimens de référence, qui portent absolument tous les critères permettant de décrire une plante », explique Michel Guiraud. Il s’agissait de spécimens du genre Lagenophora, proches des marguerites. Au total, « 105 spécimens, dont six spécimens types » ont été détruits, précise le directeur des collections du Muséum.

Un herbier de plantes anciennes conservé au Muséum d'histoire naturelle de Paris, le 25 septembre 2016
Un herbier de plantes anciennes conservé au Muséum d’histoire naturelle
de Paris, le 25 septembre 2016. © Crédit photo : AFP

Pourquoi ont-elles été détruites ?
« Prêter des spécimens ou accueillir des chercheurs sont des pratiques courantes et indispensables pour la recherche », poursuit Michel Guiraud. Ses collègues australiens avaient demandé ce prêt en décembre 2016 et les plantes avaient été expédiées en février. Mi-mars, « ils nous ont contactés pour nous avertir qu’il manquait des documents de quarantaine », qui certifient « qu’il n’y a pas de microbes ou d’éléments de ce type ». « Nous les avons donc envoyés, même si ces documents sont valables pour les plantes fraîches, pas pour les herbiers », estime le spécialiste, qui n’a pas eu de contact direct avec les autorités australiennes.

Quelques jours plus tard, « on a appris que les plantes avaient été détruites, sans discussion, ni avertissement ». « Le service de quarantaine a déclaré que les papiers n’étaient pas conformes. Sa seule réponse a été de détruire les plantes sans même chercher une autre solution », raconte Michelle Waycott, présidente du conseil des herboristes australiens, au Guardian.

« Quand nous avons appris ça, nous avons d’abord évalué les pertes, et puis nous nous sommes assurés que nous avions fait notre part du travail, que nous avions bien respecté les règles, raconte Michel Guiraud. C’est le cas, nous allons donc écrire au département australien de l’Agriculture, pour demander des explications. »
L’herbarium de Brisbane assure lui aussi avoir pris toutes les précautions nécessaires. Un porte-parole du département de l’Agriculture, cité par le Guardian, a invoqué un « problème de communication » et affirmé que « les documents n’avaient pas été reçus », avant de reconnaître que les plantes n’auraient pas dû être détruites.

Pourquoi est-ce une perte importante ?
Une centaine de spécimens, sur les quelque six millions répertoriés par l’Inventaire national du patrimoine naturel : cela peut sembler anecdotique, et pourtant, à Brisbane comme à Paris, les spécialistes s’accordent à dire que la destruction de ces plantes est une perte « considérable » et « irréparable à plusieurs titres ».

« Scientifiquement, cela signifie qu’on a détruit des indices de la biodiversité d’il y a 200 ans, qui sont importants quand on veut étudier les changements climatiques », explique Michel Guiraud. « C’est également une perte énorme pour le patrimoine, car il s’agit de collections publiques », souligne-t-il. Pourtant, il est impossible de fixer une valeur en euros pour ces spécimens. Sur le colis envoyé en Australie, la valeur mentionnée (obligatoire pour les douanes) était de « un ou deux euros, mais c’est symbolique, parce que ça n’a pas de valeur marchande et qu’au delà de 15 euros, cela entre dans la catégorie des produits commerciaux », explique Michel Guiraud.

Ces plantes avaient également une valeur historique. Certaines « avaient été récoltées par le botaniste Jacques-Julien de La Billardière », parti à bord d’une mission pour retrouver les traces de l’expédition de La Pérouse, disparue dans l’océan Pacifique en 1788. « Il y a des spécimens très anciens ou très difficiles d’accès, qui peuvent ne plus exister aujourd’hui, détaille Michelle Waycott. C’est pour ça que c’est si grave. » Maigre consolation, grâce à la numérisation de son herbier, le Muséum dispose au moins « des images des plantes détruites ».

Est-ce la première fois que cela se produit ?
Un autre incident de ce type s’est produit récemment, avec une collection néo-zélandaise. Des lichens datant des années 1930 et appartenant à l’herbarium de Christchurch, envoyés à Canberra (Australie), ont été détruits par les douanes, selon Radio New Zealand (en anglais). La Nouvelle-Zélande a donc décidé de suspendre les prêts de tels spécimens à l’Australie. « Nous allons aussi suspendre les prêts, précise Michel Guiraud, le temps de savoir si ce sont des incidents isolés ou si les procédures du pays font peser une réelle menace sur nos collections. » Cette suspension « signifie que la recherche sur ces matériaux ne peut plus avancer », déplore Michelle Waycott. Mais la chercheuse « comprend ». Elle-même ne voudrait pas « envoyer des spécimens à l’étranger pour qu’ils soient détruits ».

Camille Caldini
France Télévisions

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