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6 juillet 1809 : bataille de Wagram

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6 juillet 1809 : bataille de Wagram
Publié / Mis à jour le vendredi 6 juillet 2012, par LA RÉDACTION
 

« Le 6, à la pointe du jour, le prince de Ponte-Corvo occupa la gauche, ayant en seconde ligne le duc de Rivoli ; le vice-roi le liait au centre, où le corps du comte Oudinot, celui du duc de Raguse, ceux de la garde impériale et les divisions de cuirassiers formaient sept ou huit lignes.

« Le duc d’Auerstaedt marcha de la droite pour arriver au centre. L’ennemi, au contraire, mettait le corps de Bellegarde en marche sur Stadelau ; les corps de Collowrath, de Lichtenstein et de Hiller liaient cette droite à la position de Wagram où était le prince de Hohenzollern, et à l’extrémité de la gauche à Neusiedel, où débouchait le corps de Rosemberg pour déborder également le duc d’Auerstaedt. Le corps de Rosemberg et celui du duc d’Auerstaedt, faisant un mouvement inverse, se rencontrèrent aux premiers rayons du soleil, et donnèrent le signal de la bataille. L’Empereur se porta aussitôt sur ce point, fit renforcer le duc d’Auerstaedt par les divisions de cuirassiers du duc de Padoue, et fit prendre le corps de Rosemberg en flanc par une batterie de douze pièces de la division du général comte de Nansouty. En moins de trois quarts d’heure le beau corps du duc d’Auerstaedt eut fait raison du corps de Rosemberg, le culbuta et le rejeta au delà de Neusiedel, après lui avoir fait beaucoup de mal.

« Pendant ce temps, la canonnade s’engageait sur toute la ligne, et les dispositions de l’ennemi se développaient de moment en moment : toute sa gauche se garnissait d’artillerie. On eût dit que le général autrichien ne se battait pas pour la victoire, mais qu’il n’avait en vue que le moyen d’en profiter : cette disposition de l’ennemi paroissait si insensée, que l’on craignait quelques piéges, et que l’Empereur différa quelque temps avant d’ordonner les faciles dispositions qu’il avait à faire pour annuler celles de l’ennemi, et les lui rendre funestes. Il ordonna au duc de Rivoli de faire une attaque sur un village qu’occupait l’ennemi, et qui pressait un peu l’extrémité du centre de l’armée ; il ordonna au duc d’Auerstaedt de tourner la position de Neusiedel, et de pousser de là sur Wagram ; et il fit former en colonne le duc de Raguse et le général Macdonald, pour enlever Wagram au moment où déboucherait le duc d’Auerstaedt.

« Sur ces entrefaites, on vint prévenir que l’ennemi attaquait avec fureur le village qu’avait enlevé le duc de Rivoli ; que notre gauche était débordée de trois mille toises ; qu’une vive canonnade se faisait déjà entendre à Gros-Aspern, et que l’intervalle de Gros-Aspern à Wagram paraissait couvert d’une immense ligne d’artillerie : il n’y eut plus à douter, l’ennemi commettait une énorme faute : il ne s’agissait que d’en profiter. L’Empereur ordonna sur le champ au général Macdonald de disposer les divisions Broussier et Lamarque en colonnes d’attaque : il les fit soutenir par les divisions du général Nansouty, par la garde à cheval, et par une batterie de soixante pièces de la garde, de quarante pièces des différents corps. Le général comte de Lauriston, à la tête de cette batterie de cent pièces d’artillerie, marcha au trot à l’ennemi, s’avança sans tirer jusqu’à la demi-portée du canon, et là commença un feu prodigieux qui éteignit celui de l’ennemi, et porta la mort dans ses rangs : le général Macdonald marcha alors au pas de charge ; le général de division, Reille, avec la brigade de fusiliers et de tirailleurs de la garde, soutenait le général Macdonald.

La garde avait fait un changement de front pour pendre cette attaque infaillible. Dans un clin d’œil le centre de l’ennemi perdit une lieue de terrain : sa droite épouvantée sentit le danger de la position où elle s’était placée, et rétrograda en grande hâte. Le duc de Rivoli l’attaqua alors en tête, pendant que la déroute du centre portait la consternation, et forçait les mouvements de la droite de l’ennemi ; sa gauche était attaquée et débordée par le duc d’Auerstaedt, qui avait enlevé Neusiedel, et qui étant monté sur le plateau, marchait sur Wagram. La division Broussier et la division Gudin se sont couvertes de gloire.

« Il n’était alors que dix heures du matin, et les hommes les moins clairvoyants voyaient que la journée était décidée, et que la victoire était à nous. A midi le comte Oudinot marcha sur Wagram pour aider à l’attaque du duc d’Auerstaedt : il y réussit, et enleva cette importante position. Dès dix heures l’ennemi ne se battait plus que pour sa retraite ; dès midi elle était prononcée, et il se jetait en désordre ; et beaucoup avant la nuit, l’ennemi était hors de vue ; notre gauche était placée à Jetelsée et Ebersdorf, notre centre sur Obersdorf, et la cavalerie de notre droite avait des postes jusqu’à Schonkirchen.

« Le 7 à la pointe du jour, l’armée était en mouvement et marchait sur Kornenbourg et Wolkersdorf, et avait des postes sur Nicolsbourg ; l’ennemi, coupé par la Hongrie et la Moravie, se trouvait acculé du côté de la Bohême.

« Tel est le récit de la bataille de Wagram, bataille décisive et à jamais célèbre, où trois à quatre cent mille hommes, douze à quinze cents pièces de canon se battaient pour de grands intérêts, sur un champ de bataille étudié, médité, fortifié par l’ennemi depuis plusieurs mois. Dix drapeaux, quarante pièces de canon, vingt mille prisonniers, dont trois ou quatre cents officiers, et bon nombre de généraux, de colonels et de majors, sont les trophées de cette victoire. Les champs de bataille sont couverts de morts, parmi lesquels on trouve les corps de plusieurs généraux , et entre autres d’un nommé Normann, Français, traître à sa patrie, qui avait prostitué ses talents contre elle.

« Tous les blessés de l’ennemi sont tombés en notre pouvoir : ceux qu’il avait évacués au commencement de l’action, ont été trouvés dans les villages environnants. On peut calculer que le résultat de cette bataille sera de réduire l’armée autrichienne à moins de soixante mille hommes. Notre perte a été considérable : on l’évalue à quinze cents hommes tués, et à trois ou quatre mille blessés. Le duc d’Istrie, au moment où il disposait l’attaque de la cavalerie, a eu son cheval emporté d’un coup de canon ; le boulet est tombé sur sa selle, et lui a fait une légère contusion à la cuisse.

« Le général de division Lasalle a été tué d’une balle : c’était un officier du plus grand mérite, et l’un de nos meilleurs généraux de cavalerie légère. Le général bavarois de Wrede et les généraux Seras, Grenier, Vignolle, Sahuc, Frère et Defrance ont été blessés. Le colonel prince Aldobrandini a été frappé au bras par une balle : les majors de la garde, Dansmenil et Corbineau, et le colonel Sainte-Croix ont aussi été blessés. L’adjudant commandant Duprat a été tué ; le colonel du neuvième d’infanterie de ligne est resté sur le champ de bataille : ce régiment s’est couvert de gloire.

« Une circonstance particulière de cette grande bataille, c’est que les colonnes les plus rapprochées d’e Vienne, n’en étaient pas à douze cents toises ; la nombreuse population de cette capitale couvrait les tours, les clochers, les toits, les monticules, pour être témoin de ce grand spectacle. L’empereur d’Autriche avait quitté Wolkersdorf le 6 à cinq heures du matin, et était monté sur un belvédère d’où il voyait le champ de bataille, et où il est resté jusqu’à midi. Il est alors parti en toute hâte. »

 
 
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