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Imprimerie. Origine - Histoire de France et Patrimoine


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Un mot sur l’origine de...

Aux origines des inventions, découvertes, traditions, institutions, coutumes. Leurs balbutiements, les circonstances dans lesquelles elles ont vu le jour.


Imprimerie
Publié / Mis à jour le lundi 9 avril 2018, par LA RÉDACTION

 
 
 
Il a été d’usage, depuis des milliers d’années, d’imprimer des objets sur la cire au moyen des seings, ce qui a pu contribuer à l’invention de la typographie, et cependant il y a près de six siècles seulement que le célèbre Gutenberg a été guidé par l’impression des seings pour aboutir à cette magnifique invention.

Cette invention est simultanée à l’époque où la papauté triompha sur le concile de Bâle et surtout sur l’Église d’Allemagne, où Constantinople fut pris par les Turcs, et où tous les esprits en Italie bouillonnaient, et enfin où ils éprouvèrent le besoin de communications intellectuelles et surtout scientifiques.

La dispute sur l’inventeur de l’imprimerie dure toujours. Que le Hollandais Laurent Janssen Koster de Harlem ait imprimé avant Gutenberg et qu’il ait imprimé avec des caractères mobiles, ce qui est encore invraisemblable, le mérite en revient, indépendant des Hollandais, au triumvirat allemand, qui inventa simultanément l’art en question.

Johannes Gutenberg, inventeur de l'imprimerie avec caractères typographiques mobiles
Johannes Gutenberg, inventeur de l’imprimerie avec caractères typographiques mobiles

Les Grecs avaient des artistes habiles qui gravaient en creux et en relief ; du temps de Platon, ils se servaient de seings formés de caractères fondus, ce qui ressemblait à la typographie. Il en fut de même des Romains ; ils connaissaient l’art de la gravure ; Quintilien conseillait de faire faire aux enfants des lettres en ivoire, Platon et saint Jérôme sont du même avis. Les Romains avaient même des poinçons de lettres isolées qu’on trouve encore imprimées sur des lampes en terre cuite. Mais ils ne connaissaient point l’art de l’impression typographique.

Il y a un passage de Cicéron où il semble avoir pressenti l’imprimerie : ce passage aura peut-être contribué à l’invention de Gutenberg. Dans le passage de Cicéron il est question des atomes dont le choc aurait produit le monde. « Quiconque l’affirme, dit-il, je ne puis croire qu’il ne puisse non plus admettre que les vingt et une lettres de l’alphabet, en or ou d’une matière quelconque, réunies en un tas et jetées sur la terre, produiraient les Annales d’Ennius. » Il est question ici, d’une manière positive, de lettres isolées, mobiles, en or, mais uniquement dans le sens de Quintilien, qui conseillait de découper des lettres dans de l’ivoire, dont toutefois nos types typographiques diffèrent considérablement.

Tout porte à admettre que l’imprimerie a subi des essais nombreux et défectueux et qu’elle n’a pu aboutir qu’après des progrès très lents. Ce qu’il y a de certain, c’est que la gravure sur bois peut être considérée comme préparation du grand art qui allait naître. Cette gravure paraît avoir été introduite de Chine en Italie par les Vénitiens dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Dans le commencement du XIVe siècle, l’Italie avait, en 1299, et l’Allemagne en 1300, et universellement vers 1390, des images de saints et des cartes à jouer xylographiques ; il y eut aussi de bonne heure des xylographes dans les Pays-Bas.

Il est incontestable que l’invention de l’imprimerie est due à l’Allemagne. Elle fut inventée par Henne ou Johannes (Jean) Gensfleisch dit Gudinberg ou Gutenberg de Mayence (né vers 1400 et mort en 1468), qui, à la suite d’une révolte des bourgeois contre la noblesse, quitta sa patrie pour se rendre à Strasbourg où il vécut nombre d’années, à l’exception de quelques courts séjours dans sa ville natale en 1434 ; il se fixa de nouveau à Mayence en l’année 1444.

L’imprimerie fut conçue à Strasbourg et mise au monde à Mayence. Là il chercha à pourvoir à ses besoins au moyen d’arts occultes, du polissage des pierres fines et des miroirs, etc. ; en société d’André Dritzehn, mort en 1438 ou 1439, de Jean Riffe et d’André Heilmann, il fit des essais qui eurent des résultats importants. C’est ce que fait croire le concours que donna Jean Dünne, orfèvre, à l’association ; l’achat de plomb, ensuite, en 1439, des formes avec vis qu’on pouvait démonter, prouvent que l’impression par des lettres mobiles en métal était déjà trouvée en attendant le dernier procédé final de perfection.

C’est ce qui eut lieu à Mayence, où Gutenberg continua ou reprit ses travaux. Il se lia avec le riche orfèvre Jean Fust, qui avança l’argent nécessaire et donna aussi des conseils techniques. Il paraît qu’à cette époque on employa des lettres façonnées ou taillées en métal jusqu’à ce que Pierre Schöffer de Gernsheim, gendre de Fust, jusqu’alors copiste de livres ou de manuscrits à Paris, et qui entra en 1453 dans l’association, y apporta la connaissance des caractères fondus, avec matrices et poinçons ; il perfectionna aussi l’encre à impression, et contribua ainsi au perfectionnement de la nouvelle invention.

Imprimerie du début du XVIe siècle. Enluminure extraite de Chants royaux sur la Conception, couronnés au puy de Rouen de 1519 à 1528
Imprimerie du début du XVIe siècle. Enluminure extraite de Chants royaux
sur la Conception, couronnés au puy de Rouen de 1519 à 1528
. La figure est
ainsi légendée : « Une imprimerie complète, avec tous les instruments
et ouvriers nécessaires. Il y a un correcteur en robe rouge »

Mais dans un litige avec Fust relatif à des avances, Gutenberg perdit, le 6 novembre 1455, la propriété de ses outils d’imprimeur ; c’est probablement alors qu’un de ses partisans ou aides apporta l’invention nouvelle à Bamberg (il se nommait Albert Pfister, graveur sur bois), invention en pleine pratique avant l’année 1461. Mais en 1458 il abandonna l’imprimerie établie par lui avec le secours du syndic Conrad Humery, au moment où il se mit au service de la cour. Cette imprimerie fut transférée à Ellfeld par Heinrich Bechtermünze. Fust (mort en 1466) et Schöffer (mort en 1500), ce dernier en société du Suisse Conrad Helin ou Heulit, continuèrent les affaires avec de grands bénéfices, même après la conquête de Mayence en 1462 par Adolphe de Nassau, quand l’art de l’imprimerie cessa d’être secret.

Alors des coopérateurs habiles, et depuis la rupture de la communauté fort étroitement liés, répandirent la nouvelle invention en Allemagne, en Italie et en beaucoup d’autres pays. Il paraît que l’art, né à Strasbourg depuis 1447, y fut continué ; Johannes Mentelin (Jean Mentel), mort en 1478, écrivain en or et peintre d’images, imprima une Bible en 1466 sans nom d’imprimeur. Heinrich Eggestein imprimait avec date (1471).

L’imprimerie fut apportée de bonne heure d’Allemagne en France, d’abord à Paris, qui est au nombre des villes où l’on imprimait le plus. Johannes Heynlin (Jean Heynlin), dit Lapidanus ou de Lapide, en français de la Pierre, prieur de la Sorbonne, et le docteur en théologie Guillaume Fichet, firent venir, en 1470, sous le règne de Louis XI, Ulrich Gering, de Constance, Michel Friburger, de Colmar, et Martin Cranz, pour établir une imprimerie à la Sorbonne même. Les trois associés quittèrent la Sorbonne en 1473 et allèrent s’établir rue Saint-Jacques, à l’enseigne du Soleil d’or.

Cranz et Friburger se retirèrent en 1477 ; et Gering, qui resta à Paris, continua seul à diriger l’établissement. En 1483, il le transporta de la rue Saint-Jacques dans la rue de Sorbonne, où il exerça son art jusqu’en 1508, en société avec Berthold Rembolt. Le premier livre que les trois associés imprimèrent fut les Épîtres de Gasparin de Bergame (Gasparini Pergamensis Epistolae), sans date, mais de 1470. Salluste parut à Paris en 1471, Florus en 1470, les Épîtres de Sénèque en 1475, celles de Phalaris, 1471.

Des observations archéologiques du XIXe siècle firent découvrir sur des amphores grecques des noms propres de fabricants suivis de la désignation de leur profession de potiers. Dans ces noms on trouva des lettres renversées, et dans les mêmes noms, sur d’autres amphores, le nom indiqué correctement. Entre les lettres on trouva encore des bavures, formées de la pression des lettres mobiles entre elles. Il suit de là que les Grecs employaient des lettres placées dans un composteur, instrument de typographie dont on se sert aujourd’hui. De là à l’invention de l’impression à lettres mobiles il n’y avait qu’un pas.




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