Panier de
commande
Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie

AJOUTER

Favoris

Fil RSS

Facebook

Google +

Twitter

Blog

Videos
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


 
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

Coutumes et traditions : Quand la langue française régnait en Angleterre - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Coutumes, Traditions > Rayonnement du français : quand la (...)

Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Rayonnement du français : quand la langue
française régnait en Angleterre
(D’après « Curiosités philologiques, géographiques
et ethnologiques » paru en 1855)
Publié le jeudi 14 novembre 2013, par LA RÉDACTION


 
 
 
 
Il fut un temps où la langue française s’imposait jusqu’en Angleterre, les nobles anglais envoyant leurs enfants en France, afin qu’ils y perdissent, dit Gervais de Tilbury, la barbarie de la langue de leur pays ; et jusqu’au XVe siècle, elle régnait sans partage dans les tribunaux de celle qu’on appellera plus tard la « perfide Albion »

Suivant Pinkerton, dès le milieu du XIe siècle, le français fut en usage à la cour d’Ecosse, comme il l’était déjà à la cour d’Angleterre. Une monnaie de Guillaume le Lion, frappée lors de son avènement, en 1165, porte pour légende : Le rei Willau. Presque toutes les pièces relatives aux débats de Jean Balliol et Robert Bruce sont écrites en français. C’était à Edimbourg la langue de la cour, et l’on y croit si bien que ce devait être exclusivement un idiome aristocratique que, selon Henri Etienne, les Ecossais qui venaient à Paris s’étonnaient d’y voir les mendiants demander l’aumône en français.

Edouard le Confesseur
Edouard le Confesseur
Il est certain que sous Edouard le Confesseur, qui régna sur l’Angleterre entre 1042 et 1066, les nobles anglais envoyaient leurs enfants en France, afin qu’ils y perdissent, dit Gervais de Tilbury, la barbarie de la langue de leur pays. Longtemps auparavant, Alfred le Grand avait introduit en Angleterre l’usage de l’écriture française. Suivant Ingulfe, le premier soin de Guillaume le Bâtard (Guillaume le Conquéran), après la conquête en 1066, fut de proscrire l’anglo-saxon à la cour et dans les écoles, où l’on enseignait en français. L’ignorance de cette dernière langue fut, pendant longtemps, un motif d’exclusion des charges publiques. Ce ne fut qu’à l’avènement de Henri V (1413) que l’on permit de plaider en anglais devant les tribunaux civils, selon Hallam dans L’Europe au Moyen Age ; mais le français continua d’être employé devant la haute cour du parlement et les autres cours de justice.

« De plus, l’usage se conserva, dans tous les tribunaux, de prononcer les arrêts en langue française et de rédiger dans la même langue les registres qu’on appelait records. En général, c’était l’habitude et la manie des gens de bien de tous les ordres, même lorsqu’ils parlaient anglais, d’employer à tout propos des paroles et des phrases françaises, comme : ah ! Sire, je vous jure, ah ! de par Dieu ! à ce j’assente, et d’autres exclamations dont Chaucer ne manque jamais de bigarrer leurs discours lorsqu’il en met quelqu’un en scène », écrit A. Thierry dans son Histoire de la conquête de l’Angleterre. Ce n’étaient pas seulement les gens de loi, mais toutes les personnes voulant se donner des airs de bonne compagnie, même les habitants des campagnes, qui, au dire de Ralph Iligden, mêlaient sans cesse des mots français dans leur conversation. Ce français, parlé en Angleterre, étant de moins en moins cultivé, s’altérait chaque jour par l’introduction de l’accent et des mots saxons. Aussi Chaucer, raillant une abbesse de haut parage, disait : « Elle parlait français parfaitement et correctement comme on l’enseigne aux écoles de Stratford-Athbow ; mais le français de Paris, elle ne le savait pas. »

Depuis l’année 1400, les actes publics paraissent avoir été rédigés indifféremment en français et en anglais. Le premier acte de la chambre des communes, écrit entièrement en anglais, date de 1425 ; et à compter de 1450, on n’en trouve plus aucun en français dans la collection imprimée des actes publics. Le français-dut pourtant être employé encore devant les tribunaux, dans quelques cas particuliers, car, dans un acte du parlement de 1731, il est fait mention d’une interdiction , non-seulement du latin mais encore du français dans les procédures judiciaires et les actes publics. Un demi-siècle après l’importation de l’imprimerie en Angleterre, les Anglais faisaient encore imprimer en France leurs livres de lois écrits en français, et pour donner une idée du style et de l’orthographe de ces ouvrages, on n’a qu’à lire, dans les Curiosités bibliographiques, le titre d’un recueil de décisions judiciaires publié par Fitz-Herbert en 1516. Au XIXe siècle encore, un assez grand nombre de formules françaises sont employées dans les actes parlementaires de la Grande-Bretagne et dans les cérémonies du sacre des souverains, comme : Le roi le veult, le roi s’advisera, le roi mercie ses loyaux subjects, etc.


Grammaire française. Livre
d’école du XVIIe siècle
L’Université de Paris, où l’on venait étudier de toutes les parties de l’Europe, contribua puissamment à répandre la connaissance de notre langue dans les contrées les plus éloignées. S’il faut en croire un écrivain danois cité par Schwab dans sa Dissertation sur les causes de l’universalité de la langue française, dans un livre islandais, composé au XIIe siècle, et qui est une espèce de speculum regale, il est recommandé d’apprendre les langues, et surtout le latin et le français, comme d’un usage plus nécessaire. Au siècle suivant, les qualités de notre langue si éminemment propre à la discussion, étaient déjà appréciées partout. Arnold, abbé de Lubeck, écrivait à cette époque que les nobles danois envoyaient à Paris leurs enfants, qui, ayant appris à connaître notre langue et notre littérature, en revenaient beaucoup plus habiles dans la dialectique, propter naturalem linguæ celeritatem. Le Laboureur, dans son épître à Louis XIV, en tête de sa traduction du religieux de Saint-Denis, dit : « J’ai cru de mon devoir de dépouiller ce bon français d’un habit étranger, et de lui faire parler une langue à laquelle vos armes, sire, ont confirmé l’avantage d’être la première du monde. »

Lichhorn, écrivain distingué de l’Allemagne moderne, s’exprime ainsi dans son Histoire générale de la civilisation et de la littérature : « La France du Moyen Age servit la première d’exemple aux peuples modernes. De la Méditerranée à la Baltique, on imita sa chevalerie et ses tournois ; sur une moitié du globe on parla sa langue, non seulement dans l’Europe chrétienne, mais à Constantinople même, dans la Morée, en Syrie, en Palestine et dans l’île de Chypre. Ses ménestrels, courant d’un pays à l’autre, y portèrent leurs romans, leurs fabliaux, leurs contes ; ils les chantèrent dans les cours, dans les cloîtres, dans les villes et les hameaux. Partout leurs poésies furent traduites et servirent de modèles. L’Italie et l’Espagne imitèrent les poètes français du sud ; l’Allemagne et les peuples du nord imitèrent ceux des provinces septentrionales ; enfin l’Angleterre même, pendant plusieurs siècles, et l’Italie, pendant quelque temps, rimèrent dans l’idiome du nord de la France. »

Le français, qui est la langue de la haute société dans la plupart des États européens, est en outre parlé exclusivement ou fort répandu parmi les populations des pays suivants : la Belgique , le duché de Luxembourg, l’Archipel anglo-normand, les cantons suisses de Berne, de Neufchâtel, de Fribourg, de Vaud, de Genève, le Bas-Valais, la Savoie et le Val d’Aoste. Ecrivant au milieu du XIXe siècle, l’auteur de Curiosités philologiques explique qu’outre les colonies appartenant alors à la France, notre langue est alors encore parlée dans nos anciennes possessions maritimes, comme l’Ile de France et ses dépendances, aux îles du Vent, à Sainte-Lucie, aux îles Sous-le-Vent, Saint-Domingue et surtout au Canada. Il ajoute que « dans ce dernier pays, elle est non-seulement répandue parmi les Canadiens d’origine française, mais encore parmi les indigènes. A la Nouvelle-Orléans, toutes les proclamations et les papiers publics sont imprimés à deux colonnes, en anglais d’un côté, en français de l’autre : les voyageurs qui s’enfoncent à l’ouest, dans l’intérieur de l’Amérique, ont un très-grand besoin de savoir le français pour se faire comprendre des habitants d’origine française, et pouvoir communiquer avec les sauvages. »

 

 


  1 réaction

 Réagir à cet article
 
Nicole Sanarens Rayonnement du français : quand la langue française régnait en (...)
2 juin 2011 14:47
Très intéressant et je déplore que la langue Française, si riche, se perde peu à peu dans son berceau même...de tous les pays que j’ai visité, les pays arabes sont encore ceux ou j’ai entendu parler notre langue partout où j’allais. La Belgique bien sûr, mais les états unis ont su parfaitement s’imposer partout et de toutes les façons. Non la langue Française n’est plus employée autant qu’elle le fût tout simplement parce que l’époque n’est plus à la servir..Nous sommes des latins, on aime la vie et prendre le temps de la boire, les pays dominants savent aller très vite et ne pas s’attarder..ils vont droit au but et c’est sans doute pour beaucoup de ces raison, politiques comprises, que notre langue si belle...se tait peu à peu.En plus il faut avouer que notre langue est des plus difficiles à manier...Ayant travaillé avec un orchestre symphonique Russe durant un mois en studio d’enregistrement (je suis chanteuse soprano) , tous ne s’exprimaient qu’en Russe ou en Anglais et m’expliquaient que le Français était trop compliqué pour tout.....j’avoue que mon moral baissait un peu car je n’ai pu parler un mot de Français durant tout ce temps...En tournée au Maroc, dès ma sortie de l’hôtel un adolescent m’attendait pour m’accompagner en ville, il ne m’a parlé qu’en Français et connaissait tous les présidents successifs et leurs ministres depuis les années 1900...Il étudiait seul chez lui avec internet, car ils n’ont pas grand chose mais tiennent à communiquer avec le monde extérieur...son rêve était de venir étudier en France et devenir professeur de Français...
 
 
 Réagir à cet article

 

Soutenir l'association La France pittoresque, c'est prendre part à
la conservation et la transmission de la TRADITION, de notre IDENTITÉ,
de notre HISTOIRE, de notre PATRIMOINE,
des US ET COUTUMES de nos aïeux, du SAVOIR-FAIRE à la française
 
 
Ne bénéficiant d’aucune subvention ni d’aucune aide privée ou publique,
La France pittoresque compte exclusivement sur la générosité et la confiance de ses
lecteurs lui offrant de préserver son indépendance et sa liberté éditoriale
 
Le paiement peut également s’effectuer par chèque à l’ordre de :
La France pittoresque, 14 avenue de l'Opéra, 75001 PARIS
(association loi 1901 à but non lucratif fondée en 1997)

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec
notre magazine d'Histoire de France...

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 
 

 

 « L'État m'a tuée » ou la France en souffrance
 
 Hôtellerie et restauration jadis : de l'auberge du Moyen Age au grand restaurant du XIXe siècle
 
 Fleurette : premier amour du futur Henri IV âgé de 12 ans
 
 Louis XVI insuffle vie aux premières statues d’hommes de lettres
 
 Premier billet de banque (Le) moderne naît en Nouvelle-France
 
 MAGAZINE N°44 > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Chercher la pierre philosophale
 
 Y aller de cul et de tête, comme une corneille qui abat des noix
 
MANIFESTATIONS
 
 
 


Histoire de France (Bainville)
CHAPITRE 3 : Grandeur et décadence des Carolingiens
Louis XVII : roi martyr emprisonné au Temple
Itinéraire d’un enfant que la République a voulu corrompre puis a délibérément tué
14 juillet 1789 : prise de la Bastille et mensonge historique
Contrairement à la légende des manuels, la prise de la Bastille n’est pas un haut fait d’armes
Permaculture : agriculture respectant la Nature
Débarrassée d’un modèle industriel intrinsèquement nuisible à l’Homme
+ de vidéos "Histoire France"+ de vidéos "Patrimoine"

 


Les plus récents
 
 Chanson à boire : itinéraire d'une initiative de lettrés du XIIe siècle
 
 Fête des Omelettes (Hautes-Alpes)
 
 Corsaires : des pirates « de métier » ?
 
 Farces et farceurs du Premier Avril : l'insolite et le comique à l'oeuvre
 
 
Et puis aussi...
 
 Gastronomie en Périgord, pays de la truffe, du pâté de foie et du confit
 
 Patois et dialectes de la vieille France sauvegardés grâce au phonographe ?
 
 Distribution du courrier : de Louis XI au projet de « torpille postale »
 
 Fête des Champs-Golot à Épinal (Vosges)
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 196 ARTICLES

 

 

 


 
Pinterest FrPittoresque

 


 

 

 

     

 
 
Copyright © 1999-2014 E-PROD
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI, la SGDL et l'APP (infos légales)
 
Audité par Xiti et Hit-Parade | Optimisé pour Internet Explorer et Firefox
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
 
 
Groac'h de Lok Election Baudouin empereur d'Orient Histoire des métiers 4 novembre 5 novembre 6 novembre 7 novembre 8 novembre 9 novembre
10 novembre 11 novembre 12 novembre 13 novembre 14 novembre 15 novembre 16 novembre 17 novembre 18 novembre 19 novembre 20 novembre
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

Second Life

YouTube

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines