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30 mai 1778 : mort de Voltaire - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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30 mai 1778 : mort de Voltaire
(D’après « Éphémérides universelles ou Tableau religieux, politique,
littéraire, scientifique et anecdotique » (tome 5), édition de 1812)
Publié / Mis à jour le mercredi 29 mai 2013, par LA RÉDACTION



 

Les derniers moments de l’homme le plus célèbre du dix-huitième siècle ont été l’objet des récits les plus contradictoires. Voici le récit d’un témoin oculaire, dont jamais on n’a contesté la véracité.

« Un événement, écrit La Harpe au grand-duc de Russie, qui, dans ce moment-ci, semble faire oublier tous les autres, c’est la mort de M. de Voltaire : ce grand homme, que l’on se flattait de conserver encore longtemps, a terminé sa carrière le samedi 30 mai, à 11 heures du soir ; et ce qu’il y a de plus déplorable, c’est que, quoique âgé de quatre-vingt-quatre ans, il paraît avoir lui-même abrégé sa vie par des imprudences, et avoir perdu par sa faute ce que la nature lui destinait encore de jours.

François-Marie Arouet dit Voltaire
François-Marie Arouet dit Voltaire
« Quelques jours avant sa mort, tout occupé du projet d’un nouveau dictionnaire qu’il proposait à l’Académie, et dont l’exécution souffrait quelques difficultés, il prit beaucoup de café avant de se rendre à l’assemblée, afin de se donner plus de force et de ressort ; en effet, il parla avec une extrême vivacité, et en sortant, il m’avoua qu’il était épuisé. De retour chez lui, l’irritation qu’il s’était procurée, augmenta beaucoup les douleurs d’une strangurie à laquelle il était sujet depuis longtemps, et qui exigeait un régime doux ; il se mit au lit, dont il n’est plus sorti. Il souffrait tant et avec tant d’impatience, qu’il fallut avoir recours aux caïmans. Tronchin lui ordonna du laudanum, sorte d’opium tempéré, à des doses et à des distances réglées. Cette potion n’agissant pas assez tôt, le maréchal de Richelieu, qui vint le voir, lui proposa un breuvage narcotique dont lui-même faisait usage dans ses douleurs de goutte ; il le lui envoya un moment après.

« M. de Voltaire en prit beaucoup, et non content de cela, il envoya un domestique, au milieu de la nuit, chez l’apothicaire, chercher une nouvelle dose de laudanum. L’effet du jus de pavot, pris avec si peu de mesure, ne tarda pas à se faire sentir ; le matin sa tête était perdue, et il fut quarante-huit heures dans le délire. Tronchin combattit l’opium, autant qu’il le put, par des acides administrés avec précaution, de peur d’irriter la strangurie. Sa tête revint peu à peu : il retrouva un moment sa raison ; je l’entretins un quart d’heure, et il parlait presque comme à son ordinaire, quoique avec quelque peine, et fort lentement.

« Mais bientôt l’accablement parut augmenter, et, ce qui décida sa perte, l’estomac se trouva paralysé par l’opium. Il ne pouvait plus supporter ni aucune nourriture, ni aucune boisson. Le fatal narcotique avait épuisé le principe de vie qui lui restait, et qui, à quatre-vingt-quatre ans, est toujours si peu de chose. Sa faiblesse augmentait de moment en moment, et trois jours avant qu’il mourut, les médecins ne dissimulèrent pas qu’il n’y avait plus d’espérance, et que la vie allait s’éteindre chez lui, sans qu’aucune des ressources de l’art pût le ranimer. Lui-même parut sentir sa fin prochaine : On ne peut pas fuir sa destinée, me dit-il, je suis venu à Paris pour y mourir.

« Cependant sa tête recommençait à s’affaiblir ; bientôt sa raison n’eut plus que des lueurs fugitives. M. de Voltaire, dans les derniers jours de sa vie, n’était plus qu’une machine affaissée et plaintive ; il souffrait toujours de la vessie, et ne prenait rien qu’un peu de gelée d’orange, ou suçait de petits morceaux de glace pour apaiser la chaleur qui le dévorait. La veille du jour où il expira, il sembla retrouver un instant sa raison et sa force, et voici à quelle occasion.

« Le conseil du roi venait de revoir le procès du malheureux Lally, condamné, il y a quinze ans, par le parlement de Paris, à être décapité. Quoique Lally fût un homme odieux, son arrêt blessait évidemment toutes les formes de la justice : cet arrêt portait une peine capitale, sans énoncer un seul fait capital. Cette condamnation arbitraire, qui fait honte à notre jurisprudence, avait frappé tous les gens sages et éclairés ; M. de Voltaire avait écrit sur ce sujet. Un fils de M. de Lally avait demandé justice, et l’obtint enfin. L’arrêt fut cassé, et l’on statua que le procès serait revu par un tribunal de maréchaux de France et de conseillers d’Etat.

« Cette nouvelle ranima M. de Voltaire agonisant ; il dicta une lettre de trois lignes pour le fils de Lally, et fit attacher à sa tapisserie un papier sur lequel il fit écrire : le 26 mai, l’assassinat juridique commis par Pasquier (conseiller au parlement), en la personne de Lally, a été vengé par le conseil du roi. Ce fut là son dernier effort ; peu de temps après, la gangrène se mit à la vessie, et il cessa de souffrir. Il s’éteignait doucement, et ne reconnaissait plus qu’avec beaucoup de peine les personnes qui s’approchaient de son lit.

« Lorsque l’abbé Gautier, qui l’avait confessé il y a deux mois, et le curé de Saint-Sulpice, entrèrent chez lui, on les lui annonça : il fut quelque temps avant que d’entendre ; enfin il répondit : Assurez-les de mes respects. Le curé s’approcha, et lui dit ces propres paroles : M. de Voltaire, vous êtes au dernier terme de votre vie ; reconnaissez-vous la divinité de Jésus-Christ ? Le mourant répéta deux fois : Jésus-Christ, Jésus-Christ ! et étendant sa main, et repoussant le curé : Laissez-moi mourir en paix. — Vous voyez bien qu’il n’a pas sa tête, dit très sagement le curé au confesseur, et ils sortirent tous deux. Sa garde s’avance vers son lit : il lui dit avec une voix assez forte, en montrant de la main les deux prêtres qui sortaient : Je suis mort, et six heures après il expira.

« Malgré l’acte de confession, et de sa profession de foi, déposé il y a deux mois, chez le curé de Saint-Sulpice, on avait résolu de lui refuser la sépulture, et il était convenu entre l’archevêque de Paris et le curé qu’il ne serait ni administré ni enseveli, s’il ne signait une rétractation formelle et détaillée de tous ses écrits ; l’abbé Gautier l’avait apportée toute dressée ; mais comme M. de Voltaire n’avait pas sa tête, ils ne pensèrent pas à la lui proposer, surtout après la manière dont il avait repoussé le curé. M. d’Hornoi et l’abbé Mignot, neveux de M. de Voltaire, l’un conseiller au parlement, l’autre au grand conseil, instruits des dispositions du clergé, s’étaient adressés au ministère. M. Amelot, ministre de Paris, en parla au curé, qui, appuyé de l’archevêque, répondit qu’aucune puissance ne le contraindrait à donner la sépulture chrétienne à l’ennemi du christianisme.

« On sut d’ailleurs que le roi avait dit : qu’il fallait laisser faire les prêtres. Le ministre conseilla aux parents d’éviter le scandale d’un procès qui compromettait la mémoire de leur oncle et eux-mêmes. Il fut convenu que le curé de Saint-Sulpice signerait un écrit par lequel il renonçait à ses droits curiaux, et consentait que le corps de M. de Voltaire fût transporté à sa terre de Ferney. Mais comme on craignait de la part de l’évêque d’Annecy, dans le diocèse duquel se trouve Ferney, les mêmes oppositions que de la part de l’archevêque de Paris, l’abbé Mignot s’engagea à le faire transporter dans son abbaye de Sellières en Champagne, et à l’enterrer dans son église abbatiale.

« Tous ces arrangements se prenaient avant que M. de Voltaire eût les yeux fermés. Le lendemain de sa mort on l’embauma ; on le mit en robe de chambre et en bonnet de nuit dans une chaise de poste ; il fut conduit à l’abbaye de Sellières, où son neveu l’abbé Mignot lui a fait un très beau service, et l’a fait enterrer à la porte de la nef. Il est écrit dans l’acte mortuaire, qu’il n’est déposé là qu’en attendant qu’il puisse être transporté à la terre de Ferney.

« M. de Villette a obtenu, lorsqu’on a ouvert et embaumé le corps de M. de Voltaire, la permission de prendre son cœur ; il compte le faire déposer dans la chapelle du château de Villette, enfermé dans un vase de marbre, avec cette inscription : Son esprit est partout, et son cœur est ici. »




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