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30 juin 1559 : Henri II est mortellement blessé d’un coup de lance lors d’un tournoi. Gabriel de Lorges, comte de Montgomery - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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30 juin 1559 : Henri II
est mortellement blessé d’un coup
de lance lors d’un tournoi
(D’après « Histoire générale de la France depuis les temps
les plus reculés jusqu’à nos jours » (Tome 4) par Abel Hugo, paru en 1841)
Publié / Mis à jour le lundi 29 juin 2015, par LA RÉDACTION



 

La cour était en fête. Après avoir marié deux de ses filles, le roi mariait sa sœur. Un brillant tournoi allait avoir lieu ; la lice était préparée dans la rue Saint-Antoine, près du palais des Tournelles, résidence de Henri II. « Mais tout est plein d’incertitude en cette vie, disent les Mémoires du maréchal de Vieilleville ; l’homme propose, Dieu résout. Quand l’on pense être hors d’affaire, se donner du bon temps, du repos et plaisir, le malheur ou la mort sont proches ; fortune et trépas nous épient ; la fin de nos travaux est souvent la fin de notre vie. Un roi sorti sain et sauf de la guerre trouve la mort en se jouant ; les chasses, les amours, les festins, les masques il s’était proposé ; en change il trouve chirurgiens, médecins, pleurs, torches, prêtres, bière et chants funèbres.

« Enfin, étant toutes choses concernant le mariage de madame Marguerite de France avec le duc de Savoie bien résolues et accordées, le roi voulut commencer les joutes. Et après le dîner du dernier jour de juin 1559, ayant fait, dès le matin, publier l’ouverture du tournoi, il demanda ses armes ; lesquelles apportées, il commanda à M. de Vieilleville de l’armer, encore que M. de Boisy, grand écuyer de France, auquel appartenait cet honneur, fût présent.

« Obéissant à ce commandement, M. de Vieilleville ne se put garder, lui mettant l’arme en tête, de dire à Sa Majesté, avec un profond soupir, qu’il ne fit de sa vie chose plus à contre-cœur que celle-là. Sa Majesté n’eut pas le loisir de lui en demander la raison, parce que se présenta à l’instant tout armé M. de Savoie, auquel le roi dit en riant qu’il serrât bien les genoux, car il l’allait bien ébranler, sans respect de l’alliance ni de fraternité.

Portrait équestre de Henri II
Portrait équestre de Henri II

« Là-dessus ils sortent de la salle pour monter à cheval, et entrent en lice où le roi fit une très belle course et rompit fort bravement sa lance : M. de Savoie semblablement la sienne ; mais il empoigna l’arçon, le tronçon jeté, et branla quelque peu, ce qui diminua la louange de sa course. Toutefois plusieurs attribuèrent cette faute à son cheval rebours.

« M. de Guise vint après, qui fit fort bien. Mais le comte de Montgommery, grand et raide jeune homme, lieutenant du sieur de Lorges, son père, l’un des capitaines des gardes, prit le rang de la troisième course, qui était la dernière que le roi devait courir ; car les tenants en courent trois et les assaillants une. Tous deux se choquent à outrance et rompent fort dextrement leur bois. M. de Vieilleville, auquel appartenait de courir, comme l’un des tenants après le roi, pour faire aussi ses trois courses, se présente et veut entrer en lice ; mais le roi le pria de le laisser faire encore celte course contre le jeune Lorges, car il voulait avoir sa revanche, disant qu’il l’avait fait branler et quasi quitter les étriers. M. de Vieilleville lui répond qu’il en avait assez fait et avec très grand honneur ; et, s’il se sent intéressé, qu’il en allait tirer pour lui sa raison.

« Sa Majesté ce nonobstant voulut faire encore cette course contre ce fils de Lorges, et le fit appeler. Sur quoi M. de Vieilleville lui dit : Je jure le Dieu vivant, Sire, qu’il y a plus de trois nuits que je ne fais que songer qu’il vous doit arriver quelque malheur aujourd’hui, et que ce dernier juin vous est fatal ; vous en ferez comme il vous plaira. Lorges se voulut excuser aussi, disant qu’il avait fait sa course et que les autres assaillants ne permettaient pas qu’il fît sur eux cette anticipation. Mais Sa Majesté lui commanda d’entrer en lice. A quoi, par très grand malheur, il obéit et prit une lance.

« Or faut-il noter, premier que d’entrer en ce mortel discours, qu’à toutes courses et tant qu’elles durent, toutes les trompettes et clairons sonnent et fanfarent sans cesse, à tue-tête et étourdissement d’oreilles. Mais incontinent que tous deux furent entrés en lice et commencé leurs courses, elles se turent toutes coites, sans aucunement sonner, qui nous fit avec horreur présager le malheureux désastre qui en advint.

« Ayant tous deux (le roi et Lorges de Montgommery) fort valeureusement couru et rompu, d’une grande dextérité et adresse, leurs lances, ce malhabile Lorges ne jeta pas, selon l’ordinaire coutume, le tronçon qui demeure en la main la lame rompue, mais le porta toujours baissé, et en courant rencontra la tête du roi, duquel il donna droit dedans la visière, que le coup haussa, et lui creva un œil, qui contraignit Sa Majesté d’embrasser le col de son cheval, lequel ayant la bride lâchée, paracheva sa carrière, au bout de laquelle les grand et premier écuyer se trouvèrent pour l’arrêter, selon la coutume ; car, à toutes les courses que faisait le roi, ces deux officiers en faisaient autant hors lice, et lui ôtèrent son habillement de tête, après l’avoir descendu de cheval, pour le mener en sa chambre (le roi), leur disant avec parole fort faible qu’il était mort, et que M. de Vieilleville avait bien prévu ce malheur quand il l’armait ; et qu’auparavant il l’avait instamment voulu divertir de recommencer le tournoi, et qu’encore tout à cette heure il a fait tout ce qu’il a pu pour m’empêcher de faire cette maudite course ; mais l’on ne peut fuir ni éviter son destin.

« Le roi fut conduit et porté par M. le Grand et M. de Vieilleville en sa chambre, qui fut fermée et interdite à tout le monde. Et M. de Vieilleville fut, par le roi, nommé surintendant général, afin que personne n’entrât dans cette chambre, sinon ceux qui y pouvaient faire service, comme médecins, chirurgiens, apothicaires, valets de chambre et de garde-robe ; même la reine n’y sut entrer, crainte de lui accroître ses douleurs, ni pas un des princes ne se présenta.

Gabriel de Lorges, comte de Montgomery
Gabriel de Lorges, comte de Montgommery (ou Montgomery)

« Cinq ou six chirurgiens des plus experts de France firent toute diligence et devoir de profondir la plaie et sonder l’endroit du cerveau où les esquilles du tronçon de la lance pouvaient avoir donné. Mais il ne leur fut possible, encore que durant quatre jours, ils eussent anatomisé quatre têtes de criminels que l’on avait décapités (exprès) en la Conciergerie du palais et aux prisons du Grand-Châtelet, contre lesquelles on cognait le tronçon par grande force, au pareil côté qu’il était entré dans celle du roi ; mais en vain.

« Le quatrième jour, le roi reprit ses esprits, car la fièvre continue qui, depuis l’heure de sa blessure, ne l’avait abandonné, le laissa alors. Il fit appeler la reine ; et la reine se présentant tout éplorée. Il lui commanda de faire dépêcher les noces de sa sœur le plus tôt qu’il lui serait possible. Puis il demanda à M. de Vieilleville (qui n’avait jamais abandonné son lit et était resté sans se dépouiller (déshabiller) toujours présent quand on le pansait), où était le brevet de l’état de maréchal de France ; ce brevet lui fut incontinent présenté ; et l’ayant, Sa Majesté le bailla à la reine, la priant de le signer tout à l’instant et en sa présence, ce qu’elle fit.

« Puis il lui recommanda l’administration du royaume avec leur fils aîné, encore bien jeune, qui lui succédait, et qu’elle eût soin de leurs autres enfants, et qu’elle et eux priassent et fissent prier Dieu pour son âme ; car, de son corps, il sentait bien, par l’horrible mal qu’il souffrait, que c’était fait de sa vie ; la priant là-dessus de se retirer. Ce propos fini, elle le laissa.

« Mais si M. de Vieilleville ne l’eût soutenue, elle tombait à terre, et la fallut porter en sa chambre, où arrivée et revenue à soi, commença en toute diligence de donner ordre pour les susdites noces, qui furent faites cinq jours après, et ressemblaient mieux à un convoi mortuaire et funérailles qu’à autre chose ; car, au lieu de hautbois, violons et autres réjouissances, ce n’étaient que pleurs, sanglots, tristesse et regrets ; et, pour mieux représenter un enterrement, les deux fiancés s’épousèrent un peu après minuit, en l’église Saint-Paul, avec torches, flambeaux et toutes autres sortes de luminaires, pour éclairer toute la suite.

« Le roi avait déjà perdu la parole, le jugement, et tout usage de raison, ne connaissant plus personne. Si bien que le lendemain des noces, qui était le dixième de juillet 1559, Dieu en fit sa volonté, et lui, rendit l’esprit. »

Le roi mourut le 10 juillet suivant de cette blessure, et défendit en mourant que Montgomery fût inquiété, ni recherché pour ce fait en aucune manière. Après cette sinistre aventure, Montgomery alla voyager en Italie et en d’autres pays, jusqu’au temps des premières guerres civiles, qu’il revint en France, et s’attacha au parti protestant, dont il devint un des principaux chefs. Ayant été pris au siège de Domfront, il fut amené à Paris, enfermé à la Conciergerie, dans la tour qui porte encore son nom.

Tournoi durant lequel Henri II fut mortellement blessé. Gravure du XVIe siècle
Tournoi durant lequel Henri II fut mortellement blessé. Gravure du XVIe siècle

On instruisit son procès, et il périt sur l’échafaud le 26 juin 1574, chargé de tous les maux que la mort de Henri II avait causés à l’Etat, plutôt que de son propre crime : « car pour celui de lèse-majesté, dont on l’accusait, dit le président Hénault, il ne pouvait en être recherché, après les édits de pacification déjà donnés en faveur des protestants, et surtout après la dernière amnistie ; mais il fallut accorder cette satisfaction à la passion de la régente [Catherine dé Médicis], qui voulait, à quelque prix que ce fût, la mort d’un homme qui lui avait enlevé le roi son époux. »

Ses enfants, par le même arrêt, furent déclarés roturiers ; ce qui lui fit dire cette belle parole en mourant : « S’ils n’ont la vertu des nobles pour s’en relever, je consens à l’arrêt. »

Henri II, âgé seulement de quarante ans, était alors dans la force de l’âge ; marié fort jeune à Catherine de Médicis, il en avait eu dix enfants, dont sept (trois filles et quatre fils) lui survécurent. L’aînée de ses filles, Elisabeth, était mariée à Philippe II, roi d’Espagne ; la seconde, Claude, était la femme de Charles II, duc de Lorraine ; et la troisième, Marguerite, épousa Henri de Bourbon (depuis Henri IV). Trois de ses fils, François II, Charles IX et Henri III, se succédèrent sur le trône ; le quatrième, François, duc d’Alençon, puis d’Anjou et de Brabant, mourut sans laisser de postérité. Henri II n’eut pas d’enfants de Diane de Poitiers ; mais d’autres maîtresses lui donnèrent deux fils et une fille.

Voici le jugement que porte Tavannes sur le successeur de François Ier : « Le roi Henry II régna douze ans, eut plus de vertus corporelles que spirituelles. Il fut heureux en ses desseins, pour avoir de bons capitaines. Il chassa l’Anglais de France, reprit Boulogne, Calais, acquit l’Écosse pour son fils, protégea Octave Farnèse contre le pape et l’empereur, sauva Palme et la Mirande de ces deux puissances, garda Sienne, gagna l’île de Corse, prit Metz, Toul, Verdun par l’intelligence et rébellion de Moris, Dampviliers, Mommedy, partie de Luxembourg, Marienbourg, Piémont, Thionville, leva le siège de Metz, gagna la bataille de Renty, et perdit beaucoup de réputation en celle de Saint-Quentin pour croire trop le connétable de Montmorency, et en l’honteuse paix qui ensuivit à la persuasion des femmes et mignons qui le possédaient. Il donna imprudemment commencement aux divisions de France par l’accroissement immodéré des deux maisons de Guise et de Montmorency, lesquels il fit si grands que les malheurs des guerres leur sont attribués. »




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