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Coutumes et traditions : joutes et tournois au Moyen Age - Histoire de France et Patrimoine


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Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Joutes et tournois
(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1834)
Publié le vendredi 4 mai 2012, par LA RÉDACTION


 
 
 
 
On fixe communément l’origine des tournois au XIe siècle, et l’on cite quelques gentilshommes qui en auraient été les inventeurs : l’un d’entre eux serait Geoffroi de Preuilly, mort en 1066, et sans doute les tournois ont dû atteindre, sous l’influence de l’institution de la chevalerie, à un degré de splendeur qui a pu paraître leur donner une origine nouvelle

Il faut toutefois reconnaître que, presque de tout temps, chez toutes les nations belliqueuses, l’élite des guerriers s’est exercée, par des combats simulés, au métier des armes, et en France même on trouve des traces de jeux de ce genre avant les Xe et IXe siècles. Aussi longtemps que la chevalerie eut vraiment une mission politique et religieuse à remplir, les tournois furent de sérieuses écoles de prouesse, où les champions cherchaient avant tout à devenir de forts et adroits hommes de guerre, sans beaucoup se soucier de riches armures, de beaux équipements, ou même d’applaudissements de dames.

Mais, plus tard, quand les rudes combats des puissances féodales eurent cessé, lorsque les croisades et les progrès du luxe eurent contribué à adoucir l’âpreté des mœurs de la noblesse d’Europe, les joutes prirent insensiblement un caractère de magnificence et de galanterie, et se transformèrent en fêtes solennelles soumises à des règlements particuliers, et accompagnées de cérémonies publiques qui ont varié suivant les pays et suivant les époques. Une des plus belles descriptions de tournois est celle du roman d’Ivanhoë, par Walter Scott.

Scène de tournoi
Scène de tournoi
D’après des documents authentiques, voici quelles étaient les principales circonstances de ces fêtes en France aux XIIe et XIIIe siècles.

Les tournois solennels étaient souvent annoncés plusieurs mois d’avance ; la veille était de plus annoncée un jour d’avance par les proclamations des officiers d’armes. « Seigneurs chevaliers, demain aurez la veille du tournois où prouesse sera vendue et achetée au fer et à l’acier ». Tandis qu’on préparait le lieu destiné au tournois, on suspendait le long des cloîtres des monastères les écus armoiriés de ceux qui prétendaient entrer dans les lices ; on les y laissait plusieurs jours exposés aux regards. Un héraut ou poursuivant d’armes nommait les chevaliers auxquels ils appartenaient. La veille du tournoi était solennisée par des espèces de joutes appelées tantôt essais ou éprouves (épreuves), tantôt les vèpres du tournoi, et quelquefois escremies ou escrimes : les écuyers s’y exerçaient les uns contre les autres avec des armes plus légères et plus faciles à rompre que celles des chevaliers.

C’était le prélude du grand combat, de la maître éprouve. Des hours ou échafauds partagés en loges et en gradins, décorés de riches tapis, de pavillons, de bannières, de banderoles et d’écussons, étaient dressés autour de la carrière, ainsi que des tentes ou pavillons pour recevoir les rois, les reines, les princes et princesses, les anciens chevaliers, les seigneurs, dames et demoiselles.

Sauval décrit, dans son histoire de Paris, les lices plantées pour les tournois au Palais, au Louvre, à l’hôtel Saint-Paul, à celui des Tournelles, et autres lieux dans Paris. Des juges nommés exprès, des maréchaux du camp, des conseillers ou assistants, avaient en divers lieux des places marquées pour maintenir dans le champ de bataille les lois de la chevalerie et des tournois. Des rois, hérauts et poursuivants d’armes, répandus en divers endroits, avaient les yeux fixés sur les combattants pour faire un rapport fidèle des coups qui seraient portés et reçus. Des ménestriers avec leurs instruments de musique, des valets ou sergents de service, se tenaient aussi dans le camp.

Les chevaliers, superbement équipés, suivis de leurs écuyers, tous à cheval, entraient avec une contenance grave, au son des fanfares. Le signal donné, les rideaux des hours s’ouvraient devant les spectateurs. On commençait par la course de la lance, appelée proprement joute, et qui se faisait seul à seul. C’était une image du combat individuel sur le champ de bataille. « Lors s’entreloignent eux deux, et viennent de si grande alleure comme les chevaux peuvent aller, et s’entrefierent les plus grands coups qu’ils peuvent, et Persides rompt sa lance et Hector le fiert, si qu’il le porte par terre emmy le champ. Sire, dict Hector, je ne sai comment vous le ferez à la meslèe ; mais en joute, sai-je bien que vous en avez le prix. Pendant que nous sommes à cheval, dit un des hérauts de Flores de Grèce, et que lances ne vous peuvent manquer, esprouvons-nous encore quelques coups, estant comme il m’est avis le plaisir de la course trop plus beau que le combat à l’épée ».

Les lances étaient ou très petites ou très grandes, suivant les conventions ou les circonstances. Dans les joutes faites aux noces de M. d’Alençon (lettre de Louis XII), les lances étaient petites, à cause des jeunes princes qui tenaient le pas. Dans les autres combats qui suivaient la joute, les deux lignes opposées des chevaliers se mêlaient pour en venir aux mains, comme deux corps d’armée, d’où vint le nom de mêlées : on combattait alors avec l’épée, la hache et la dague. Le nom de tournoi vient peut-être, dit La Curne de Sainte-Palaye, de ce que les champions se tournaient dans tous les sens, tandis que la course des lances se faisait en ligne droite.

Combat à la barrière
Combat à la barrière

Outre ces sortes de combats, il y avait le pas d’armes, qui simulait des attaques et des défenses de défilés, de gués ou de ponts ; les combats à la barrière, qui apprenaient les difficultés à vaincre aux approches et aux barrières d’une place ; les castilles (ce mot, en langage vulgaire, signifie encore aujourd’hui une querelle, un différend), qui étaient des imitations de l’assaut des tours et remparts ; enfin les joutes dans les mines, qui représentaient les ruses usitées dans les sièges. Mais ces derniers exercices étaient plus rares, et exigeaient des emplacements et des préparatifs particuliers.

Les principaux règlements des tournois consistaient à ne porter des coups de lance qu’au visage et entre les quatre membres, c’est-à-dire au plastron ; à ne plus frapper un chevalier dès qu’il avait ôté la visière de son casque, ou qu’il s’était déheaumé ; à ne pas se réunir plusieurs contre un seul dans certains combats, tels que celui qui était proprement appelé joute ; à ne point blesser le cheval de son adversaire ; à ne point frapper de la pointe, mais du tranchant de l’épée ; à ne point combattre hors de son rang, etc. Malgré ces prohibitions introduites pour empêcher, autant que possible, l’effusion de sang, l’arène était presque toujours ensanglantée, et ne différait souvent en rien d’un champ de bataille. C’est ainsi qu’à Nuys, près de Cologne, en 1240, un tournoi coûta le vie à soixante chevaliers ou écuyers.

Les instruments des ménestrels, les cris des hérauts, célébraient chaque brillant coup de lance ou d’épée. Le vainqueur était nommé à plusieurs reprises (d’où l’on prétend, à tort ou à raison, que s’est formé en France le mot renommée) ; mais souvent on ne saluait les hauts faits d’armes que par ces mots : « Honneur aux fils des preux ».

Un champion choisi par les dames, et armé d’une longue pique ou d’une lance surmontée d’une coiffe ou d’un voile, abaissait sur les heaumes des chevaliers en danger pour avoir violé par inadvertance les lois du combat, ce signe de clémence et de sauvegarde. La dernière joute se nommait la lance des dames ; c’était celle où l’on cherchait à faire preuve de plus de valeur et d’adresse. Le prix du tournoi était décerné d’après le jugement des chevaliers préposés aux joutes, ou à l’unanimité des voix, ou bien encore, mais plus rarement, par un tribunal composé de dames et de demoiselles. Le vainqueur, après avoir remporté le prix, était conduit dans le palais, et désarmé par les dames, qui le revêtaient d’habits précieux ; il occupait ensuite au festin la place la plus honorable.

La magnificence que l’on déployait quelquefois dans ces fêtes est presque incroyable. A Beaucaire, en 1174, il y eut un grand tournoi de dix mille chevaliers pour célébrer la réconciliation de Rémond, duc de Narbonne, avec le roi d’Aragon. Bertran Raiembaux, ou Raibaux, fit labourer avec douze paires de bœufs le champ du tournoi, et derrière ces bœufs se tenaient des hommes qui semèrent, par son ordre, trente mille pièces d’or ou d’argent. Guillaume Gros de Martello, qui était venu jouter avec une suite de quatre cents chevaliers, n’employa d’autre feu pour cuire tous les mets de sa table pendant la durée des fêtes, que le feu des bougies et des torches. Ranmons de Venous, ou Raimon le Venoul, avait amené pour son usage trente chevaux de belle races, qu’il fit tous brûler avant son départ, en présence de la foule des assistants ; il y eut mille autres prodigalités aussi extravagantes.

Les causes de la décadence des tournois furent à peu près les mêmes que celles de la décadence de la chevalerie. Le changement de système dans la guerre et dans les armes, la valeur personnelle remplacée par la puissance des masses, l’affaiblissement de la féodalité soumise à l’unité impériale ou royale, y contribuèrent certainement plus que les défenses fréquentes des papes, des conciles et des rois.

Sous Charles VII, vers 1443, l’auteur du Journal de Paris reproche à la noblesse son oubli des tournois : « Plus ne leur en challoit, dit-il, que de jouer au dez, ou chasser au bois, ou danser ; ne se faisoient mais (plus) comme on souloit faire, ne joustes, ne tournois, ne nuls faits d’armes, pour paour des lézions (blessures) : bref tous les seigneurs de France estoient tous devenus comme femmes, car ils n’estoient hardis que sur les povres laboureurs, et sur povres marchands qui étoient sans nulles armes. »

Ce fut surtout après la mort de Henri II, blessé dans un tournoi de la rue Saint-Antoine, par le comte Gabriel de Montgomery, que ces fêtes devinrent plus rares. Cependant on cite encore des combats à la barrière, où Charles IX et son frère firent armes l’un contre l’autre en champ clos, et l’on se rappelle que beaucoup de gentilshommes catholiques, surpris dans leurs préparatifs pour la Saint-Barthélemy par des huguenots alarmés, répondaient qu’ils s’apprêtaient à un tournoi que le roi allait proposer. Sous les règnes suivants, il y eut encore, à de rares intervalles, quelques joutes dont parle Bassompierre ; mais bientôt l’ardeur chevaleresque dégénéra en une fureur aveugle pour les duels.

 

 


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