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Argot de l'X. Etymologie vocabulaire pittoresque de l'Ecole Polytechnique. Brèves d'Histoire de France. Miettes historiques

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Brèves d’Histoire
Brèves d’Histoire de France : bribes et miettes historiques utiles à une meilleure connaissance de notre passé
Argot de l’X ou de l’étymologie
du vocabulaire pittoresque
de l’Ecole Polytechnique
(D’après « Le Voleur illustré », paru en 1894)
Publié / Mis à jour le lundi 26 mai 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
En 1894, à l’occasion du centième anniversaire de la fondation de l’Ecole Polytechnique, deux anciens polytechniciens publient l’Argot de l’X, sorte de dictionnaire extrêmement riche en anecdotes de toutes sortes, même croustillantes, où les auteurs passent en revue toutes ces expressions bizarres et imagées que l’on trouve souvent dans la bouche des étudiants et des potaches

L’étymologie de ces expressions est quelquefois très curieuse et a souvent besoin d’une explication détaillée comme on peut en juger par ces quelques exemples.

GIGON. — Gigon était un élève de la promotion 1855 qui avait la manie de faire partout plus de travail qu’on ne lui en demandait ; de donner dans ses épures des solutions qu’on n’exigeait pas ; d’ajouter à ses dessins plus de croquis qu’il ne fallait ; de réclamer en toutes circonstances plus qu’il n’était alloué à ses camarades, et en particulier des rations supplémentaires de nourriture. Cette manie a rendu son nom légendaire, il est devenu synonyme de supplément.

Le mot Gigon revient à tout instant dans le langage de l’Ecole. On demande au réfectoire un Gigon de frites ; on demande au directeur des études quelques jours de Gigon pour remettre ses épures. Un examinateur demande du Gigon quand il ne se limite pas dans ses interrogations aux questions traitées par le professeur. Du mot Gigon on a fait le verbe Gigonner, faire un supplément de besogne, et l’adjectif Gigonnaire ou supplémentaire.

PIQUE-BOYAUX. — Nom donné aux prévôts de salle d’armes. L’enseignement de l’escrime, autrefois facultatif, était devenu obligatoire. Des séances régulières sont consacrées à l’escrime et, à époques fixes, des assauts ont lieu devant l’état-major de l’Ecole. Parmi les professeurs civils qui autrefois enseignaient l’escrime, parmi les plus fines lames, il faut une mention spéciale pour Lozès, qui fut un des meilleurs maîtres et pour son prévôt.

Costume de Polytechnicien en 1921
Costume de Polytechnicien en 1921

PIQUE-CHIEN. — Sobriquet des sergents-majors garde-consigne préposés à la garde de tous les postes : poste d’entrée, poste du parloir, poste nord, poste sud, par où passent les élèves. On les appelle ainsi parce qu’ils n’ont rien à faire et qu’ils passent leur journée à dormir, c’est-à-dire piquer un chien.

SERPENT. — Nom qu’on donnait par corruption au sergent chef de salle qu’on appela plus tard crotale. Il y avait en 1855 un sergent nommé Bois, on comprend comment le sergent Boit devint le sergent Boa, puis le serpent Boa : c’est l’origine du mot serpent.

SOURIAU — Nom donné à certain vase placé sous le lit. C’est une bonne farce à faire aux conscrits que de percer leurs souriaux avec la pointe d’une épée. La veille de Noël, c’était l’habitude, à une certaine époque, d’attacher les souriaux deux à deux par une corde solide et de les lancer dans les arbres de la cour des laboratoires. Ces arbres ainsi pavoisés étaient les arbres de Noël. Pendant le bahutage, un ancien passe la revue des caserts, les conscrits alignés ont chacun leur souriau à la main.

TRUFFIN. — On appelle ainsi le coiffeur, l’artiste (!) qui tond et rase la truffe (tête).

JODOT. — Jodot était un petit vieillard charmant qui fut, pendant plusieurs années, professeur de dessins lavis. Tout en causant dans les salles avec une aménité parfaite, il enseignait les secrets des teintes plates et des teintes fondues ; son nom est resté synonyme de lavis, et on a fait le verbe jodoter pour signifier laver un dessin.

Bien vite le mot eut un immense succès et se prit dans des acceptions plus étendues ; on ne tarda pas à l’employer couramment pour dire mouillerasperger avec de l’eau, et le succès s’est accusé de plus en plus. On jodote un conscrit avec une bombe hydraulique, ou bien en lui versant le contenu du corio sur la tête. Se jodoter, c’est faire sa toilette. Quand il pleut, on dit qu’ « il jodote ».

Souvent aussi ce sont les professeurs ou les officiers eux-mêmes qui, sans s’en douter, donnent leur nom a certaines choses ; sans s’en douter, parce qu’on a remarqué que tel d’entre eux avait telle ou telle manie, ce tic ou cette préférence. D’autres fois les chefs laissent leurs noms aux objets les plus bizarres, mais alors sans raison, ou du moins sans explication de la part d’Albert Lévy et G. Pinet, les auteurs du volume dont nous parlons.

 
 
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