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1er août 1742 : mort du poète Richard Savage

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1er août 1742 : mort du poète Richard Savage
Publié / Mis à jour le lundi 30 juillet 2012, par LA RÉDACTION
 

Le premier malheur qui frappa ce poète célèbre, était d’une espèce si rare, qu’il présageait une destinée toute d’exception : par ses talents, ses vices, et les bizarreries d’une conduite plus souvent digne de blâme que de pitié, Richard Savage sembla prendre à tâche de justifier l’augure fatal. Né à Londres le 10 janvier 1698, il était le fruit adultérin des amours de lord Rivers et de la comtesse Macclesfield.

Cette dernière crut devoir acheter sa liberté, au prix d’un aveu public de sa faute : ainsi le divorce fut prononcé entre elle et son époux, et son fils se trouva déshérité d’un rang qui ne lui appartenait pas, mais dont il aurait pu jouir. En échange de l’avenir qu’elle lui enlevait, sa mère le dota de sa haine, haine violente, implacable, qu’une erreur de la nature avait substituée au sentiment le plus énergique dans son expression, le plus constant dans sa durée.

Condamné à la misère et à l’obscurité, Richard Savage osa appeler de cette sentence si peu maternelle à son génie. A dix-huit ans, il écrivit une comédie, dont le succès ne lui rapporta rien, grâce à l’intervention d’un certain Bullock, qui, en se chargeant de faire jouer l’ouvrage, se chargea aussi d’en intercepter le bénéfice. Une autre comédie, composée deux ans plus tard, et qui ne réussit pas, fut toutefois plus productive pour l’auteur, puisqu’elle lui valut l’amitié de sir Richard Steele et du comédien Wilks. Savage ne tarda pas à se brouiller avec Steele ; car jamais il ne put garder longtemps ni son argent, ni ses amis.

Vers cette époque, une comédienne, mistriss Oldfied, lui assura une pension de cinquante guinées par an. Quelques seigneurs cherchèrent à lui ouvrir les routes du monde : mais les calomnies forgées par sa mère lui enlevèrent tout-à-coup ses protecteurs. Ramené au théâtre par la nécessité, il fit paraître en 1723 la tragédie de sir Thomas Overbury. Manquant de tout, même de logement et souvent de nourriture, Savage composa sa pièce dans les rues et sur les places publiques. Quand il en avait terminé une scène, et qu’il ne lui restait plus qu’à l’écrire, il entrait dans une boutique, où, sous divers prétextes, il empruntait une plume, de l’encre et du papier. Wilks n’était plus, et Savage trouva dans la dédaigneuse fierté de Cibber un obstacle, que son caractère inflexible l’eût empêché de vaincre, sans l’appui de Hill, auteur dramatique comme lui. Personne ne voulant se charger du personnage principal de sa pièce, Savage fut obligé de le remplir lui-même, malgré sa timidité et son inexpérience. La vente du manuscrit produisit deux cents guinées, que son imprévoyance eut bientôt dissipées.

Alors et pour la première fois, Savage, exploitant littérairement ses propres infortunes, en publia le récit, à la tête du recueil de ses œuvres. La mort de George Ier lui inspira des vers, qui furent généralement approuvés ; mais, fidèle à ses habitudes, le poète enfouit dans les tavernes et les lieux suspects l’or que lui avait rapporté sa plume. Un meurtre, suite d’une querelle, vint encore aggraver sa position. Heureusement la comtesse d’Hertford obtint sa grâce par l’entremise de la reine ; l’éclat de cette dernière aventure appela sur le héros un vif intérêt, en fournissant une page de plus à l’histoire de ses infortunes.

Moins noble, moins grand que d’Alembert, qui, devenu célèbre, repoussa les bontés intéressées de sa mère, madame de Tencin, Savage ne cessa de mendier celles de la comtesse Macclesfield ; et, quand une longue expérience lui eut prouvé qu’il ne fléchirait jamais son cœur, changeant de tactique, il la déchira par des satires. Alors parut le Bâtard, poème dédié très respectueusement à madame Brett, auparavant comtesse Macclesfield, par Richard Savage, fils du feu comte Rivers. C’était une nouvelle édition des infortunes de l’auteur, revue et augmentée de sarcasmes et de scandale : au lieu de sel, Savage y avait, pour ainsi dire, semé du poison. Le livre obtint une vogue extraordinaire.

La place de poète lauréat étant venue à vaquer, Savage se mit sur les rangs pour l’obtenir ; mais il échoua, malgré la protection de George II. Il s’en dédommagea par un petit poème intitulé le Lauréat volontaire, poème très bien accueilli par la reine, qui gratifia l’auteur de cinquante livres sterling, en l’engageant à lui en présenter tous les ans au même prix un semblable. Ayant pris part à la querelle de l’évêque de Londres et du chancelier, Savage lança contre le premier une satire qui le conduisit devant la cour du banc du roi. Bien que renvoyé absous, il avait perdu tout espoir d’obtenir une place.

Vainement il adressa un ouvrage sur l’Esprit public au prince de Galles : la reine vint à mourir, et Savage se vit réduit à la plus cruelle misère, passant la nuit dans les échoppes, sur l’appui d’une boutique, dans les caves, avec la plus vile canaille, et pendant l’hiver, au milieu des cendres d’une verrerie. Cependant la fierté naturelle du poète le soutint toujours au milieu d’un pareil entourage, et ses manières ne perdirent jamais ni leur politesse, ni leur dignité.

Vers 1738, ses amis l’avaient décidé à se retirer dans le pays de Galles, avec un revenu annuel de cinquante livres sterling, assuré par souscription. La misère vint bientôt le trouver dans ce nouvel asile, où ses désordres l’avaient suivi. Mis en prison pour dettes, il y commença et y finit, à peu de chose près, une satire intitulée Tableau de Londres et de Bristol. Depuis six mois, il languissait dans la captivité, lorsqu’il reçut une lettre de Pope, où ce dernier l’accusait d’une noire ingratitude. Cette calomnie fut le coup de grâce pour le malheureux poète, qui succomba dans sa quarante-sixième année. Le geôlier de la prison voulut seul faire les frais de ses funérailles.

 
 
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