Biographies et portraits des rois, empereurs et présidents de la France Notices biographiques sur les monarques et souverains. Vie, histoire, portrait.
Le portrait de chaque roi, monarque, souverain, empereur, président. Biographie, caractère, oeuvre, actions marquantes de leur règne, afin de montrer combien les rois, empereurs et présidents ont façonné l'Histoire de France. Dynasties des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Bourbons, Valois, Valois-Orléans, Valois-Angoulême.
Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
de la rubrique
Rois, empereurs, présidents
CLIQUEZ ICI

LOUIS XI
(né le 3 juillet 1423, mort le 31 août 1483)
Roi de France : règne 1461-1483
Partie 1/7

Fils de Charles VII, Louis XI naquit à Bourges le 3 juillet 1423, et fut élevé d'une manière fort simple sous les yeux de sa mère, Marie d'Anjou, fille de Louis II, roi titulaire de Naples, l'une des femmes les plus vertueuses de son siècle. Dès l'âge de cinq ans il fut marié à une princesse écossaise, qui mourut sept années après. Devenu ainsi veuf à douze ans, il accompagna son père dans plusieurs expéditions, où il montra du courage, et surtout l'étonnante activité et la vigueur de résolution qui ne cessèrent pas de le distinguer.

Un contraste aussi remarquable avec le caractère de faiblesse et d'indécision de Charles VII ne pouvait manquer de produire des dissensions dans la famille royale. Elles éclatèrent par la haine que ce jeune prince voua, dès son enfance, à la belle Agnès Sorel et à tous les ministres favoris du roi. Louis avait à peine dix-sept ans, lorsque, poussé par quelques hommes turbulents, il s'échappa de la cour pour se
Roi Louis XI
Louis XI (1461-1483)
rendre à Niort, où il devint le chef d'une révolte connue sous le nom de la praguerie.

Charles VII marcha contre les rebelles, les dissipa et fit périr quelques hommes obscurs, en pardonnant à son fils et même à ceux qui l'avaient entraîné. Le jeune prince s'efforça bientôt d'effacer ses torts par son zèle et sa valeur dans les commandements qui lui furent confiés au siège de Pontoise, de la Réole et surtout à celui de Dieppe, qu'il fit lever aux Anglais en 1443. L'année suivante, ayant marché contre les Suisses, il les vainquit dans plusieurs combats sanglants ; et, à son retour, il fut comblé par Charles VII des marques de la plus vive tendresse.

Mais après quelques mois de résidence à la cour, le caractère inquiet et difficile du Dauphin reprit tout son empire ; ce prince ne se contint plus dans sa haine contre les courtisans, et dans son impatience de régner, il prit part à plusieurs intrigues où il ne s'agissait de rien moins que de ravir à son père le trône et la liberté. Obligé de s'éloigner une seconde fois de la cour, il se retira dans le Dauphiné, que Charles, malgré tant de motifs de défiance, laissa tout entier à sa disposition, lui permettant même de jouir de plusieurs autres possessions.

Ainsi Louis, qui désirait si vivement son indépendance, put se regarder comme souverain dans une contrée éloignée de la capitale, et qui offrait des ressources considérables. Se livrant à toute son activité, il changea entièrement l'administration de la province, augmenta les impôts, et fit des levées de troupes dont le but ne pouvait être rassurant. Dans le même temps il épousa, malgré son père, la fille du duc de Savoie ; et, ne cessant pas d'entretenir des correspondances coupables à la cour de Charles VII, il fut accusé de n'avoir pas été étranger à la mort d'Agnès Sorel.

Voyant ses projets découverts, il essaya de conjurer l'orage en proposant de conduire ses troupes contre les Anglais : mais le roi reçut cette offre avec froideur, et il ordonna à Chabannes de marcher contre le Dauphin et de s'assurer de sa personne. Ce prince, averti à temps, partit sous prétexte d'un pèlerinage à Saint-Claude, et se réfugia dans les États du duc de Bourgogne, qui voulut bien lui accorder un asile, en refusant de prendre part à tout projet d'agression. Loin de là, le duc envoya au roi de France des ambassadeurs chargés de lui expliquer ses motifs, et de tenter une réconciliation entre le père et le fils.

N'ayant pu y réussir, il donna au Dauphin une résidence agréable dans la petite ville de Gennep, en Hainaut, et lui assigna une pension assez considérable, mais qui ne lui suffit pas toujours. Le jeune prince fit des emprunts, demanda de l'argent à tout le monde, et ce fut alors qu'il essuya, de la part du duc de Bretagne, un refus qu'il ne lui pardonna jamais.

Il est probable que, malgré quelques lettres de soumission adressées à son père, il ne désirait point retourner en France tant que Charles VII n'aurait pas fermé les yeux. Ce tendre père l'en conjura plusieurs fois, et Louis sembla disposé à se rendre à ses touchantes invitations ; mais ce fut toujours lorsque la santé du roi parut décliner : il changeait d'avis à la première nouvelle de son rétablissement.

Enfin, il passa cinq ans dans cette retraite, où il lui naquit un fils qu'il perdit peu de mois après. Il y fit des études assez suivies, et ce fut là qu'il recueillit les Cent Nouvelles nouvelles. Tous ses moments paraissaient consacrés aux lettres et à la chasse, qu'il aimait beaucoup ; mais ce fut dans ce même temps qu'on avertit le roi que son fils voulait le faire empoisonner. Du moins est-il bien certain que le malheureux Charles VII, effrayé d'un tel avis, se priva de nourriture, et qu'il mourut par l'excès même des précautions qu'il se crut obligé de prendre.

Dès que Louis reçut cette nouvelle, il se rendit à Avesne, où il fit célébrer un service des morts. Après la cérémonie, dit Monstrelet, « il se vêtit de pourpre, qui est la coutume de France, parce que, sitôt que le roi est mort, son fils plus prochain se vest de pourpre ». Dans les transports de sa joie, il oublia d'envoyer les ordres nécessaires pour les obsèques de Charles VII ; et sans l'attachement de Tannegui-Duchâtel, qui se chargea du soin et des frais de cette cérémonie, un de nos meilleurs rois, celui auquel la France avait l'obligation d'être échappée au joug de l'étranger, eût été enseveli sans honneur, tandis que les princes, les seigneurs et les courtisans qu'il avait comblés de ses bienfaits couraient se prosterner devant leur nouveau maître.

Louis XI se rendit à Reims pour se faire sacrer, accompagné du duc de Bourgogne, du comte de Charolais et de quelques gentilshommes. Il refusa par défiance une escorte plus nombreuse. Philippe le Bon assista, comme pair du royaume, à la cérémonie, et fit hommage de ceux de ses domaines qui relevaient de la couronne. Ce prince, qui désirait sincèrement la paix, se jeta aux pieds du roi et le pria dans les termes les plus affectueux et les plus pressants de pardonner aux serviteurs de son père qui avaient pu l'offenser. Louis promit tout, et il n'excepta de son pardon que sept individus qu'il ne nomma point : se réservant ainsi de choisir ses victimes, et de faire peser sur tous une cruelle appréhension.

Dès qu'il eût saisi les rênes du gouvernement, voulant en tout point le contraire de son père, il rendit la liberté au duc d'Alençon, fit grâce au comte d'Armagnac, et se hâta d'écarter tous les chefs de la noblesse qui avaient servi Charles VII avec tant de dévouement et de gloire.

Les Dunois, les la Trémoille, les Brézé, les Chabannes, devinrent suspects à ses yeux ; il lui fallait des créatures, et non des généraux et des ministres. Il déposa le chancelier Juvénal des Ursins, puis l'amiral, le grand chambellan, les maréchaux de France, beaucoup d'autres officiers civils et militaires, et les principaux directeurs des finances, qu'il remplaça par des gens obscurs, et surtout par ceux qui l'avaient aidé dans ses intrigues et ses complots ; enfin, on ne vit bientôt dans les emplois que des hommes nouveaux, que le roi avait tirés du rang le plus bas afin de pouvoir les y replonger sans scrupule et sans danger au moindre soupçon.

Son barbier devint ambassadeur et comte ; son tailleur héraut d'armes, et son médecin chancelier. Tant de changements firent beaucoup de mécontents : le roi crut que pour les apaiser il lui suffirait de publier un édit où il déclarait, sans avoir beaucoup d'envie de s'y conformer, « qu'aucun état ne vaquerait à l'avenir, si ce n'est par mort, résignation ou forfaiture. »

:: Biographie de Louis XI - Partie 2/7 - Partie 3/7
Partie 4/7 - Partie 5/7 - Partie 6/7 - Partie 7/7


 

:: HAUT DE PAGE    :: ACCUEIL

Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
de la rubrique
Rois, empereurs, présidents
CLIQUEZ ICI