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FRANÇOIS Ier
(né le 12 septembre 1494, mort le 31 mars 1547) Roi de France : règne 1515-1547 Partie 1/6
Il naquit à Cognac le 12 septembre 1494. Il descendait, ainsi que Louis XII, de Charles le Sage, par Louis Ier, duc d'Orléans. L'assassinat de ce dernier prince, victime de la jalousie et de la cruauté de Jean duc de Bourgogne, fut le signal des malheurs dont sa famille devait être si longtemps accablée. Charles, son fils aîné, et Jean, comte d'Angoulême, son troisième fils, après avoir inutilement cherché tous les moyens légitimes de venger leur père, appelèrent les Anglais en France, se repentirent de ce traité, le rompirent avec une générosité imprudente, et l'un fut leur prisonnier pendant vingt-cinq ans, l'autre pendant trente. Lecomte d'Angoulême, aïeul de François Ier, ne connut point le bonheur au sortir de sa longue captivité. Sa rançon lui avait coûté la plus grande partie de ses domaines ; mais il se vengea des Anglais en contribuant, par ses exploits, à leur enlever la Guyenne. Il vécut ensuite dans la retraite et se montra, en s'éloignant des intrigues de la cour, un digne petit-fils de Charles le Sage.
De ce mariage naquit François Ier. Sa mère prit de lui les soins les plus tendres. Le jeune prince n'avait que deux ans lorsqu'il perdit son père : mais bientôt il en retrouva un dans le bon Louis XII, qui monta sur le trône en 1498. Ce monarque confia son éducation à Gouffier-Boissy, l'un des esprits les plus éclairés et l'un des plus nobles chevaliers de ce temps. Jamais instituteur n'eut plus à s'applaudir des brillantes qualités de son élève. Le jeune François portait autant d'ardeur dans les études les plus sérieuses, qu'il en mettait dans tous les exercices auxquels se bornait alors l'éducation du gentilshomme. Sa physionomie gagnait les cœurs. L'amour de la gloire éclatait dans ses regards. Il réparait avec une grâce inexprimable les fautes où pouvait l'entraîner la vivacité de son âge et de son caractère. Les jeunes nobles, qu'il surpassait tous par la majesté de sa taille et sur lesquels il remportait des victoires continuelles dans les tournois, le chérissaient comme leur frère, et s'attachaient à lui comme à leur modèle. Deux fils que Louis XII avait eus d'Anne de Bretagne, sa seconde femme, étaient morts au berceau ; mais il lui restait deux filles, mesdames Claude et Renée. Il maria la première à son jeune parent et nomma ce prince duc de Valois. Les victoires de Gaston de Foix élevaient alors la France au plus haut degré de gloire. Le jeune François voyait dans ce héros son guide, son ami : il s'apprêtait à voler sur ses pas en Italie, lorsque le coup fatal qui emporta Gaston de Foix au sortir de la victoire de Ravenne mit un terme aux courtes prospérités de Louis XII. Ce monarque, après s'être engagé dans une ligne imprudente, vit se former contre lui la coalition la plus déloyale. Étourdi du nombre de ses ennemis, de la fureur de leurs attaques, il se confia dans l'amour de son peuple et dans l'ardeur de ses jeunes héros. Ce fut au duc de Valois qu'il remit le soin de défendre la Navarre. Dans des circonstances si difficiles, tout prescrivait la prudence aux généraux de Louis XII. Le duc de Valois dompta l'impétuosité de son caractère, pour servir les véritables intérêts de sa patrie. S'il ne put reprendre la Navarre, déjà conquise par les armes du duc d'Albe, il parvint à empêcher les Espagnols de franchir les Pyrénées. L'année suivante, Louis XII, dont le règne venait d'être humilié par la fatale journée du 13 avril 1513 dite des Eperons, employa le duc de Valois à prévenir les suites de cet échec : ce prince conçut des projets hardis pour secourir Tournai ; mais sa mission était de couvrir la Picardie. Pour la seconde fois, il se fit l'effort d'écouter la prudence. Il ne secourut pas Tournai ; mais la Picardie fut sauvée. Henri VIII, qui avait de la générosité par accès, offrit la paix à la France. Sa défection rompit la ligue. Louis XII, veuf d'Anne de Bretagne, contracta un 3e mariage avec la jeune et aimable sœur d'Henri VIII. Le duc de Valois fut chargé d'aller recevoir Marie d'Angleterre, et quoiqu'une telle union pût renverser ses espérances, il reçut cette princesse avec la plus aimable galanterie. Un mariage qui rendait la paix à la France lui devint bientôt fatal ; car il lui coûta le meilleur roi qui se fût encore occupé de son bonheur. Louis XII écouta trop sa passion pour une reine que la politique lui avait fait épouser, mais dont les charmes lui firent oublier et son grand âge et ses infirmités. Le 1er janvier 1515, consumé de langueur, il manda le duc de Valois et lui tendit ses bras exténués : « Je me meurs, lui dit-il, je vous recommande nos sujets... » Il expira quelques heures après. La France fut, pendant plusieurs jours, comme une famille consternée de la perte d'un père. Ce qui rendait encore cette douleur plus glorieuse pour la mémoire de Louis XII, c'est que son successeur était aimé. Seulement on craignait que François Ier ne s'écartât de la stricte économie à laquelle le père du peuple avait été fidèle, soit au milieu de ses conquêtes, soit au milieu de ses revers. Le roi défunt avait lui-même témoigné cette crainte. On sait qu'il disait à ses sages ministres : « Nous travaillons en vain ; ce gros garçon gâtera tout. » Cependant François Ier ne changea rien à l'ordre établi. Après une guerre malheureuse, le trésor royal était exempt de dettes, et c'était toute sa richesse. Les puissances voisines, qui se préparaient à intimider ou à opprimer un roi de vingt et un ans, ne s'aperçurent pas de l'accroissement de ses armées, parce qu'elles ne le virent point créer d'impôts. Le roi d'Espagne Ferdinand le Catholique, cassé par l'âge, mais trop fier du succès de ses fourberies pour n'y pas persévérer, excitait le faible et turbulent Maximilien, empereur d'Allemagne, à une nouvelle guerre contre la France. Mais les ennemis les plus dangereux des Français étaient alors les Suisses, qu'enorgueillissaient la victoire de Novare et le traité de Dijon : ils se considéraient comme les arbitres de tous les États auxquels ils fournissaient des armées. Quoiqu'ils n'eussent point encore montré le désir des conquêtes, l'amour de la gloire devenait chez eux une passion farouche. L'histoire n'avait encore à leur reprocher qu'une seule perfidie. Une de leurs armées avait indignement livré le duc de Milan, Ludovic Sforza, qui s'était commis à leur foi ; mais les Suisses brûlaient d'effacer le souvenir de cette lâcheté de quelques-uns de leurs compatriotes. Ils avaient juré de conserver à Maximilien Sforza un duché que la France ne cessait de réclamer les armes à la main et que l'Autriche couvrait d'une protection suspecte. Ces guerriers avaient alors pour le Saint-Siège une soumission sans bornes. Zwingle n'avait pas encore paru. Le cardinal de Sion, dangereux prélat, qui servait Rome avec un zèle fanatique, était le seul oracle qui fût alors écouté de ces hommes simples et fiers. François Ier avait fait presser le pape Léon X de le seconder dans son projet d'invasion du Milanais. Il avait envoyé vers ce pontife Guillaume Budé, le plus illustre des savants français. Ce négociateur ne fut point heureux. Léon X le trompa et préféra l'alliance de l'empereur d'Allemagne à celle du roi de France. Mais les républiques de Venise et de Gênes se déclarèrent pour ce dernier. François Ier se hâta d'envoyer dans l'Italie une armée dont l'Europe supposait à peine l'existence. Le connétable de Bourbon la commandait. Les maréchaux de Trivulce et de Lapalice, Lautrec, Chabanes, la Trémouille, Navarre et Bayard, le plus modeste et le plus parfait des chevaliers, rivalisaient d'ardeur avec Montmorency, Créqui, Bonnivet, Cossé et Claude de Guise qui, jeunes encore, regardaient leur gloire comme assurée sous un roi belliqueux. L'alliance contractée avec la république de Gênes et des intelligences ménagées avec le duc de Savoie, oncle de François Ier, offraient de grandes facilités pour le passage des Alpes ; mais les Suisses s'étaient emparés de la crête de ces montagnes. On réussit pourtant à forcer les passages. Prosper Colonna rassemblait ses troupes dans Villefranche. Bayard, Chabanes, Montmorency, d'Aubigné, conçoivent le projet de l'y surprendre. A la tête d'une poignée de soldats, ils passent le Pô, se présentent devant la ville à midi, enlèvent successivement tous les postes et prennent le général comme il allait se mettre à table. :: Biographie de François Ier - Partie 2/6 - Partie 3/6 |
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