Biographies et portraits des rois, empereurs et présidents de la France Notices biographiques sur les monarques et souverains. Vie, histoire, portrait.
Le portrait de chaque roi, monarque, souverain, empereur, président. Biographie, caractère, oeuvre, actions marquantes de leur règne, afin de montrer combien les rois, empereurs et présidents ont façonné l'Histoire de France. Dynasties des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Bourbons, Valois, Valois-Orléans, Valois-Angoulême.
Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
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CHARLES IX
(né le 27 juin 1550, mort le 31 mai 1574)
Roi de France : règne 1560-1574
Partie 2/2

Ses conseils furent suivis ; les factions signèrent un traité le 18 mars, et le Havre fut repris aux Anglais le 27 juillet. Le roi, ayant été déclaré majeur la même année 1563, partit, accompagné de sa mère, pour visiter les provinces. Il eut à Bayonne une entrevue avec Isabelle, sa sœur, épouse de Philippe II, roi d'Espagne ; les calvinistes en conçurent de l'ombrage jusqu'à reprendre les armes, et former le projet d'enlever le roi lorsqu'il revenait à Paris.

Il en fut averti comme il sortait de Meaux. Il se mit au milieu d'un corps de Suisses, les anima par son intrépidité ; et, après bien des dangers, il arriva dans la capitale le 29 septembre au soir, ayant été quinze heures à cheval sans prendre aucune nourriture. Cette tentative des huguenots lui fit une impression d'autant plus profonde, qu'il était dans l'âge où l'on ne pouvait plus prétendre à le servir malgré lui ; on s'attaquait à sa personne, on bravait son autorité : quel roi aurait pu supporter patiemment une pareille injure, et combien la nécessité de la dissimuler devait amasser de haine dans un cœur naturellement fier !

Dès son enfance, Charles IX avait annoncé les qualités qui font les grands princes ; brave, aimant la gloire, infatigable, d'un esprit vif et pétulant, heureux en réparties, ayant du goût pour les lettres ; on ne pouvait lui reprocher qu'un excès de forces, qu'il employait à des exercices au-dessous de son rang. Mais, pour le condamner même sur ce point, il faudrait oublier les moyens employés par Catherine de Médicis pour le corrompre et pour l'empêcher de se mettre à la tête des armées.

S'étant aperçu un jour que le vin avait altéré sa raison, il jura de ne plus en boire, et tint son serment. Que ne pouvait-on pas attendre d'un prince de vingt ans, capable de prendre un tel empire sur lui-même ! Heureux si la violence de son caractère lui avait donné le courage de se séparer de sa mère ; mais, au milieu des factions, il fut facile à cette femme artificieuse de lui montrer des ennemis partout, de lui faire croire qu'il ne trouverait fidélité qu'en elle, et de plier à la dissimulation un cœur auquel la nature avait donné toutes les qualités, et même les défauts les plus opposés à ce vice.

S'il avait été le maître de sa conduite, il n'aurait pas caché à Coligny la haine qu'il avait conçue contre lui depuis la tentative de Meaux, et, se mettant à la tête des catholiques, il aurait en peu de temps réduit la faction opposée ; mais cela n'entrait point dans les vues de la reine mère, qui, dans l'espérance de voir périr les chefs des deux partis, et de gouverner ensuite sans contradiction, craignait que son fils ne fût véritablement roi.

Après la bataille de Saint-Denis, gagnée le 10 novembre 1567 par le connétable de Montmorency, qui mourut des blessures qu'il y reçut, Catherine de Médicis, au lieu de poursuivre les calvinistes, s'empressa de négocier, et le 15 août 1570, fut signé un nouvel édit de pacification, que le peuple nomma la paix boîteuse ou la paix mal assise. Elle était appelée ainsi parce qu'elle avait été conclue, au nom du roi, par Biron et Mesmes, dont le premier était boîteux, et l'autre portait le nom de sa seigneurie.

Les calvinistes, forts des ménagements que la cour avait pour eux, retinrent une partie des places qu'ils devaient rendre, et continuèrent à entretenir des intelligences avec l'Angleterre et les princes d'Allemagne ; les massacres entre eux et les catholiques recommencèrent ; ce qui prouve que l'autorité royale devait enfin renoncer à tenir la balance entre deux partis irréconciliables, dont l'un portait les armes contre son roi et contractait alliance avec les étrangers.

La guerre civile éclata de nouveau. Le duc d'Anjou, depuis Henri III, fut mis à la tête de l'armée royale. Rien ne fait mieux comprendre l'ascendant de Catherine de Médicis ; car Charles IX était jaloux du duc d'Anjou son frère, et n'osa cependant lui refuser un commandement qu'il brûlait de prendre lui-même. Le prince de Condé fut tué le 15 mars 1569, à la bataille de Jarnac, et l'amiral de Coligny battu à Montcontour, le 3 octobre de la même année.

Catherine de Médicis profita de la jalousie que le roi prenait des victoires remportées par son frère, pour l'amener à traiter de nouveau avec les calvinistes. La paix fut signée le 15 août 1570. A en examiner les articles, ou croirait qu'on ne battait les rebelles que pour avoir le plaisir de leur assurer de nouveaux avantages ; ils furent si grands cette fois, que les historiens ont cru généralement que la reine ne consentit à tout accorder qu'avec le projet formé d'employer la trahison pour faire périr les chefs du parti.

Sans doute ils conçurent le même soupçon, car ils furent longtemps sans céder aux caresses qu'on leur prodiguait pour les attirer à la cour. Le 26 novembre 1570, Charles IX épousa Elisabeth, fille de l'empereur Maximilien II ; les chefs des calvinistes ne purent refuser de paraître aux fêtes données à cette occasion ; mais ils avaient soin de ne se livrer jamais tous à la fois.

Enfin la défiance s'apaisa peu à peu ; l'amiral de Coligny ne fut pas insensible à l'ambition de passer pour gouverner le conseil du monarque, et le mariage du jeune roi de Navarre, depuis Henri IV, avec Marguerite, sœur de Charles IX, sembla bannir tous les soupçons. Ce mariage se fit le 18 août 1572.

La première tentative d'assassinat sur l'amiral eut lieu le 22 du même mois ; le 24 fut donné le signal de la Saint-Barthélemy, massacre qui dura sept jours, et dans lequel il fut tué plus de 5 000 personnes à Paris seulement. L'exemple de la capitale ne fut que trop bien suivi dans la plupart des provinces. Coligny fut massacré dans son lit par un nommé Bême ; les enfants du duc de Guise, qui reprochaient à l'amiral l'assassinat de leur père, dirigèrent la main qui le frappa, et vinrent assouvir leur vengeance sur son cadavre, qui fut pendu par les pieds au gibet de Montfaucon, après avoir été exposé aux insultes de la populace.

Le jeune prince de Condé et le roi de Navarre ne sauvèrent leur vie qu'en abjurant ; mais ils profitèrent d'une occasion favorable pour s'éloigner de la cour. Désavouant alors une religion qu'ils n'avaient embrassée que par violence, ils se mirent à la tête des calvinistes, et tant de sang répandu ne servit qu'à faire éclater la guerre civile, pour la quatrième fois depuis le règne de Charles IX.

La constance avec laquelle ils défendirent la Rochelle, que l'armée royale ne put prendre, dut révéler à Catherine de Médicis toute la faiblesse de sa politique ; car aucun des chefs dont elle avait désiré la mort, dans l'espoir d'être maîtresse du gouvernement, n'avait survécu, et l'autorité royale n'en était pas plus affermie. C'est une grande folie de croire que les factions puissent manquer de chefs ; le jeune duc de Guise fut bien plus dangereux que son père, et le roi de Navarre prouva qu'il pouvait à lui seul remplacer tous les princes du sang.

Depuis la Saint-Barthélemy, Charles IX, poursuivi par les remords, conçut pour sa mère une aversion qu'il lui était impossible de dissimuler ; aussi chercha-t-elle à regagner sa confiance en briguant pour le duc d'Anjou le trône de Pologne, auquel il fut en effet appelé. Mais cet éloignement, en apaisant la jalousie du roi, ne fit que le confirmer dans la résolution de gouverner par lui-même, et d'abattre enfin des partis plus terribles encore pour l'autorité royale qu'ils avilissaient, que pour le royaume qu'ils mettaient au pillage.

Assidu à son conseil, il commença par diminuer les impôts, et éloigna les femmes auxquelles il avait jusqu'alors accordé trop d'empire sur lui ; mais cette résolution fut prise trop tard : le coup était porté ; il mourut le 31 mai 1574, dans la 24e année de son âge, et la 14e de son règne. Henri III lui succéda.

Nous avons esquissé le caractère de ce roi avant de raconter le massacre de la Saint-Barthélemy ; car on supporterait difficilement que l'historien, dont le devoir cependant est de ne dissimuler ni le mal ni le bien, rendit justice à un prince présenté au jugement des siècles comme le bourreau de ses sujets. Ce prince ne comptait alors que vingt-deux ans ; sa couronne avait sans cesse été menacée ; il fut entraîné, et mourut de la violence de ses remords, en remerciant Dieu de ne pas lui avoir accordé d'enfants, car il craignait les chances d'une nouvelle minorité.

S'il n'excita aucune pitié, quel sentiment réservera-t-on à celle qui ne fit servir l'autorité d'une mère qu'à le conduire dans cette déplorable situation où le pouvoir royal était réduit à employer le crime, sans même avoir la certitude d'y trouver son salut ? Charles IX aimait beaucoup la chasse, et se plaisait à montrer sa force, en abattant d'un seul coup la tête des animaux qu'il rencontrait.

On a dit qu'il exerçait sur les bêtes à répandre le sang de ses sujets ; c'est faire de l'esprit sur une matière qui s'y prête difficilement. On a de lui un ouvrage que Villeroy publia en 1625 sous le titre Chasse royale composée par Charles IX ; c'est l'unique édition.

Ce prince ne laissa pas d'enfants d'Elisabeth, son épouse ; il eut d'une de ses maîtresses, nommée Marie Touchet, Charles, duc d'Angoulême. C'est sous le règne de Charles IX que fut bâti le palais des Tuileries (1564). Le 4 juillet de la même année, Charles rendit à Lyon une ordonnance par laquelle il fixait le commencement de l'année au mois de janvier. Il fut le premier des rois de France qui autorisa les secrétaires d'État à signer pour lui dans certains cas. Charles IX cultiva et favorisa les lettres. Il est même resté quelques vers de lui, parmi lesquels on cite cet impromptu :

François premier prédit ce point,
Que ceux de la maison de Guise
Mettraient ses enfants en pourpoint
Et son pauvre peuple en chemise.

:: Biographie de Charles IX - Partie 1/2


 

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