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Alphonse DE LAMARTINE
(D'après un article paru en 1834)
Lamartine est né à Mâcon, tout à la fin de 1890 ou au commencement de 1891. Son grand-père avait exercé autrefois une charge dans la maison d'Orléans, et s'était ensuite retiré en province. La Révolution frappa sa famille comme toutes celles qui tenaient à l'ordre ancien par leur naissance et leurs opinions : les plus reculés souvenirs de M. de Lamartine le reportent à la maison d'arrêt où on le menait visiter son père. Au sortir de la Terreur, et pour traverser les années encore difficiles qui suivirent, ses parents vécurent confinés dans cette terre obscure de Milly que le poète a chantée et décrite dans l'Harmonie intitulée : Milly, ou la terre natale. Il passa là avec ses soeurs une longue et innocente enfance, libre, rustique, sous les yeux d'une mère aussi distinguée par ses qualités du coeur que par l'esprit. Il laissa cette vie domestique pour aller à Belley, au collèges des Pères de la Foi ; moins heureux qu'à Milly, il y trouva cependant du charme, des amis qu'il garda toujours, des guides indulgents et faciles. Après le collège, vers 1809, il vécut à Lyon, et fit, dès ce temps, un premier et court voyage en Italie. « Il fut ensuite à Paris, raconte M. Sainte-Beuve, versifiant beaucoup dès lors, jusque dans des lettres familières, songeant à la gloire poétique, à celle du théâtre en particulier ; d'ailleurs assez mécontent du sort, et trouvant mal de quoi satisfaire à ses goûts innés de noble aisance et grandeur. » En 1813, la santé de M. de Lamartine s'altéra ; il revit l'Italie. Un certain nombre de vers des Méditations, et beaucoup de souvenirs dont le poète a fait usage par la suite, datent de ce voyage. La chute de l'Empire et la Restauration apportèrent de notables changements dans la destinée du poète. Il n'avait jamais servi l'Empire. En 1814 il entra dans une compagnie de gardes du corps. Mais, après les Cent Jours, il ne reprit point de service. Tels sont les principaux événements qui précédèrent l'apparition des Méditations poétiques, dans les premiers mois de 1820. Le succès soudain qu'elles obtinrent fut l'un des plus éclatants du siècle depuis le Génie du christianisme. Le nom de l'auteur, qui ne se trouvait pas sur la première édition, devint instantanément glorieux. Docile aux désirs de sa famille, M. de Lamartine profita de sa réussite pour mettre un pied dans la carrière diplomatique, et il fut attaché à la légation de Florence. La renommée, un héritage opulent, un mariage conforme à ses inclinations, tout lui arriva presque à la fois. Les Secondes Méditations publiées en 1823 furent suivies de la Mort de Socrate, et du Dernier Chant d'Harold. Dans ce poème sur Byron, M. de Lamartine ayant apostrophé avec énergie l'Italie sur sa décadence et son esclavage, Lamartine a été envoyé à la chambre des députés par les électeurs de la ville de Dunkerque ; son élection a eu lieu en 1833, tandis que le poète parcourait l'Orient, où il a perdu sa fille unique. Notre gravure représente la maison de campagne de M. de Lamartine, à Saint-Point. Il a chanté cette retraite dans ces vers de ses Harmonies, adressés à Victor Hugo :
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