|
|
|
|
|
|||||||||||
Histoire du siège de La Rochelle
Partie 4/7
Ravitaillement de la citadelle. Combat naval Toiras découragé commença à parlementer. Le 6 octobre, il envoya demander à Buckingham quelle composition il voudrait lui accorder. Celui-ci répondit qu'il savait les assiégés si gens de bien qu'ils avaient attendu à la dernière extrémité ; toutefois qu'il les traiterait courtoisement, et il remit au lendemain à leur faire savoir sa volonté. Il faisait en cela ce que les assiégés désiraient, qui était de tirer le temps en longueur ; Dieu qui voulait les conserver lui aveuglait le jugement. Un meilleur capitaine et plus prudent eût dès lors formé et conclu la composition, s'il eût pu le resserrant à une seule réponse. Le lendemain, Toiras envoya deux gentilshommes trouver le duc pour apprendre de lui quelle composition il voulait leur faire ; mais il se ravisa, et leur dit que c'était à eux à proposer ce qu'ils demandaient ; ils lui répondirent n'avoir autre charge de Toiras que de lui demander sa volonté. Sur cela il les renvoya ne leur donnant que trois heures pour mettre leurs demandes par écrit. A leur retour à la citadelle, il fut avisé de renvoyer un tambour à l'ennemi pour lui faire savoir qu'il y avait quatre corps dans la citadelle : les ecclésiastiques,
Enfin, le jeudi 7 octobre, la veille même du jour où Buckingham devait donner réponse aux propositions des assiégés, le vent ayant subitement soufflé du nord-ouest, la flottille, rassemblée par Richelieu de tous les ports de l'Océan et de la Manche, put mettre à la voile du havre des Sables d'Olonne vers huit heures du soir, ayant pour mot d'ordre, Vive le roi ! Passer ou mourir. Nous empruntons le réel de cette entreprise, qui décida du sort de l'île de Ré et de La Rochelle , à une relation contemporaine intitulée : Les deux sièges de la Rochelle. « Le capitaine Maupas, grandement entendu à la marine, bien connaissant les terres comme étant du pays, et ayant passé et repassé depuis huit jours dans une seule barque au milieu des ennemis, avec M. le marquis de Grimaud, mena l'avant-garde... Suivait après le corps en forme de bataille composé de dix pinasses, outre les quinze autres précédente que Monsieur, frère du roi, avait fait venir de Bayonne. A la queue, autour des dites pinasses, y avait douze traversins, comme plus forts et plus grands. En l'arrière-garde était le flibot du sieur de Marsillac, bien armé et munitionné. En cet ordre, le plus près qu'ils pouvaient les uns des autres, ils allaient côtoyant la grand'terre pour n'être petits vus ni découverts par les vedettes des ennemis qui n'étaient qu'à une lieue des Sables. « Or, il arriva que, comme cette flotte allait cinglant à pleine voile, et que l'on croyait être déjà devant Saint-Martin, Dieu fit cesser le vent tout à coup en telle sorte qu'il fallut demeurer près de deux heures sans pouvoir aller ni à droite ni à gauche. Alors chacun tout étonné et croyant demeurer à la merci des ennemis si le jour les surprenait, se mirent à prier Dieu, faisant vœux et prières, et se recommandant à la Vierge, lui faisant vœu, au nom du roi, de lui faire bâtir une église sous le nom de Notre-Dame de Bon-Secours, en mémoire de cette journée, s'il lui plaisait envoyer le vent favorable. « Soudain ils furent exaucés, car le vent se rafraîchit ; en sorte que chacun ayant repris sa piste et son ordre, en moins de demi-heure ils virent le feu que M. de Toiras faisait faire en la citadelle. Là, quittant la côte de la Tranche, chaque pilote regardant sa boussole, ne pensant plus qu'à passer courageusement, on entra dans la forêt des navires ennemis. Les premières sentinelles les ayant laissé passer sans dire mot ; après que tout eut passé, ils commencèrent à les envelopper et canonner si furieusement que l'on eût dit que c'était de la grêle. « Cependant les chaloupes et galiotes des ennemis vinrent après pour les agrafer, en sorte que ceux qui étaient à la grande terre croyaient tout perdu, comme aussi il y avait de l'apparence ; au contraire, M. de Toiras, espérant toujours bien du bonheur du roi et de la France, ayant le bruit de tant de canonnades de part et d'autre, fit redoubler les feux sur les bastions, et de fait, il était en grand danger... Quatre chaloupes et un heu d'Angleterre vinrent aborder la barque du capitaine Maupas. Celui-ci, ayant disposé ses mousquetaires et piquiers, donna l'ordre à ceux qui devaient tirer ses pierriers et canons, et jeter les feux d'artifice, fit tenir chacun à son poste, et défendit qu'on tirât qu'il ne l'eût commandé. « Aussitôt les ennemis abordèrent criant : Amène, amène. Maupas, son pistolet d'une main et le capabod de l'autre, crie : Tire, lâchant son pistolet ; alors toute son artillerie déchargea. Après on vint aux mains, et feux d'artifice furent jetés de part et d'autre. Les nôtres se défendirent partout si vaillamment, qu'après un long
« En même temps, toutes les chaloupes des Anglais, au nombre de cent cinquante, vinrent fondre, qui d'un côté, qui de l'autre, sur toute la flotte. L'on demeura longtemps aux prises sans que les ennemis pussent entrer dans pas une barque du roi : en sorte que, hors de tout péril et s'exhortant à courage les uns les autres, voici que d'autres difficultés se présentèrent ; car les ennemis tenaient de grands mâts de vaisseaux attachés les uns aux autres, et force grands bois et cordages de vaisseau en vaisseau pour empêcher le passage. « Mais au lieu de perdre courage, chacun mit la main au coutelas pour couper les câbles, et avec piques et hallebardes faire enfoncer les mâts et bois qui les empêchaient. Et par malheur, Coussage, contre-maître et lieutenant de Maupas, ayant coupé avec son tarrobat un grand câble qui empêchait le passage de leur barque, ce câble tomba et s'embarrassa dans le gouvernail de la barque de Rasilly, et par une secousse de mer d'une grande impétuosité l'entraîna contre la ramberge où ce câble était attaché, où soudain il fut accroché et investi par une douzaine de chaloupes ; et après un grand combat voyant qu'il lui était impossible de plus résister, commanda plusieurs fois qu'on mît le feu aux poudres pour ne tomber entre les mains des ennemis, à quoi on ne voulut obéir. :: Histoire du siège de La Rochelle - Partie 1/7 - Partie 2/7 |
|
|
|
|||||||||||
| :: HAUT DE PAGE :: ACCUEIL |
|
|||||||||||||