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MONTPELLIER (Hérault)
(D'après un article paru en 1848)
Montpellier, que nos vieux chroniqueurs appellent Mons Puellarum et Mons Pessulanus ou Pessulus, et qui, après avoir fait partie du Bas-Languedoc, est aujourd'hui chef-lieu du département de l'Hérault, fut d'abord compris dans la Septimanie, dont le nom caractéristique avait été substitué par les Wisigoths à celui de première Narbonnaise. On ne fait point remonter l'origine de cette ville au delà du huitième siècle. Humble village à cette époque, Montpellier tira son accroissement de la décadence de trois villes voisines, Substantion dont il dépendait, Maguelonne et Melgueil. Détruite en 737 par Charles Martel, Maguelonne voit ses habitants se réfugier les uns à Montpellier, les autres à Substantion. Parmi ces derniers figuraient l'évêque et le comte de Maguelonne, qui ajoutèrent à leur titre le nom du lieu où ils s'étaient retirés. Mais bientôt une lutte d'autorité s'engagea, et le comte, abandonnant Substantion à l'évêque, alla fonder à Melgueil une maison qui se soutint environ deux siècles, et dont les biens, après avoir été transmis, faute d'héritiers mâles, aux Bérenger de Barcelone, aux Pelet, seigneurs d'Alais, et aux comtes de Toulouse, échurent enfin aux mains des évêques de Maguelonne.
En 975, deux filles de la maison de Substantion firent donation de leurs biens à Ricuin, évêque de Maguelonne, qui, à son tour, inféoda Montpellier à Guillaume, un des vassaux du comte de Melgueil. Ricuin se réserva toutefois pour lui et pour ses successeurs la partie de cette ville que l'on nommait Montpellier. Environ un siècle et demi après cette inféodation, Raymond, comte de Melgueil, mariait sa fille à Guillaume IV, seigneur de Montpellier, et lui cédait pour un temps le droit de battre monnaie. Même cession était faite, en 1204, au seigneur et aux douze consuls de cette ville par Guillaume Raymond, évêque de Maguelonne et comte de Melgueil. Montpellier avait acquis alors presque tout son développement. L'histoire de cette ville, depuis 975 jusqu'à 1789, peut se diviser en quatre époques. Du dixième siècle au douzième siècle, Montpellier s'étend et s'affermit. Au milieu des conflits de juridiction qui mettent aux prises les seigneurs dont il relève, et les suzerains ecclésiastiques auxquels l'autorité séculière doit hommage, il s'essaye aux libertés municipales dont il trouve l'exemple et la pratique à Marseille, à Arles, à Nîmes et à Narbonne. Du douzième siècle au seizième siècle, il marche de pair avec ces quatre cités. Pas plus qu'elles, sans doute, il ne put éviter le contre-coup des événements qui agitèrent la France durant cette longue période. Il paya son tribut aux croisades, à la guerre des Albigeois, aux terribles luttes de la France avec l'Angleterre.
En 1204, les rois d'Aragon avaient usurpé la seigneurie de Montpellier et fait brèche, un instant, à l'unité future de la France. Mais, par une rencontre singulière, ce fut un évêque de Maguelonne qui, en cédant Montpellieret à Philippe le Bel, rattacha ainsi la seigneurie de Montpellier à la couronne de nos rois. Un demi siècle après, Jayme III, titulaire de ce fief, le vendit à Philippe VI. Cédé, repris, puis restitué par Charles V à Charles le Mauvais, roi de Navarre, Montpellier fut réuni définitivement à la France en 1378. Du seizième siècle au dix-septième siècle, cette cité, nous l'avons dit, fut la proie des guerres civiles. Les calvinistes y établirent une sorte de république, et, après s'être un instant soumis à Henri IV, ils reprirent les armes à sa mort. Un siège long et sanglant rendit Louis XIII maître de Montpellier.
Les rues de Montpellier sont étroites, escarpées et tortueuses ; mais les maisons, presque toutes de pierres de taille, sont d'un bel aspect. Du reste, aucun édifice public n'attire bien vivement les yeux. Seule, la promenade du Peyrou est digne de toute l'admiration du voyageur. Des balustrades qui l'entourent, les regards se promènent sur l'étang de Maguelonne, sur la mer et sur les campagnes environnantes dont les beautés mâles et nobles ne le cèdent peut-être pas à celles du Dauphiné ni même à celles de l'Italie. Parmi les hommes remarquable que cette Ville a vus naître on peut citer : la Peyronie, fondateur de l'Académie de chirurgie de Paris ; le peintre Sébastien Bourdon, Barthez, célèbre médecin du dix-huitième siècle ; Vien, le maître de David ; le chimiste Chaptal, et le poète Roucher, qui monta sur l'échafaud avec André Chénier. |
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