1100
Mort de Godefroy de Bouillon, roi de Jérusalem. Son frère Baudouin
Ier lui succède.
1108
Avènement de Louis VI. — Ce prince turbulent, mais brave et intelligent,
passa son règne à batailler pour agrandir le royaume et affermir
la royauté. Tous ses efforts tendirent à réduire, avec
l'appui du clergé et des villes, les privilèges des grands vassaux, à faire
régner l'ordre dans le royaume, et à établir une administration
centralisatrice. Dès son avènement, il partit en guerre contre
les seigneurs de Montlhéry et du Puiset qui ravageaient les campagnes à leur
portée et détroussaient pèlerins et voyageurs : il s'empara
de leurs repaires et les détruisit.
1118
Fondation en Palestine, par Hugues de Payens, de l'ordre militaire et religieux
des Templiers.
1119
Louis VI ayant excité Robert Courte-lieuse (fils de Guillaume le Conquérant) à exiger
de Henri Ier d'Angleterre, le duché de Normandie, Henri s'empara par
vengeance de la place de Gisors, mais il fut ensuite battu à Brenneville.
La paix de Gisors mit fin à cette courte guerre.
1124
L'empereur d'Allemagne, Henri V, poussé par Henri Ier d'Angleterre, envahit
la Champagne. Louis VI se met à la tête des milices communales,
porteur de l'oriflamme de Saint-Denis et marche à la rencontre des Allemands,
qui ne jugent pas prudent de l'attendre. C'est au cours de cette campagne que
devint général pour les Français, le cri de guerre : Montjoie-Saint-Denis.
1108-1124
Le règne de Louis VI fut marqué surtout par l'activité que
prit le mouvement communal, qu'il favorisa et dont il fit profiter la monarchie,
mais sans y prendre directement part. Les communes étaient les villes
qui, ayant obtenu de leur suzerain une charte d'autonomie, sanctionnée
par le roi, s'administraient et se gardaient elles-mêmes. Leur émancipation
ne pouvait que restreindre le pouvoir féodal, aussi fut-elle toujours
favorisée par les rois de France, auquel elles étaient reconnaissantes
de leur appui moral. A l'émancipation des communes remonte la naissance
de la bourgeoisie et la formation du tiers état. Les premières
communes affranchies furent : Le Mans en 1066, Cambrai en 1076 ; ensuite, parmi
les plus importantes, Laon et Amiens en 1111.
1129
Mariage de Mathilde, fille de Henri Ier d'Angleterre, avec Geoffroy Plantagenet,
comte d'Anjou.
1130
Couronnement à Palerme du premier roi normand de Sicile, Roger II (fils
de Tancrède de Haute-ville) qui régnera jusqu'en 1154.
1135
A la mort de Henri Ier d'Angleterre, Etienne, comte de Blois, petit-fils par
sa mère de Guillaume le Conquérant, s'empare de la couronne au
détriment de Mathilde, femme de Plantagenet.
1136
Le célèbre philosophe Abailard (ou Abélard) commence à enseigner à l'Université de
Paris. Quelques années auparavant (en 1122), ses ouvrages sur la, Trinité avaient été déclarés
hérétiques et condamnés par le concile de Soissons.
1137
Mort de Louis VI et avènement de Louis VII dit le Jeune (fils de Louis
VI et d'Alix de Savoie, né en 1119). En cette année, Louis VII épouse
Eléonore de Guyenne (ou d'Aquitaine) qui lui apporte en dot la Guyenne,
la Gascogne, le Poitou, la Marche, le Limousin, l'Angoumois, la Saintonge et
le Périgord.
1142
Pour punir le comte de Champagne, qui avait refusé de l'aider dans une
expédition contre le comté de Toulouse dont il voulait s'emparer,
Louis VII envahit la Champagne et la ravagea en partie. Il fit notamment brûler
l'église de Vitry avec les 1 300 personnes qui s'y étaient réfugiées.
Ce fut pour expier cet acte de barbarie qu'il entreprit un peu plus tard une
croisade (la deuxième).
1147
Le moine Arnaud de Brescia qui avait été le disciple d'Abailard,
ennemi du pouvoir temporel des papes, tente de le renverser et d'établir à Rome
le gouvernement républicain. — Deuxième croisade, prêchée
par saint Bernard à Vézelay. Les troupes partent sous le commandement
de Louis VII et de Conrad III, empereur d'Allemagne. L'expédition fut
malheureuse. Les croisés assiégèrent inutilement Damas (1148)
et la discorde s'étant mise entre les deux princes qui les commandaient,
Conrad regagna ses Etats.
1149
Retour en France, presque sans armée, et sans gloire, de Louis VII. Pendant
son absence, le gouvernement avait été exercé par le moine
Suger, abbé de Saint-Denis, qui avait été aussi le premier
ministre de Louis VI et mérita par sa sagesse d'être appelé par
le peuple le Père de la patrie (né en 1081, mort en 1151).
1152
Divorce (prononcé par le concile de Beaugency) de Louis VII et d'Eléonore
de Guyenne ; celle-ci porta la même année sa main et son immense
dot à Henri Plantagenet. (Déjà comte du Maine, de l'Anjou
et de Touraine, et duc de Normandie depuis 1149, il devint roi d'Angleterre en
1154 et possédait en France un territoire égal à 22 de nos
actuels départements.) Ce divorce fut la deuxième des causes des
guerres qui éclatèrent plus tard entre la France et l'Angleterre.
Louis avait déjà indisposé les Anglais en recueillant Thomas
Becket, archevêque de Cantorbery, adversaire déclaré du roi
Henri Ier (et qui mourut peu après, assassiné en Angleterre). Enfin
Louis VII avait soutenu certaines prétentions des fils de Henri Ire contre
leur père. Il était résulté de ce mécontentement
quelques conflits armés entre Anglais et Français ; les traités
de Montmirail en 1169 et de Montlouis en 1174 les firent cesser.
1180
Mort de Louis VII. — Avènement de Philippe II (Philippe Auguste)
né en 1165, fils de Louis VII et d'Adèle de Champagne, que celui-ci
avait épousée après la répudiation d'Eléonore.
1180-1189
Les premières années du règne furent employées
par le jeune roi à lutter pour rabaissement de Henri II d'Angleterre,
qui mourut en 1189 et eut pour successeur Richard Ier, Cœur de Lion. A
l'intérieur, il fortifia les institutions sur lesquelles reposait la monarchie
et amorça les réformes heureuses et les créations qui ont
fait de lui un des rois auxquels la France doit le plus.
1189-1192
Troisième croisade. — Le sultan Saladin venait en 1187,
en remportant sur Guy de Lusignan la victoire de Tibériade, de détruire
le royaume français de Jérusalem et de s'emparer de cette ville.
Guillaume, archevêque de Tyr, vint réclamer le secours des princes
d'Occident en faveur des chrétientés d'Asie menacées dans
leur existence par le triomphe des musulmans. C'est à Gisors, en France,
que ce prélat prêcha la croisade ; le départ eut lieu en
1189 : Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion se mirent à sa tête.
De son côté, l'empereur d'Allemagne Frédéric Barberousse,
prit la croix et partit pour les rejoindre avec une armée nombreuse.
Frédéric s'empara de la ville d'Iconium et quelque temps après
se noya en Cilicie. Les croisés français et anglais s'emparèrent
de Saint-Jean-d'Acre. Des différends ayant surgi entre les chefs, Philippe
rompit avec Richard et rentra en France en 1191, le laissant continuer seul la
croisade (jusqu'en 1192).
1191
De retour en France, Philippe voulut profiter de l'éloignement de Richard
et de leur rupture, pour mettre la main sur les provinces que le roi d'Angleterre
possédait en France.
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