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Origine des ARBRES FRUITIERS
cultivés en France (Partie 2/2) (Récit de 1853 inspiré du « Cours élémentaire
théorique et pratique d'arboriculture » de M. du Breuil) LES FRUITS A PÉPINS La célébrité des orangers comme arbres fruitiers remonte aux siècles héroïques et fabuleux. Si l'on se reporte aux temps historiques, on voit, d'après M. de Sacy, que l'oranger à fruit amer, ou bigaradier, a été apporté de l'Inde postérieurement à l'an 300 de l'hégire ; qu'il se répandit d'abord en Syrie, en Palestine, puis en Egypte. Suivant Ebn-el-Awam, cet arbre était cultivé à Séville vers la fin du douzième siècle. Nicolaüs Specialis assure que, dans l'année 1150, il embellissait les jardins de la Sicile. Enfin on sait qu'en 1336 le bigaradier était un objet de commerce dans la ville de Nice. L'oranger à fruit doux croît spontanément dans les provinces méridienales de la Chine, à Amboine, aux îles Marianes et dans toutes celles de l'océan Pacifique. On attribue généralement son introduction en Europe aux Portugais. Gallesio affirme, toutefois, que cet arbre a été introduit de l'Arabie dans la Grèce et dans les îles de l'Archipel, d'où il a été transporté dans toute l'Italie. D'après Théophraste, le citronnier ou cédratier existait en Perse et dans la Médie dès la plus haute antiquité, il est passé de là dans les jardins de Babylone, dans ceux de la Palestine ; puis en Grèce, en Sardaigne, en Corse, et sur tout le littoral de la Méditerranée. Il formait, dès la fin du deuxième siècle de l'ère vulgaire, un objet d'agrément et d'utilité dans l'Europe méridionale. Son introduction dans les Gaules paraît devoir être attribuée aux Phocéens, lors de la fondation de Marseille. Le limonier croît spontanément dans la partie de l'Inde située au delà du Gange, d'où il a été successivement répandu par les Arabes dans toutes les contrées qu'ils soumirent à leur domination. Les croisés le trouvèrent en Syrie et en Palestine vers la fin du onzième siècle, et le rapportèrent en Sicile et en Italie. Les diverses espèces d'orangers sont des arbres qui, dans le midi de l'Europe, peuvent atteindre une hauteur de huit à neuf mètres. Naguère encore ils étaient l'objet d'une culture assez importante, soit pour leurs feuilles employées sous forme d'infusion, soit pour leurs fleurs dont on fait l'eau de fleurs d'oranger, soit enfin pour leurs fruits qui sont servis sur nos tables, et dont on extrait aussi des huiles essentielles et de l'acide citrique. Mais depuis peu de temps une maladie spéciale, dont la cause est complètement ignorée, a envahi les orangers de la plaine d' Hyères, et en a fait succomber plus des trois quarts. La plupart de ceux qui survivent sont atteints de la maladie et périront avant un an ou deux. Dans toute cette plaine, qui a une étendue d'environ 68 hectares, et qui, régulièrement plantée à 4 mètres en tous sens, comprend 42 800 pieds d'orangers de tout âge, on en compterait à peine un dixième tout à fait sains. L'opinion générale des agriculteurs est que ce faible reste aura le sort des autres. Depuis deux ans, ces arbres leur servent de bois de chauffage. La culture de l'oranger disparaîtra bientôt de la plaine d'Hyères, si le mal continue ses ravages le remède à lui opposer ne saurait être immédiat. Il est impossible de replanter maintenant ; quelques propriétaires l'ont tenté, et déjà leurs jeunes arbres périssent attaqués de la maladie. Il est nécessaire qu'un certain laps de temps s'écoule avant que l'on songe à mettre de nouveaux orangers à la place des anciens. M.-V. Rendu, inspecteur général de l'agriculture, auquel nous empruntons ces détails, a décrit avec soin les deux maladies distinctes dont les orangers d'Hyères lui paraissent atteints. Il pense que les germes pestilentiels de ces maladies doivent être détournés au moyen d'un changement radical de culture. « Transformer en prairies arrosables les jardins d'oranger, ou les convertir en jardins fruitier ou maraîchers, dont les produits s'élèveraient à plus de 600000 francs par an à Hyères, serait, dit-il, une bonne opération. » Originaire de l'ancienne Carthage, d'où il fut importé en Italie par les Romains, lors des guerres puniques, le grenadier s'est répandu dans tout le midi de l'Europe, où il est aujourd'hui cultivé comme arbre d'ornement, pour faire des haies d'une grande solidité, on comme arbre fruitier, à cause de la saveur douce, légèrement acidule, de la pulpe qui entoure chacune des semences. Le grenadier supporte difficilement les hivers du nord de la France. Il peut fleurir et fructifier dans le centre, s'il est placé en espalier, aux expositions les plus chaudes ; mais ses fruits ne mûrissent complètement que dans le midi. |
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