
Les costumes gaulois AVANT LA DOMINATION ROMAINE (Partie 2/2)
(D'après un article paru en 1842)
Toilette des femmes
Les femmes gauloises, grandes, belles et fortes, avaient l'air un peu dur, et celles de la classe riche se fardaient de rouge. Leur costume se composait d'une tunique large et plissée, sans manches ou avec des manches longues et étroites, ceinte au-dessus des hanches, laissant à découvert le haut de la poitrine, et descendant jusqu'aux pieds ; les riches l'ornaient de bandes de pourpre et d'or.
Par-dessus cette tunique, à la ceinture de laquelle elles attachaient une pièce d'étoffe en forme de tablier, elles endossaient, principalement en hiver, des manteaux semblables à ceux des hommes, et qui s'agrafaient sur l'épaule, ou des espèces de mantelets assez longs pour cacher les bras et les mains, et peu différents du camail de nos évêques. Quelques-unes portaient des poches ou sacs de cuir, nommés bulgae, et qui étaient encore en usage au XIXe siècle dans certains villages du Languedoc, où on les appelait bouls ou boulgètes.

Une simple coiffe carrée était posée sur leurs cheveux, qui étaient séparés sur le front, et rattachés par-derrière. C'est du moins la coiffure que les sculpteurs gaulois ont donnée à la déesse Nehalennia (la nouvelle lune ou une des déesses-mères). Quelques femmes avaient un long voile qui ne cachait point le visage, mais seulement une partie du front et derrière la tête, d'où il revenait pour couvrir les épaules et le sein. Les plis qu'il formait s'arrangeaient parfaitement avec les tresses de la chevelure et les draperies du manteau.
La jeune fille dont nous reproduisons l'image, et qui tient à la main un seau à puiser de l'eau, est ainsi représentée sur un bas-relief, à Langres. Sa coiffure approche assez celle de nos villageoises. Sa tunique, qui ne descend que jusqu'à mi-jambes, est découpée en pointes par le bas, en manière de frange. Elle porte un tablier, ce qui est fort rare dans les anciens monuments.
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Femme gauloise, d'après un bas-relief de Langres |
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Guerriers et armes
Les armes offensives des Gaulois étaient des frondes, des haches et des couteaux en pierre, des flèches garnies d'une pointe en silex ou en coquillage, des massues, des épieux durcis au feu qu'ils nommaient gais (d'où sont dérivés les mots galliques gaisde, armé ; gaisg, bravoure ; gas, force), et d'autres appelés catéies (en langue gallique gath-teh, dard brûlant), qu'ils lançaient tout enflammés sur l'ennemi.
On a trouvé fréquemment de ces armes en pierre, soit dans les tombeaux, soit dans les cavernes qui paraissent avoir servi d'habitations à la race gallique. Les armes en métal ne les remplacèrent que petit à petit : même après leur introduction, les Gaulois continuèrent encore longtemps à se servir aussi des premières. Leur armure défensive se bornait à un bouclier de planches grossièrement jointes, ou d'osier couvert de cuir, de forme étroite, allongée, presque de la hauteur d'un homme, et qu'ils ornaient de dessins colorés.
Soit par excès de courage, soit pour imposer à leurs ennemis, les Gaulois se dépouillaient de leurs vêtements au moment de livrer bataille, et combattaient nus ou presque nus contre des hommes couverts de fer. Ce ne fut qu'après bien des défaites, et vers le second siècle, qu'ils renoncèrent à cet usage.

Soldats gaulois, avant la domination romaine. Dessin de Wattier. |
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Lorsque le commerce étranger eut apporté aux Gaulois les armes en métal et l'art de les fabriquer eux-mêmes avec le cuivre et le fer de leurs mines, la tenue militaire de Rome et de la Grèce fut adoptée sur les bords de la Loire, du Rhône et de la Saône, et s'y combina bizarrement avec l'ancienne tenue militaire gauloise. Sur un casque en matière plus ou moins précieuse, suivant la fortune du guerrier, on attachait des cornes d'élan, de buffle ou de cerf, et pour les riches un cimier représentant en bosse quelque figure d'oiseau ou de bête farouche ; le tout surmonté de panaches hauts et touffus qui donnaient à l'homme un aspect gigantesque.
On clouait aussi de semblables figures plates ou en bosse sur les boucliers, qui étaient allongés, quadrangulaires et peints des plus vives couleurs. Ces représentations servaient de devise aux guerriers ; c'étaient des emblèmes au moyen desquels chacun d'eux cherchait à caractériser son genre de courage, ou à frapper son ennemi de terreur.
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Un bouclier et un casque sur ce modèle ; une cuirasse faite par écailles ou en métal battu à la manière grecque et romaine, ou une cotte à mailles de fer, d'invention gauloise ; une énorme épée suspendue obliquement sur la cuisse droite à des chaînes de fer ou de cuivre, quelquefois à un baudrier tout brillant d'or, d'argent et de corail ; avec cela, le collier, les bracelets, les anneaux d'or autour des bras et au doigt médian (car les deux sexes avaient une passion également effrénée pour les bijoux) ; le pantalon, la saie à carreaux éclatants ou magnifiquement brodée ; enfin de longues moustaches rousses : tel était l'accoutrement militaire du noble Arverne (homme de haute terre, Auvergnat), Eduen (riverain de la Saône et de la Haute-Loire), ou Biturige (riverain de la Loire, de l'Allier et de la Vienne).
Outre ces armes, les Gaulois en avaient une particulière et de leur invention ; c'était une espèce de pique dont le fer, long de plus d'une coudée, et large de deux palmes, se recourbait vers sa base en forme de croissant, à peu près comme nos hallebardes, arme formidable qui hachait et lacérait les chairs, et dont l'atteinte était réputée mortelle.
Le peuple gaulois faisait de la guerre sa profession privilégiée, et du maniement des armes son occupation favorite : avoir une belle tenue militaire, se conserver longtemps dispos et agile, était donc non seulement un point d'honneur pour les individus, mais un devoir envers la cité. A des intervalles de temps réglés, les jeunes gens allaient se mesurer la taille à une ceinture déposée chez le chef politique de chaque village, et ceux qui dépassaient la corpulence officielle, sévèrement réprimandés comme oisifs et intempérants, étaient, en outre, punis d'une forte amende. Plusieurs de leurs tribus se teignaient le corps avec une substance bleuâtre ; quelques-unes se tatouaient.
Origine du luxe
L'introduction du luxe parmi les Gaulois forme le troisième chapitre de l'histoire de leurs modes. Des historiens ont prétendu qu'en adoptant de somptueux ornements, les Gaulois satisfaisaient moins à un goût frivole pour la parure qu'au noble orgueil d'étaler à tous les yeux les monuments de leurs exploits. Au retour de leurs expéditions lointaines, chargés de l'or et de l'argent des vainqueurs, ils s'en faisaient des colliers, des ceintures, des anneaux et des bracelets ; leurs tuniques étaient brochées de lames d'or ; leurs saies resplendissaient de ce métal, qui vint briller sur leurs casques et s'incruster dans leurs armes. Quelle qu'en soit l'origine, ce luxe ne tarda pas à être fatal aux Gaulois : énervés bientôt par des habitudes de mollesse, ils ne repoussèrent plus l'invasion étrangère avec le même courage et la même persévérance, et subirent enfin la domination de Rome.
COSTUMES GAULOIS AVANT LA DOMINATION ROMAINE : Partie 1/2
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