
Les costumes gaulois AVANT LA DOMINATION ROMAINE (Partie 1/2)
(D'après un article paru en 1842)
L'histoire de la Gaule se divise en trois grandes époques : la Gaule indépendante, depuis les temps les plus reculés jusqu'à la naissance de Jésus-Christ ; la Gaule romaine, depuis la naissance de Jésus-Christ jusqu'en 406 ; la Gaule barbare, de 406 à 987. La Gaule, à l'époque où son histoire commence à prendre quelque certitude, c'est-à-dire deux siècles avant Jésus-Christ, était principalement composée (outre les Aquitains et les Liguriens, isolés dans le Midi) de Galls ou Celtes, et de Kimris, confondus sous le nom unique de Gaulois. Après plus d'un siècle et demi de luttes pour le maintien de son indépendance, elle fut entièrement soumise à la domination de Rome, et demeura associée au sort de cette ancienne maîtresse du monde, jusqu'à l'invasion définitive des Barbares, en 406.
Le sénat, en l'an 118 avant notre ère, avait déclaré Province romaine le pays compris entre le Rhône, les Alpes et les Cévennes. A l'issue de la sixième campagne contre les Gaulois, César fit de tout le pays, hors la Province, une deuxième province romaine qu'il appela Gaule chevelue, Gallia comata (50 av. J.-C.). Auguste partagea celle-ci en trois grandes provinces : l'Aquitaine, entre les Pyrénées, les Cévennes et la Loire ; la Belgique, entre la Seine et le Rhin ; la Lyonnaise (autrefois la Celtique), qui comprenait tout le centre.
Lyon fut la capitale du pays, la résidence des gouverneurs. La Province resta séparée sous le nom de Narbonnaise. Elle fut également appelée Gaule à braies, Gallia braccata, parce qu'elle avait conservé sous la domination romaine l'ancien vêtement gaulois, par opposition avec le nom donné jadis à la Gaule cisalpine de Gaule togée, Gallia togata, parce que la toge ou le vêtement romain avait remplacé la braie et la saie parmi les populations gauloises longtemps maîtresses de la partie de l'Italie voisine des rives du Po. La division établie par Auguste subsista jusqu'à Dioclétien (an 284 après J.-C.).
Physionomie des Gaulois
Le Gaulois était robuste et de haute stature ; il avait le teint blanc, les yeux bleus, les traits réguliers et imposants ; il donnait à ses cheveux, qui étaient généralement blonds ou châtains, une couleur d'un roux ardent, soit en les lessivant avec de l'eau de chaux, soit en les enduisant fréquemment d'une pommade caustique, composée de suif et de certaines cendres. Il les portait dans toute leur longueur, tantôt flottants sur les épaules, tantôt relevés et liés en touffe au sommet de la tête. Le peuple se laissait croître la barbe ; les nobles se rasaient le visage, à l'exception de la lèvre supérieure, où ils entretenaient d'épaisses moustaches.
Vêtements
A l'origine, la manière de se vêtir de nos pères était aussi simple, aussi sauvage que leur façon de vivre. Pendant la belle saison, ils étaient presque nus ; l'hiver, ils s'habillaient avec les peaux des bêtes fauves. Telle fut, comme dans tous les pays, la première époque de nos modes nationales.
La seconde époque date des relation des Gaulois avec les Phéniciens, les Grecs et les Latins, qui leur enseignèrent à filer la laine, à semer le chanvre, à ourdir la toile. A cette époque, ils apprirent eux-mêmes l'art de la teinture qu'ils transmirent à leurs voisins. L'habillement commun à toutes les tribus gauloises (Galls, Gallo-Kimris, Kimris-Belges), était tout à la fois simple et commode, et se composait presque universellement de la braie, de la tunique et de la saie.

Braie ou pantalon
La principale partie de ce costume, le pantalon, ou braie (bracca ou braga), était large, flottant et à plis multipliés chez les races kimriques ; étroit et collant chez les peuples d'origine gallique, particulièrement dans la Gaule narbonnaise, surnommée Braccata. Il descendait en général jusqu'à la cheville du pied, où il était attaché.
Tunique ou chemise
Une espèce de tunique ou chlamyde très courte, véritable chemise à manches, d'étoffe rayée, leur tombait jusqu'au milieu des cuisses.
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La Braie - Esclave gaulois, statue découverte à Athènes. |
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| La Saie - Paysan gaulois, d'après Montfaucon. |
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Saie ou blouse
Par-dessus ces vêtements, les Gaulois portaient une saie rayée (sagum virgatum), comme la tunique, et décorée de fleurs, de disques, d'ornements variés, de figures de toute espèce, de bandes de pourpre, et de broderies d'or et d'argent. Le sarreau ou la blouse des paysans de quelques parties de la France peut donner une idée de la saie ; espèce de manteau formé de deux pièces carrées, avec ou sans manches, percé d'une ouverture pour passer la tête, couvrant le dos et les épaules, et s'attachant sous le menton avec une agrafe en métal.
Les dernières classes du peuple remplaçaient la saie par une peau de bête fauve ou de mouton, ou par une couverture en laine grossière, appelée dans les dialectes gallo-kimriques, linn ou lenn (linna). Nous n'avons trouvé nulle part quelle signification peut avoir le petit chien que cette figure tient sur le bras. Quant au gobelet, qui se retrouve également sur plusieurs monuments découverts en Bourgogne, Montfaucon pense qu'il pourrait marquer que c'était un pays où l'on faisait, comme aujourd'hui, des vins excellents.
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On se servait encore d'un petit manteau richement décoré, ainsi que de courtes vestes à manches (cérampelines) ouvertes par-devant, teintes d'une belle couleur rouge, et fabriquées principalement chez les Belges-Atrébates, dont la capitale était Arras.

Les couleurs brillantes, surtout le roux et l'aurore, étaient les plus estimées. Les Atrébates avaient aussi des saies nommées cuculles ou bardocuculles, manteaux à capuchon ou chaperon, pareil à celui des capes du Béarn et que l'on conservait encore au XIXe siècle dans le Bigorre et les Landes ; vêtement d'hiver et de voyage, fabriqué à Saintes, et dont l'usage devint plus tard général en Italie, témoin ce vers de Martial : Gallia Santonico vestit te bardocuculle (La Gaule te revêt du bardocuculle de la Saintonge).
Le coffret qui se rencontre sur un certain nombre de monuments était, dans l'opinion de quelques auteurs, destiné à recevoir le gui sacré pendant la cérémonie religieuse du gui de chêne célébrée par les druides.
Coiffure et chaussure
Les Gaulois se couvraient la tête d'un bonnet d'étoffe ou de poil ; ils marchaient généralement nu-pieds ; cependant, l'hiver et par les temps de pluie, ils mettaient des semelles (soleae) sandales ou socques en bois ou en liège. Les riches avaient des espèces de babouches.
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Le Bardocuculle Gaulois en voyage, d'après l'abbé Charlet de Langres. |
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Serfs et hommes de poële
Les personnes non libres chez les Gaulois se divisaient en deux classes, les serfs et les hommes de poële (l'étymologie de cette dernière expression paraît être le mot latin potestas, puissance, pouvoir). Les serfs étaient attachés à la glèbe, c'est-à-dire à l'héritage, et vendus avec lui ; ils ne pouvaient s'établir ailleurs, ni se marier, ni changer de profession, sans la permission du seigneur, et ce qu'ils gagnaient était pour lui. Il s'en fallait de beaucoup que les hommes de poële fussent dans la même dépendance : le seigneur n'était le maître ni de leur vie, ni de leurs biens ; leur servitude consistait seulement à lui payer certains droits et à faire pour lui des corvées.
COSTUMES GAULOIS AVANT LA DOMINATION ROMAINE : Partie 2/2
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