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EFFET D'ÉCLIPSE SUR LES ANIMAUX
(Extrait de « Astronomie générale », par Arago, paru en 1867)
Riccioli rapporte qu'au moment de l'éclipse total de 1415, on vit en Bohême, des oiseaux tomber morts de frayeur. La même chose est rapportée de l'éclipse de 1560, « les oiseaux, chose merveilleuse (disent des témoins oculaires), saisis d'horreur, tombaient à terre. » En 1706, à Montpellier, disent les observateurs, « les chauves-souris voltigeaient comme à l'entrée de la nuit. Les poules, les pigeons coururent précipitamment se renfermer. Les petits oiseaux qui chantaient dans les cages se turent et mirent la tête sous l'aile. Les bêtes qui étaient au labour s'arrêtèrent. »
(...) A Perpignan, les personnes gravement malades étaient seules restées dans leurs chambres. La population couvrait dès le grand matin, les terrasses, les remparts de la ville, tous les monticules extérieurs d'où l'on pouvait espérer de voir le lever du Soleil. (...) L'heure du commencement de l'éclipse approchait. Près de vingt mille personne examinaient, des verres enfumés à la main, le globe radieux se projetant sur un ciel d'azur. (...) Entre ce moment et ceux qui précédèrent de très peu la disparition totale de l'astre, (...) Après une attente solennelle d'environs deux minutes, des transports de joie, des applaudissements frénétiques, saluèrent avec le même accord, la même spontanéité, la réapparition des premiers rayons solaires. (...) Lorsque je les questionnais sur la cause réelle du désespoir qui s'était emparé d'eux le 8 juillet, ils me répondaient sur-le-champ : « Le ciel était serein et, cependant, la clarté du jour diminuait, et les objets s'assombrissaient, et tout à coup nous nous trouvâmes dans les ténèbres : nous crûmes être devenus aveugles ; » (...) Le Journal des Basses-Alpes rapporte, dans son numéro du 9 juillet 1842, une anecdote qui me semble mériter d'être conservée. Je laisse parler le journaliste : « Un pauvre enfant de la commune des Sièyes gardait son troupeau. Ignorant complètement, l'événement qui se préparait, il vit avec inquiétude le soleil s'obscurcir par degré, car aucun nuage, aucune vapeur, ne lui donnait l'explication de ce phénomène. Lorsque la lumière disparut tout à coup, le pauvre enfants au comble de la frayeur, se prit à pleurer et à appeler au secours !... Ses larmes coulaient encore lorsque le soleil donna son premier rayon. Rassuré à cet aspect, l'enfant croisa les mains en s'écriant : o beou so souleou ! (ô beau soleil !) »
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