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5 novembre 1631 : la Gazette, premier grand journal français, absorbe les Nouvelles ordinaires

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5 novembre 1631 : la Gazette,
premier grand journal français,
absorbe les Nouvelles ordinaires
(D’après « Que sais-je ? Histoire de la presse », paru en 2010)
Publié / Mis à jour le dimanche 30 octobre 2016, par LA RÉDACTION
 
 
 
Soutenue par le pouvoir royal et née le 30 mai 1631, la Gazette, qui deviendra en 1762 la Gazette de France, absorbe les Nouvelles ordinaires de divers endroits du libraire Vendosme nées la même année, portant à 8 le nombre de pages périodiques publiées par Théophraste Renaudot

Théophraste Renaudot né en 1586 à Loudun, protestant converti, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, installé à Paris de 1606 à 1612, fut, à cette époque, le protégé de Marie de Médicis. Il fit en 1618 un long voyage aux Pays-Bas où il put étudier les premiers journaux. Rentré en France, il fut nommé « commissaire général aux pauvres du Royaume ».

Cet homme à l’intelligence très vive fut une des personnalités les plus extraordinaires de son temps. Il s’intéressa à toutes sortes de projets et son « Bureau d’adresse et de rencontre » créé en 1629 « à l’enseigne du Grand-Coq, rue de la Calandre, près du Palais » dans l’île de la Cité devint le centre d’activités les plus disparates. On y enregistrait ce que nous appellerions les « petites annonces » (achat, vente, offre de services divers, demande et offre d’emplois) et il fonctionnait comme un vaste bureau de placement à vocation philanthropique. Il y adjoignit une sorte de dispensaire gratuit pour les indigents et y organisa aussi des conférences sur les sujets les plus divers.

Théophraste Renaudot
Théophraste Renaudot

Toutes ses activités lui créèrent bien des ennemis, de la faculté de médecine à la confrérie des libraires. De 1630 à sa mort en 1653, il eut à vaincre bien des hostilités et subit bien des polémiques. De ces « innocentes inventions », seule survécut la Gazette que le pouvoir royal, de Richelieu à Mazarin, soutenait pour les services qu’elle rendait à la propagande de leur gouvernement.

Sa Gazette hebdomadaire parut pour la première fois le 30 mai 1631. Le 11 octobre 1631, il obtint pour cette publication un privilège confirmé en 1635 qui lui assurait le « droit de faire imprimer et vendre par qui bon lui semblera, les gazettes nouvelles et récits de tout ce qui s’est passé et passe tant dedans que dehors le royaume, conférences, prix courants des marchandises et autres impressions desdits bureaux (d’adresse) à perpétuité, et tant que lesdites gazettes nouvelles... auront cours en ce dit royaume, et ce exclusivement à toutes autres personnes ».

La Gazette, de quatre pages au format 23 x 15 cm, tira à 1 200 exemplaires dès 1638. Elle eut huit pages en 1642. Après l’obtention du privilège royal en octobre 1631 et la disparition du périodique de Vendosme créé en janvier de la même année, elle fut complétée par les Nouvelles ordinaires, hebdomadaire de quatre pages ne disparaissant qu’en 1683 : la Gazette passa alors à douze pages.

Ces publications étaient l’organe très officieux de la Cour et publiaient exclusivement des nouvelles, surtout de l’étranger. De février 1632 à décembre 1633, Renaudot se risqua au journalisme d’analyse et de commentaire dans son supplément mensuel Relations des nouvelles du monde ; il dut y renoncer et publia, à la place, des Extraordinaires, sorte d’occasionnels, à périodicité variable, sur des événements particuliers : ces suppléments, très nombreux jusqu’en 1670, offraient une matière imprimée souvent supérieure à celle des Gazettes.

À partir de 1632, Renaudot publia aussi une Feuille du bureau d’adresse, feuille d’annonces épisodique et éphémère, ancêtre de celles qui se développèrent à partir du milieu du XVIIIe siècle. Sous la Fronde, les feuilles de Renaudot défendirent la cause de Mazarin : les libelles fleurirent alors (plus de 4 000 mazarinades) et le Courrier français frondeur tenta de concurrencer la Gazette royale.

Tous les ans, Renaudot reliait en volume ses différentes publications : les préfaces qu’il rédigeait restent, de nos jours encore, parmi les textes les plus lucides qui aient été écrits sur les grandeurs et les difficultés du journalisme. En voici quelques extraits :

« L’histoire est le récit des choses advenues : la gazette seulement le bruit qui en court... elle ne ment pas, même quand elle rapporte quelque fausse nouvelle qui lui a été donnée pour véritable. Il n’y a donc que le seul mensonge qu’elle controuverait à dessein qui la puisse rendre digne de blâme... »

« Seulement ferai-je une prière aux princes et aux États étrangers de ne perdre point inutilement le temps à vouloir fermer le passage à mes Nouvelles dont le commerce ne s’est jamais pu défendre et qui tient en cela de la nature des torrents qu’il se grossit par la résistance... »

« Je ne vous donne pas ici une Histoire accomplie de toutes les conditions requises à sa perfection mais de l’étoffe pour en faire, où par conséquent vous devez attendre moins d’art que de naïveté... »

« En une seule chose ne céderai-je à personne, en la recherche de la vérité : de laquelle néanmoins je ne me fais pas garant. Étant malaisé qu’entre cinq cents nouvelles écrites à la hâte d’un climat à l’autre, il n’en échappe quelqu’une à nos correspondants qui mérite d’être corrigée par son père le temps. Mais encore se trouvera-t-il peut-être des personnes curieuses de savoir qu’en ce temps tel bruit était tenu pour véritable... »

« Si la crainte de déplaire à leur siècle a empêché les bons auteurs de toucher à l’histoire de leur âge, quelle doit être la difficulté d’écrire celle de la semaine, voire du jour même où elle est publiée. Joignez-y la brièveté du temps que l’impatience de votre humeur me donne, et je suis bien trompé si les plus rudes censeurs ne trouvent digne de quelque excuse un ouvrage qui se doit faire en quatre heures de jour que la venue des courriers me laisse, toutes les semaines, pour assembler, ajuster et imprimer ces lignes. »

 
 
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