L'éphéméride, les événements du jour, anniversaires de faits historiques
Cette rubrique vous invite à découvrir des événements classés par dates et survenus avant 1900. Une façon instructive et amusante de graver dans sa mémoire quelques repères indispensables à une bonne connaissance de notre passé.
éphéméride et événements du jour

JOUR / MOIS


Quelques événements du 9 AOÛT

9 août 1527
Jacques de Beaune, baron de Semblançay, surintendant des finances sous Charles VIII, Louis XII et François Ier, s'étant attiré l'inimitié de la duchesse d'Angoulême et du cardinal Duprat, est arrêté pendant la captivité de François Ier, jugé et condamné à mort. Deux ans après son exécution (12 août), sa mémoire sera réhabilitée. Marot a composé les vers suivants sur son exécution :

Lorsque Maillard, juge d'enfer, menait
A montfaucon Semblançay l'âme rendre,
Lequel des deux, à votre sens, tenait
Meilleur maintien ? Pour vous le faire entendre,
Maillard semblait homme que mort va prendre,
Et Semblançay fut si ferme vieillard,
Que l'on eût dit, au vrai, qu'il menait pendre,
A montfaucon, le lieutenant Maillard.

9 août 1640
Prise de la ville d'Arras par Louis XIII et défaite des Espagnols. Ceux-ci avaient fait graver sur l'une des portes de la citadelle :

Quand les Français prendront Arras
Les souris mangeront les rats.

9 août 1803
Expérimentation du premier bateau à moteur, sur la Seine, par un mécanicien américain, Robert Fulton, né en 1765 en Pennsylvanie.

9 août 1827
Mort de Désangiers, poète français. Né à Fréjus, en 1772, il fit ses études à Paris. En 1792 il accompagna une de ses soeurs à Saint-Domingue, où il faillit être mis à mort par les noirs insurgés. De retour en France, en 1797, il se livra à sa vocation de chansonnier et de vaudevilliste. La verve de sa gaieté et de son esprit est bien empreinte du caractère national.

9 août 1857
Une étrange épidémie. Tout commença au mois d'août par une petite fille qui eut une crise d'hystérie. Elle sortait de l'église lorsqu'elle vit qu'on retirait de la rivière une de ses amies qui avait failli se noyer. Le choc émotif avait provoqué l'hystérie. Et, comme si ce mal était brusquement contagieux, l'hystérie se répandit à travers le village. L'âge des malades oscillait entre huit et vingt-deux ans. Ces fillettes et ces jeunes filles se mettaient à insulter les prêtres et la religion avec des mots qu'on n'aurait même pas pu supposer qu'elles en aient connaissance. On les voyait aussi se livrer à des excentricités qui stupéfièrent le correspondant du Journal de Genève. Il y avait aussi d'étranges phénomènes : on vit une vache tomber malade et ne plus donner de lait. Lorsqu'elle guérit, c'est la petite fille de la maison qui devint malade et, lorsque celle-ci guérit à son tour, la pauvre vache retomba dans son mal. Le clergé pratiqua alors l'exorcisme, mais comme la cérémonie ne donnait guère de résultat, il y eut chaque dimanche, dans l'église de Morzine, de véritables scènes d'émeute contre le curé : on lui reprochait de ne pas savoir guérir les malades. Lorsqu'un jour, l'évêque d'Annecy vint pour administrer la confirmation, il manqua ne pas ressortir vivant de l'église. A son arrivée, quatre-vingts femmes furent prises de convulsions. Elles hurlaient des injures en se roulant par terre. Elles allèrent jusqu'à frapper le prélat à coups de pied, lui crachant au visage et lui arrachant une partie de ses vêtements. La Savoie passée à la France, on employa d'autres méthodes. Le gouvernement impérial envoya quarante hommes de troupe pour rétablir l'ordre puis on dispersa les malades dans des hôpitaux assez éloignés les uns des autres, si bien que, peu à peu, l'épidémie s'éteignit. Un médecin, qui avait été envoyé sur place pour étudier ce cas, donna un diagnostic très clair : il s'agissait d'une vraie maladie dont les causes étaient l'ignorance, la mauvaise nourriture et les mariages consanguins. Selon lui, il existait un moyen de guérir cette maladie et d'éviter toute rechute : construire une route qui relierait Morzine à la civilisation...

9 août 1865
Mort de Miss Howard, maîtresse de Napoléon III, la « chaîne anglaise » qui pesait tant au nouvel empereur lors de son mariage avec Eugénie. Elisabeth-Ann Howard avait permis au prince Louis-Napoléon, grâce à ses générosités, de financer le nouvel empire. Elle avait quarante-et-un ans lorsqu'elle mourut au château de Beauregard, près de Saint-Cloud, ce jour de 1865. On l'enterra près de Versailles, au cimetière du Grand-Chesnay. Sur sa tombe se lisent ces mots : « Comtesse de Beauregard, née Howard (1822-1864). Priez pour elle. » Or, dans cette inscription, tout est faux, même les deux dates !

9 août 1888
Mort du poète Charles Cros.


 

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