
Quelques événements du 7 OCTOBRE
7 octobre 929
Mort de Charles le Simple. Charles III, dit le Simple, fils de Louis le Bègue, né en 879 d'une deuxième femme, du vivant même de la première, fut couronné roi de France en 893. Il ne fut roi que de nom. Les Normands profitèrent de la faiblesse de son règne pour étendre encore leurs ravages jusqu'aux portes de Paris. Les rois précédents n'avaient donné que de l'or aux barbares.
Charles le Simple offrit à Rolon, leur chef, sa fille et des provinces. Rolon demanda d'abord la Normandie, et on fut trop heureux de la lui céder. Il demanda ensuite la Bretagne ; on disputa, mais il fallut la céder encore. La Normandie, qui s'appelait d'abord la Neustrie, devint un état séparé, dont les ducs rendaient un vain hommage à la couronne de France.
Charles s'étant aliéné les principaux seigneurs du royaume par la dureté superbe d'un ministre, ou plutôt d'un maître qu'il s'était donné dans la personne de Haganon, Robert, frère du roi Eudes, profita de ce mécontentement pour usurper la couronne, et se fit sacrer roi, l'an 922, par Hervé ,archevêque de Reims. Charles lui livra bataille et le tua dans l'action ; mais Hugues-le-Grand, fils de Robert, ne laissa pas de remporter la victoire, et obligea Charles de se sauver chez Herbert, comte de Vermandois, qui l'enferma au château de Péronne, et l'y laissa mourir de faim.
7 octobre 1337
La saisie du duché de Guyenne ayant été décidée par le roi de France, Philippe VI de Valois, Edouard III roi d'Angleterre prend le titre de roi de France : c'est le début de la guerre de Cent Ans.
7 octobre 1651
Mort de Jacques Sirmond, jésuite, l'un des plus savants et des plus aimables hommes de son temps, qui était né en 1559. On sait à peine qu'il fut confesseur de Louis XIII, parce qu'il fit peu parler de lui dans ce poste délicat. Il fut préféré par le pape à tous les savants d'Italie, pour faire la préface de la Collection des Conciles. Ses nombreux ouvrages furent très estimés, et sont très peu lus.
7 octobre 1678
Mort de Denis Amelotte, né en Saintonge en 1606, oratorien, principalement connu par une bonne version du Nouveau Testament. Cette version fut très répandue, l'auteur ayant assuré dans la préface, « qu'il avoit entre les mains les manuscrits du Vatican, vingt mille manuscrits de France et d'Espagne, tous ceux d'Angleterre, des pays du Nord, du fond de la Grèce. » Il avoua dans la suite que ce n'était qu'une ruse d'auteur, et depuis ce temps le public s'est tenu en garde contre de semblables assurances.
7 octobre 1735
Mort de Young-Tching, second empereur de la dynastie des Mandchou. La protection active qu'il accorda à l'agriculture est son plus beau titre.
7 octobre 1786
Mort d'Antoine Succhini, l'un des plus célèbres musiciens de ce siècle, né à Naples, qui fut destiné de bonne heure à la musique. Après y avoir fait des progrès rapides, il se rendit à Rome où il eut de grands succès, et ensuite à Venise, où ses talents le firent placer à la tête d'un conservatoire. Sa renommée augmentant chaque jour, il visita quelques cours d'Allemagne, parcourut la Hollande, et se rendit enfin aux voeux de l'Angleterre. Des onze années qu'il passa dans cette île, il en consacra six au théâtre de Londres, et y fut constamment applaudi. Le climat n'étant pas favorable à sa santé, il résolut de passer en France. Il fut reçu à Paris avec transport, et favorablement accueilli de la cour. L'empereur Joseph II qui s'y trouvait alors, lui donna des marques particulières de son estime et de sa satisfaction.
La cour parut désirer que cet illustre compositeur fit quelques ouvrages pour la France, et il donna successivement cinq opéras : Renaud, Chimène, Dardahus, Œdipe à Colone, Evelina, qu'il n'eut pas la consolation de voir exécuter. Son harmonie est toujours pure, correcte, et d'une clarté remarquable ; son orchestre toujours brillant, toujours ingénieux ; ses modulations les plus inattendues n'étonnent jamais l'oreille ; elles coulent naturellement de sa plume.
Généreux, bienfaisant à l'excès, il n'était touché que du plaisir de donner ; et il se serait procuré ce plaisir plus souvent, s'il avait moins négligé ses affaires. Il était bon parent, bon ami, bon maître ; et peu de temps avant de rendre le dernier soupir, il ne cessait de dire, d'une voix mourante, à un fidèle domestique : Pauvre Laurent, que deviendras-tu ? Il soutenait par ses bienfaits une de ses soeurs , et se montrait toujours empressé à obliger ses amis.
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