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Feux de signalisation et circulation automobile. Embouteillages, accidents dans la capitale. Voitures dans Paris

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Anecdotes insolites
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Circulation dans Paris : guetteurs
et feux de signalisation
pour désengorger la capitale ?
(D’après « Le Petit Journal illustré », paru en 1923)
Publié / Mis à jour le jeudi 14 janvier 2016, par LA RÉDACTION
 
 
 
Quelques semaines après l’avènement du premier feu de signalisation le 5 mai 1923, au croisement des boulevards Saint-Denis et Sébastopol à Paris, le journaliste Jacques Chabannes nous explique combien il devenait crucial de résoudre le problème de la circulation dans la capitale, cependant que rien ne semblait moins certain que de voir les automobilistes se conformer aux indications d’une machine

Le problème de la circulation dans Paris n’est toujours pas résolu, et il ne semble pas près de l’être, écrit Jacques Chabannes en 1923. Depuis déjà avant la guerre, de nombreux projets étaient à l’étude pour permettre de dégager les rues parisiennes, transformées, à certaines heures, en inextricables écheveaux de véhicules.

Mais c’est dès 1919 que l’urgence fut constatée. La question est double. Il s’agit d’éviter, autant que faire se peut, les accidents de la rue, d’une part, et d’autre part d’empêcher l’embouteillage des voies. Ces deux questions se touchent, d’ailleurs, et il apparaît, de toute évidence, que les accidents ne peuvent être mieux évités que par une circulation bien réglée. En outre, un projet de loi vient d’être déposé au bureau de la Chambre, tendant à rendre obligatoire pour les propriétaires de voitures automobiles, l’assurance contre les accidents causés à des tiers.

Mais le problème de la circulation n’en est pas moins complexe. Est-il insoluble ? Pour faciliter le dégorgement, la première mesure prise fut l’interdiction de circuler faite, dans certaines artères, aux voitures lourdes, pendant un nombre d’heures déterminé. Puis vinrent le sens unique, les agents vigie, et enfin le signal lumineux. L’interdiction de circuler aux voitures à bras et lourdes voitures n’alla pas sans soulever les protestations de nombreux commerçants. Il en fut de même, d’ailleurs, pour le sens unique.

Carrefour des boulevards Sébastopol, Saint-Martin, Saint-Denis
Carrefour des boulevards Sébastopol, Saint-Martin, Saint-Denis au début du XXe siècle

Certains n’allèrent-ils pas jusqu’à dire que l’activité commerciale d’une rue naît de son encombrement ? Et que le sens unique, dégageant les rues, nuisait considérablement à leur chiffre d’affaires ! Quoi qu’il en soit, ces deux systèmes ont fait leurs preuves. Et le Parisien n’a qu’à se louer du nouveau mode de circulation centrale, alors que deux voitures stationnant en sens inverse barraient autrefois presque totalement certains passages.

Mais la grande question à l’étude est celle de la signalisation. La division de la Préfecture de Police chargée de la circulation, d’accord avec la 2e Commission du Conseil Municipal, a mis bien des projets à l’étude. Il en est sorti tout un système de signaux dont les Parisiens devront bientôt connaître l’application. Déjà au coin du boulevard Sébastopol et du boulevard Saint-Denis un premier signal fonctionne. D’autres ne tarderont pas à être mis en service. Ils offrent l’énorme avantage de remplacer, à un carrefour, les quatre agents et le chef, par deux agents, l’un faisant manœuvrer le signal cependant que l’autre surveille la circulation.

Ces signaux ne permettent aucune erreurs, et ils remplacement heureusement, à tous points de vue, le bâton blanc. Reste à savoir si les conducteurs se conformeront strictement aux indications d’une machine. Il en est ainsi dans tous les pays du monde, mais le Parisien est frondeur. La désobéissance possible est le seul inconvénient du signal lumineux.

Le type en a été définitivement établi. Il fallait qu’il soit pratique, facile à manœuvrer, solide, bien visible et point trop inesthétique. Le service de la circulation à la Préfecture de Police, a de grandioses projets. Il entrevoit, en rêve, une ère merveilleuse, où les voitures rouleront avec facilité à travers les rues de la capitale. Peut-être, pour cela, faudrait-il que le piéton y mette un peu du sien ? Traverser les places en diamètre est un grand danger et une cause de perturbation. Il faut que le Parisien s’habitue au mouvement giratoire et conserve sa droite. Pour l’en convaincre, les refuges seront bientôt remplacés par des bornes de virages munies de feux clignotants allumés nuit et jour.

Plusieurs projets de bornes ont été étudiés. Par ailleurs, aux coins des rues à sens interdit d’autres signaux à feux clignotants seront placés. Enfin, aux grands carrefours, l’agent vigie à cheval sera remplacé un jour par un guetteur qui habitera une tour de verre, ou tout au moins une plate-forme, d’où il dirigera l’écoulement des voitures. L’heure de l’apaisement venue, pour éviter les dégradations éventuelles des gamins et des ivrognes, cette plate-forme descendra et rejoindra le niveau du sol, pour reprendre, au lendemain matin, sa place.

D’autres moyens de dégorgement ne tarderont pas à entrer en pratique. C’est ainsi que la ville de Paris a retenu plusieurs projets de trottoirs roulants, destinés à dégager les autobus, le métro et le trottoir, le long des grands boulevards. Des autobus express ne s’arrêtant qu’aux stations principales diminueront les haltes trop fréquentes causes d’encombrements.

Que sais-je encore ! s’exclame notre journaliste. Avec une activité et un dévouement inlassables, les organisateurs de la circulation (qui ont un rôle bien ingrat) préparent un concours de pare-boues et imaginent en même temps, un tramway suspendu qui serait destiné à relier rapidement Paris et la banlieue. Ce serait un tramway à hélice, accroché et glissant le long d’un rail.

Des essais de toutes sortes sont tentés chaque jour. D’aucuns sont fructueux, mais l’intérêt général nuit parfois au particulier. Quoi qu’il en soit le problème de la circulation intense est loin d’être résolu et les esprits les plus ingénieux ne trouvent guère de solutions nouvelles.

 
 
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