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Languedoc-Roussillon Septimanie : origine et histoire du département Hérault - Histoire de France et Patrimoine


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Départements français

Histoire des départements français. Les événements, histoire de chaque département : origine, évolution, industries, personnages historiques


Histoire du département de l’Hérault
(Région Languedoc-Roussillon)
Publié / Mis à jour le jeudi 28 janvier 2010, par LA RÉDACTION

 

Histoire du département de l’Hérault (Partie 1/2)
(Région Languedoc-Roussillon)

Le territoire du département de l’Hérault était occupé avant la conquête romaine par les Volces Tectosages. Nous n’y trouvons aujourd’hui que peu de monuments de cette époque ; ils se bornent à quelques tombeaux celtiques découverts sur la colline de Regagnach, et à quelques dolmens, que les habitants appellent Oustals de las fadas (maisons des fées), dans l’arrondissement de Lodève, à Saint-Maurice.

Les Massaliotes eurent assurément des établissements sur cette partie du littoral méditerranéen de la Gaule. L’étymologie grecque du nom d’Agde en fait foi. Après la conquête romaine, le territoire de l’Hérault fut enveloppé dans la Narbonnaise, plus tard dans la première Narbonnaise. Il était compris approximativement dans la circonscription des deux antiques cités de Béziers (Civitas Beterrensium) et de Lodève (Civitas Lutevencium). Ce département n’a pas, dans l’époque romaine, une aussi belle part que ses voisins les départements du Gard et de l’Aude ; il ne peut s’enorgueillir, comme le second, d’avoir possédé la capitale de la province, Narbonne, où, comme le premier, d’avoir conservé de magnifiques monuments romains. Montpellier n’existait pas ; Substantion, Forum Domitii, Forum Neronis, qui n’existent plus, n’étaient que des villes du second ou du troisième ordre.

Les traces de la domination romaine sont nombreuses toutefois, si elles ne sont pas aussi imposantes que dans le Gard. On retrouve fréquemment des tronçons de la voie Domitienne (via Domitia), qui traversait le pays parallèlement à la côte. A Saint-Thibéry, on voit les traces d’un camp romain, situé, au sommet d’un cirque de basalte, et les ruines d’un pont du même temps ; ailleurs, des débris de bassins destinés à contenir les eaux (à Cette), des thermes en ruine, des colonnes milliaires, des tombeaux, des statuettes, des inscriptions, des médailles, des vases, des ustensiles de toutes sortes. La colline abrupte où s’élevait Substantion, sur le bord du Lez, est particulièrement renommée pour la grande quantité de médailles d’or et d’argent qu’on trouve ; c’est à ce point qu’il s’est formé une légende digne des Mille et une Nuits qu’un poète languedocien a racontée dans une petite pièce intitulée lou Trésor de Sustantioün.

La Narbonnaise fut cédée par Honorius aux Wisigoths, qui lui donnèrent le nom de Septimanie. Au VIIIe siècle, les Sarrasins l’envahirent. Les Carlovingiens enveloppèrent tout le midi de la Gaule dans leur vaste puissance. Aucune des villes du département ne joua un grand rôle dans ces diverses révolutions. C’est encore Narbonne et Nîmes, à l’ouest et à l’est, qui sont le théâtre des grands événements. C’est seulement après la chute des Carlovingiens, et avec le système féodal, que le pays qu’arrosent l’Orb, l’Hérault, la Vidourle, sortit de son obscurité et reçut de la fortune comme un magnifique dédommagement. Alors, en effet, Montpellier, Béziers devinrent les capitales de deux des principales puissances féodales du Midi et les points les plus brillants du littoral languedocien.

La seigneurie de Montpellier prit naissance vers 990. Un certain Guilhem ou Guillaume, vassal du comte de Melgueil, obtint de l’évêque de Maguelonne, moyennant hommage et redevance, le bourg de Montpellier avec son territoire. Il est le père de l’illustre famille des Guilhem, qui, plus tard, prit rang parmi les premières maisons du Languedoc. Huit princes de ce nom se transmirent successivement, de 990 à 1180, la seigneurie de Montpellier.

Nous les voyons s’allier aux rois d’Aragon et Guilhem VIII épouser même Eudoxie, fille de l’empereur d’Orient Manuel Comnène. Ils durent surtout leur puissance à la sagesse de leur conduite vis-à-vis de la papauté. En effet, lors de la guerre des Albigeois, quoique Guilhem VIII partageât l’aversion de tout le midi de la France pour les hommes du Nord, il eut la sagesse de contenir sa haine et de, ne tremper en rien dans l’hérésie.

Seul fidèle à l’Église au milieu de tant de seigneurs qui s’armaient contre elle, il n’en eut que plus de titres à sa reconnaissance. En 1195, l’adroit Guilhem, qui venait de répudier Eudoxie pour épouser Agnès de Castille, demandait à Célestin III, en même temps que la sanction de son divorce, l’envoi d’un légat qui résiderait à Montpellier et s’opposerait aux progrès de l’hérésie. Innocent III, qui succéda alors à Célestin, lui envoya le frère Reynier, porteur des plus flatteuses paroles.

Voilà comment les seigneurs de Montpellier demeurèrent debout, et plus puissants que jamais, au milieu de la tempête qui désola le Languedoc. Guilhem VIII était traité de prince par le célèbre docteur Main, de Lille, qui lui dédiait un de ses écrits (Prologus ad principem Montispessulani). Ses domaines étaient considérables, surtout depuis qu’il avait réuni toute la seigneurie de Montpellier en rachetant la part des vicaires. Il possédait en toute propriété les châteaux de Lattes, de Montferrier, d’Aumelas, de Pouget, de Popian, de Cournonsec, de Montbazin, de Paulhan, de Montarnaud, de Saint-Pons, de Mauchiens, de Pignan, de Frontignan, de Saint-Georges, de Murviel, de Vendémian et de Mirival. En outre, de nombreux vassaux lui devaient l’hommage féodal et le service mille taire ; tout cela étayé par une orthodoxie habilement calculée. On ne s’étonnera plus de voir les Guilhem s’intituler seigneurs par la grâce de Dieu, et prétendre rattacher leur généalogie à Charlemagne lui-même.

Guilhem VIII mourut après avoir rempli son testament de fondations pieuses (1203) ; mais, quoiqu’il n’eût pu faire légitimer son second mariage, il n’en persistait pas moins dans ses desseins favorables aux enfants d’Agnès, dont l’aîné lui succéda sous le nom de Guilhem IX.

La malheureuse Marie, fille de sa première femme Eudoxie, ne venait, dans l’ordre de succession tel qu’il le régla, qu’après les six fils de sa belle-mère. Celle-ci, pour se débarrasser d’elle, la maria d’abord au seigneur Barrai, vicomte de Marseille, puis, ce premier époux étant mort, au comte de Comminges, Bernard IV, lequel avait déjà deux femmes encore vivantes et devait bientôt en prendre une quatrième, après avoir répudié à son tour la pauvre Marie. La marâtre eut soin d’obliger sa belle-fille à insérer dans ses deux contrats de mariage des clauses de renonciation fondées sur la « coutume incontestable et consacrée (indubitata et inveterata consuetudo) » en vertu de laquelle la souveraineté et juridiction de la seigneurie de Montpellier et de ses dépendances « ne doit jamais passer aux personnes du sexe féminin tant qu’il reste des mâles. »

Donc, dans cette seigneurie, le principe de la loi salique avait été suivi jusque-là. Toutes les précautions d’Agnès furent déjouées. Un an n’était pas écoulé, depuis la mort de Guilhem VIII, que les habitants de Montpellier chassaient son fils, rappelaient Marie et lui donnaient pour époux un seigneur bien capable de défendre ses droits ; cet époux était le roi d’Aragon lui-même, Pierre II, qui, par cette alliance, comptait recouvrer Tortose et établir solidement son influence sur tout le littoral occidental de la Méditerranée.

On peut remarquer que, si le comte de Commisses avait alors quatre femmes vivantes, Marie, de son côté, eut alors deux maris bien portants ; on ne songea même pas qu’elle était déjà mariée. Elle plaisait fort à Pierre comme héritière, mais peu comme femme. Quoiqu’il eût juré sur les saints Évangiles de ne jamais prendre d’autre femme qu’elle, il trouvait cependant qu’elle n’était « ni si bien faite que lui ni d’un âge proportionné au sien » et il n’en eut point d’enfants. Une jeune veuve de la suite de Marie attira ses regards, mais refusa de satisfaire ses désirs.

Or c’était une Montpelliéraine pleine de sentiments patriotiques, et qui désirait vivement, comme tous ses compatriotes, le rapprochement de Pierre et de son épouse. Par le conseil des consuls, elle parut céder et promit au roi de se laisser conduire dans sa chambre, mais dans le mystère d’une complète obscurité. Pierre consentit et crut posséder l’objet de son amour ; mais au matin quand les douze consuls, qui avaient passé la nuit en prières dans la pièce voisine, entrèrent cierges en main, il s’aperçut qu’il tenait sa femme dans ses bras. Il eut l’esprit de rire de la mystification ; mais les prières des consuls ne furent pas exaucées et Marie se trouva encore stérile.

Une autre tentative fut plus heureuse. La reine était au château de Mirival, où elle se plaisait fort ; le roi était au château de Lattes, où il visitait ses haras. Un jour qu’il était animé parla chasse et en belle humeur : « Seigneur, lui dit un gentilhomme de sa suite, parmi les plaisirs de la chasse nous pourrions bien passer à Mirival et voir la reine, notre bonne maîtresse. Votre Majesté passerait une seconde nuit avec elle ; nous veillerions, le cierge en main, si vous vouliez, et Dieu par sa bonté vous donnerait un fils de bénédiction. » La distance fut bientôt franchie, et neuf mois après naquit le petit Jacte, qui devint plus tard ce grand Jayme Ier, Conquistador, tant de fois vainqueur des infidèles.

On dit que, le lendemain de cette nuit féconde, le roi Pierre prit joyeusement sa femme en croupe et rentra ainsi dans Montpellier au milieu de l’ivresse de la population, qui inventa sur-le-champ, à cette occasion, la charmante danse allégorique du chevalet (lou chivalet). Ce succès, ne produisit pas un rapprochement de longue durée entre Pierre et sa femme ; il demanda à la cour de Rome l’annulation de son mariage. Il alléguait le mariage antérieur de Marie avec le comte de Comminges, et Marie tenait ce mariage pour nul à cause des deux alliances précédentes du même comte. Elle se rendit elle-même à Rome et y mourut empoisonnée ; ainsi finit sa triste existence. Peu de temps après, Pierre II alla se faire tuer à la bataille de Muret (1213).

Les Montpelliérains regrettèrent peu Pierre II, qui avait été achever sa vie dans le camp des hérétiques ; mais ils entourèrent de leur amour le roi Jacques, le fils de leur chère Marie, qu’ils avaient eux-mêmes baptisé. Ce baptême avait été singulier : douze cierges pareils, portant les noms des douze apôtres, furent allumés en même temps, celui qui s’éteignit le dernier portait le nom de l’apôtre Jacques.

C’est sous le roi Jacques que le roi de France, maître du reste du Languedoc, s’immisça dans les affaires de la seigneurie de Montpellier. L’évêque de Maguelonne fut amené par l’habile Gui Folencis, agent de la reine Blanche de Castille, à reconnaître que la ville de Montpellier et ses dépendances avaient toujours appartenu au roi de France, et, en 1255, il prêta serment de fidélité comme feudataire de la couronne ; de sorte que le roi d’Aragon, vassal de l’évêque de Maguelonne pour Montpellier, se trouva lui-même indirectement soumis à la suzeraineté du roi de France.

Jayme II, second fils de Jayme I°r, lui succéda comme roi de Majorque et seigneur de Montpellier. Plus faible que son père, puisqu’il n’avait que la moitié de ses États, et, d’ailleurs, en rivalité avec son frère, Pierre III, Jayme II n’était pas en état de défendre contre les rois de France sa seigneurie de Montpellier, déjà resserrée entre les sénéchaux de Beaucaire et de Carcassonne, qui s’en disputaient les appels.

Moyennant une rente annuelle de cinq cents livres melgoriennes, Bérenger de Fredol, évêque de Maguelonne, qui avait à se plaindre du roi de Majorque, transféra à Philippe le Bel (1293) tous ses droits temporels sur le fief de Montpelliéret, la seigneurie de Montpellier et la châtellenie de Lattes. Le sénéchal de Beaucaire, Alphonse de Rouvroi, prit possession du Montpelliéret au nom du roi. Le dernier seigneur de Montpellier de la dynastie aragonaise fut Jayme III, pauvre prince qui se vit, d’une part, enlever Majorque et le Roussillon par le roi d’Aragon, son beau-frère, et, d’autre part, fut obligé de vendre Montpellier au roi de France.

C’est le 18 avril 1349 que le contrat de vente fut signé. La famille de Jacte resta encore en possession de certains domaines sous le titre de baronnie de Montpellier, auxquels elle ne renonça que sous Charles VI, par une transaction spéciale avec ce prince et Isabelle de Montferrat. Les peuples n’eurent pas à se féliciter de leur passage sous la domination de la couronne de France ; mais désormais c’est à l’histoire générale du Languedoc qu’appartient le récit des exactions des ducs d’Anjou et de Berry sous les rois Charles V et Charles VI et toute la suite.

Si la seigneurie de Montpellier comprenait, au Moyen Age, la plus grande partie du territoire qui forme aujourd’hui le département de l’Hérault, c’est-à-dire à peu près tout le pays situé entre l’Hérault et la Vidourle, ce territoire, pourtant, renfermait encore plusieurs autres fiefs importants : la vicomté de Béziers, celle. de Lodève, le comté de Melgueil, etc.

Parlons d’abord, en deux mots, du comté de Melgueil, à cause des rapports de suzeraineté qui l’unissaient aux premiers seigneurs de Montpellier. Il fut soumis, en 1085, à la suzeraineté du saint-siège, qui délégua d’abord les évêques de Maguelonne pour y surveiller ses intérêts, et qui, sous Innocent III, l’inféoda à ces mêmes évêques moyennant une redevance annuelle.

Le comté de Béziers fut établi par Pépin le Bref, qui le donna à Ansemond. En 845, sous Charles le Chauve, le titre de comté fut chassé en celui de vicomté. Bientôt les simples gouvernements se transformant partout en fiefs héréditaires, le vicomte Raynard transmit la vicomté de Béziers à sa fille Adélaïs. Celle-ci, en épousant Boson, vicomte d’Adge (897), réunit les deux fiefs dans une même main. D’abord soumis à la suzeraineté des ducs de Septimanie et des marquis de Gothie, les vicomtes de Béziers passèrent ensuite sous celle des comtes de Toulouse.

A plusieurs reprises, l’extinction des mâles laissa cette vicomté à des héritières qui la portèrent d’abord au comte de Carcassonne, et plus tard (1067) au vicomte d’Albi et de Nîmes, Raymond-Bernard. Au siècle suivant, elle fut de nouveau isolée en faveur de Raymond-Trencavel, qui prit part à la seconde croisade. Trencavel s’empara de Carcassonne, mais cette conquête fut pour lui une source de malheurs ; elle le mit en guerre d’abord avec le comte de Barcelone, dont il fut obligé de reconnaître la suzeraineté, puis avec le comte de Toulouse, qui le fit prisonnier et auquel il fut contraint de transporter son hommage.

Il périt assassiné par ses sujets de Béziers, et son fils, Roger II, ne rentra dans cette ville qu’avec l’appui du roi d’Aragon. Cette alliance valut à Roger, comme à son père, l’hostilité du comte de Toulouse, Raymond V, auquel il céda et dont il épousa la fille ; elle lui apportait en dot le comté de Rasez, les châteaux de Bolognier et de Confolens et le pays de Limoux.

Un mariage non moins avantageux avec Agnès de Montpellier valut à son fils Raymond-Roger-Trencavel les châteaux de Tourbes et de Pézenas. C’est ce jeune et courageux Raymond-Trencavel qui osa, après la soumission du comte de Toulouse en 1209, tenir tête à lui seul à la croisade catholique contre les Albigeois, ce qui attira sur la ville de Béziers une effroyable catastrophe. Obligé de se réfugier à Carcassonne, il y fut pris. Raymond-Trencavel II, son fils, rentra dans ses domaines en 1224, mais dut se retirer devant Louis VIII.

Enfin, en 1240, le dernier vicomte de Béziers fit une nouvelle tentative armée ; mais, assiégé à Montréal et forcé de capituler, il abandonna à Louis IX tous ses droits moyennant six cents livres de rente. La vicomté de Béziers devint une viguerie royale comprise dans la sénéchaussée de Carcassonne.

Le pays de Lodève ou Lodévois était un comté dès le IXe siècle. Il fut compris, au Xe siècle, dans le marquisat de Gothie sous le titre de vicomté. En 949, on voit deux vicomtes de Lodève, appelés princes du peuple, Eudes et Hildin, jouissant « d’une partie du domaine du Lodévois » sous la suzeraineté du comte de Toulouse. Au milieu du XIe siècle, Nobilie, héritière de la vicomté de Lodève, épousa le vicomte de Carlad ; leur fille Adèle, héritière à son tour, faute de mâles, épousa le vicomte de Millau, Bérenger II, dont le fils aîné, Richard, réunit aux vicomtés de Lodève et de Carlad le comté de Rodez.

Ces réunions de domaines pouvaient faire du Lodévois un fief puissant ; mais les évêques de Lodève ruinèrent son avenir en se faisant céder successivement, par les comtes de Rodez, les comtes de Toulouse et les vicomtes de Béziers tout ce qu’ils possédaient dans leur diocèse. En 1191 donc, l’évêque Raymond-Guillaume était seul seigneur temporel du Lodévois et comptait parmi ses vassaux de riches barons. Après la soumission du Languedoc à la couronne royale, le Lodévois fit partie de la viguerie de Gignac, dans la sénéchaussée de Carcassonne.

 
 

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