Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie
LE 24 octobre DANS L'HISTOIRE [VOIR]  /  NOTRE LIBRAIRIE [VOIR]  /  NOUS SOUTENIR [VOIR]
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme


« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


REJOIGNEZ-NOUS sur VK, le
réseau social alternatif à Facebook !

13 mai 1840 : naissance de l'écrivain Alphonse Daudet - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Éphéméride, événements > Mai > 13 mai > 13 mai 1840 : naissance de l'écrivain

Éphéméride, événements

Les événements du 13 mai. Pour un jour donné, découvrez un événement ayant marqué notre Histoire. Calendrier historique


13 mai 1840 : naissance de
l’écrivain Alphonse Daudet
(D’après « Le Petit Parisien » du 17 décembre 1897)
Publié / Mis à jour le mercredi 13 mai 2015, par LA RÉDACTION

 

Alphonse Daudet conquit des lecteurs dans toutes les classes de la société. Il écrivait une langue si claire, si allègre, si pure ! C’est comme une eau limpide, et on y peut boire sans que les lèvres en gardent aucune âcreté. On aime ces œuvres exquises et fraîches, d’une émotion pénétrante : le Nabab, Jack, Fromont jeune et Risler aîné, Sapho, etc., et cette épopée de la gaieté :{} Tartarin, et ces petites pages tour à tour mouillées d’une larme ou éclairées d’un sourire : les Lettres de mon Moulin et les Contes du Lundi.

Alphonse Daudet à 29 ans
Alphonse Daudet à 29 ans

Mais avant de conquérir notoriété puis gloire, que de luttes avant cela, et que d’épreuves ! Il les a dites lui-même dans un livre : Trente ans de Paris. Né le 13 mai 1840, à Nîmes, d’une famille très humble, il était à dix-sept ans maître d’études dans un collège. Dans le Petit Chose, il nous a narré cette période de son existence. Après un an, il résolut de venir à Paris, où se trouvait déjà l’un de ses frères, Ernest Daudet.

— Nous allons charger ton bagage, lui dit celui-ci, qui l’attendait à la gare.

« Il était joli, le bagage ! raconte Alphonse Daudet. Une pauvre petite mallette garnie de clous avec des rapiéçures et pesant plus que son contenu. Telle fut mon entrée dans Paris. Serré contre mon frère, le cœur angoissé, j’éprouvais une terreur involontaire. Si tu n’es pas trop pressé de voir ma chambre, allons déjeuner d’abord ! me dit Ernest. Oh ! oui, mangeons ! Littéralement, je mourais de faim ! » Le repas ne fut pas plantureux. On déjeunait dans un restaurant à seize nous. Mais, de cette époque si rude, Alphonse Daudet ne garda aucune aigreur. « La vache enragée est une lamentable nourriture, disait-il, mais je vivais plus par la tête et le cœur que par l’estomac ! »

Le premier livre de Daudet fut un volume de vers : les Amoureuses, où se trouve ce joli poème des Prunes, qui est dans toutes les mémoires :

Mon oncle avait un grand verger,
Et moi, j’avais une cousine.

Il fit du journalisme. Il écrivait au Figaro, au Monde Illustré, et il était de tous les petits cénacles des littéraires. Ceux qui le connurent alors pouvaient dire quel aimable compagnon c’était. Très beau, d’une beauté de Méridional brun, avec de longs cheveux ondulés encadrant un visage pâle et fin, il était d’une gaieté spirituelle. Tout en rédigeant des chroniques et des contes pour les journaux, il faisait des pièces de théâtre : la Dernière Idole, le Frère aîné, le Sacrifice, les Absents, l’Œillet blanc.

Elles ne réussirent pas toutes, loin de là. Et lui-même a raconté plaisamment, mais non sans émotion, l’effet que lui produisirent les sifflets du public. Il ne protestait pas ; il disait simplement : « C’est à recommencer ! » Et, tenace, il recommençait. Une fois, à l’Ambigu, le soir de la première représentation de Lise Tavernier, en mettant le pied sur la scène, derrière les coulisses, il aperçut un des fils de Mme Marie Laurent, la célèbre actrice, et lui demanda, anxieux :

— Eh bien ! comment ça marche-t-il ?

— Maintenant, cela va un peu mieux !

Alphonse Daudet
Alphonse Daudet

Tout juste le mot d’une garde-malade après une crise. Mais Daudet devait avoir de glorieuses compensations. Plus tard, en mettant à la scène quelques-uns de ses romans ou récits : Fromont jeune et Risler aîné, l’Artésienne, Sapho, les Rois en exil, Numa Roumestan, il obtint d’éclatants succès. L’Obstacle, au Gymnase, fut aussi très applaudi.

Le premier roman de Daudet avait été le Petit Chose, livre attendrissant, plein d’un charme un peu amer. Puis, vinrent les Lettres de mon Moulin, où il y a toute la lumière joyeuse du pays des cigales. Et, alors, à mesure que l’écrivain produit, son talent s’affirme et devient génie. Voici les chefs-d’œuvre à brassées : Jack, le Nabab, les Rois en exil, Numa Roumestan, Robert Helmont, l’Évangéliste, Sapho, Femmes d’artistes.

Dans ses Trente ans de Paris, Daudet a fourni de nombreux détails sur sa méthode de travail. Il déclare n’aimer mettre en œuvre que des faits réels, observés directement par lui et qui lui servent de canevas. Il modifie les types à sa convenance, en opère la fusion avec des types voisins, ajoute aux faits qui lui sont fournis par la vie ou en retranche. « Tous les personnages du roman, dit-il d’un de ses livres : Numa Roumestan, sont créés de plusieurs modèles. »

Et le procédé qu’il applique aux hommes, Daudet l’applique aux villes, et il ajoute : « Aps-en-Provence, la ville natale de Numa Roumestan, je l’ai bâtie avec des morceaux d’Arles, de Nîmes, de Saint-Remi, de Cavaillon, prenant à l’une ses arènes, à l’autre ses vieilles ruelles étroites et cailloutées comme des torrents à sec, son marché du lundi sous les platanes massifs du Tour-de-Ville, puis un peu partout ces claires routes provençales bordées de grands roseaux, que je courais quand j’étais enfant. »

On saisit ainsi sur le vif les procédés d’inspiration du romancier ; on voit comment il a créé les types de Jeansoulet, du docteur Jenkins et du duc de Mora, dans le Nabab ; de Numa Roumestan ; du sculpteur Caoudal, dans Sapho ; d’Elysée Mérault, des Rois en exil, et de bien d’autres, dans lesquels on croit reconnaître avec exactitude telle personnalité, qui s’évanouit dès qu’on a tourné la page.

Après la publication de Sapho, on parla de l’entrée de Daudet à l’Académie française. Il refusa de poser sa candidature. Dans une lettre demeurée célèbre, il disait : « Mes maîtres dans le conte et le roman, Balzac, Stendhal, George Sand, Théophile Gautier, Flaubert, les Goncourt, n’ont pas été de l’Académie. Pourquoi en serais-je ? Mettons que, durant la vie, les palmes vertes gratouillent notre vanité ; mais la fin venue, quand nos livres sont seuls à parler de nous, l’estampille de l’Académie compte pour bien peu de chose. » Et, pour bien souligner sa résolution, il publia l’Immortel, où une certaine catégorie d’académiciens est assez malmenée.

Alphonse Daudet dans son cabinet de travail avec son épouse
Alphonse Daudet dans son cabinet de travail avec son épouse
Détail d’une peinture de Louis Montegut (vers 1880)

Daudet n’était pas seulement un écrivain. C’était un causeur. Avec quelle bonne grâce, quelle humeur incessamment aimable il vous recevait ! Vivant toujours dans l’intimité de la famille, il avait une tendresse pénétrante et chaude.

C’était un laborieux. Dès le matin à la tâche, il n’abandonnait la plume que le soir. Depuis surtout que la maladie le forçait à rester sédentaire, il passait ses journées dans son cabinet de travail, ayant à ses côtés sa chère femme, une vaillante, sa collaboratrice souvent, à qui, un jour, cloué au lit avant d’avoir achevé les Rois en exil, il disait : « Si je m’en vais, finis mon bouquin ! »

Si Daudet était malade, sous l’enveloppe physique, l’énergie morale demeurait. La tête était restée belle, si le corps était fatigué, contracté ; la parole était vive, l’œil ardent, la bouche souriante. Et, d’ailleurs, tant d’affections, tant de sympathies l’entouraient qu’il oubliait ses souffrances. Jusqu’à la dernière minute, il travailla. Peu avant de rendre l’âme, il venait d’achever un roman : Soutien de Famille. Il y avait à peine mis le mot « Fin », que la mort, en brisant soudain son existence, le prononçait à son tour pour l’épilogue suprême.

Il partit en pleine renommée, le 16 décembre 1897. Il se promettait, dès les beaux jours, de repartir pour sa petite maison de Champrosay, sur les bords de la Seine, dans ce coquet village où se passent les scènes d’un de ses derniers romans : la Petite Paroisse. C’est là que, dès le matin, se promenant dans son jardin, il venait, comme il disait, « boire du soleil ». Le soleil, c’était sa joie ; il entrait pour une grande part dans son œuvre.

 
 

Saisissez votre mail, appuyez
une seule fois
sur OK et patientez
30 secondes
pour la validation




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 


 

 Samain (Samhain), Toussaint, nuit d'Halloween et Fête des morts
 
 Pain mangé par nos aïeux : sa nature, son prix
 
 Des bibliothèques dans les trains ?
 
 Berceuses populaires (Les) : airs entêtants, apaisants, traversant le temps et les provinces
 
 Règles de bienséance et de politesse d'après un traité de 1628
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
BON À SAVOIR
 Une souris qui n'a qu'un trou est bien vite prise
 
 Tous les fous ne sont pas aux Petites-Maisons
 
MANIFESTATIONS
 Napoléon III, l'autre Bonaparte, enfin au coeur d'une exposition insulaire
 
 Mauresse de Moret : une religieuse métisse, fille cachée de Louis XIV ?
 
 
L'ENCYCLOPÉDIE DU TEMPS JADIS
 OFFRE N°1 | Recevez en 48h les 37 volumes papier disponibles édités par La France pittoresque : 900 articles, 1800 illustrations formant une truculente mosaïque de notre riche passé !
 
 OFFRE N°2 | Téléchargez au format numérique l'intégralité des 44 volumes de La France pittoresque parus en 14 années : 1100 articles, 2000 illustrations. L'Histoire enfin captivante !
 
 
 
 
 

 


Les plus récents
 
 13 mai 1832 : mort du naturaliste Georges Cuvier
 
 13 mai 1213 : soumission de Jean sans Terre, roi d'Angleterre, au pape Innocent III
 
 13 mai 1704 : mort de Louis Bourdaloue
 
 13 mai 1809 : les troupes françaises commandées par Napoléon font leur entrée dans la ville de Vienne
 
 
Et puis aussi...
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 5 ARTICLES

 


Mai
 
 

 

 La France pittoresque ne bénéficie d'aucune subvention, qu'elle soit publique ou privée. Prenez activement part à la transmission de notre patrimoine !
 
 Soutenez une véritable réinformation historique et contribuez à la conservation de notre indépendance éditoriale
Vous pouvez également opter pour
un montant libre
 
VOS DONS NOUS SONT PRÉCIEUX
EN SAVOIR +

 

 Facebook
 Twitter
 VK
 Instagram
 LinkedIn
 Pinterest
 Tumblr
 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2019 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
Services La France pittoresque
 
Noël au coin de l'Histoire : boutique d'ouvrages pour vos cadeaux de fêtes de fin d'année
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Twitter

VK

Heypster

Vero

Pinterest

Tumblr

Instagram

YouTube

Librairie

Paris pittoresque

Prénoms

Services