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Quand François Ier se pique de rétablir la justice

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Anecdotes insolites
Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques
François Ier (Quand)
se pique de rétablir la justice
(D’après « Choix d’anecdotes et faits mémorables » (Tome 1), paru en 1792)
Publié / Mis à jour le lundi 16 juin 2014, par LA RÉDACTION
 
 
 
On sait de François Ier que les adversités ne firent que mieux découvrir sa grande âme, et que lorsqu’on lui parlait des dames qu’il introduisit à la cour, et lesquelles, avant son règne, vivaient en province dans d’obscurs donjons, il répondait que « la chasse et les tournois sont sans doute des amusements dignes d’un gentilhomme ; mais une cour sans femmes est une année sans printemps et un printemps sans roses. » Mais l’impétueux roi de France était également épris de justice.

Etant un jour à la chasse aux environs de Blois, il rencontre une femme assez bien mise, accompagnée d’un homme qui pouvait passer pour son écuyer, et d’un autre domestique. Le roi s’en approche et lui demande où elle pouvait aller par un temps aussi froid et aussi mauvais.

« Monsieur, lui dit-elle (car jamais elle ne l’avait vu), je vais à Blois, à dessein d’y chercher quelque protection qui puisse me procurer une entrée au château et l’occasion de me jeter aux pieds du roi, pour me plaindre à sa majesté d’une injustice qu’on m’a faite au parlement de Rouen, d’où je viens. On m’a dit que ce monarque est plein de bonté, qu’il aime ses sujets autant que la justice : peut-être aura-t-il quelque égard à ma triste situation ainsi qu’à la bonté de ma cause.

François Ier
François Ier

« — Exposez-moi franchement votre affaire, mademoiselle, réplique ce monarque : j’ai quelque crédit à la cour, et j’ose même me flatter de pouvoir vous y rendre quelque service auprès du roi, pour peu que vos plaintes soient fondées.

« — Voici, mon cher monsieur, ce dont il s’agit : Je suis veuve d’un bon gentilhomme, qui était homme d’armes de sa majesté, et qui, en cette qualité, l’avait toujours bien servie. Pour continuer d’être en état de faire son service, il emprunta d’un homme de robe ; et, pour sûreté tant du prêt que des intérêts, il engagea sa terre, en quoi consistait tout son bien.

« Mon époux ayant été tué à la bataille ce de ***, je me suis vue dans l’impossibilité de payer les intérêts, et bien moins encore le principal : sur quoi l’impitoyable créancier s’est emparé non seulement de la terre, mais en a recueilli tous les fruits. En vain l’ai-je traduit en justice ; et bien qu’il fût évident que les jouissances eussent égalé, peut-être même surpassé le montant du capital et des intérêts, le crédit de cet Arabe s’est trouvé si puissant, que, sans avoir aucun égard à ma demande en compensation, je viens d’en être déboutée, et même condamnée aux dépens, qui sont, dit-on, très considérables.

« Pour comble de malheur, mon avocat m’assure qu’étant jugée par arrêt, il n’y avait aucun remède, à moins que le roi ne daignât y en apporter lui-même. Dès là vous voyez, monsieur, que, si j’ai le malheur de n’être pas écoutée, je me vois, ainsi que dix enfants que m’a laissés mon époux, sans autre ressource que celle de la mendicité. »

Le roi, touché de ce récit : « Mademoiselle, lui dit-il, continuez votre route ; venez demain matin au château ; demandez M. Tel, et soyez sûre qu’il vous fera parler au roi. »

Ce généreux prince n’oublia pas ce qu’il avait promis, et donna ordre, en arrivant au château, qu’on l’avertît le lendemain, s’il se présentait une femme qui demandât à parler à Tel, de ses gentilshommes. La veuve, s’étant en effet présentée, fut admise à l’instant même dans le cabinet du roi. « C’est moi, dit-il, mademoiselle, c’est-à-dire votre roi lui-même, qui vous promis hier de vous faire parler à lui. »

Qu’on se peigne et la surprise et le trouble que produisit sur la pauvre veuve un événement de cette espèce ! « Rassurez-vous, lui dit-il avec bonté : qu’on appelle le chancelier ; qu’il juge si vos plaintes sont aussi fondées que j’aime à le croire ; et dans ce cas on vous fera justice. »

Le résultat de cet examen fut un ordre au créancier de remettre la veuve en possession de la terre, en recevant ce qui pourrait lui rester légitimement dû, après déduction faite des revenus dont il avait joui ; et, à supposer qu’il ne fût pas pleinement remboursé, permis à lui de se retirer vers sa majesté, qui se chargeait d’y satisfaire.

L’aïeule de Jean Desmarets, assassiné par le seigneur de Talart, s’étant jetée aux pieds de ce monarque pour lui demander justice de la mort de son fils : « Relevez-vous, madame, lui dit-il ; je la dois à tous mes sujets : à la bonne heure s’il s’agissait d’une grâce. » Talart eut, quelques jours après, la tête coupée aux halles.

« Le palais d’un vrai roi, disait-il, doit être ouvert à tous ses sujets, puisqu’ils sont ses enfants. Images de la divinité, nous sommes obligés d’écouter, en tous temps ainsi qu’en tous lieux, les prières qui nous sont faites, et d’y avoir égard, surtout en cas qu’elles soient justes. »

Le connétable de Montmorency, ayant été disgracié, se vit abandonné de tout le monde : de tous ses vieux amis, l’amiral Chabot fut le seul qui lui resta fidèle et ne cessa pas de le voir. Le roi, qu’on ne manqua pas d’en informer, l’ayant fait appeler : « Vous continuez, me dit-on, de voir le connétable ; apprenez que je vous le défends. — Sire, il a pu sans doute, avec quelques raisons qu’ont empoisonnées les flatteurs, déplaire à votre majesté ; et, dans ce cas, je sais tout ce que je dois à mon roi : mais je ne sais pas moins ce que je dois à mon ami, et surtout envers un homme qui servit toujours bien l’état. »

Le roi, piqué de cette réponse, l’ayant menacé de lui faire faire son procès : « Vous en êtes le maître, sire, lui répliqua modestement l’amiral ; je ne demande en ce cas-là ni tort ni grâce : ma conduite fut toujours pure, et ne me fait pas plus trembler pour ma vie que pour mon honneur. »

Le monarque, aussi vif que sensible, et qui, semblable à ses pareils, ne pouvait supporter la résistance, fit à l’instant même arrêter Chabot, que l’on conduisit au château de Melun ; et le chancelier Poyet fut chargé de choisir des commissaires pour lui faire promptement son procès. La besogne était d’autant plus difficile que les charges contre l’amiral se trouvaient toujours dénuées de preuves. Aussi, faute de réelles, après lui en avoir imputé d’imaginaires, ayant été jugé à mort, le chancelier, revenant triomphant de Melun avec la procédure et la condamnation, n’eut rien de plus pressé que de les présenter au roi.

Ce monarque était susceptible d’humeur, mais incapable d’injustice. Après avoir parcouru cette infâme et monstrueuse procédure : « M. le chancelier, s’écria-t-il, je n’avais jamais cru qu’on pût trouver dans mon royaume autant de juges dont l’iniquité fut plus frappante. » A ces mots il fait rappeler l’amiral, fait revoir son procès, et lui rend ses bonnes grâces.

 
 
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