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Être voleur comme une pie. Origine, signification proverbe, expression populaire. Dictionnaire locutions

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Expressions, Proverbes
Proverbes et expressions populaires d’usage courant : origine, signification d’expressions proverbiales de la langue française
Être voleur comme une pie
(D’après « Parémiographe français-allemand ou Dictionnaire des métaphores
et de tous proverbes français adaptés et sanctionnés
par l’Académie française » (par Jacques Lendroy) paru en 1820,
« L’Improvisateur français » paru en 1805 et « Histoires extraordinaires
de chats et autres animaux » (par Jean-Joseph Julaud) paru en 2015)
Publié / Mis à jour le vendredi 5 juin 2020, par LA RÉDACTION
 
 
 
Ne pouvoir s’empêcher de dérober des objets

Oiseau blanc et noir de la famille des corneilles et des corbeaux, faisant son nid d’une manière fort ingénieuse sur les arbres les plus hauts, la pie est capable de quelque discipline quand elle est apprivoisée. L’expression à laquelle elle a donné lieu vient de ce que la tradition populaire prête à cet oiseau le fait de cacher tout ce qu’il trouve, d’aimer tout ce qui reluit et surtout l’acier, l’or et l’argent. C’est ce qui a poussé Vossius, après Pline, à l’appeler Monedula, a surripiendis monetis.

Le trait suivant appuie l’opinion de ces deux grands naturalistes. On rapporte en effet qu’un certain Allard, bourgeois très riche, élevait une pie qui faisait tout son plaisir. Mettant lui-même tout sous clef, il remarqua avec étonnement que ses cuillères d’argent et quelques diamants montés en or, lui manquaient depuis quelque temps.

La pie. Planche de Jan Christiaan Sepp extraite de Nederlandsche vogelen par Cornelis Nozeman (collection en cinq tomes parus entre 1770 et 1829)
La pie. Planche de Jan Christiaan Sepp extraite de Nederlandsche vogelen
par Cornelis Nozeman (collection en cinq tomes parus entre 1770 et 1829)

N’ayant d’autre soupçon que sur sa servante, il la menaça de la livrer entre les mains de la justice, si dans l’espace de vingt-quatre heures, elle ne lui restituait pas tout ce qu’elle lui avait volé. Cette pauvre malheureuse eut beau protester de son innocence, son maître la livra entre les mains de la police, qui la mit à la question et, à force des tortures les plus affreuses, lui fit avouer un crime dont elle n’était absolument pas coupable. D’après son aveu, elle fut condamnée à être pendue, la sentence ayant lieu à une heure de l’après-midi.

Au bout d’un certain laps de temps, le maître de cette infortunée fit réparer sa toiture, et fut fort surpris de voir le maître couvreur lui rapporter les diamants et les cuillères que sa servante était censée avoir volés. Frappé comme de la foudre, à la vue de ces objets, il se fait montrer la place où ils s’étaient trouvés, et reconnaît à la quantité d’ordures de sa pie, que son oiseau était le seul et unique voleur et l’avait rendu homicide.

Sa conscience le torture, il vole chez l’archevêque, à qui il fait confession de son crime, et le supplie de sauver l’honneur de sa servante et le repos de son âme. L’archevêque, en homme très prudent, lui conseilla de donner tout son bien à la famille de sa servante, par un acte authentique, dont on ne donnerait connaissance qu’après sa mort, et lui fit faire la fondation d’une messe qui se disait toutes les semaines, le jour et à l’heure où la servante avait été exécutée. Cette messe fut depuis nommée la messe de la pie.

Si cette messe eut effectivement bien lieu, à Saint-Nicolas du Chardonnet, on parle diversement de l’époque et des circonstances du drame qui l’avait induite. Ainsi, une variante de l’anecdote rapportée par la femme de lettres Anne-Marguerite du Noyer (1663-1719) dans ses Lettres historiques et galantes (1707) met en scène, vers 1500, un orfèvre demeurant sur la paroisse Saint-Jacques de la Boucherie, perdant tous les jours quelques bijoux, et qui se mit en tête de découvrir quel était le voleur domestique qui les lui enlevait. Le soupçon ne pouvait tomber que sur quelqu’un de ses garçons de boutique, ou sur une servante qui composaient tout son domestique.

Résolu d’éprouver en premier lieu celle-ci, il choisit pour cela un dimanche, la laissant seule toute la journée, sous le prétexte que les garçons n’étaient point au logis, et que lui-même avait à sortir. Il avait mis, sur sa table, des pierreries, qu’il avait fait semblant d’oublier, et dont il trouva le nombre diminué à son retour.

Pendaison d'Anne du Bourg le 23 décembre 1559 en place de Grève, à Paris. Gravure (colorisée ultérieurement) de Frans Hogenberg (1535-1590)
Pendaison d’Anne du Bourg le 23 décembre 1559 en place de Grève, à Paris.
Gravure (colorisée ultérieurement) de Frans Hogenberg (1535-1590)

Le marchand ne chercha pas d’autre conviction. La preuve lui parut assez forte pour mettre sa servante entre les mains de la justice, qui la condamna à mort, la malheureuse expiant sur une potence, en place de Grève, un crime qu’elle n’avait point commis. Selon cette même version de l’anecdote, c’est quelques années plus tard qu’une pie que l’orfèvre aimait beaucoup, prit en sa présence une bague dans son bec et, nantie de la proie, s’envola sur un arbre planté au milieu d’une basse-cour. Il la suivit, et ne fut pas peu surpris de trouver dans un trou du tronc de l’arbre tous les bijoux précédemment dérobés.

Cette anecdote fut reprise en 1815 par les auteurs dramatiques Louis-Charles Caigniez et Charles d’Aubigny qui donnèrent pour prénom à la malheureuse jeune fille Annette, et déplacèrent l’action à Palaiseau. Leur pièce de théâtre La Pie voleuse ou la Servante de Palaiseau, mélodrame en trois actes, devint sous la baguette de Rossini un opéra : La Pie voleuseLa Gazza ladra —, créé en 1817 à Milan. Le récit de l’opéra se termine poins tragiquement : la jeune fille, Ninetta, soupçonnée du vol, est reconnue innocente.

 
 
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