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15 mars 1701 : mort du poète Jean Regnault de Segrais - Histoire de France et Patrimoine


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15 mars 1701 : mort du poète
Jean Regnault de Segrais
Publié / Mis à jour le mercredi 13 mars 2013, par LA RÉDACTION

 

Si le nom de Segrais est encore célèbre, ses ouvrages sont tombés dans un oubli presque absolu. La renommée de son talent ne subsiste même aujourd’hui que grâce à l’hommage dont l’a honoré, dans son Art poétique, ce Boileau, si terrible pour tant d’auteurs plus dignes de mémoire, si injuste même pour La Fontaine, dont il n’a pas daigné faire mention.

Jean Regnault de Segrais
Jean Regnault de Segrais

Segrais naquit le 22 août 1624, dans la ville de Caen, dont il fut depuis premier échevin. Les dissipations de son père, qui avait laissé une nombreuse famille, semblaient lui imposer la nécessité de s’ouvrir une carrière lucrative, et il avait été d’abord destiné à l’état ecclésiastique, où sa naissance lui offrait une perspective brillante : mais les séductions de la poésie vinrent bientôt, comme on en a tant d’exemples, le distraire des calculs d’une froide raison ; et sa faute fut heureuse, puisqu’il trouva la fortune dans les occupations où il n’avait cherché que le plaisir et la renommée.

Ses premiers essais en littérature sont du genre le plus frivole, et sa muse naissante ne fit éclore que des chansons et de petites nouvelles. Cependant il ne tarda pas à manifester sa vocation pour la pastorale, en commençant un poème intitulé Athys, du nom d’un passage de la rivière d’Orne à une lieue de Caen. L’idée de cet ouvrage était singulière, et décelait une imagination poétique. Segrais y personnifiait les villages, les hameaux, les rivières des environs, et, renouvelant la fiction d’Amaryllis et de Galatée, dans la première églogue de Virgile,il donnait la vie, il prêtait des sentiments et un langage aux lieux muets et inanimés qui avaient été témoins des jeux de son enfance.

Bientôt il prit un essor plus hardi ; le roman de Bérénice, dont il hasarda les deux premières parties, et une tragédie sur la mort d’Hippolyte, attirèrent sur lui l’attention de tous ceux qui s’occupaient de littérature dans la province. Il n’avait pas encore atteint sa vingtième année, lorsque le comte de Fiesque, fils de la gouvernante de Mademoiselle, l’accueillit pendant le séjour qu’il fit à Caen, où il s’était retiré par suite d’une disgrâce momentanée. Lorsque ce seigneur vint à Paris, fier de pouvoir se déclarer le protecteur du jeune poète dans une cour où l’esprit et les talents étaient à la mode, il emmena Segrais avec lui, le produisit dans le grand monde, et, en 1648, le fit entrer comme secrétaire au service de Mademoiselle.

Plus tard, lorsque Segrais eut quitté la soutane pour l’épée, Mademoiselle lui accorda le rang de gentilhomme ordinaire. Ce fut en cette qualité qu’il la suivit à Saint-Fargeau, où il entreprit, dans la solitude qu’il savait se créer au milieu du grand monde, la tâche longue et pénible de traduire l’Énéide en vers français ; il se délassait de ce travail sérieux et assidu par des compositions plus légères, par des églogues que lui inspiraient à la fois et les souvenirs de sa jeunesse et le charme présent de la riante campagne où son emploi le retenait ; par des stances, des chansons ingénieuses et galantes, et par un recueil de Nouvelles françaises, qu’il intitula Divertissement de la princesse Aurélie, dédicace indirecte à Mademoiselle, fille du duc d’Orléans. Ce dernier ouvrage coûta peu de frais à l’imagination de l’auteur, qui se contenta d’y revêtir d’un style facile et gracieux quelques historiettes racontées à la cour de sa protectrice, et d’y tracer les portraits de plusieurs femmes du temps.

Cette vie oisive et studieuse à la fois, ce mélange d’une existence de cour et d’un travail de cabinet, ce double état de poète et de gentilhomme ordinaire, qui faisait de l’exercice de ses fonctions le moment de son repos, et ne lui laissait d’occupés que ses loisirs, était sans doute une situation assez favorable à Segrais, qui, par sa naissance, tenait à l’aristocratie, et par son esprit, comme par son manque de fortune, à la classe des gens de lettres. Un noble motif, qui atteste l’indépendance de son caractère, le priva de ces avantages. Il regarda comme indigne de la princesse à laquelle il s’était attaché le mariage qu’elle voulait contracter avec Lauzun, et il eut la généreuse imprudence de ne pas le dissimuler. Rarement les princes sont reconnaissants d’un zèle qui contrarie leurs désirs. En 1672, Segrais fat obligé de quitter sa royale protectrice.

Madame de La Fayette lui offrit un asile dans sa maison ; et ce fut là qu’il prit part, au moins par ses conseils, à la composition de Zaïde, qui fut même d’abord publiée sous son nom. Il passa encore pour n’avoir pas été étranger au délicieux roman de la Princesse de Clèves. En 1662, il avait été reçu à l’Académie française, qui l’appelait le cordon-bleu des beaux esprits ; à l’âge de cinquante-deux ans, fatigué de la vie tumultueuse qu’il menait à Paris, il se retira dans sa ville natale, où il épousa une riche héritiêre qui lui était alliée par le sang.

Mais, dans son repos même, fidèle aux goûts et aux occupations qui avaient fait sa gloire, il rassembla dans sa maison l’académie de Caen, dispersée par la mort d’un premier protecteur. Vainement essaya-t-on de l’attirer encore à la cour, en lui proposant l’éducation du duc du Maine. La surdité dont il se trouvait alors atteint lui fournit un prétexte pour refuser l’honneur dont on le menaçait. « L’expérience, dit-il gaiement à cette occasion, m’a appris qu’il faut à la cour de bons yeux et de bonnes oreilles. » Au reste, s’il n’entendait plus, il se faisait toujours écouter avec le plus vif intérêt ; et le charme de sa brillante conversation fit de sa maison le rendez-vous de la meilleure société de sa ville.

On dit qu’il n’avait jamais pu perdre l’accent normand, malgré sa longue habitude de la cour. C’est ce qui fit dire à mademoiselle de Montpensier, en s’adressant à un gentilhomme qui allait faire avec Segrais le voyage de la Normandie : « Vous avez là un fort bon guide, il sait parfaitement la langue du pays. » Il racontait très bien, mais longuement. « Il n’y a, disait-on, qu’à monter Segrais, et le laisser aller. » C’est de ses conversations chez un intendant de Caen qu’a été tiré le Segraisiana. On prétend qu’un homme de confiance, caché derrière une tapisserie, écrivait à mesure que Segrais parlait.


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