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18 février 1756 : un tremblement de terre secoue Paris. Séisme de Lisbonne en 1755, secousses sismiques - Histoire de France et Patrimoine


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Événements marquants

Evénements ayant marqué le passé et la petite ou la grande Histoire de France. Faits marquants d’autrefois.


18 février 1756 : un tremblement
de terre secoue Paris
(D’après « Bulletin de la Société de l’histoire de Paris
et de l’Ile-de-France », paru en 1906)
Publié / Mis à jour le mercredi 29 août 2012, par LA RÉDACTION

 
 
 
Le tremblement de terre qui bouleversa Lisbonne le 1er novembre 1755 eut sa répercussion dans le monde entier. Pendant plus d’un an, des secousses sismiques, accompagnées d’étranges phénomènes, furent enregistrées sur presque tous les points du globe. Mais on sait moins qu’à Paris même, au vu des témoignages collectés par le géographe Buache, des secousses constituant des répliques de ce séisme furent constatées le 18 février 1756.

Les corps savants s’émurent, l’opinion publique se passionna pour le séisme de novembre 1755 : l’avocat Marchand en fit une tragédie plaisant — Le Tremblement de terre de Lisbonne, tragédie par M. André, perruquier. L’avocat Marchand est l’auteur de cette facétie —, le président Hénault rima des vers — poème su r la destruction de Lisbonne ou examen de cet axiome : « Tout est bien » —, Voltaire écrivit Candide — il est vrai qu’il ne publia son œuvre qu’en 1759.

Paris, pourtant, n’eut pas à souffrir du cataclysme. Quelques personnes prétendirent bien avoir ressenti le jour fatal quelques secousses : « M. de Loches, ministre de Hollande, demeurant rue du Colombier, a dit avoir senti le tremblement de terre du 1er novembre 1755. On dit que quelques capucins de la rue Saint-Honor& ont déclaré l’avoir aussi ressenti », rapporte le géographe Buache.

Tremblement de terre de Lisbonne le 1er novembre 1755
Tremblement de terre de Lisbonne le 1er novembre 1755

Mais leur témoignage venu assez tardivement resta sujet à caution. Les savants, d’ailleurs, gardaient quelque méfiance à l’égard des propos qu’on leur tenait et taxaient volontiers d’hallucinations les observations qui n’étaient pas contrôlées par des personnes sûres.

Cependant, le 18 février 1756, en pleine Académie des sciences, l’agronome Duhamel du Monceau crut devoir annoncer à ses collègues que le matin même « une personne qu’on saignoit s’étoit apperçue, à 7 heures 1/2, d’un mouvement de la terre » (Bibliothèque de l’Institut Registres de l’Académie des sciences, année 1756). Cette communication souleva-t-elle quelque remarque ? La réalité du fait fut-elle contestée ? Les registres de l’Académie n’en disent rien. Mais, à la séance suivante, le samedi 26 février, le géographe Philippe Buache, qui entre temps s’était livré à une enquête, revint avec un mémoire dont il donna lecture.

Ce mémoire, intitulé « Remarques sur le tremblement de terre ressenti à Paris et à Versailles, mercredi 18 février », portait que :

Comme je suis occupé à rassembler les observations sur les tremblements qui se sont fait sentir dans une grande portion du globe depuis le mois de novembre dernier et qui paraissent une suite de ceux de Lisbonne, j’ai pensé qu’il pouvait être utile de rapporter quelques-uns des faits qui attestent le mouvement qu’on a ressenti dans cette ville mercredi dernier.

Les tremblements ont été extrêmement rares et légers à Paris. On en eut quelque mouvement en 1580 (« Ce mesme jour de mercredi 6e avril advinst tremblement de terre espouvantable à Paris, Chasteau-Thierri, Calais, Boulogne et plusieurs autres villes de France, petit toutefois à Paris au prix des autres villes. » Mémoires-Journaux de P. de l’Estoile) dans le tremblement qui se fit sentir par tous les Pays-Bas et depuis Cologne jusqu’à Paris, et au delà de la mer jusqu’à York ; le lit de la Manche ayant été ébranlé jusqu’au point de faire périr 25 à 30 vaisseaux.

L’année précédente, 1579, il y avait eu une irruption des plus furieuses de l’Etna. Une personne digne de créance m’a dit vers 1720 que, sur la fin du siècle dernier, elle avait ressenti à Paris un mouvement assez sensible pour que la batterie de sa cuisine fût ébranlée de manière que les ustensiles de cuivre s’entrechoquèrent et qu’elle se sentit elle-même remuée sur sa chaise. Il y a apparence qu’il s’agit ici du tremblement de 1692 qui fut considérable dans le royaume de Nappes et en Frioul, et que l’on ressentit dans la basse Allemagne, la France, les -Pays-Bas et l’Angleterre (voir Mercure galant, octobre 1692).

Le mouvement que plusieurs personnes ont ressenti mercredi dernier, poursuit Buache, a été peu considérable, mais il a été reconnu dès le même jour pour être une secousse de tremblement de terre parce que ces personnes ont toutes déclarées qu’à 7 heures 3/4 environ elles avaient senti un mouvement. Celles qui étaient dans leurs lits ont eu un balancement et celles qui étaient levées se sont senti remuées et enfin une personne à Versailles a cru avoir un espèce d’éblouissement qu’il attribuait à un travail de cabinet depuis 5 heures du matin.

On peut dire en général que, de toutes ces personnes, les unes ont attribué leurs mouvements involontaires à quelques causes particulières pendant que les autres ont pensé que ce pouvait être une secousse de tremblement. Comme cela est arrivé en différents quartiers de la ville, il en résulte qu’il y a eu quelque secousse intérieure au droit de Paris et de Versailles. Les personnes qui l’ont observé avec plus d’attention s’accordent à dire que sa direction était du nord au sud.

Tremblement de terre de Lisbonne le 1er novembre 1755
Tremblement de terre de Lisbonne le 1er novembre 1755

Comme il me paraît qu’il n’est pas indifférent d’indiquer les quartiers où j’ai appris qu’il y a eu des marques plus sensibles de cette secousse, j’ai cru devoir les rapporter ici en suivant les hauteurs des terres du nord et du midi, qui se trouvent le long du cours de la Seine dans la traversée de cette ville et que j’ai indiqué sur le second plan de Paris qui a été mis dans le volume des Mémoires de 1742 â l’occasion de l’inondation de 1740 (Mémoires de l’Académie des sciences, année 1742).

Du côté du nord
A Chaillot, des personnes dignes de foi se sont aperçu de la secousse par une espèce de tressaillement, au rapport de Monsieur le chevalier d’Arcy. A la Bibliothèque du Roi, par M. Bignon, qui s’en est aperçu comme tremblement. Dans le même endroit par une demoiselle qui a cru que c’était des chats qui avaient dérangé quelques choses. Au Louvre et près de ce lieu, MM. Camus et Deparcieux l’ont ressenti comme tremblement. A Bon-Secours, les religieuses effrayées sont sorties de leurs cellules, comme nous l’avons appris de M. de Réaumur.

(Postérieurement à ce mémoire, Buache recueillit les observations suivantes sur le tremblement de terre du 18 février au nord de la Seine : « Cinq capucins de la rue Saint-Honoré, logés en haut, ont ressenti le tremblement. Trois feuillants, rue Saint-Honoré, ont ressenti aussi le tremblement. Plus, à Montmorency (Enghien) la moitié de la maison de l’Oratoire a ressenti le tremblement et aussi plusieurs personnes du même lieu »)

Du côté du midi
Aux Quatre-Nations, le mouvement a été aperçu par M. de la Cailles et autres personnes de la maison. Au séminaire de Saint-Sulpice, plusieurs ecclésiastiques ont eu leur table ébranlée. Aux Jésuites de la rue Saint-Jacques, le tremblement s’est fait sentir dans trois corps des bâtiments de la maison. Les réthoriciens effrayés sont sortis de leurs chambres. A la rue des Fossés de M. le Prince, vis-à-vis la rue de Vaugirard, M. de Guignes s’est aperçu d’un mouvement du nord au sud à 7 heures 45.

A Sainte-Geneviève, M. Pingré et M. Bernard (de Jussieu) s’en sont aperçu comme tremblement. Le premier a observé des vibrations et que le balancement était du nord au sud et a remarqué qu’il était à sa montre 7 heures 3/4 à une ou deux minutes près. A la rue de Saint-Jean de Beauvais, par une fille de chambre et une domestique de la même maison.

Ce sont les premières observations qui sont venues à ma connaissance. A l’égard de l’île du Palais où je demeure dans la partie occidentale qui est formée de terres rapportées, je ne me suis aperçu d’aucun mouvement quoique je fusse ce jour, dès 5 heures du matin, à travailler avec beaucoup de tranquillité à l’arrangement d’une table, par ordre alphabétique, des lieux où les tremblements se sont fait sentir depuis quelques mois en Europe et ailleurs.

Mais j’ai appris que dans la partie orientale qui est le terrain solide de l’île, c’est-à-dire dans l’hôtel des Ursins, on s’était aperçu d’un mouvement qui avoir effrayé des personnes qui travaillaient dans leur cabinet. Ainsi, il paraît que la secousse dont il s’agit s’est fait sentir dans la chaîne du nord, par les hauteurs de Chaillot et de Menil-Montant, en passant par la butte Saint-Roch, comme dans la chaîne du midi, par l’île du Palais et celle de Saint-Louis, où M. du Hamel a dit qu’une personne s’était aperçue du tremblement.

D’ailleurs, le mouvement observé à Versailles semble indiquer la communication qu’il peut y avoir avec la chaîne du midi de Paris par les hauteurs de Meudon et de Sainte-Geneviève, en passant par l’élévation du terrain du faubourg Saint-Germain.


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