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24 janvier 1769 : mort de François de Chevert, général de Louis XV

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24 janvier 1769 : mort de
François de Chevert, général de Louis XV
(D’après « Biographie universelle ancienne et moderne » (Tome 8)
édition de 1880 et « Revue du monde catholique » paru en 1883)
Publié / Mis à jour le samedi 23 janvier 2021, par LA RÉDACTION
 
 
 
Fils d’un bedeau honoraire de la cathédrale de Verdun et devant à ses précoces dispositions militaires d’être promu lieutenant dans un régiment d’infanterie à l’âge de 11 ans, François de Chevert ne dut qu’à lui seul toute sa renommée, se distingua notamment lors de la prise puis du siège de Prague, devint maréchal de camp de Louis XV et mourut couvert de gloire

Lieutenant général des armées du roi né à Verdun le 2 février 1695, il montra de bonne heure un goût prononcé pour la profession des armes. Des mémoires authentiques nous apprennent qu’un colonel, témoin de la précision avec laquelle Chevert, âgé seulement de 9 ans, exécutait des évolutions militaires, le plaça comme volontaire dans un régiment.

Louis XIV, instruit des dispositions extraordinaires du jeune soldat, lui fit donner le grade de lieutenant dans le régiment d’infanterie commandé par le colonel de Carné. La lettre du roi est datée de Marly du 18 août 1706 ; ainsi Chevert n’avait que onze ans et sept mois.

François de Chevert. Illustration extraite de Portraits des grands hommes, femmes illustres et sujets mémorables de France : gravés et imprimés en couleurs. Dédié au Roi d'Antoine Sergent, paru en 1786
François de Chevert. Illustration extraite de Portraits des grands hommes,
femmes illustres et sujets mémorables de France : gravés et imprimés
en couleurs. Dédié au Roi
d’Antoine Sergent, paru en 1786

Nommé bientôt lieutenant colonel, il fit en cette qualité la campagne de Bohême, en 1741, et eut l’honneur de commander les grenadiers de l’attaque du comte de Saxe pour l’escalade de Prague. Au moment où l’on posait la première échelle, il assembla les sergents de son détachement : « Mes amis, leur dit-il, vous êtes tous braves, mais il me faut ici un brave à trois poils (ce fut son expression). Le voilà », ajouta-t-il en s’adressant au nommé Pascal, sergent des grenadiers du régiment d’Alsace. « Camarade, montez le premier, je vous suivrai ; quand vous serez sur le mur, le factionnaire criera vardo. Ne répondez pas ; il lâchera son coup de fusil, et vous manquera ; vous tirerez et vous le tuerez. »

Tout réussit comme il l’avait dit. Chevert entra le premier dans la ville, où il maintint un si bon ordre qu’aucune maison ne fut pillée. Le roi le créa brigadier, par brevet du 15 décembre de la même année. Il commanda dans la ville sous le comte de Bavière, servit avec la plus grande distinction pendant le siège, et, malgré la disette de toute espèce, on dut à ses soins et à ceux de Monsieur de Séchelles, intendant de l’armée, un ordre et une économie si bien entendus que les troupes ne manquèrent jamais du nécessaire.

Lorsque le maréchal de Belle-Isle sortit de Prague avec l’armée, la nuit du 16 au 17 décembre 1742, emmenant avec lui quarante otages et trois états, il y laissa Chevert avec 1800 hommes, les malades et les convalescents. Avec une aussi faible garnison, Chevert y tint jusqu’au 26 du même mois ; il menaça le prince Johann von Lobkowitz, commandant de l’armée autrichienne, de faire sauter une partie de la ville, et de périr sous ses décombres avec sa garnison, si on ne lui accordait pas une capitulation honorable, et il sortit de la ville, le 2 janvier 1743, avec sa garnison, les honneurs de la guerre, deux pièces de canon, et fut conduit à Egra, aux dépens de la reine de Hongrie.

Employé depuis en Dauphiné et à l’armée d’Italie, il servit avec la plus grande distinction, fut créé maréchal de camp en 1744, et lieutenant général en 1748. On lui dut, en 1757, le succès de la bataille de Hastenbeck, en Allemagne (durant la guerre de Sept Ans). Chargé de l’attaque du bois qui couvrait la gauche de l’ennemi, avec les brigades de Picardie, de Navarre et de la Marine, il prit la main du marquis de Bréhant, colonel de Picardie, l’un des plus braves hommes des troupes du roi, et lui dit : « Mon ami, jurez-moi, foi de gentilhomme, de périr avec tous les braves que vous commandez, plutôt que de reculer. » Les ennemis, se voyant tournés et repoussés par cette attaque vigoureuse, se retirèrent en désordre.

Commandeur de l’ordre de Saint-Louis en 1754, il fut nommé grand croix en 1758, et depuis employé dans les armées jusqu’en 1761.

François de Chevert était grand et bien fait ; ses yeux étaient vifs et pleins de feu ; il avait beaucoup d’esprit naturel, parlait avec une grande facilité, contait bien et volontiers, surtout les faits de guerre auxquelles il avait eu part. Il avait avec les troupes ce ton confiant, exalté et un peu grivois qui plaît au soldat, anime son courage, et lui fait braver les plus grands dangers.

Un talent rare pour les évolutions militaires, dans un temps où cette partie était négligée, le fit connaître de bonne heure. Une étude et une pratique constante de l’art de la guerre, une exécution prompte, une valeur brillante, des actions d’éclat, lui firent à juste titre une grande réputation.

Les biographies de François de Chevert sont fort rares. Certains auteurs ont fait de lui le fils d’un maître d’école. Mais une biographie rédigée en 1861 par un parent de l’illustre homme de guerre, Gaston des Godins de Souhesmes, nous apprend que « son père, Louis-Humbert Chevert, était bedeau honoraire à la cathédrale de Verdun ; et sa mère, Marguerite-Benoiste Vernier, appartenait à une famille bourgeoise de cette ville. » Gaston des Godins mentionne un acte notarié du 26 janvier 1660 dans lequel, Humbert Chevert, aïeul du général, est qualifié verger de la cathédrale de Verdun.

Il est d’autant plus admissible que le père de François de Chevert a succédé à l’aïeul dans cette qualité de verger, que, suivant notre biographe, il ne faut pas confondre les bedeaux honoraires avec les bedeaux du XIXe siècle. « Ces places, dit Gaston des Godins de Souhesmes, loin d’appartenir à des gens salariés pour faire la police des églises, étaient des charges qui n’astreignaient à aucun service et qu’on achetait même assez cher. Mais elles faisaient jouir les acquéreurs de certains privilèges ; ainsi, le bedeau honoraire était exempté de la taille, du service militaire, etc. »

François de Chevert inspire l'intrépidité. Illustration extraite de Portraits des grands hommes, femmes illustres et sujets mémorables de France : gravés et imprimés en couleurs. Dédié au Roi d'Antoine Sergent, paru en 1786
François de Chevert inspire l’intrépidité. Illustration extraite de Portraits
des grands hommes, femmes illustres et sujets mémorables de France : gravés
et imprimés en couleurs. Dédié au Roi
d’Antoine Sergent, paru en 1786

Les uns le faisaient fils d’un bedeau de la cathédrale de Verdun, d’autres d’un maître d’école ; ce qu’il y a de certain, c’est qu’il était né de parents très pauvres, et qu’il devint orphelin presque en naissant. Il parlait avec indifférence de sa naissance, dont on l’accusait injustement de tirer vanité. Pendant qu’il commandait le camp de Richemont, en 1753, une fermière du canton vint le voir ; il l’accueillit, la présenta comme sa parente, et la renvoya fort contente de lui.

Il mourut à Paris, le 24 janvier 1769, âgé de 74 ans, et fut enterré à Saint-Eustache. On lui éleva un monument où son médaillon en marbre blanc est très ressemblant. Voici son épitaphe, attribuée à Diderot :

Cy-gît
François de Chevert
Commandeur grand-croix de Saint-Louis
Chevalier de l’Aigle Blanc de Pologne
Gouverneur de Givet et Charlemont
Lieutenant général des armées du roi
Sans aïeux, sans fortune, sans appui,
Orphelin dès l’enfance,
Il entra au service à l’âge de onze ans
Il s’éleva malgré l’envie à force de mérite
Et chaque grade fut le prix d’une action d’éclat
Le seul titre de maréchal de France
A manqué non pas à sa gloire
Mais à l’exemple de ceux qui le prendront pour modèle
Il était né à Verdun-sur-Meuse le 2 février 1695
Il mourut à Paris le 24 janvier 1769
Priez Dieu pour le repos de son âme.

 
 
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