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Xylella Fastidiosa : chronique d’un désastre annoncé pour les oléiculteurs corses - Histoire de France et Patrimoine


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Xylella Fastidiosa : chronique d’un désastre
annoncé pour les oléiculteurs corses
(Source : Corse Net Infos)
Publié / Mis à jour le jeudi 23 avril 2015, par LA RÉDACTION

 
 
 
Déjà détectée en Italie, la bactérie Xylella Fastidiosa, « tueuse d’oliviers », inquiète les agriculteurs corses et notamment les producteurs d’olives, l’arbre étant en effet directement touché par cette bactérie transmise par les insectes

Le paysage est gris argent à l’infini. Une oliveraie géante s’étale sur tout le talon de la botte italienne, le Salento coincé entre deux mers, l’Adriatique et la Ionienne, à l’extrême Sud-Est des Pouilles. Dans cette ancienne colonie de ce qu’Ovide appelait « La Grande Grèce », qui englobe la province de Lecce et une partie de celles de Brindisi et de Tarente, l’olivier est la culture nourricière et millénaire, le patrimoine inestimable et chéri, légué par les ancêtres grecs dont le parler antique subsiste encore dans certains villages. Il est, pour tous les habitants, l’arbre de vie qui plonge ses racines dans le passé pour assurer le présent et conforter l’avenir.

Une culture, un patrimoine, un paysage et un avenir, aujourd’hui, frappés d’interdit, menacés d’anéantissement par une simple bactérie venue d’ailleurs, portant avec elle le désespoir, la destruction et la mort. Un plant de café, importé du Costa-Rica et infecté par la xylella fastidiosa, contamine la cicadelle locale, un insecte qui pullule dans les Pouilles, comme en Corse. L’insecte contaminé devient une arme de destruction massive et infecte 30 000 hectares d’oliviers qu’elle condamne sans appel puisqu’à ce jour, aucun antidote, aucun traitement n’existe pour éradiquer le fléau. Pourtant, cela fait, plus d’un siècle que les scientifiques s’y emploient en vain !

Les vignobles dévastés
La xylella fastidiosa n’est pas une maladie nouvelle ! Elle apparaît, pour la première fois en 1882, dans le Sud de la Californie, près de Los Angeles, où elle attaque la vigne et dévaste les vignobles. Transmise déjà par la cicadelle, elle produit un gel qui empêche l’eau de circuler dans les tissus végétaux, provoquant, ainsi, leur dessèchement. Appelée « maladie de Pierce », du nom du professeur qui l’étudie, l’épidémie gagne, au début des années 1930, le Nord de la Californie et ravage La Napa Valley, une des régions viticoles les plus importantes et les plus prestigieuses des Etats-Unis.

Comme il s’avère impossible d’éliminer cet agent pathogène, les viticulteurs américains apprennent à vivre avec ! Dès les années 70, la xylella infecte mortellement d’autres plantes et cause des maladies appelées la « phoney disease » pour les pêchers ou le « leaf scorch » pour le laurier-rose et les plantes ornementales, et se propage dans 27 Etats américains. Elle atteint l’Amérique du Sud où elle touche le café au Costa-Rica, les agrumes au Brésil et en Argentine. En 2012, plus de 60% des orangers et deux millions de citronniers de la région de Sao Paulo sont infectés. Les mandariniers, eux, résistent à la bactérie. Nul ne sait pourquoi !

Trop d’incertitudes
Il faudra plus d’un siècle aux scientifiques pour réussir à isoler la cellule de la xylella et à l’étudier, elle leur donne tellement de fil à retordre qu’ils l’affublent de l’adjectif « fastidiosa », la fastidieuse ! Les 200 chercheurs, réunis en symposium (en octobre 2014) à Gallipoli, espèrent « trouver des idées nouvelles » pour lutter contre la maladie et proposer des solutions à mettre en œuvre. Mais personne ne se fait trop d’illusions, car en dépit des avancées déjà réalisées, trop peu de chercheurs et de laboratoires y travaillent, faute de fonds disponibles ! Les crédits alloués sont dérisoires face à l’ampleur de la catastrophe qui s’annonce.

Récolte des olives en Corse au milieu du XXe siècle
Récolte des olives en Corse au milieu du XXe siècle

Et ce que l’on sait déjà contient plus d’incertitudes que de certitudes ! On sait, depuis peu, que l’efficience de la transmission varie selon la plante, l’insecte et le génotype de la bactérie. Plus de 13 espèces d’insectes sont des vecteurs de transmission potentiels. Mais, la propagation de la xylella ne se résume pas à la présence de cicadelles infectées, elle dépend d’une conjonction de facteurs environnementaux, surtout climatiques. « La diffusion exponentielle de la bactérie se fait d’arbre en arbre par de multiples vecteurs et par différents génotypes. La maladie peut toucher toutes les plantes. Elle s’étend, aujourd’hui, jusqu’à Taïwan et menace l’Europe et la Chine. Mais, comme elle change radicalement d’un lieu à un autre, on ne comprend pas pourquoi elle se diffuse ou pas, alors que les conditions climatiques sont similaires », explique le professeur Purcell de l’université de Californie, spécialiste mondial de la xylella.

Un climat propice
« Un climat humide et chaud est plus favorable à la transmission et à l’explosion de l’infection. Plus le temps est chaud, plus la maladie se propage, alors que le froid tend à la limiter. La bactérie peut, déjà, être présente dans un lieu, ne pas s’exprimer et être soudain révélée par une hausse des températures », poursuit H.D. Coletta Filho, responsable des recherches à l’Institut agronomique de Campinas au Brésil. En même temps, l’hiver n’a pas stoppé l’épidémie en Floride ! En bref, comme le résume le professeur Domenico Bosco, chercheur au département des sciences de l’agriculture, de la forêt et de l’alimentation à l’université de Turin : « Nul ne peut savoir si la maladie va ou non se développer dans une région, ni quelle plante elle va infecter ! Elle peut toucher, dans un endroit, la vigne et, dans un autre, l’olivier ! » D’où la complexité de l’incertitude sur les risques éventuels de diffusion et la difficulté de trouver des réponses pour éradiquer ou simplement contenir le fléau.

Peu de réponses
Une incertitude d’autant plus inquiétante que tous les scientifiques présents au symposium ne cachent, ni leur scepticisme, ni leur pessimisme. « La xylella est une bactérie qui fonctionne sur le même mode qu’une bactérie humaine et comporte les mêmes risques de transmission et la même difficulté, voire l’impossibilité, d’obtenir une réponse définitive d’un point de vue scientifique », prévient Marina Bardi, coordinatrice du Comité scientifique international. D’où la nécessité d’évaluer en permanence l’efficacité des mesures prises afin de les réajuster : ce sera le rôle du Comité. Aucun scientifique n’élude le risque de propagation du fléau en Europe, notamment en Corse, en Sardaigne et en Sicile. « C’est évidemment une probabilité comme pour les bactéries humaines, comme pour toute bactérie et toute maladie ».

Les herbicides en question
Un collectif d’associations de défense de la santé publique des citoyens pointe du doigt « l’utilisation massive, sans aucun contrôle, des herbicides et pesticides dans l’agriculture locale, qui ont préparé le terrain à l’expansion de la xylella. Les herbicides détruisent les plantes et engendrent un milieu favorable aux bactéries ». Un avis que ne partage pas Daniel Sainte-Beuve, responsable des filières végétales auprès de l’ODARC, mandaté pour évaluer la situation dans les Pouilles et le risque potentiel pour la Corse. « C’est un point de vue. Quand les plantes sont affaiblies, les herbicides accentuent, éventuellement, cette faiblesse. Les plantes sont plus facilement attaquées et deviennent plus vulnérables aux pathologies. Cela peut être un facteur favorisant, mais pas un facteur déterminant ».

Ce collectif assure que le retour aux pratiques antiques se révèle un bon traitement contre la xylella. « Il se peut que ces pratiques rendent les arbres un peu plus résistants parce qu’ils sont sans doute plus âgés et en bonne condition agronomique, mais ils seront inéluctablement attaqués par la xylella. Peut-être le sont-ils déjà ! Peut-être, sur eux, la maladie évolue-t-elle un peu moins vite ! », riposte l’expert de l’ODARC.

Des plants transgéniques
Pour tous les scientifiques présents, le seul moyen d’interrompre le cycle de la maladie est d’abattre les arbres atteints et de désinfecter les outils utilisés. Pour éviter la diffusion, les mesures préconisées sont toutes aussi pauvres : du monitoring pour contrôler l’évolution, des interventions pour éradiquer la cicadelle, vecteur de propagation, et la mise en quarantaine des régions sinistrées. Ensuite, que faire sur les zones contaminées ? L’Institut agronomique de Campinas teste des « nurseries saines » où les plantes poussent dans des conditions très protégées. Ce qui permettrait de faire chuter le taux d’infection.

Pour d’autres, la survie de l’agriculture passe par les plants transgéniques. « Il faut trouver de nouvelles variétés plus résistantes pour sauver l’agriculture », affirme le professeur Purcell. Une issue, qui selon Daniel Sainte-Beuve, connaît des limites : « Des travaux, menés en Amérique du Sud, ont détecté une variété grecque d’olive qui serait, apparemment, résistante à la bactérie. Cette variété pourrait être cultivée, même dans une région contaminée. L’inconvénient est que chaque variété fournit un type différent d’huile. Perdre cette richesse patrimoniale, c’est perdre également une richesse au niveau des qualités organoleptiques de l’huile ». En plus, nul ne peut savoir si cette variété résistante sera, un jour, contaminée ou restera une porteuse saine.

Nicole Mari
Corse Net Infos

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En complément , un reportage de Corse-Matin consacré au fléau annoncé par la présence de la bactérie :


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